Considérant que le budget octroyé pour 2023 à l'agriculture et à la forêt n'était « pas à la hauteur », le Sénat l'a rejeté par 238 voix contre et 55 pour, mercredi 30 novembre. Les sénateurs majoritaires à la Haute Chambre (LR), reprochaient notamment à l'exécutif de mettre sur la table 560 millions d'€ pour la réforme de l'assurance récolte, qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2023, contre 680 millions d'euros attendus. « Pour cette réforme nécessaire, on peut craindre que le soutien public soit insuffisant », a résumé le rapporteur spécial de la commission des Finances, Patrice Joly, qui a ajouté : « On peut avoir des doutes sur le caractère suffisant des crédits qui sont dédiés à la forêt ». Alors que les syndicats de l'ONF espéraient que les élus voteraient des amendements permettant à l'établissement public de recruter, ce qui marquerait une inflexion dans la politique des dernières années et remettrait en cause le contrat d'objectifs État-ONF qui prévoit encore des suppressions de postes jusqu'en 2025, il n’en fut rien. Cependant, le gouvernement a assuré que les effectifs ne baisseraient pas en 2023, le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, évoquant au Sénat une « prise de conscience de la nécessité de stopper l'hémorragie ».