On en sait un peu plus sur les « possibles » populations d’ours bruns en Espagne et en France. Coté Espagne, le nombre d’ours de la cordillère Cantabrique est estimé à environ 350 individus, divisé en deux noyaux de population, l’un « occidental » comprenant 300 animaux, et l’autre « oriental » riche d’une bonne cinquantaine. Coté France, il y aurait, d’après les élus pyrénéens qui ont été reçus au ministère de la Transition écologique, au moins 80 ours sur le massif pyrénéen, dont une bonne soixantaine vit sur le seul Couserans ariégeois. Pendant que, dans les ministères et à l’OFB, on planche pour trouver une solution pour « apaiser » les pros et les antis ours, on apprenait en début de semaine que deux personnes venaient d’être inculpées, en Espagne, au terme de l’enquête menée sur la mort de l’ours « Cachou », en 2020. La juge catalane en charge du dossier poursuit donc un ex-élu et un ex-agent de l’environnement catalans. L’ours avait été retrouvé au fond d'un ravin des Pyrénées espagnoles, dans le val d'Aran, et les analyses avaient confirmé la mort par empoisonnement. Six personnes étaient soupçonnées d’avoir pris part à l’opération, mais seules deux d’entre elles sont inculpées. Les deux suspects auraient réussi à localiser l’animal avec les données de son GPS. Ils l’auraient ensuite intoxiqué avec de l'éthylène glycol, une substance présente dans l'antigel pour voiture. Le produit avait été mélangé à de la nourriture. Les analyses ont montré que l'ours était mort une quinzaine de jours après l’absorption de la mixture, réduisant à néant l’hypothèse émise par le Conseil général du Val d’Aran, qui avait publiquement déclaré que l'ours Cachou était mort après s'être battu avec un autre mâle. L'enquête a aussi permis de découvrir l'existence d'un groupe WhatsApp nommé « plateforme anti-ours », qui a compté jusqu'à 145 membres dont les deux inculpés aujourd'hui.