Après plusieurs semaines de sécheresse, les premières pluies ne font pas seulement reverdir les paysages. Elles peuvent aussi déclencher une véritable ruée alimentaire chez les sangliers. Et, très souvent, les premiers dégâts spectaculaires apparaissent… sur les bords de route. Un phénomène qui n’a rien de mystérieux et qui s’explique par l’interaction entre le sol, la pluie, les vers de terre et le comportement alimentaire des animaux. Lorsque la sécheresse s’installe, les vers de terre, particulièrement sensibles au manque d’humidité, gagnent les couches profondes du sol. Ils y trouvent des conditions moins défavorables et peuvent ainsi échapper temporairement à la chaleur et au dessèchement de la surface. Pour les sangliers, cette ressource alimentaire devient alors beaucoup plus difficile à atteindre. Or, le ver de terre constitue une nourriture particulièrement riche en protéines.
Quand surviennent les premières pluies, après plusieurs semaines durant lesquelles l’accès à cette ressource est devenu plus difficile, les conditions changent rapidement. L’humidité regagne les couches superficielles du sol et les vers peuvent se rapprocher de la surface. L’instinct de recherche alimentaire des sangliers les pousse alors à prospecter les secteurs susceptibles d’abriter ces proies. C’est là que les bords de route prennent une importance particulière. Une chaussée constitue une surface largement imperméable : l’eau de pluie ne peut pratiquement pas y pénétrer. Elle ruisselle donc vers ses accotements et les fossés. Lors des premières précipitations importantes, ces bordures peuvent recevoir une part importante de cette eau ruisselée. Le sol y retrouve ainsi plus rapidement des conditions d’humidité favorables à l’activité des vers. Le premier mètre de bordure peut alors devenir une véritable « table » pour les sangliers. Leur groin fouille le sol meuble, retourne les feuilles, soulève les petites mottes et recherche les vers et autres invertébrés qui profitent de l’humidification du terrain. Les dégâts sont immédiatement visibles : la terre est retournée en bandes parfois continues le long de la chaussée. Ce comportement explique pourquoi les premières traces de quête alimentaire peuvent apparaître très rapidement après une pluie, parfois avant même que les dégâts ne deviennent importants ailleurs. Il faut toutefois considérer le phénomène à l’échelle du paysage : toutes les bordures routières ne réagissent pas de la même manière. La nature du sol, la végétation, l’intensité des précipitations ou encore la disponibilité d’autres ressources alimentaires jouent également un rôle. Mais lorsque sécheresse, pluie et manque de protéines se conjuguent, le trio devient explosif : les vers remontent, les sangliers arrivent et… les bords de route trinquent !
Dimanche 6 septembre 2026 : Château de Maulnes (Yonne) : Fête de la Chasse

Une nécessité alors que les interactions entre ces trois mondes se multiplient sous l’effet de l’évolution des paysages, du changement climatique, des échanges internationaux et de la pression exercée sur les écosystèmes. La stratégie repose notamment sur une surveillance renforcée des populations sauvages. Le principe est simple : détecter plus rapidement l’apparition d’une maladie permet de réagir avant qu’elle ne se transforme en crise sanitaire. Pour améliorer cette surveillance, la WOAH poursuit le développement de WAHIS, son système mondial d’information sur la santé animale, et déploie WildEpi, une nouvelle plateforme destinée à recueillir et analyser les événements sanitaires touchant la faune sauvage. Cette dernière doit permettre aux professionnels autorisés de partager des informations presque en temps réel sur les maladies, les mortalités inhabituelles ou les autres événements sanitaires. Elle intègre également des outils d’intelligence artificielle, notamment pour faciliter l’identification des espèces. La WOAH insiste toutefois sur un point essentiel : aucun système de surveillance ne peut fonctionner efficacement en vase clos. Vétérinaires, chercheurs, laboratoires, gestionnaires d’espaces naturels, services de l’État et acteurs de la conservation doivent partager leurs observations et leurs données. Cette approche relève directement du concept « Une seule santé » (One Health), qui considère que la santé humaine, la santé animale et celle des écosystèmes sont étroitement liées. La nouvelle stratégie ne se limite donc pas à établir des principes. Elle prévoit également des projets régionaux, des formations et des partenariats destinés à renforcer les capacités locales. Pour la faune sauvage, l’enjeu est majeur : mieux connaître son état sanitaire, c’est pouvoir détecter plus tôt les menaces, protéger les populations animales et réduire les risques de transmission des maladies aux élevages et à l’homme. La surveillance devient ainsi un véritable outil de prévention, au service de la biodiversité comme de la santé mondiale.
Le corps sans vie de l’octogénaire a finalement été découvert en contrebas du secteur où il chassait, dans le lit de la Truyère. Selon les premiers éléments rapportés, le chasseur aurait été surpris par un lâcher d’eau provenant du barrage de Lanau. Les circonstances précises de l’accident devront toutefois être établies par l’enquête.
Ces opérations sont réalisées avec l’ONF et les chasseurs locaux, selon le protocole INA (Indice nocturne d’abondance), validé par l’OFB. L’objectif n’est pas simplement de compter les animaux aperçus, mais de disposer d’indicateurs comparables permettant de suivre l’évolution des populations au fil des années. Un enjeu important, alors que le cerf élaphe connaît une forte expansion en France. Intégrés au programme ICE Occitanie, ces suivis sont complétés par des données biométriques sur les animaux. Ils doivent notamment aider à maintenir l’équilibre entre cerfs, agriculture et forêt, en permettant d’adapter les prélèvements à la situation observée localement. Les résultats seront présentés dans le prochain carnet cynégétique, avant que les campagnes suivantes ne permettent d’évaluer les mesures de gestion mises en œuvre...
La FNC a donc logiquement annoncé une plainte et plusieurs saisines des pouvoirs publics. Sur le fond, chacun est évidemment libre d’être hostile à la chasse et de réclamer son interdiction. C’est le jeu démocratique. Mais appeler à une confrontation physique avec des citoyens qui exercent une activité légale est d’une tout autre nature. Et lorsque ces propos viennent d’une députée de la République, potentiellement candidate à l’élection présidentielle de 2027, on est en droit d’attendre davantage de responsabilité. Alors, puisque Madame Rousseau souhaite mobiliser « ce peuple de l’écologie », pourquoi ne pas transformer cette provocation en une occasion de mesurer très concrètement son audience ? Notre suggestion est simple : ne répondons surtout pas à la confrontation par la confrontation. Comptons ! Le jour de l’ouverture, chaque société de chasse pourrait simplement photographier, dans le respect des règles, les éventuels manifestants venus répondre à l’appel de la dame, puis transmettre ces informations à sa Fédération départementale. Les FDC pourraient ensuite établir un bilan départemental, et faire remonter le résultat à la FNC. Combien seront-ils réellement ? Dix ? Cent ? Mille ? Dix mille ? Davantage ? Nous découvririons ainsi le véritable poids de cette mobilisation annoncée à grands renforts de déclarations martiales. Car entre appeler à la confrontation depuis une tribune et être effectivement présent sur le terrain, il existe parfois un monde. Et surtout, les chasseurs n'ont aucune raison de tomber dans le piège tendu. Pas de provocation, pas de surenchère, pas de face-à-face recherché. La meilleure réponse à une tentative de rapport de force reste le sang-froid, la légalité et… les chiffres. Madame Rousseau voulait peut-être démontrer la puissance de son mouvement. Très bien. Qu’elle nous permette donc d’en mesurer l’importance...
Chez cette espèce fortement polygynique, tous les mâles n'ont pas les mêmes chances de se reproduire. Une infime proportion d'entre eux, appelés « maîtres de place », concentre l'essentiel des accouplements, assurant ainsi la transmission des caractères les mieux adaptés à leur environnement. Le maître de place est un cerf adulte, généralement âgé de plus de 8 ans, ayant atteint sa pleine maturité physique et comportementale. Contrairement à une idée largement répandue, ses bois, aussi impressionnants soient-ils, ne constituent pas son seul atout.
Sa réussite repose sur un ensemble de critères : masse corporelle, condition physique, équilibre hormonal, expérience des combats, capacité à économiser son énergie, qualité des vocalisations et aptitude à contrôler un harpail (harem de biches). Les travaux pionniers de l'éthologue britannique Tim Clutton-Brock, notamment dans la célèbre population de l'île de Rum en Écosse, ont démontré que la hiérarchie sociale des mâles constitue le principal déterminant du succès reproducteur. Les analyses génétiques réalisées depuis les années 1990 confirment ce phénomène avec une remarquable constance. Dans une population naturelle, environ 10 à 20 % des mâles adultes assurent entre 60 et 80 % des fécondations, selon les années et la structure démographique (Pemberton et al., 1992 ; Kruuk et al., 2002). Les maîtres de place les plus dominants peuvent ainsi féconder 15 à 30 biches, parfois davantage lorsque les densités sont élevées...
Aujourd’hui, de nombreuses fédérations départementales conseillent aux chasseurs de viser un prélèvement maximum de l’ordre de sept sangliers pour 100 hectares. Mais il ne s’agit que d’une recommandation. Pourquoi ne pas officialiser une fois pour toutes un seuil de référence, quitte à l’adapter aux caractéristiques des territoires ? Car, en l’absence de limite claire, chacun peut légitimement contester les reproches qui lui sont adressés. « Il y a trop de sangliers chez vous », entend-on régulièrement. Mais ce « trop », à quoi correspond-il exactement ? À dix animaux aux 100 hectares ? À vingt ? À cinquante ? Et surtout, qui décide ? Fixer un objectif commun permettrait de sortir de ces querelles souvent stériles. Chasseurs, agriculteurs, propriétaires et gestionnaires disposeraient enfin d’une référence partagée. À partir de là, les mesures à prendre deviendraient beaucoup plus faciles à justifier. Revenons donc au débat qui crée actuellement des tensions entre la Marne et l’Aisne. Pourquoi ne pas adopter une règle simple, lisible et contrôlable ? Les sociétés qui prélèvent moins de sept sangliers aux 100 hectares pourraient continuer à pratiquer l’agrainage, dans les conditions réglementaires prévues. En revanche, celles qui dépassent durablement et largement ce seuil devraient se voir imposer sa suspension, jusqu’au retour à une situation compatible avec l’objectif fixé. Trop simple ? Peut-être. Mais parfois, la bonne gestion commence précisément par des règles simples, mesurables et identiques pour tous. Et surtout, ne mélangeons plus les deux sujets : le nourrissage entretient artificiellement les animaux ; l’agrainage doit être considéré comme un outil de gestion, dont la pertinence est de pouvoir être évaluée au regard des résultats obtenus.
Derrière les grands discours sur la « coexistence », ce sont pourtant les éleveurs qui supportent les conséquences concrètes : animaux tués ou blessés, troupeaux désorganisés, surveillance accrue et pression permanente sur le pastoralisme. Et lorsqu’il s’agit de l’ours, certains réclament déjà de nouveaux lâchers au nom de la diversité génétique et agitent la menace de la consanguinité. Peu importe, semble-t-il, que le terrain pyrénéen soit déjà confronté à des conflits récurrents. La logique reste la même : toujours plus de prédateurs, toujours plus de contraintes pour ceux qui doivent les subir.