En deux décennies, l’Afrique a augmenté ses surfaces cultivées de plus de 30%, selon une étude parue dans la revue Nature Food, qui s'appuie sur les données satellitaires du programme Landsat. « La hausse a été particulièrement rapide en Angola, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Mozambique, Zambie, et en Côte d’Ivoire qui a perdu 90% de sa forêt en 60 ans » détaille l’étude. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (Fao) estime à environ 120 millions d’hectares les besoins de nouvelles terres arables d’ici 2050 sur le continent africain, auxquels il faut ajouter l’expansion des pâturages liée à la demande accrue en produits laitiers et viande. Le désastre écologique est proche, annoncent les scientifiques, pronostiquant la disparition, hors des réserves, de la grande faune sauvage dans les 15 années à venir. Devant cette démographie galopante et bientôt la surpopulation, les experts préconisent la transformation des systèmes de production agricole, la modification des habitudes alimentaires ainsi que la réduction des pertes et des gaspillages. « Contrairement à ce que l’on croit, les systèmes alimentaires en Afrique émettent globalement beaucoup plus de gaz à effet de serre qu’en Europe et aux Etats-Unis, à cause notamment de la faible productivité de l’agriculture et de l’importance de la déforestation » soulignent les chercheurs.