Renonçant à leurs traditions séculaires, les Massaïs ont posé les arcs, lances et sagaies pour organiser leurs « Jeux olympiques Massaïs » en remplacement de la traditionnelle chasse aux lions, qui marquait le passage des adolescents à l’âge adulte. La compétition, organisée le 10 décembre dernier, a pour but de protéger les félins de leur région, mais elle bouleverse cependant leurs pratiques ancestrales. Pour prouver leur virilité, les jeunes Massaïs n'ont plus besoin de tuer un lion. Des épreuves d’athlétisme, avec parfois quelques adaptations locales, sont au programme, comme les lancers de massues en bois, ou le saut en hauteur revisité. Les participants doivent bondir le plus haut possible pour toucher une corde avec le haut de leur crâne… Cette compétition, dont c’était la 5e édition, s'impose donc chez ce peuple semi-nomade. Son objectif est essentiel : créer une alternative à la chasse, et protéger les lions de la région, qui sont passés de 30 000 dans les années 1970, à un peu plus de 2 000 aujourd’hui, au Kenya, pour cause de braconnage et de sécheresse, qui a causé la mort, entre février et octobre de cette année, de 205 éléphants, 512 gnous, 381 zèbres et 12 girafes.