Le juge des référés du Conseil d'Etat, saisi en urgence par des associations anti-chasse (LPO et One Voice) a examiné la requête jeudi dernier, et il devrait rendre sa décision ce début de semaine. En jeu, les huit nouveaux arrêtés pris par le ministère de la Transition écologique, qui autorisent certaines chasses traditionnelles, entrant dans le cadre de dérogations pouvant être apportées par les Etats membres, ainsi que le prévoit la Directive Oiseaux de 2009. Dans le détail, les huit arrêtés publiés mi-octobre autorisent : dans les Ardennes : la capture de pluviers dorés et de vanneaux huppés au moyen de tenderies aux filets, la capture de grives et merles noirs au moyen de tenderies au nœud coulant. Dans les Landes et en Lot et Garonne : la capture de l'alouette des champs au moyen de matoles. En Gironde, dans les Landes, en Lot et Garonne et en Pyrénées Atlantiques : la capture de l’alouette des champs au moyen de pantes. Le bruit fait autour de ces chasses, insignifiantes sur le plan quantitatif, et qui ne mettent pas en péril les espèces concernées, cachent mal les efforts de ces associations qui s’emparent de ces sujets faciles pour exister, oubliant l’essentiel. Les débats ont principalement porté sur l’urgence de ne pas réautoriser ces chasses,  ce que le ministère a contesté, estimant que, vu la faible quantité d’oiseaux prélevés cette situation d'urgence ne s'imposait pas. Le président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg, a alors formulé cette déclaration aussi surprenante qu'inattendue : « Il y a une urgence pour des espèces fragiles qu'on peut tuer autrement ». Allez comprendre...