Cultiver sans aucun pesticide pendant dix ans, tout en conservant une activité économiquement viable : c’est le pari relevé par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Mené sur neuf sites français dans le cadre du programme Rés0pest, ce dispositif expérimental démontre qu’une agriculture sans produits phytosanitaires est techniquement possible, à condition de repenser les pratiques culturales. La démarche se distingue de l’agriculture biologique par le maintien des engrais minéraux. L’objectif n’est pas d’imposer un modèle unique, mais d’évaluer des systèmes capables de réduire la pression exercée sur l’environnement, sans compromettre la viabilité des exploitations. Les résultats sont encourageants, mais contrastés. Les rendements céréaliers dépassent généralement ceux de l’agriculture biologique, tout en restant souvent inférieurs à ceux obtenus avec des pesticides. Ils varient davantage selon les années, les régions et les espèces cultivées.
Certaines productions, comme le pois chiche en Occitanie, se révèlent difficiles, tandis que le blé, les betteraves et les pommes de terre obtiennent de bons résultats dans plusieurs secteurs. L’abandon des pesticides s’accompagne d’aménagements écologiques, notamment de bandes fleuries composées de 22 espèces végétales, parmi lesquelles coquelicots, bleuets et phacélies. Ces espaces fournissent nourriture et abris aux insectes auxiliaires. Les syrphes, dont les larves consomment les pucerons, contribuent ainsi à la régulation naturelle des ravageurs. Cette diversité végétale peut également profiter à la petite faune sauvage : les insectes nourrissent oiseaux insectivores et petits mammifères, tandis que les graines et la végétation offrent des ressources à différentes espèces. La présence de campagnols attire aussi des rapaces, illustrant les interactions entre les composantes de l’écosystème agricole. Ces bénéfices dépendent toutefois des pratiques locales et de la qualité des habitats. Sans protection chimique, les adventices et les maladies deviennent des enjeux majeurs. Les chercheurs ont donc combiné rotations plus longues, désherbage mécanique, labour ponctuel et adaptation des dates de semis. Le choix de variétés résistantes constitue un autre levier : le blé Géopolis, notamment, présente des résistances à plusieurs maladies courantes. Pour l’Inrae, la performance de ces systèmes ne peut se mesurer au seul rendement. L’amélioration des sols, la préservation de la biodiversité et la réduction des coûts de dépollution et de santé publique doivent aussi être considérées. L’expérience ouvre ainsi des perspectives pour une agriculture moins dépendante de la chimie, sans occulter les difficultés de sa généralisation.
alabillebaude
La chasse... demain !

La Lune devenait ainsi un repère dans le calendrier rural, compagne des hommes qui vivaient au rythme des saisons. Mais la magie lunaire ne se limite pas à la nuit où l’astre atteint sa plénitude. Dans les jours qui l’encadrent, la Lune apparaît presque ronde, comme si elle retenait encore un peu d’ombre avant de s’effacer progressivement. C’est la phase gibbeuse : plus de la moitié du disque est éclairée, sans que la Lune soit tout à fait pleine. Autour de cet astre se sont tissées mille croyances. On lui prête une influence sur le comportement des animaux, leurs déplacements ou leur activité nocturne. Les traditions populaires ont longtemps associé les phases lunaires aux semis, aux récoltes, à la pêche et à la chasse. Mais ces croyances ne suffisent pas à démontrer un effet systématique de la Lune sur le gibier. La saison, la météo, les ressources alimentaires et le dérangement humain influencent eux aussi les comportements de la faune. Pour le chasseur, pourtant, la lune demeure une invitation à regarder autrement. Le brame du cerf s’éloigne peu à peu, les feuilles tapissent les chemins et les lisières se fondent dans la pénombre. La nuit rappelle que la nature ne se livre jamais entièrement. À l’heure où la chasse suscite de vifs débats, la Pleine Lune du chasseur évoque aussi une longue histoire culturelle, faite de traditions rurales, de connaissance des territoires et de transmission des savoirs. La chasse ne se résume pas à cette dimension poétique : elle implique des règles, des responsabilités, et participe à la gestion des populations animales. Ainsi, sous le ciel d’octobre, elle conserve une part de rêve que les controverses ne suffisent pas à effacer.
Reconnaissable à ses longues épines, qui lui servent de moyen de défense, le porc-épic à crête est principalement nocturne et discret. Sa présence ne signifie toutefois pas nécessairement qu’une population est durablement implantée sur le territoire français. Des observations complémentaires seront nécessaires pour déterminer si cet individu est isolé ou s’il témoigne d’une extension plus large de l’aire de répartition de l’espèce. (Photo : Commune de Castellar)
Un programme de réintroduction a été lancé en 1985 avec quatre animaux dans un enclos à Quenza, à partir de cerfs provenant de Sardaigne, où l’espèce avait survécu. Les premiers lâchers en milieu naturel ont débuté en 1998. Entre cette date et 2017, vingt opérations ont permis de relâcher 329 cerfs dans cinq secteurs de Corse. Le programme européen LIFE « One deer two islands », conduit entre 2012 et 2018 avec plusieurs partenaires sardes et italiens, a accompagné cette restauration. Selon le Parc naturel régional de Corse, la population insulaire est aujourd’hui estimée entre 4 000 et 5 000 individus, contre environ 650 en 2012 et 1 200 à 1 300 en 2015. Le suivi repose notamment sur l’analyse génétique, la télémétrie GPS et des comptages nocturnes. L’espèce demeure protégée et figure sur la liste rouge de l’UICN. Trois sentiers équipés de miradors permettent de l’observer sans la déranger...
En 2025, une étude publiée dans la revue scientifique People and Nature a analysé les réactions de 17 353 participants, répartis sur tous les continents, face à des images de 184 espèces animales. Les chercheurs ont montré que la peur ne dépend pas uniquement de la dangerosité objective : l’âge, la région de résidence et les peurs préexistantes influencent également les réponses. Certaines espèces relativement inoffensives suscitent ainsi une crainte importante. L’étude ne démontre toutefois pas que le sanglier est spécifiquement victime de cette distorsion.
Les recherches en psychologie confirment que les perceptions de dangerosité, d’imprévisibilité et de perte de contrôle contribuent fortement aux peurs animales. Un gibier puissant, capable de charger et difficile à maîtriser, peut donc provoquer une réaction émotionnelle qui dépasse l’évaluation rationnelle de la situation. Les récits d'incidents spectaculaires peuvent également marquer les esprits, même si leur influence varie selon les individus. Pour autant, le sanglier n’est pas un animal inoffensif. Une laie accompagnée de marcassins, un individu blessé ou un animal surpris à courte distance peuvent présenter un danger réel. Les blessures provoquées par les sangliers sont documentées dans la littérature médicale, notamment lors de rencontres rapprochées et d’actions de chasse. Il serait donc aussi erroné de nier le risque que de considérer chaque sanglier comme une menace. En action de chasse, la peur peut surtout devenir problématique lorsqu’elle altère le jugement. Une réaction précipitée, une mauvaise appréciation de la trajectoire de l’animal ou un tir effectué dans des conditions incertaines peuvent compromettre la sécurité des chasseurs et des tiers. La connaissance du comportement du gibier, la maîtrise de soi et le respect des règles de sécurité restent les meilleures réponses. Le terme de biophobie invite ainsi à réfléchir à notre rapport au vivant, mais il doit être employé avec discernement : toute crainte n’est pas une phobie, et toute prudence n’est pas irrationnelle. L’enjeu n’est pas de ridiculiser ceux qui redoutent le sanglier, mais de distinguer l’émotion du risque objectivement évalué. À la chasse, le sang-froid est une qualité bien plus utile que la peur...
La moelle épinière, protégée par le canal vertébral, assure notamment la transmission des commandes motrices entre l’encéphale et les membres. Une lésion médullaire grave peut donc interrompre brutalement cette transmission et entraîner une paralysie en aval de la zone atteinte. L’animal peut alors s’effondrer sans être pour autant mort, ni nécessairement inconscient. La persistance de fonctions vitales dépend notamment de la localisation et de l’étendue des lésions. Le rachis comprend plusieurs régions : cervicale, thoracique, lombaire, sacrée et caudale. Une atteinte haute peut affecter simultanément plusieurs territoires moteurs et, selon sa localisation, compromettre également les fonctions respiratoires. Une lésion plus basse peut, quant à elle, provoquer des déficits limités principalement à l’arrière-train.
Les conséquences ne sont donc pas identiques d’un impact à l’autre. Il serait notamment inexact d’affirmer qu’une section médullaire supprime systématiquement la douleur : celle-ci dépend des structures lésées et des mécanismes nerveux encore fonctionnels. Ces éléments anatomiques expliquent pourquoi une chute brutale ne permet pas, à elle seule, de conclure au décès. Un animal immobilisé peut rester vivant et souffrir ; toute situation de ce type exige une intervention rapide et adaptée, dans le respect des règles de sécurité et de mise à mort. En pratique, la recherche d’un arrêt instantané ne doit pas faire oublier l’objectif essentiel d’un tir de chasse : provoquer une mort aussi rapide que possible, en limitant les souffrances et les risques de blessure. Une atteinte de la région thoracique peut toucher des organes vitaux, notamment le cœur et les poumons, et entraîner une hémorragie grave. Toutefois, l’effet réel dépend toujours des structures effectivement atteintes et ne peut être garanti par la seule localisation apparente de l’impact. La connaissance de l’anatomie permet ainsi de distinguer trois notions trop souvent confondues : l’arrêt de la locomotion, la perte de conscience et la mort. En matière de chasse, cette distinction n’est pas théorique : elle engage directement la responsabilité du tireur et le souci du bien-être animal.
Après éclosion, les larves infectent de petits gastéropodes d’eau douce, notamment certaines limnées, au sein desquels elles poursuivent leur développement. Des formes larvaires infectantes sont ensuite libérées dans l’environnement et peuvent être ingérées par des herbivores lors de leur alimentation. Les cervidés, en particulier le cerf élaphe, le daim et le chevreuil, constituent les principaux hôtes définitifs en Europe. Les zones humides — étangs, marais et berges — favorisent donc la transmission en réunissant mollusques, végétation et animaux fréquentant ces milieux. Chez les cervidés, les douves adultes vivent dans le foie et provoquent des lésions hépatiques d’intensité variable. Une infestation peut se traduire par une altération de l’état corporel, une croissance réduite et, indirectement, une dégradation des performances reproductrices ou de la qualité des bois. Les daims et les chevreuils figurent parmi les espèces particulièrement vulnérables. À l’inverse, chez certains autres hôtes, le parasite peut survivre sans parvenir à achever efficacement son cycle. Les ovins, les caprins et les mouflons sont particulièrement sensibles : chez ces animaux, l’infection peut entraîner des atteintes graves, voire la mort. D’autres mammifères peuvent être infestés, mais leur rôle dans le maintien du parasite varie selon leur sensibilité et leur capacité à contribuer à sa transmission. Le mode d’introduction en Sologne demeure inconnu. Aucun risque de transmission à l’être humain n’est actuellement reconnu pour ce parasite. Sa découverte justifie néanmoins une vigilance accrue. Le réseau SAGIR et ses partenaires renforcent les capacités de diagnostic afin de préciser son implantation, sa distribution et ses conséquences potentielles pour la faune sauvage et les élevages sensibles. (Photo OFB)
Simple et presque trop beau pour être vrai. Cependant, il existe une distinction plus conforme aux pratiques : la vénerie sous terre, la vénerie à pied et la vénerie montée. Trois univers, trois façons de servir les chiens et de poursuivre un animal. Voilà des différenciations qui reposent sur la nature même de la chasse, plutôt que sur le tour de taille de celui que l’on poursuit. La vénerie sous terre, avec ses exigences et ses particularités, mérite à elle seule un chapitre. Laissons donc aux veneurs déterreurs le soin de défendre leur art, et saluons, au passage, un travail souvent méconnu. Réguler une population d’animaux discrets dans leurs sorties, mais parfois beaucoup moins dans les dégâts qu’ils occasionnent, demande des connaissances qui ne s’improvisent pas. Intéressons-nous, ici, à la vénerie à pied et à la vénerie montée. Pourquoi leur associe-t-on aujourd’hui cette hiérarchie entre petite et grande vénerie ? Et si cet ordre, loin d’être né d’une savante classification zoologique, avait trouvé son origine dans les travers bien humains de quelques veneurs ? Car les hommes ont ceci de commun avec les animaux : ils laissent des traces. Seulement là où le chien suit une voie, l’historien doit parfois suivre un souvenir, une anecdote ou une confidence transmise par les anciens. Pour comprendre cette histoire, remontons donc le temps, jusqu’à une époque où les fortunes nouvelles se faisaient, où les équipages renaissaient et où l’ambition de chasser à courre n’était pas toujours accompagnée du talent nécessaire pour y parvenir. Direction la Restauration, et qui sait, peut-être allons-nous découvrir que derrière une appellation bien installée, se cache une petite affaire de prestige, quelques déconvenues cynégétiques et un amour-propre que les années n’ont pas complètement guéri...
Cette souche a provoqué des mortalités importantes chez le lièvre ibérique (Lepus granatensis). Des travaux publiés en 2025 ont également démontré son implication dans des mortalités de lièvres d’Europe en Allemagne et aux Pays-Bas. Le franchissement de la barrière d’espèce est donc scientifiquement établi : la myxomatose ne peut plus être considérée comme une maladie exclusivement limitée aux lapins. Une étude épidémiologique menée en Espagne entre 2018 et 2024 a détecté de l’ADN viral dans deux des 114 lièvres d’Europe analysés par PCR, dont un porteur de la variante ha-MYXV. Ce résultat confirme la possibilité d’infections, mais ne signifie pas que tous les animaux infectés développent une maladie clinique. En Charente-Maritime, les lièvres malades ou morts ont conduit à une vigilance sanitaire, notamment dans le secteur d’Andilly-les-Marais et de Charron. Les symptômes rapportés comprennent des lésions cutanées, des dépilations et des atteintes de la tête et des oreilles. Dans l’attente de résultats documentés, il convient donc de distinguer les suspicions de terrain des cas confirmés.
Pourtant, sur trois ans, alors que 330 millions d’euros auraient dû être mobilisés selon les engagements annoncés, seuls 79,5 millions auraient été consacrés aux haies, principalement à leur plantation. L’écart entre les montants annoncés et les sommes effectivement consacrées à cette politique est considérable, puisque le budget prévu pour 2027 représente une baisse de près de 90 %. Cette réduction intervient alors que l’arrachage des haies se poursuit. Entre 2017 et 2021, 23 571 kilomètres auraient disparu chaque année en France. Les haies jouent pourtant plusieurs rôles écologiques : elles accueillent la biodiversité, contribuent à filtrer l’eau, stockent du carbone et protègent les sols du vent et de l’ensoleillement. Elles constituent également des habitats et des corridors de déplacement pour la faune sauvage, notamment le petit gibier. Les haies et leurs lisières offrent ainsi des abris et des ressources alimentaires à des espèces comme la perdrix et le faisan. On peut également s’inquiéter des conséquences de cette baisse de moyens sur le nouveau guichet unique de gestion des haies, lancé récemment. Toutes les demandes d’arrachage doivent désormais passer par ce dispositif.
L’approche « Une seule santé » souligne les liens entre la santé humaine, celle des animaux, la santé des végétaux et l’équilibre des écosystèmes. Les virus, les bactéries, les parasites et les insectes nuisibles ne s’arrêtant pas aux frontières, la prévention des introductions constitue un enjeu sanitaire, agricole et environnemental. La campagne s’articule autour de trois risques principaux : l’importation de végétaux et de fruits, celle de produits d’origine animale et l’introduction de la rage par des animaux domestiques. Chaque année, les contrôles aux frontières permettent d’intercepter des plantes, des graines et des fruits susceptibles de transporter des organismes nuisibles. Certains peuvent menacer les cultures agricoles et les espaces verts. Les produits d’origine animale peuvent également véhiculer des maladies animales absentes du territoire. Le ministère cite notamment la peste porcine africaine et la fièvre aphteuse. La crise de la dermatose nodulaire contagieuse bovine survenue en 2025 a illustré les conséquences possibles de l’introduction d’une maladie animale. L’importation de ces produits depuis les pays tiers dans l’Union européenne est soumise à une réglementation et à des contrôles vétérinaires. La rage constitue un autre point de vigilance. Selon le ministère, les cas de rage canine observés en France ces dernières années concernaient des animaux domestiques importés clandestinement depuis des pays où la maladie est présente. Les voyageurs sont invités à faire vacciner leurs animaux avant un départ à l’étranger, à respecter les règles applicables à leurs déplacements et à éviter tout contact avec les animaux errants dans les pays concernés. Le ministère recommande donc de ne pas rapporter dans ses bagages de plantes, de graines, de fruits ou de denrées d’origine animale sans vérifier les règles applicables. La campagne sera relayée sur les réseaux sociaux, le site internet du ministère et les canaux de communication de ses services. Elle doit être renouvelée régulièrement, notamment pendant les périodes de départs en vacances.
Cette progression s’explique par plusieurs facteurs conjugués : forte fécondité, hivers plus doux, disponibilité alimentaire et évolution des pratiques humaines. Les conséquences économiques sont considérables, avec des dégâts agricoles évalués par les fédérations de chasseurs entre 90 et 100 millions d’euros par an. Selon les données rapportées par l’OFB, les prélèvements restent néanmoins très contrastés selon les départements : le Gard, l’Ardèche et le Loir-et-Cher figurent parmi les territoires les plus concernés, tandis que le Maine-et-Loire et le Lot enregistrent des baisses. L’établissement public estime que ces prélèvements, malgré leur volume, ne menacent pas la survie de l’espèce à l’échelle nationale. Il convient toutefois de rappeler que les tableaux de chasse ne constituent pas, à eux seuls, un recensement des populations : ils dépendent également de l’intensité de la chasse, des conditions météorologiques, des habitats et des règles locales de gestion. Pour les autres ongulés, le bilan disponible dessine un paysage plus nuancé. Les prélèvements de cerfs élaphes progressent de 8,5 % et ceux de daims de 13 %, tandis que les chevreuils reculent légèrement (- 1 %). Les espèces de montagne connaissent une évolution inverse : le mouflon diminue de 10,6 % et le chamois de 6,3 %. Les données communiquées dans les éléments disponibles ne précisent pas la variation nationale des prélèvements d’isards pour 2025-2026...