Le pic des naissances se situe généralement de fin avril à fin mai pour le cerf, et de mi-mai à mi-juin pour le chevreuil et le chamois, avec un étalement global compris entre le 20 avril et fin juin. Quand c’est possible, l’observation régulière des femelles apporte de précieux renseignements. Les naissances précoces ne sont pas forcément bénéfiques pour les nouveau-nés. Les jeunes peuvent naître alors que la végétation n’est pas encore suffisamment développée, ce qui réduit la production de lait des mères, et décale l’indépendance alimentaire des jeunes vers l’été. A contrario, les naissances un peu plus tardives sont, elles, plutôt bonnes pour les jeunes, dans le sens où la végétation est à son apogée. Par contre, ces jeunes risquent de présenter un poids insuffisant à l’entrée de l’hiver, surtout s’il est précoce.

 

Mouflon et sanglier

Pour ce qui concerne le mouflon, les mise-bas peuvent commencer mi-février pour se terminer à la mi-mai, le pic des naissances se situant, lui, entre le 20 mars et fin avril. Cette plus large dispersion découle de deux paramètres : d’une part, la génétique de la population, et d’autre part, l’exposition du territoire au soleil. Selon leur origine génétique, des populations mettent bas très tôt pour certaines d’entre elles et très tard pour d’autres. En ce qui concerne la situation topologique des territoires, l’expérience montre que les hardes situées à l’adret se reproduisent plus tôt que les animaux situés sur les versants à l’ubac. Cette large dispersion des mise-bas explique en grande partie les raisons pour lesquelles le mouflon ne parvient pas à progresser dans les Alpes du nord, surtout quand les naissances surviennent à la mi-février, en plein cœur des rudesses de l’hiver. Dans ces conditions, la mortalité des agneaux peut atteindre 100%. Pour le sanglier, le pic des naissances se produit normalement en mars, soit environ quatre mois après le rut. Comme pour le mouflon, les conditions hivernales sont déterminantes pour la survie des marcassins qui, rappelons-le, ne possèdent pas de régulation thermique.

 

La période d’abandon

Bien qu’elle soit nommée ainsi, elle n’est pas définitive. Pour le cerf, le chevreuil et le chamois, les naissances se font dans la discrétion. Pour ce faire, la biche repousse son jeune de l’année précédente, la chevrette s’éloigne de son yearling, et la chèvre cherche à se débarrasser de son éterlou ou de son éterle. Sauf pour le chamois, c’est à cette période que les accidents avec les véhicules automobiles sont les plus nombreux, car les jeunes animaux ainsi délaissés se trouvent sociologiquement très désorientés. La vie erratique, et heureusement momentanée de ces subadultes, prend donc un aspect beaucoup plus rude que lorsqu’ils étaient auprès de leur mère.

 

Des précautions à prendre lors des ballades en pleine nature

Durant la période où la faune se renouvelle, laisser un chien en liberté peut s’avérer tentant, mais présente des risques pour les animaux sauvages. La poursuite d’une femelle prête à mettre bas, ou la découverte inopinée d’un faon fera ressortir l’instinct de prédation de votre chien, qui sera obnubilé par la capture. Il faut donc le tenir en laisse, car même bien éduqué, quand une poursuite est lancée, elle devient difficile à interrompre. Evitez donc les bordures forestières, les prés à herbe haute, les vignes, les vergers, les boqueteaux, les marais et les bords des cours d'eau, étangs et lacs. Et si, par hasard, vous apercevez un faon nouveau-né, sachez qu’il n’est jamais abandonné. Sa mère n’est pas loin, surveille les environs, et plusieurs fois par jour vient faire téter son rejeton. Donc laissez-le où il est, ne l’approchez pas et surtout, ne le touchez pas, car imprégné de l’odeur humaine, un faon sera délaissé par sa mère et impitoyablement condamné à mourir.