Ça y est, la forêt vient d’entrer dans la liste des « OGM » … Si les arbres génétiquement modifiés attisent l'espoir climatique, ils multiplient les craintes environnementales. Cela nous amène au projet de « Living Carbon », fondé en 2019. Cette société, après avoir collecté 15 millions de dollars en financement d'amorçage, a reçu une subvention de 500 000 dollars du gouvernement américain en 2021, puis vient de lever 21 millions de dollars pour capturer annuellement 604 millions de tonnes métriques de CO², soit 1,7% des émissions annuelles mondiales (réf. 2021). Pour ce faire, la startup américaine développe des semis génétiquement modifiés d'un peuplier hybride qui, selon elle, peut accumuler jusqu'à 53% de biomasse en plus que les plantes témoins, et ainsi absorber 27% de carbone en plus. Et cerise sur le gâteau, Living Carbon renforce la capacité des arbres à accumuler des métaux comme le nickel ou le cuivre à partir de sols toxiques, pour mieux résister à la décomposition fongique. Le groupe, qui a déclaré avoir constaté un taux de survie de 97% de ses semis sur ses projets de plantation de mines abandonnées, prévoit d'avoir plus de 4 millions de semis en terre d'ici début 2024… Cela n’empêche pas les experts de s’interroger sur les capacités de ces « supers arbres » à tenir leurs promesses sans endommager les écosystèmes environnants, rappelant à juste titre, que la forêt se gère « à long terme », ce que, même chez nous, des forestiers ont oublié…