La Banque mondiale estime qu’il faudrait allouer 700 milliards de financement par an à la conservation de la biodiversité au cours de la prochaine décennie, et de nombreux scientifiques et ONG estiment qu’il faudrait d’abord cesser toutes les aides publiques qui financent des projets nuisibles pour la nature. En avril, un rapport fracassant de deux organisations internationales, Business for Nature et The B Team, a estimé à 1 800 milliards d’euros par an, l’argent public donné à des secteurs très destructeurs comme l’industrie du pétrole ou l’agriculture gourmande en pesticides.

 

Pas facile de protéger 30% de la planète…

Selon les experts de l'ONU, c’est un tiers de la planète (terre et eau) qu’il faut mettre sous cloche. A Montréal, 110 pays se sont prononcés en faveur de cet objectif, dont le Canada, les États-Unis et la France. Les partisans affirment que l'objectif est crucial pour inverser la destruction de la nature, mais des voix s’élèvent contre, soulevant que : « Comme c'est souvent le cas avec les politiques fondées sur la science, ce sont les détails qui comptent pour savoir si un objectif de conservation mondial de 30% peut réellement sauver les espèces et les lieux menacés dans le monde… ». Selon les experts, il n'y a pas d'argument scientifique solide pour justifier que 30% soit le seuil à atteindre pour enrayer la disparition des espèces. Cependant, cela soulève cette question cruciale : l'objectif doit-il être réalisé au niveau mondial ou au niveau national ? Il s’agit là d'une distinction importante, car selon les scientifiques et les négociateurs, certains pays sont petits, sans beaucoup de terres à réserver à la nature, alors que d’autres sont vastes et contiennent encore un haut degré de biodiversité…