La liste de course aux interdits s’allonge ! Après la séquence corrida, qui a, et c’est heureux, fait beaucoup de bruit pour rien à l’Assemblée nationale, une nouvelle preuve de cette dérive : la proposition de loi (PPL) EELV qui s’attaque à la chasse. Le titre de cette PPL qui vient d’être déposée est d’une hypocrisie totale. La chasse se réforme, de la volonté même de ses responsables. L’objectif affichée par Europe Écologie Les Verts dans cette PPL est d’aboutir à « une chasse plus respectueuse de la nature et de ses usages. » Une ambition partagée par la FNC et ses fédérations qui y travaillent sans avoir besoin du législateur pour avancer concrètement. La chasse se réforme, de la volonté même de ses responsables ! C’est ce qui s’appelle faire preuve de responsabilité. Dans cette PPL, la seule solution envisagée par ces écologistes « hors sol » est de supprimer ce qu’ils considèrent, à tort, comme le problème. Elle propose donc de rayer la chasse du nos paysages, les week-ends, les jours fériés et les vacances scolaires, voire totalement pour la chasse à courre, les chasses traditionnelles et la vénerie sous terre, sans oublier la chasse en enclos en passant par l’agrainage et l’affouragement. Cette radicalité n’est guère surprenante car Sandrine Rousseau figure dans la liste des signataires. Celle qui apparait comme très minoritaire dans son parti persiste à vouloir opposer les Français en soufflant sur les braises de la haine et de la caricature. Oui, les chasseurs sont des acteurs engagés pour la sauvegarde de la biodiversité. Oui, les chasseurs sont des acteurs responsables qui agissent pour atteindre le zéro accident. N’en déplaisent à Sandrine Rousseau et Charles Fournier, pour qui c’est sa première proposition de loi. Manifestement, le cas d’école « corrida » n’a pas servi de leçon à ce député en mal de visibilité et de notoriété. « La première fois, c’est une erreur, la seconde c’est qu’on le fait exprès » dit un proverbe chinois. C’est donc sans surprise que ces députés EELV, donneurs de leçons, et grands théoriciens de l’avenir du monde en proie à de vrais enjeux climatiques et énergétiques, ne raisonnent qu’en matière de privation de liberté. Si possible celle des autres ! Leur cible privilégiée ? Celle qui, vue de Paris, est composée par des citoyens de seconde zone, voire des ploucs ! Il est prouvé que la chasse n’est en rien responsable de la perte de la biodiversité de la planète. Bien au contraire. Même l’UICN le dit. Quant à la sécurité à la chasse, c’est ma préoccupation permanente en tant que Président de la FNC. Les chasseurs qui ont des comportements irresponsables en matière de sécurité n’ont rien à faire dans notre communauté. Cette fermeté, je l’assume. La justice doit passer. Ce n’est pas la conception que je me fais du travail parlementaire. Les Français expriment des préoccupations avec comme priorité le pouvoir d’achat, la santé et la sécurité sans oublier le climat, sujet de prédilection des écologistes. Que vient faire la question de la suppression de la chasse dans l’hémicycle, à ce moment de notre histoire commune ? Que penser du fondement de ces oppositions dogmatiques, comme le nucléaire qui a été de tout temps un épouvantail agité par les Verts, à la lumière de nos besoins énergétiques actuels ? Il est toujours plus facile d’interdire que de réfléchir. Il est toujours plus facile de stigmatiser une communauté que de trouver des solutions pour la collectivité. Mais, il est toujours dangereux de fracturer une société déjà fragilisée. L’extrémisme appliqué en politique ne trouvera jamais d’excuses.

Willy Schraen.