Février est le mois où la majorité des cerfs perdent leurs bois. Dans certains secteurs, riches en grands cervidés, la quête de ces trophées est une tradition, qui se poursuit par des bourses d’échanges, quand l’heureux « inventeur » d’une mue, est à la recherche de la seconde… qui peut parfois être tombée assez loin de la première. Pour les cerfs, commence alors une période de grande discrétion, pour refaire une nouvelle ramure. Si tout se passe bien, elle sera terminée entre 130 et 150 jours plus tard (juillet-août), plus riche encore que celle de l’année précédente, pour les cerfs en croissance avant leur apogée. Physiologiquement parlant, la reconstitution des bois est une véritable performance, car ce sont des kilos de tissus osseux que les mâles vont devoir reconstruire sous un velours. Ainsi, tout au long de la vie d’un mâle, la somme des différentes ramures renouvelées annuellement peut représenter une masse de plus de 50 kg, soit deux fois le poids du squelette de l’animal. Pendant toute la période des refaits, le taux de testostérone est au plus bas. C’est sa remontée brutale qui provoque un changement de statut hormonal, entrainant un arrêt de la vascularisation des bois. Les velours se nécrosent et finissent par tomber sous la forme de lambeaux. La période du brame n’est alors plus très loin…