Alors que nous allons entrer dans la période des naissances, qui se poursuivra jusqu’en juin, cette question revient à l’ordre du jour : les femelles font-elles plus de jeunes mâles quand les populations sont en surnombre ? Certes, nous en avons aujourd’hui la certitude, la nature réagit, mais de façon douce et naturelle. Généralement, quand une espèce est en surnombre, le nombre de petits par femelle diminue. Ainsi, le taux de reproduction baisse de façon inversement proportionnelle à l’augmentation de la population. Pour certaines espèces comme le bouquetin, ce taux peut descendre jusqu’à 0,2 voire 0,1 cabri par étagne. Pour le chevreuil, comme le montrent les études menées à Chizé et à Troisfontaines, c’est tout d’abord le poids des chevrillards qui baisse quand la population augmente. Ainsi, pour le territoire de Chizé, ce poids des chevrillards, à plus de six mois d’âge, est monté de treize à seize kilos quand, dans le même temps, les effectifs sont descendus de quatre cents à deux cents individus. Par voie de conséquences, il est évident que les jeunes, nés avec un poids plus faible, sont beaucoup plus fragiles pour affronter les rigueurs climatiques de l’automne et de l’hiver qui suivent leur naissance. La mortalité hivernale s’exerce donc en très grande partie sur cette catégorie d’animaux, et de ce fait l’autorégulation subie par les populations est issue de la baisse du poids des jeunes, qui entraîne un taux de mortalité plus important. Toujours selon les études précitées, le taux de survie des chevrillards à la fin de la première année peut évoluer, selon les années, entre 20 et… 80%. C’est donc uniquement la densité relative d’une population qui conditionne sa dynamique, et plus cette densité est élevée, plus l’accroissement annuel est limité par la faiblesse du taux de survie juvénile.