A Bruxelles, s’est tenue le 29 juin, la session d’information du Parlement européen sur « L'élevage et les grands carnivores en Europe ». L'événement était animé par l'eurodéputée Simone Schmiedtbauer (Autriche), membre de la commission de l'agriculture du Parlement. Dans son entrée en matière, elle a souligné que : « Bruxelles doit prêter une plus grande attention à la souffrance humaine et à la souffrance des animaux de ferme, causées par l'expansion des grands carnivores… Leur retour est une affaire complexe, et je souhaite sincèrement que nous ouvrions la voie pour trouver des solutions à ce conflit de longue date… ». Le point de vue de la Commission européenne a été présenté par le Dr Nicola Notaro, chef de l'unité de conservation de la nature à la DG Environnement, qui a déclaré : « Le rétablissement en cours des grands carnivores contribue aux objectifs plus larges de l'UE en matière de biodiversité pour 2030, et il est un élément important de la restauration des écosystèmes européens, récemment proposée par la Commission par le biais de la loi sur la restauration de la nature. Dans ce contexte, les États membres finalisent actuellement leurs plans stratégiques relevant de la PAC pour la période 2023-2027. Il est important qu'ils assurent un soutien adéquat à la coexistence entre l'élevage durable et les grands carnivores. La Commission reconnaît pleinement le défi des communautés rurales face au retour des grands carnivores… Dans la limite de ses compétences, elle continuera à leur apporter un soutien technique et financier ». Le Dr John Linnell, chercheur principal à l'Institut norvégien de recherche sur la nature, a donné un aperçu de l'état d'avancement scientifique : « Nous avons beaucoup progressé au cours des dernières décennies en termes de compréhension de la nature des conflits entre les grands carnivores et le bétail… Cependant, le fait que les conflits restent intenses reflète le fait que ce ne sont pas vraiment les aspects techniques qui sont au cœur des controverses. Il s'agit plutôt d'un conflit de confiance, de valeurs et de visions différentes pour la campagne européenne. Il est urgent que les pasteurs et les écologistes travaillent ensemble ». Bref, le « vous n’en voulez plus, mais vous en aurez encore » reflète bien le fossé qui sépare la bureaucratie européenne de la ruralité…