Le 11 mars 2011, le Japon vivait la catastrophe de Fukushima. Douze ans après, comme à Tchernobyl, la nature retrouve la vie animale qui avait quasiment disparu. La zone de 370 km² reste inhabitable pour les humains, mais la faune sauvage et des animaux issus d’espèces domestiques, y retrouvent des conditions de vie possible. Dans un décor de fin du monde, d’autoroutes parsemées d’herbes, de pavillons éventrés et d’immeubles abandonnées du jour au lendemain, la nature a repris ses droits, et l’espèce qui semble la plus prospère aujourd’hui est le sanglier, nommé ici « inoshishi ». Sa prolificité est identique à celle de nos suidés, c’est-à-dire explosive, d’autant plus que, sur la zone contaminée, il n’y pas de chasse possible. Le gouvernement japonais estime que près de cent mille suidés occupent les lieux, et pour une bonne partie d’entre eux, ce sont des animaux hybridés avec des porcs domestiques. Il faut dire en effet que la région de Fukushima comptait de nombreuses exploitations agricoles et que, dès l’accident de la centrale, la plupart des animaux ont été abandonnés.