A-t-on suffisamment de recul pour faire porter à la seule humanité tous les problèmes climatiques qui nous touchent ? Pour certains scientifiques, rien n’est moins sûr, mais pour les autres, c’est une évidence. L’avenir confirmera, ou pas, ceux qui avaient raison. Toujours est-il que, après le passage des flammes, dans tous les massifs qui ont brulé, on fait des découvertes macabres. Si les grands mammifères adultes ont pu échapper aux feux et aux fumées nocives, ça n’a pas été le cas des petits mammifères et des jeunes, incapables de suivre leurs parents dans leur fuite éperdue. Ainsi en Gironde, cinq marcassins recroquevillés au pied d’un arbre encore fumant, ont été découverts, blottis les uns contre les autres, figés dans la mort, probablement par asphyxie, puisque leurs soies n’étaient pas entièrement brûlées. Ce n’est sans doute pas un cas isolé, mais il sera difficile, compte tenu de la gourmandise de la nature, de mesurer l’ampleur des dégâts sur la faune terrestre, ailée et aquatique. Les sévères sécheresses précédentes de 1976 et 2003, n’ont pas laissé de témoignages précis, ce qui fait que les comparaisons, s’il y en a, ne pourront être qu’empiriques. La saison de chasse qui se profile nous en apprendra un peu plus sur les zones refuges que les animaux ont trouvé, fuyant sans doute, pour au moins deux ou trois ans, les zones sinistrées. Les chasseurs, en général, ne doivent pas oublier que certains de leurs collègues sont aujourd’hui complètement démunis, et quelques invitations seront bienvenues et… appréciées.