La situation s’aggrave encore, et les zones touchées se multiplient. En cause, toujours ce virus H5N8 particulièrement virulent et, dans les élevages, des concentrations d’animaux qui facilitent la propagation de la maladie. Après une pause estivale de courte durée, la nouvelle vague de contamination a débuté en octobre, marquée par une nette accélération ces dernières semaines. Cette situation impose de compléter les mesures de prévention en rendant possible la vaccination en tant qu'outil complémentaire de prévention et de contrôle. Dans cette perspective, la France et plusieurs pays européens (Pays-Bas, Hongrie, Italie) ont engagé des expérimentations vaccinales. Un comité de pilotage composé des administrations et des établissements publics impliqués (Anses, ANMV, ENVT) ainsi que des interprofessions du secteur avicole et présidé par la Direction générale de l’alimentation (DGAL) présentera le plan vaccinal qui devrait débuter à partir de l’automne 2023 si toutes les conditions sont réunies. Par ailleurs, des mesures de sauvegarde des ressources génétiques de la filière palmipèdes gras seront mises en place en région Pays de Loire afin de préserver son potentiel de production et son patrimoine génétique. Le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire ainsi que ses services régionaux et départementaux sont pleinement engagés aux côtés des acteurs professionnels dans cette lutte contre l’influenza aviaire qui a nécessité en 2022, l’abattage de plus de 21 millions d’animaux en France. Dans la faune sauvage ailée, un premier cas de grippe aviaire a été découvert au Japon début décembre 2022 sur une grue à couronne rouge, et la semaine dernière, ce sont plusieurs dizaines de grues cendrées qui ont été retrouvées mortes, dans la réserve d'Askania Nova, en Ukraine. Là, le doute subsiste quant à la cause de la mort de ces oiseaux qui auraient pu consommer des graines empoisonnées, répandues sur les champs pour lutter contre les rongeurs. Des analyses sont en cours.