Est-ce un cas isolé, où y-a-t-il derrière tout cela une mesure d’envergure nationale ? Depuis des années, l’Etat cherche, il est vrai, à réduire les densités de sangliers. D’une part pour répondre aux demandes du monde agricole, excédé par des abus qui ont plombé le système, et d’autre part par les chasseurs eux-mêmes, qui sont au bout de leurs possibilités financières. Le Président Macron s’est bien engagé, auprès de Willy Schraen, à ce que l’Etat prenne en charge une partie des dégâts de gibier, mais il ne veut surtout pas que cette participation aide à maintenir une population pléthorique de bêtes noires. Le bras armé de l’Administration, la Louveterie, « conseiller technique de l’Administration » chargée jusqu’à présent de quelques opérations conjoncturelles qui se traduisaient par l’éradication annuelle de quelques dizaines de sangliers, est devenue, avec l’augmentation de ses effectifs, une véritable « armée d’intervention ». Elle a commencé ses opérations de destruction par des tirs de nuit, et cela aussi pose un problème : jusqu’où peut-elle intervenir sans mettre la chasse populaire en péril ? Car il est bien évident que les chasseurs n’accepteront plus de payer des dégâts occasionnés par des sangliers… qu’ils n’auront aucun espoir de prélever, puisque déjà éliminés sur ordre de l’Administration. La marge de manœuvre est étroite. Laissons donc les chasseurs, dont c’est le rôle, chasser et réguler les sangliers dans les forêts qu’ils louent aux collectivités locales et aux propriétaires forestiers, avec des impératifs de densités à fixer avec le monde agricole, et à ne pas dépasser (on revient là à la notion de prélèvement maximum de 6 ou 7 animaux aux cent hectares), et laissons aux louvetiers les tâches pour lesquelles ils sont nommés, à savoir intervenir là où les chasseurs ne le peuvent pas, c’est-à-dire tous les lieux où la chasse est interdite, et pendant les périodes où elle n'est pas autorisée. La sagesse voudrait que cette complémentarité soit maintenue, au risque d'un profond déséquilibre, que ni les uns, ni les autres, ne pourront surmonter...

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