Pour la vènerie du cerf, le principal danger reste localisé, comme par les années passées, dans les forêts péri-urbaines, où des lotissements ont été construits sur les passages séculaires des grands cervidés. Laisser cette vénerie du cerf se pratiquer aux portes des villes est une faiblesse, car, et quelles que soient les précautions d’usage que prendront les veneurs, un incident se produira tôt ou tard, avec toutes les répercussions qui suivront. Peut-être aurait-il mieux valu inviter les équipages de cerfs concernés à tourner leurs regards vers d’autres lieux plus éloignés des villes, ou de créancer leurs chiens sur un autre gibier, aussi subtil à chasser à courre, mais qui ne bénéficie pas d’un capital sympathie aussi prégnant que celui du cerf. Il est quasiment certain qu’au moindre incident, des élus vont s’emparer du sujet, ne serait-ce que pour se mettre en scène. Mais dans tous les cas c’est l'ensemble de la vénerie qui trinquera…

 

Pour la chasse à tir en battue, le danger est aussi grand, et s’il n’y avait cette nécessité de réguler le grand gibier, principalement les grands cervidés et les sangliers, des mesures contraignantes auraient déjà été prises. Le partage du temps ou de l’espace n’ayant pas été retenu par les instances cynégétiques dirigeantes, la cohabitation entre chasseurs et promeneurs reste donc possible, sans autre limite que les règles d’usage. Mais, laisser se côtoyer des porteurs d’armes avec des contemplateurs de la nature présente un risque, d’autant plus grand que l’action est proche. Nous en avons tous été les témoins, dès que la présence de sangliers est signalée, le chasseur bien éduqué disparait, et laisse la place au prédateur armé qui oublie, au moment fatidique, tout, y compris les règles élémentaires de sécurité. Là encore, un accident aura des répercussions néfastes pour la chasse. Peut-être regretterons-nous de ne pas avoir imposés les battues dans des plages horaires bien définies, ce qui auraient permis aux autres « utilisateurs » de profiter de la nature, sans crainte de savoir qu’un canon de fusil ou de carabine peut se tourner vers eux. Cela se pratique déjà, et sans contrainte particulière, sur quelques territoires où la chasse en battue est limitée dans le temps, laissant ensuite la possibilité, aux chasseurs qui le désirent, d’occuper un poste d’affût jusqu’à la fin de la journée. Tout n’est que question de civilité et d’aménagement…