Chaque vague de froid apporte son lot de migrateurs qui descendent vers le sud à la recherche de zones plus clémentes. D’après les observations des bagues et autres marques alaires posées pour étudier le comportement de la perdrix, on a pu constater que ce gibier sédentaire, en deux ou trois ans, pouvait, au plus, se décantonner d’une vingtaine de kilomètres. En revanche, une étude des reprises de bagues d'oiseaux migrateurs posées en Grande-Bretagne, fait apparaître une dispersion de certaines espèces en Europe, en Afrique, en Asie, en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et même… en Australie. Mais il peut y avoir des dérapages, de chaque côté de la ligne de partage de la nidification Orient/Asie, tel celui constaté de ce milouin mâle, bagué le 22 décembre 1967 dans la réserve ornithologique indienne de Kadadéo Ghana, à Barathpur, en Rajahstan. Il fut tué le 23 juillet 1969, en baie de Somme. L'hypothèse la plus vraisemblable, pour cet étonnant périple, tient probablement dans la rencontre, en Asie moyenne, d'une séduisante « milouine » occidentale. Au moment de la migration de retour, le mâle a probablement suivi sa belle par-dessus le « rideau de fer », quand celle-ci regagna l’ouest. Autrement dit, il peut y avoir interpénétration ou échange dans les sous-populations définies par leur stratégie territoriale habituelle. Le baguage à la patte, extrêmement intéressant, fournit donc de précieux renseignements et des enseignements sur le comportement des migrateurs, surtout quand il est apposé sur des poussins au nid. On sait alors exactement d'où ils viennent, où ils passent, où ils hivernent et l’âge qu'ils peuvent atteindre. Jusqu’en mars, les vols vont se succéder, aidés par les vents venus du sud qui pousseront les oiseaux vers leurs lieux de nidification. Qu’en sera-t-il de la chasse des oies, dont le dossier peine toujours à sortir ? Dans tous les cas, si vous récoltez un oiseau bagué, faite suivre la marque, précieuse de renseignements, à votre FDC.