Docteur en écologie et docteur en médecine vétérinaire, membre du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage, ancien membre du Conseil scientifique de l’ONCFS durant 10 ans, Michel Gauthier-Clerc a publié plus d’une centaine d’articles sur la faune sauvage, et codirigé des ouvrages destinés à l’enseignement universitaire en écologie. Scientifique reconnu par le ministère chargé de l’environnement, il vient, dans son dernier ouvrage, poser la question que tous les chasseurs redoutent : « la chasse a-t-elle encore un avenir ? ». Si la réponse, dans notre monde rural et agricole est évidente, elle l’est beaucoup moins dès que l’on arrive aux portes, et dans les villes. L’auteur parle des défenseurs de la cause animale, des amoureux de nature, mais laisse de côté la nécessité de gérer cette population d'animaux sauvages. Sévère, il déclare : « Loisir populaire et peu contesté jusqu’au milieu du 20e siècle, la chasse française a peu à peu été transformée par ses dirigeants en une forteresse assiégée, incapable d’évoluer avec le reste de la société, et dont le nombre d’adeptes n’a cessé de décroitre depuis le milieu des années 1970 ». Puis il enfonce le clou : « Protégés depuis des décennies par les élus politiques, connectés aux réseaux de notables locaux, les leaders de la chasse sont restés sourds aux demandes de réformes les plus légitimes. Ils auraient pourtant pu défendre une chasse paysanne, populaire et raisonnable, faire alliance avec les protecteurs de l’environnement pour limiter l’agriculture destructrice ou encore écouter les recommandations des scientifiques » concluant ainsi : « Le lien avec leurs contemporains est aujourd’hui rompu, même dans les zones rurales… Plus récemment, le principal débat s’est porté non plus sur les pratiques de la chasse, mais sur l’acte même de tuer un animal sauvage par loisir… ». Dommage que l'auteur soit passé à côté de ce qui borne l’incompréhension qui nous oppose aujourd’hui à nos détracteurs. Bien évidemment on chasse avec plaisir, et heureusement d'ailleurs, mais quand un chasseur prend la décision d'abréger une vie, il le fait avec discernement et seulement par nécessité, soit de régulation, soit sanitaire, soit gastronomique... Et c’est bien cette responsabilité, confiée aux chasseurs, qui fera perdurer la chasse.