Les feux qui courent un peu partout actuellement nous rappellent que, tous les ans, des dégâts considérables sont causés par ce fléau. Si notre maillage géographique limite les drames humains, la faune, elle, paie cher et comptant. Avec un quart de son territoire boisé, la France, et particulièrement la zone sud, est régulièrement soumise à des incendies. Souvent d’origine accidentelle, voir malveillante, et quelquefois de formation spontanée, les feux se déclarent généralement dans un espace naturel qui peut être de type forestier (forêts de feuillus, de conifères ou mixtes), sub-forestier (maquis, garrigues ou landes) ou encore de type herbacé (prairies, pelouses). L’emploi du terme « feux de forêts » désigne, le plus souvent, le type de feu, tel que défini dans la base de données « Prométhée », c'est-à-dire feux de forêts, de landes, de maquis ou de garrigues, ayant brûlé au moins un hectare d’un seul tenant. Cette définition n’inclut donc pas les feux qui touchent des surfaces de moindre importance (moins de 1 ha), les feux de boisements linéaires (haies), les feux d’herbes, les feux agricoles, de dépôts d’ordures et autres petits sinistres. L’incendie passe et détruit tout sur son passage, laissant derrière lui des ruines, des larmes et… des cendres. Sur cette terre brûlée, il ne reste que les nombreux cadavres des petits animaux, ou même de quelques grands animaux piégés par les flammes, et probablement morts par asphyxie. Derrière le feu, il n’y a plus rien. Toute vie animale de surface a disparu, de même que la microfaune et la flore. Les animaux survivants n’ont d’autre possibilité que de se déplacer sur les territoires voisins, perdant leurs repères, pour se heurter à une lutte de territoire. Il faudra plusieurs saisons pour effacer la catastrophe. Pourtant, assez rapidement, la végétation réapparaît sous forme de repousses. Si les pluies d’automne n’emportent pas ces cendres et la terre nue en coulées de boue le long des collines, on peut estimer que la basse végétation se reconstituera en deux ou trois années. Puis, peu à peu, la vie reviendra, d’abord par la petite faune, et seulement après les plus grands animaux. Il faudra ensuite plus de deux décennies pour retrouver des arbres adultes… à la condition que de nouveaux incendies ne viennent pas perturber cette renaissance.