Influence hormonale déterminante

La castration accidentelle inhibe l’influence de la testostérone. Plusieurs cas peuvent se produire selon l’âge des mâles. Pour un jeune cerf, la castration avant sa maturité supprime définitivement toute croissance des bois. Il sera donc privé perpétuellement de sa ramure. Chez le cerf adulte en velours, la castration entraîne le maintien d’une ramure sous velours. En effet, c’est un faible taux de testostérone qui permet la croissance des bois, alors que l’augmentation de ce taux en provoque l’arrêt, et la chute des velours. Enfin, dans le cas d’un cerf adulte portant des bois « morts », la castration entraîne la chute du trophée. La ramure suivante pousse immédiatement et, lorsqu’elle atteint sa taille normale, produit alors des nodules plus ou moins importants en termes de taille et de nombre. Bien souvent, ces bois prennent une forme atypique, voire une géométrie totalement anarchique et désordonnée.

 

La lumière

Elle joue un rôle important dans le cycle de vie des bois du cerf. Dans les pays tempérés, là où les saisons sont bien distinctes, les bois tombent et repoussent une fois par an. La variation de la photopériode entraîne donc deux phases de six mois dans le cycle annuel. Des études, en lumière artificielle, ont permis de démontrer que le fait de doubler la fréquence du rythme annuel, induit le doublement du cycle et entraîne donc la production de deux ramures en un an. Certaines expérimentations ont même montré que l’on pouvait aller jusqu’à un quadruplement du cycle. Du point de vue biologique et morphologique, les pivots prennent une importance de premier ordre dans la chute et la repousse des bois. En effet, c’est à partir d’eux, et sur eux, que la ramure prend naissance. Ils sont présents chez le mâle et la femelle et entament leur croissance alors que le faon n’est encore qu’à l’état de fœtus. Ce n’est qu’une différence hormonale qui fait que, sauf accident rare, les bois ne poussent pas chez la biche. Ces excroissances osseuses ne deviennent palpables que trois à cinq mois après la naissance. Le capital hauteur initiale des pivots varie d’un animal à l’autre, et dépend de multiples facteurs, génétiques, alimentaires et hormonaux. Au gré des chutes annuelles des bois, les pivots vont évoluer en taille. Tout d’abord, la croissance du squelette de l’animal entraîne une progression de leur diamètre. D’autre part, la perte tous les ans, d’une petite épaisseur d’os, lors de la chute, provoque une diminution de leur hauteur. Néanmoins, on ne peut établir une relation arithmétique directe entre le diamètre et la hauteur des pivots et l’âge de l’animal. Véritable cheville qui lie la ramure à l’os frontal, le pivot influence directement la croissance des bois et le moindre traumatisme subi à un stade précoce de la pousse peut entraîner des anomalies.

 

Le poids des trophées

Pour ce qui concerne le poids de la ramure, elle peut atteindre 4 à 5% du poids total de l’animal. A titre de référence, les meilleurs trophées français avoisinent les dix kilos. Pour les mâles, cela représente chaque année un effort de minéralisation important et répété. Cette particularité explique en partie que le potentiel de vie des coiffés est inférieur à celui des femelles. Au niveau de l’accroissement des bois, celui-ci se poursuit alors que la croissance du cerf est terminée. En effet, alors que l’évolution du squelette se termine vers l’âge de cinq ou six ans, celle des bois continue jusqu’à dix ans, voire douze ans, pour se stabiliser ensuite avant de régresser. On dit alors que le cerf ravale. Il s’agit là de paramètres généraux qui caractérisent l’évolution d’un trophée, et ceux-ci peuvent, bien évidemment, être infirmés par quelques animaux exceptionnels. En termes de temps, la reconstitution annuelle du trophée dure entre 120 et 150 jours. Il est à noter que, contrairement au chevreuil, les refaits se déroulent en pleine saison luxuriante. Sur les territoires où la tranquillité des animaux est assurée, on constatera une plus grande discrétion des mâles. En revanche, des études menées par l’ONCFS montrent que les déplacements des cerfs augmentent quand ils sont trop souvent dérangés. Une pression quasi permanente les incitera donc à quitter le territoire, pour un autre plus calme. Que ce soit en termes de hiérarchie sociale, de disponibilité alimentaire ou de tranquillité, la période de la chute et du refait des bois est donc une phase cruciale pour l’espèce. (Bibliographie « Les bois de cerf », Crigel, Balligand, Heinen).