Si la chasse et la pêche sont de proches cousins, il est évident qu’avec cette ambition, le gibier sera relégué au second rang. Au Nigeria comme dans les autres pays du continent africain, les besoins en protéines animales sont de plus en plus élevés, et la demande ne cesse de croitre. Comme le gibier issu de la chasse est de plus en plus rare, les associations écolos anti-chasse œuvrant même à sa disparition, c’est donc la filière piscicole qui sera mise à contribution. L’exécutif nigérian vient de dévoiler son plan décennal pour le développement de l’élevage du poisson-chat africain. Présenté par Ime Umoh, directeur de la Pêche et de l’Aquaculture au ministère de l’Agriculture, le 28 juin, la feuille de route qui s’étend jusqu’en 2032 prévoit une augmentation de la production pour la porter à 320 000 tonnes par an. Cette stratégie vise notamment à stimuler les investissements privés et déployer des initiatives gouvernementales pour améliorer la production d’aliments pour animaux, de semences de haute qualité ainsi que l’accès au financement. Les poissons chats vont donc contribuer à la dégradation du biotope pour la faune sauvage terrestre, de plus en plus confinée. Pour réaliser ce plan, le Nigeria bénéficie du soutien de « FISH 4 ACP », une initiative mondiale pour le développement durable de la pêche et de l’aquaculture en Afrique, dans les Caraïbes et dans le Pacifique.