Est-ce dû uniquement au changement climatique ou les interventions humaines ont-elles dramatiquement aggravé la situation ? Toujours est-il que le communiqué de l'université Brigham-Young est bien pessimiste quant à l’avenir du 8e plus grand lac du monde. D’une superficie initiale de 440 000 hectares, il a déjà perdu 60% de sa surface et… 73% de sa masse d’eau. Des millions de mètres cubes d'eau sont détournés chaque année au point que la salinité a fortement augmenté, tuant une grande partie des espèces qui y prospéraient auparavant. Dans certaines régions, le lac a même viré au rose, un phénomène déclenché par une mortalité massive de microbes photosynthétiques. Selon les scientifiques : « Il reste seulement quelques années pour le sauver, et dès à présent, le lac aurait besoin d'un kilomètre/cube d’eau supplémentaires par an pour inverser son déclin. Il devient donc urgent de réduire la consommation d'eau qui en est tirée, d'au moins un tiers, voire de moitié, car en l’absence de ces mesures, il s'assèchera et pourrait libérer de l'arsenic, du mercure, du plomb, du cuivre, des contaminants organiques et des cyanotoxines dans l'air via des particules de poussière », explique le communiqué. Des dégâts qui auraient des conséquences désastreuses sanitaires, environnementales et économiques.