La chasse a ses dates, ses règles et ses limites. La louveterie, elle, a une mission particulière : intervenir lorsque les moyens ordinaires de régulation ne suffisent pas, ou lorsque les circonstances imposent une action spécifique. Un arrêté préfectoral vient mettre à mal cette distinction. Jusqu’au 2 novembre 2026 inclus, les lieutenants de louveterie sont autorisés à détruire des sangliers de toute catégorie sur l’ensemble du département, y compris dans le cœur du Parc national de forêts. Les interventions nocturnes doivent être signalées à la Direction départementale des territoires au moins douze heures à l’avance.
Dans le cœur du parc, les tirs et l’utilisation d’éclairages artificiels sont limités aux parties non forestières, sauf pour achever un animal blessé tiré en plaine. Le motif avancé est connu : l’importance croissante des dégâts causés par les sangliers aux cultures et les demande d’intervention des exploitants agricoles. Si ces préoccupations sont légitimes, elles ne dispensent pas de s’interroger sur la cohérence de la politique de régulation.
Nous sommes au début de la saison cynégétique 2026-2027. La chasse dispose d’un calendrier, de conditions d’exercice et de règles destinées à encadrer les prélèvements. Pourquoi recourir, dès les premières semaines, à des tirs de destruction, alors que la louveterie est historiquement conçue comme un moyen d’intervention spécifique ? À force de multiplier les dérogations et les opérations administratives, ne risque-t-on pas de brouiller la frontière entre chasse réglementée et destruction d’animaux ? La question mérite d’être posée, d’autant que l’autorisation s’étend jusqu’au cœur d’un parc national, espace soumis à des enjeux particuliers de protection des milieux naturels. Réguler les sangliers peut être nécessaire. Mais une politique cohérente doit aussi expliquer pourquoi, où et dans quelles circonstances les règles ordinaires ne suffisent plus. La régulation ne saurait devenir un régime d’exception permanent.
Bonheurs de Chasses, tome 7

L’objectif était de comprendre non seulement combien d’oiseaux mouraient, mais aussi à quels moments et à quels stades de leur vie ils étaient les plus vulnérables. Les résultats sont particulièrement préoccupants chez les jeunes oiseaux. Leur probabilité annuelle de survie n’atteint que 59,8 %, contre 89,3 % chez les adultes. Les collisions avec les lignes électriques et les clôtures représentent à elles seules 71 % des mortalités confirmées. Même si les jeunes sont davantage exposés, aucune classe d’âge n’échappe complètement au risque. Surtout, les accidents ne surviennent pas au hasard. Les collisions avec les lignes électriques connaissent deux périodes quotidiennes particulièrement sensibles, autour de midi et au coucher du soleil. Elles coïncident notamment avec les exercices de vol des jeunes et les déplacements des oiseaux vers leurs sites de repos. Les clôtures présentent un autre profil : les accidents sont particulièrement nombreux en août, lorsque les jeunes maîtrisent encore imparfaitement le vol et que les adultes peuvent être temporairement limités par la mue de leurs plumes de vol. Cette étude apporte donc une information essentielle pour la conservation des oiseaux migrateurs : le danger peut être anticipé. Identifier les périodes, les lieux et les comportements qui favorisent les collisions permet de cibler les interventions. Les chercheurs recommandent ainsi d’éviter les clôtures dans les secteurs essentiels à la reproduction et à la mue et de rendre les lignes électriques plus visibles grâce à des dispositifs de balisage. Des mesures qui pourraient bénéficier à de nombreuses espèces migratrices et contribuer à rendre leurs routes moins dangereuses.
Il ne s’agit donc plus seulement de fixer des objectifs, mais de mesurer ce qui a réellement été engagé et réalisé pour les atteindre d’ici 2030. Le bilan sera notamment établi à partir des stratégies et plans nationaux pour la biodiversité présentés par les pays. Cette première évaluation doit permettre d’identifier les avancées, mais aussi les lacunes qui risquent de compromettre l’atteinte des 23 cibles du cadre de Kunming-Montréal. La question du financement de la biodiversité figurera également parmi les dossiers sensibles des négociations. Autre enjeu : la traduction des engagements internationaux en actions concrètes sur le terrain. Protection et restauration des écosystèmes, mobilisation des ressources, données sur la biodiversité, partage des avantages liés aux ressources génétiques ou encore liens entre biodiversité et santé font partie des questions préparatoires identifiées par le secrétariat de la Convention. L’Arménie entend donner une forte dimension politique à cette COP. Un sommet des dirigeants est prévu le 16 octobre, avant l’ouverture officielle, tandis que le segment de haut niveau réunissant notamment les ministres se déroulera les 27 et 28 octobre. À Erevan, l’enjeu sera donc de transformer les promesses de 2022 en résultats mesurables. À quatre ans de l’échéance de 2030, la COP17 devrait surtout permettre de répondre à une question simple : les engagements pris pour enrayer l’érosion de la biodiversité commencent-ils réellement à changer la trajectoire de la nature ?
Nous avons suivi une dizaine d’employés de SNCF Réseau venus approfondir leurs connaissances dans le cadre de leurs missions. La plupart d'entre eux assurent la surveillance et la régulation sur les emprises ferroviaires et sont titulaires du permis de chasser. Le programme, particulièrement dense, aborde les fondamentaux de la connaissance des armes et des optiques, la balistique, le choix des munitions, l’anatomie des ongulés et leurs zones vitales. Le réglage des armes et des optiques, ainsi que les techniques de tir, complètent les enseignements. 




La France réalise cette évaluation tous les six ans. Pour la période 2019-2024, plus de 1 000 évaluations ont été conduites, avec la mobilisation de plus de 400 experts. Tous les milieux ne sont cependant pas touchés de la même manière. Les habitats forestiers et rocheux apparaissent parmi les mieux préservés. À l’inverse, les milieux littoraux, humides et aquatiques figurent parmi les plus fragiles. Les pressions exercées par l’artificialisation, la fragmentation des milieux, les modifications des pratiques agricoles, les changements hydrologiques ou encore les différentes formes de pollution pèsent sur leur état de conservation. Le détail des résultats montre également des disparités entre les groupes d’espèces et les territoires. Pour les espèces d’intérêt communautaire présentes dans l’Hexagone, 24 % seulement sont dans un état favorable, contre 28 % lors de l’évaluation précédente. Pour les habitats, la situation est également préoccupante : une part importante des évaluations fait apparaître une détérioration. Ce bilan ne signifie pas que toutes les espèces déclinent partout. Certaines bénéficient de mesures de protection et connaissent des évolutions positives. Mais la tendance générale reste défavorable.
L’ONF constate ainsi que l’équilibre forêt-ongulés n’est plus satisfaisant que sur 45 % des forêts domaniales, contre 61 % en 2018. Cette situation peut également pénaliser les animaux eux-mêmes : en réduisant la diversité et la quantité de végétation disponible, une forte densité peut dégrader progressivement les conditions d’accueil du milieu. La question n’est donc pas celle d’une population « trop importante » dans l’absolu, mais d’un niveau compatible avec les ressources et la capacité de renouvellement de chaque territoire. La chasse constitue aujourd’hui le principal outil de régulation des grands ongulés en France. Lors de la saison 2024-2025, près de 1,56 million d’ongulés sauvages ont été prélevés : 881 372 sangliers, 569 183 chevreuils, 90 324 grands cervidés, auxquels s’ajoutent chamois, isards, mouflons, daims et cerfs sika. Ces chiffres traduisent l’ampleur de la gestion, mais ne signifient pas que la situation est identique partout. Les prélèvements sont ajustés selon les populations, les habitats et les dégâts observés. Dans certaines forêts, l’ONF estime d’ailleurs nécessaire de renforcer la régulation pour permettre le renouvellement des peuplements. Le retour ou le développement des grands prédateurs pose une autre question : peuvent-ils assurer seuls cette fonction de régulation ? Le loup exerce incontestablement une prédation sur les ongulés, mais son action ne se substitue pas mécaniquement à celle de la chasse. Sa répartition, son comportement et la disponibilité des proies déterminent son impact. À l’hiver 2024-2025, la population française était estimée à 1 082 loups en moyenne, avec une fourchette de 989 à 1 187 individus. Augmenter fortement leur nombre aurait par ailleurs des conséquences sur l’élevage. En 2025, 4 441 attaques de loups et 12 927 animaux victimes ont été recensés selon les premières estimations officielles. Le véritable enjeu est donc moins de choisir entre chasseurs et prédateurs que de déterminer, territoire par territoire, quelle combinaison de régulation permet de maintenir les équilibres entre faune sauvage, milieux naturels, forêt et activités humaines.
Elle réunira Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique (sous réserve de confirmation), Xavier Roseren, vice-président de l’ANEM et député de la Haute-Savoie, Marie-Noëlle Battistel, députée de l’Isère et présidente du Conseil national de la montagne, Arnaud Murgia, maire de Briançon et président du Parc national des Écrins, ainsi qu’Anne Marty, présidente de Domaines skiables de France. L’après-midi, la deuxième table ronde portera sur le financement des territoires de montagne et l’accès aux crédits nationaux et européens. Participeront Frédérique Espagnac, secrétaire générale de l’ANEM et sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, Sylvie Vermeillet, sénatrice du Jura et présidente du comité de massif du Jura, ainsi que Michel-François Delannoy, directeur à la Banque des Territoires. Les échanges viseront notamment à aider les élus à planifier leurs investissements et à mieux mobiliser les dispositifs existants. Enfin, vendredi matin, la troisième table ronde s’intéressera à l’agriculture, la biodiversité, l'élevage et la prédation, ainsi que la coopération transfrontalière. Autour d’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, interviendront Jean-Pierre Vigier, président de l’ANEM et député de la Haute-Loire, Éric Sargiacomo, député européen, Danièle Carteron, députée de la Haute-Savoie, Patrice Dunand, maire de Gex et président de Pays de Gex Agglo, Jean Peyrony, directeur général de la Mission opérationnelle transfrontalière, et Guillaume Corradino, directeur général d’Euromontana. Le congrès entend ainsi croiser enjeux climatiques, financement public, agriculture, biodiversité et coopération européenne pour nourrir les réflexions sur l’avenir des territoires de montagne.
L’objectif est d’harmoniser les méthodes de relevé afin de disposer de données fiables et comparables sur l’ensemble du territoire. Les informations recueillies doivent notamment permettre de repérer les portions de route où les collisions se répètent. Les Directions interdépartementales des routes (DIR) jouent déjà un rôle important dans ce recensement. Depuis 2017, leurs agents appliquent un protocole commun lorsqu’ils découvrent un animal percuté sur le réseau routier national non concédé. Espèce, date et localisation de la collision sont notamment renseignées. Ces données permettent progressivement de mieux identifier les points noirs et les secteurs où les déplacements de la faune se heurtent aux infrastructures routières. Le futur guide doit également permettre de mieux cibler les solutions : passages à faune, clôtures adaptées, restauration des continuités écologiques ou amélioration de la signalisation. Les fédérations départementales des chasseurs doivent être associées à la démarche, leur connaissance des populations de grand gibier et de leurs axes de déplacement pouvant compléter les observations réalisées sur les routes. En attendant l’amélioration de ces dispositifs de prévention, la période automnale appelle à une vigilance accrue, particulièrement à l’aube, au crépuscule et sur les axes traversant les massifs forestiers. Face à un animal, mieux vaut ralentir et rester prêt à freiner que tenter une manœuvre brusque.
Selon les estimations de l’Insee et du Trésor reprises par la mission, les fortes températures et la sécheresse pourraient avoir amputé la croissance d’environ 0,1 point de PIB, soit près de 3 milliards d’euros. L’agriculture a été particulièrement touchée, avec notamment une baisse estimée de 42 % pour certaines productions de maïs et une diminution d’environ 8 % de la valeur ajoutée agricole. À cette perte d’activité s’ajoutent au moins 2,5 milliards d’euros de dépenses publiques supplémentaires : environ 1,3 milliard pour les aides aux agriculteurs, 700 millions pour les dépenses liées à la santé et au moins 300 millions pour les incendies. La troisième composante, la plus importante mais aussi la plus incertaine, concerne les ménages et les entreprises. La mission l’évalue à plus de 11 milliards d’euros. Elle inclut notamment les dommages assurés liés aux incendies, l’augmentation des consommations électriques due à la climatisation et à la ventilation, ainsi que les pertes agricoles. Ce dernier montant repose cependant sur des estimations fournies par des organisations agricoles et doit donc être interprété avec prudence. Au-delà du bilan de 2026, le rapport pose surtout la question de l’adaptation. La mission estime entre 10 et 13,6 milliards d’euros les dépenses publiques qui seraient nécessaires dès 2027 pour mieux faire face à des épisodes comparables. À l’horizon 2050, l’effort cumulé pourrait atteindre 117 à 158 milliards d’euros. Ce chiffrage intervient alors que s’ouvre le débat sur le budget 2027. Il donne une dimension très concrète au coût de l’adaptation climatique : ne pas investir aujourd’hui pourrait signifier supporter demain des dommages encore plus élevés.
Lorsque l’une d’elles devient réceptive, elle provoque l’agitation des mâles. Son cycle œstral, d’environ 21 à 23 jours, permet plusieurs épisodes de réceptivité au cours de la saison. Pour les grands mâles, commence alors une période de déplacements parfois considérables. Ces solitaires, qui occupent habituellement un secteur bien défini, peuvent parcourir plusieurs kilomètres au cours de leurs pérégrinations nocturnes. Leur présence se devine aussi à d’autres indices. Les mictions répétées accompagnent leurs déplacements et participent probablement à la communication entre individus. À proximité d’un grand mâle en rut, une odeur caractéristique peut d’ailleurs être perceptible. Pour l’observateur attentif, tous ces détails composent une sorte de carte invisible : un arbre frotté, une coulée fraîche, des traces de passage, une souille fréquentée, et voilà la preuve qu’un animal est passé là quelques heures plus tôt. Mais ces indices annoncent surtout ce qui va se jouer lorsque plusieurs mâles se retrouveront autour d’une même laie. Car le rut n’est pas seulement une affaire de reproduction. C’est aussi une période où la hiérarchie entre mâles va s’exprimer avec une intensité particulière...
Les entreprises et les structures publiques sont notamment appelées à intégrer davantage la préservation de la ressource dans leurs stratégies et leurs pratiques. Cette réflexion sera au cœur de la table ronde « L’eau, un enjeu de civilisation : les acteurs du fleuve s’engagent ». Elle réunira notamment Clémence Aubert, secrétaire générale d’Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF), Benoit Martin, directeur des programmes Green Business – Agir pour l’eau aux Banques Populaires, et Lionel Rouillon, directeur du développement de Voies navigables de France. Les échanges permettront de confronter les approches économiques, environnementales et opérationnelles de la gestion de l’eau. La dimension internationale sera également mise en avant avec les Prix « Living with Rivers 2026 ». Le 15 octobre, à Marseille, Erik Orsenna, président d’IAGF, et les membres du jury remettront les distinctions aux trois lauréats de cette édition. La cérémonie permettra également de présenter les 52 nouveaux projets labellisés en 2026, conduits dans différents territoires à travers le monde. Ces initiatives visent à favoriser une coexistence durable entre les fleuves, les écosystèmes et les populations qui en dépendent. À travers ces rencontres, les Assises entendent rappeler une évidence devenue stratégique : préserver l’eau, c’est aussi préparer l’avenir des territoires et des sociétés qui vivent avec leurs fleuves...