Incontestablement, la chasse fut le facteur déclencheur de bien des dispositions et des comportements de notre humanité. Elle a aussi souvent conduit l'homme au pire : l'égoïsme (pour être le meilleur), l'exclusion ou l'ostracisme (pour protéger la famille), la guerre (pour accroître le territoire, espace vital). Ainsi, la chasse s'est ancrée au plus profond des hommes. Elle a nourri non seulement leur corps, mais aussi leur esprit. Elle les a façonnés et a été le moteur de leur développement intellectuel et moral. La chasse les a aussi parfois emprisonnés dans des acquis culturels, avec l’impossibilité totale de retour en arrière et même d'arrêt dans la recherche du mieux… ou du pire. Le fait que la chasse ait perdu sa fonction alimentaire de nos jours, ne peut justifier qu'elle n'ait plus sa raison d'être aujourd'hui. Nous ne pouvons renier nos racines et le facteur déclenchant de notre évolution. Au cours des siècles, la chasse a évolué en « quête ». L'opératif est devenu spéculatif. Les trappes et engins destinés à capturer le gibier sont devenus langage amoureux ou diplomatique, les armes de pierre destinées à montrer leur supériorité aux ennemis se sont transformées en force de dissuasion, beaucoup plus dangereuse, certes. Non, de l'âge de pierre à nos jours, le fil cynégétique ne s'est jamais rompu et heureusement. D’ailleurs, que se passerait-il si l'homme perdait un jour tout instinct de chasseur ? L’évolution du pied humain a eu une très grande importance sur celle du cerveau. Sans ce pied, l'homme ne serait jamais descendu de son perchoir et ne se serait jamais redressé totalement pour voir au-dessus des herbes de la savane, libérant ainsi son volume crânien…