Dans le premier cas, et s’il survit ne serait-ce qu’un marcassin, la laie va l’élever normalement, comme s’il avait d’ailleurs plusieurs frères et sœurs. La conséquence est qu’il y aura peu de bêtes rousses à l’ouverture de la chasse de septembre. Dans le second cas, ayant perdu tous ses petits, la laie se retrouve seule. Dès lors, après la montée de lait, elle va se tarir lentement pour retrouver une vie normale dès les premiers jours de mai. A partir de cette date, si elle est en bon état physique et si les ressources alimentaires sont suffisantes, la laie aura de nouvelles chaleurs. Ces saillies de mai ou juin feront naitre des marcassins quatre mois plus tard, c'est-à-dire fin août et courant septembre. Ce phénomène, qui surprend les chasseurs, et plus curieusement encore certains « spécialistes » du sanglier, n’a donc absolument rien d’anormal, mais est la suite logique des conditions météorologiques de printemps. Cependant, et pour d’autres raisons, peu de marcassins nés à la fin de l’été ou au début de l’automne auront de bonnes chances de survie. En effet, ce sera le début de la période de chasse et les chiens représenteront un danger mortel pour les petites bêtes rayées, de même que, quelques semaines plus tard, l’arrivée de l’hiver. La mortalité est donc élevée et ces naissances n’apporteront rien, en termes d’animaux chassables pour la saison à venir. En résumé, lorsqu’une laie perd, en totalité, sa première portée de printemps, et même si elle fait une deuxième portée, le nombre de marcassins viables qu’elle produit au cours d’une année comme celle-ci est quasiment nul.