Entre 1960 et 2019, un peu plus de 100 millions d’ha de forêt ont disparu. Au-delà de la perte directe en biodiversité, la forêt contribue également à limiter le réchauffement climatique anthropique, en séquestrant une part de nos émissions de dioxyde de carbone (CO²). Selon les calculs des chercheurs japonais du « Forestry and Forest Products Research Institute » (FFPRI) et compte tenu de l'augmentation de la population mondiale, il y avait, en 1960, 1,4 ha de forêt par terrien, alors qu’aujourd’hui, elle n’est plus que de 0,5 hectare. Parmi les feux survenus en France depuis le début de l’été, la plupart sont classés comme « volontaires » (80%), et les autres accidentels (18%) et spontanés (2%). Pour Charles Stépanoff : « ces mégafeux qui s'installent en Europe sont l'occasion de réfléchir à l'abandon des pratiques qui contribuaient à les prévenir : pâturage extensif bien sûr, mais aussi techniques traditionnelles de brûlis… Quant aux écobuages pratiqués par les paysans et chasseurs-cueilleurs pour maintenir des paysages ouverts et favoriser la repousse herbacée utile pour les herbivores, ils ont été criminalisés en Europe et dans le monde entier sous l'effet de la colonisation. On s'aperçoit pourtant aujourd'hui de leur utilité en Australie comme en Amérique du Nord… Les chercheurs y démontrent que les feux réguliers menés par les communautés autochtones ont pour effet de former des mosaïques paysagères favorables à la biodiversité. Une végétation adaptée aux feux s'installe. Quand cette gestion traditionnelle est supprimée se met en place un régime de feu à cycle plus long sous forme d'incendies sévères aux effets dramatiques pour la biodiversité… ».