La fin de l’année 2022 aura été fatale à un émeu qui vivait paisiblement dans son enclos à Igé, dans l’Orne. On ne saura jamais si c’est l’envie de réveillonner ou celle d’aller goûter les plantes du voisin, mais toujours est-il qu’il a quitté le domicile de son propriétaire pour aller explorer la campagne. Et un émeu, qui peut peser une cinquantaine de kilos, mesurer près de deux mètres de haut, courir à 50 km/heure, en période de grippe aviaire et sur la route des retours de réveillon, représente un danger, que les autorités ont souhaité résoudre au plus vite. Pas de plan intermédiaire a ordonné le préfet, l’animal doit être neutralisé. La mobilisation de la gendarmerie et de l’OFB, au sud de Bellême, entre Igé et Gémages, fut effective dans les heures qui suivaient, et l’émeu est passé de vie à trépas en moins de temps qu’il n’en faut pour ouvrir une huitre. L'émeu, seule espèce encore vivante de la famille des dromalidés, a été décrit pour la première fois sous le nom de « New Holland Cassowary » (casoar de Nouvelle-Hollande) par Arthur Phillip, dans son livre « Voyage to Botany Bay », publié en 1789. L'espèce fut ensuite renommée avec son nom actuel par l'ornithologiste John Latham. Le nom binomial scientifique de l'émeu vient du latin et signifie « le coureur de Nouvelle-Hollande ».