En Conseil des ministres du 23 novembre, Thierry Hegay a été nommé préfet chargé des sujets « ours » dans le massif des Pyrénées. « Il succède à Denis Olagnon qui continuera de renforcer le dialogue entre tous les acteurs et d'appuyer les préfets de département, dans l'action qu'ils mènent au plus près de territoires » a précisé le préfet de région, Etienne Guyot. Cette nomination, qui se veut « d’ouverture », télescope le verdict du tribunal correctionnel de Foix, qui a sévèrement condamné six manifestants anti-ours, pour avoir perturbé un rassemblement d'écologistes en Ariège en 2018. Les peines prononcées contre les six responsables d’associations sont pour chacun d’eux et à titre personnel : 500 € d’amende, trois mois de prison avec sursis, auxquels il faut ajouter : pour la FDSEA Ariège, les Jeunes agriculteurs, l’Association de sauvegarde du patrimoine Ariège-Pyrénées (Aspap) et la FDC de l’Ariège, reconnues coupables d'entrave à la liberté de réunion, 2 000 € d’amende chacune. Quant aux 6 associations écolos qui s’étaient portées parties civiles, elles recevront chacune 5 000 euros de dommages et intérêts, et les prévenus devront aussi régler 1 000 euros à chaque partie civile. Si l'association pro-ours FERUS, parle de victoire pour la démocratie, la liberté d'opinion et la possibilité de s'exprimer sans être censuré, le président de la FDC de l’Ariège, Jean-Luc Fernandez, qui fait partie des six hommes condamnés, parle de mascarade et de sévérité du jugement. « C’est astronomique et disproportionné. Le message est politique, le monde rural doit se taire, c'est clair » a-t-il déclaré. Le nouveau préfet « ours » va devoir déployer des trésors de diplomatie pour maintenir le contact… en attendant un deuxième procès, puisque les condamnés ont décidé de faire appel du jugement.

De l’autre côté de la frontière, en Espagne, la colère monte également depuis que le gouvernement d’Aragon a interdit la chasse en battues dans trois zones identifiées comme des territoires à ours. C’est une première qui a provoqué la réaction des chasseurs espagnols des vallées d’Anso et Hecho, ainsi que des environs de Benasque. La décision a surpris, d’autant plus que les ours sont, en principe à cette époque de l’année, en hivernation...