Aujourd’hui encore, aucune espèce sauvage ne pose autant d'énigmes aux zoologistes que le mouflon de Barbarie. Malmené depuis des décennies par une explosion démographique humaine incontrôlée, le « tur » africain, appelé aussi localement « aoudad » en langue berbère, va mieux, depuis que les autorités ont entrepris de le sauver. Son habitat naturel s'étend sur toute l'Afrique du nord, du Maroc au Tchad, en passant par le Soudan. L'aoudad s'est donc adapté aux habitats disponibles, des montagnes rocheuses et souvent enneigées de l'Atlas, au désert de Nubie. Après dix années d’efforts soutenus, les résultats sont là, et le Maroc, depuis 2021, a réautorisé la chasse de quelques mâles sélectionnés, âgés d'au moins sept ans, désignés par les autorités en charge de sa gestion. « Actuellement, le nombre de mouflons à manchettes, dans les enclos d’acclimatation, dépasse les 2 000 individus et après les réintroductions de l’espèce en milieux ouverts, les populations sauvages se portent très bien. Cela nous a permis de lancer cette phase pilote, qui passe par des contrats établis avec des sociétés marocaines de chasse touristique. Nous avons actuellement deux territoires où la valorisation cynégétique du mouflon est encadrée : Béni-Snassen et Tizi N’Test. Nous préparons cette étape depuis 1998, à travers notamment une collaboration avec la FAO et la République Tchèque. Nous avons fixé le seuil des mouflons concernés par la valorisation cynégétique à 10 par zone et par année, sachant qu’il s’agit là d’un seuil bien en deçà du potentiel de valorisation durable que nous permet le stock actuel » a déclaré un responsable des services de la chasse des Eaux et Forêts du Maroc.