Y aura-t-il encore un peu de place pour la faune sauvage en Afrique, avec de tels projets ? Depuis des décennies, l’espace se réduit pour les grands herbivores et leurs prédateurs naturels, à un point tel que le bush fond à vue d’œil, de même que la savane et les forêts tropicales. Tout le monde en connait les raisons, planète surpeuplée, mais aucun n’a encore de solution pour freiner cette fuite en avant démographique. Les (bientôt) deux milliards d’Africains à nourrir ainsi que le milliard et demi de Chinois, stimulent la convoitise des investisseurs de ce pays qui posent, partout où c’est possible, leurs paquets de billets de « renminbi » (monnaie du peuple), pour acquérir et/ou exploiter des terres. Après la malheureuse expérience de Madagascar, qui voit quasiment 80% de ses productions agricoles et arboricoles partir dans les silos de l’empire du Milieu, l’Afrique est aujourd’hui courtisée, et prête à tomber dans le piège… Ainsi, au Nigéria où le riz est l’une des céréales les plus consommées, les autorités comptent attirer des investissements privés pour accroître la production locale et réduire les importations. Une plantation de riz expérimentale de 10 000 ha va donc voir le jour, dans le cadre d’un projet qui sera consacré à la culture d’une nouvelle variété de riz amélioré, issue de la technologie agricole moderne chinoise. Cette semence, promettent les investisseurs, permettra de quintupler le rendement comparativement aux semences de riz conventionnelles… Rappelons cependant que le Nigéria est déjà, avec une production de 8 millions de tonnes de « paddy » par an, le premier producteur de riz en Afrique.