Afin de justifier l’acte de chasse, et lui donner une valeur symbole, le chasseur hiérarchise, souvent malgré lui, ses prélèvements. Il a besoin de montrer qu’il a les capacités requises pour affronter, et vaincre sur son terrain, la faune sauvage. Dans ces considérations, vient en premier le trophée. Sa grandeur ou sa beauté efface totalement le poids et la grosseur de la capture. Quand il y a trophée, la notion de poids de venaison n’existe plus, reléguée au rang de vestiges du passé par quelques centimètres de plus de « tables d’usure », ou de merrains, voire de tours de meules et autres anneaux de croissance de cornes. En l’absence de trophée, c’est le poids de l’animal qui reprend le dessus, cette seconde place étant obtenue par la masse de la capture. Puis, vient en 3ème position le nombre de captures. Les doublés, les triplés, les quadruplés et autres « doublés de doublés » redoreront le blason de ceux qui sont en recherche de légitimité. Enfin, en queue de peloton, le chasseur n’aura d’autres alternatives que de s’appuyer sur la difficulté du tir. Si la pièce capturée est menue et éloignée, au déplacement rapide, l’adresse l’emportera sur un gibier « immanquable » (comme celui qui s’est présenté au poste du voisin, au pas et à quelques mètres…). Nous entrons là, dans une sorte d’altération cynégétique qui a déjà eu raison d’un bon nombre de jeunes… et moins jeunes chasseurs.