Canon-Fronsac Château du Gazin

Dégâts de gibier : la prochaine facture inquiète déjà…

La sécheresse n’a pas supprimé les dégâts de gibier. Elle pourrait simplement avoir repoussé l’addition. Cet été, les conditions exceptionnellement sèches ont bouleversé les habitudes alimentaires du grand gibier. Après les moissons, les parcelles habituellement très fréquentées par les sangliers ont souvent offert moins de ressources : les grains tombés au sol n’ont pas toujours germé, privant les animaux des jeunes repousses particulièrement riches et attractives. Dans ce paysage desséché, les cultures encore irriguées et les secteurs ayant conservé un couvert végétal sont devenus de véritables îlots de nourriture. Mais le changement de décor pourrait être brutal. Avec le retour des pluies, les sols se réhydratent, les vers de terre et les invertébrés remontent dans les premiers centimètres du sol : pour les sangliers, le garde-manger se reconstitue. Et avec lui, le risque de dégâts. Quelques nuits suffisent parfois pour transformer une parcelle fraîchement semée en terrain retourné. Le phénomène est particulièrement sensible à cette période de l’année. Les cultures d’automne viennent d’être implantées, les prairies retrouvent de l’humidité et les sols deviennent plus faciles à fouiller. Le groin des bêtes noires peut alors arracher des jeunes plants, dégrader les levées, retourner les surfaces et créer des zones où le passage des engins agricoles devient plus compliqué. Dans les prairies, les boutis peuvent également provoquer des pertes de couvert et dégrader durablement la qualité des parcelles. Le paradoxe de cette année est donc là : après avoir rendu certaines cultures moins attractives, la sécheresse pourrait laisser place à une période de forte concentration du gibier dès que les conditions redeviennent favorables. Pour les agriculteurs comme pour les chasseurs, les prochaines semaines seront donc à surveiller de près. Repérer les secteurs qui concentrent les animaux, renforcer la prévention autour des parcelles sensibles et adapter la pression de chasse seront déterminants. La facture des dégâts 2026 ne se joue peut-être pas dans les champs déjà récoltés, mais dans ceux qui commencent tout juste à lever.


FACE : une Assemblée générale tournée vers l’avenir de la chasse européenne

Les 29 et 30 septembre 2026, les délégués de la FACE, représentant 37 associations membres de toute l’Europe, se sont réunis à Bruxelles pour leur Assemblée générale. Les membres associés étaient également largement représentés. Les travaux ont débuté par une réunion du conseil d’administration, suivie de sessions consacrées à la stratégie et à la communication. Les participants ont notamment validé un plan d’action commun pour la Semaine de la viande de gibier, prévue du 2 au 8 novembre, ainsi que pour le 50e anniversaire de la FACE en 2027. Plusieurs interventions ont permis d’aborder les grands enjeux de l’avenir de la chasse : influence de la FACE à long terme, développement des applications dédiées aux chasseurs ou encore initiatives danoises destinées à rapprocher les enfants de la nature et de la chasse à travers l’alimentation. L’intervention de Renée Thornton, fondatrice du programme Women Hunt® de la Wild Sheep Foundation, consacrée à la place des femmes dans la chasse, a également marqué les débats. Les membres ont par ailleurs contribué à l’élaboration de la prochaine stratégie de FACE, avec la volonté de maintenir les besoins des organisations nationales au cœur de ses priorités. La commissaire européenne Jessika Roswall a assisté à l’ensemble des échanges et répondu aux questions du public. La journée s’est achevée par un dîner de gala coorganisé avec Safari Club International. Le 30 septembre, les membres ont poursuivi leurs travaux autour de la résilience des directives Oiseaux et Habitats, de la réglementation européenne concernant les chiens de chasse et de la restauration des populations de petit gibier. ELO a notamment présenté les possibilités offertes par la PAC en faveur de la biodiversité. Une table ronde réunissant le CIC, la Wild Sheep Foundation et la SCI Foundation a enfin abordé les moyens de concilier chasse et conservation à l’échelle mondiale. L’Assemblée s’est conclue par un don de 50 000 dollars de la Wild Sheep Foundation, destiné à soutenir le travail de plaidoyer de la FACE. Les membres se retrouveront à Vienne en mars 2027, puis à Bruxelles les 28 et 29 septembre 2027 pour une Assemblée générale marquée par les élections et le 50e anniversaire de FACE. Pour son président, Laurens Hoedemaker, cette échéance doit permettre à FACE de s’appuyer sur une organisation « solide et unie » pour devenir encore plus proactive et orienter les débats européens sur la chasse et la conservation. (Photos FACE)


Restauration des terres : 124 millions d’hectares engagés, mais seulement 10 % des objectifs atteints

La restauration des terres progresse à l’échelle mondiale, mais reste très en retard sur les engagements pris par les États. Selon le rapport 2026 de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), plus de 124,3 millions d’hectares font actuellement l’objet d’actions de restauration, de réhabilitation ou de gestion améliorée. Cette superficie équivaut à environ deux fois celle de la France, mais ne représente que 10,4 % des 1,2 milliard d’hectares que les pays se sont engagés à restaurer dans différents cadres internationaux. Ces engagements sont notamment liés à la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes, au Cadre mondial de Kunming-Montréal sur la biodiversité, à la lutte contre la désertification et aux politiques climatiques nationales. La plupart des échéances convergent vers 2030, mais le rythme actuel apparaît insuffisant pour atteindre ces objectifs. Les efforts sont très inégalement répartis. L’Asie de l’Est, l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne concentrent 80 % des superficies recensées. L’Asie de l’Est représente 38,8 millions d’hectares, notamment grâce à la restauration forestière, soit 35 % de ses engagements. L’Asie du Sud atteint 37,8 millions d’hectares, principalement grâce à des interventions agricoles et à l’amélioration de la productivité des terres, soit environ 40 % de ses objectifs. L’Afrique subsaharienne compte 23,3 millions d’hectares restaurés, mais ce chiffre ne représente que 5 % de ses ambitions, qui portent sur 480 millions d’hectares. L’UICN souligne toutefois que ces chiffres constituent probablement une estimation minimale. Certains projets de restauration ne sont pas encore intégrés aux systèmes internationaux de suivi, en raison de lacunes dans la collecte et la transmission des données. Le rapport insiste donc sur plusieurs priorités : renforcer les systèmes nationaux de suivi, harmoniser les méthodes de déclaration, améliorer le financement et la coordination institutionnelle. Pour l’UICN, l’enjeu n’est désormais plus seulement de multiplier les hectares annoncés, mais de mesurer précisément les superficies effectivement restaurées et leurs bénéfices pour les populations, les sols, la biodiversité et la résilience climatique.


Fuligule milouin : une consultation publique qui donne raison aux chasseurs

« Une consultation publique qui tourne cette fois à l’avantage des chasseurs, cela mérite d’être salué… et de vous remercier pour votre mobilisation ! ». Le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, n’a pas caché sa satisfaction devant le succès de la consultation publique consacrée au projet d’arrêté encadrant la chasse du fuligule milouin pour la saison 2026-2027. Ouverte du 30 juillet au 19 août, cette consultation a recueilli 8 182 contributions. Selon le bilan officiel publié par le ministère, 55,9 % des participants, soit 4 574 personnes, se sont déclarés favorables au projet d’arrêté, contre 42,6 %, soit 3 485 contributeurs, qui y étaient défavorables. Les 1,5 % restants n’ont pas pu être classés, faute de position suffisamment explicite. Au-delà de ces chiffres, les arguments avancés par les contributeurs favorables reprennent les principaux éléments du dispositif : gestion adaptative, suivi scientifique de l’espèce, quota annuel fixé à 5 000 prélèvements, priorité donnée aux mâles et déclaration des oiseaux prélevés en temps réel via ChassAdapt. Le ministère relève également que la suspension automatique de la chasse est prévue dès que le quota est atteint. La procédure ne s’est pas limitée à la consultation du public. Le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage (CNCFS), consulté parallèlement, a rendu un avis favorable au projet. Au terme de l’ensemble de la procédure, le ministère a donc décidé de maintenir l’arrêté en l’état. Cette décision intervient alors que le fuligule milouin demeure une espèce dont l’état de conservation fait l’objet d’une attention particulière. Le dispositif retenu pour 2026-2027 repose précisément sur une logique de gestion adaptative : mesurer les prélèvements, suivre les données et pouvoir ajuster ou suspendre la chasse si le quota est atteint.

Reste maintenant à faire fonctionner au mieux l’outil chargé de comptabiliser les prélèvements. Pensée pour simplifier le suivi de la chasse et permettre aux chasseurs de renseigner leurs prélèvements directement depuis leur smartphone, l’application ChassAdapt constitue sur le papier un outil pratique et moderne. Mais encore faut-il parvenir à y accéder sans s’arracher les cheveux. Un écueil semble se situer au moment de saisir la date de naissance. L’utilisateur se retrouve face à un calendrier qu’il doit faire défiler année après année, puis mois après mois, jusqu’à atteindre sa date de naissance. Une opération particulièrement fastidieuse. Il aurait sans doute été beaucoup plus simple de permettre à chacun de saisir directement le jour, le mois et l’année de naissance, comme cela se pratique dans de nombreux formulaires numériques. ChassAdapt reste donc une bonne idée, mais son efficacité dépend aussi de la facilité avec laquelle les utilisateurs peuvent la prendre en main. Quelques ajustements d’ergonomie pourraient certainement éviter bien des frustrations…


OFB : cap sur le zéro accident

Alors que la saison de chasse 2026-2027 vient de s’ouvrir, l’Office français de la biodiversité (OFB) rappelle ses principales actions en direction du monde cynégétique : sécurité, examen du permis de chasser, contrôles et suivi des prélèvements sur les espèces sensibles. La sécurité demeure une priorité. Le bilan de la saison 2025-2026 fait état de 92 accidents de chasse, dont quatre mortels. Les chasseurs représentent 89 % des victimes. Si le nombre d’accidents a diminué de 49 % en vingt ans, l’OFB relève parallèlement une tendance à la hausse des incidents, qui ont atteint 122 cas la saison dernière. Ces événements concernent notamment des dégâts matériels ou des blessures infligées à des animaux domestiques, sans blessure corporelle. L’analyse de chaque accident doit permettre d’adapter la réglementation, les formations et les messages de prévention, avec l’objectif affiché de tendre vers le zéro accident. L’OFB renforcera également ses contrôles. Du 29 octobre au 14 décembre 2026, une opération nationale coordonnée mobilisera ses inspecteurs de l’environnement. Lors de la précédente campagne, 1 445 missions avaient permis de contrôler près de 10 000 chasseurs en dix-sept jours et de relever 475 infractions, dont 247 liées à la sécurité. La dynamique se confirme aussi du côté du permis de chasser. Depuis 2023, jamais autant de candidats ne s’étaient présentés à l’examen, et le nombre de permis délivrés atteint également un niveau inédit. Le nombre de sessions a progressé de 5,4 % en un an, contre 3,6 % pour les candidats. Le taux de réussite reste, lui, relativement stable, entre 71,7 % et 72,9 %. L’OFB porte également une attention particulière aux espèces soumises à gestion adaptative ou présentant un état de conservation défavorable, comme le fuligule milouin ou la tourterelle des bois. Les contrôles portent notamment sur les prélèvements réalisés dans le cadre réglementaire et leur déclaration dans ChassAdapt. Ces données alimentent ensuite les travaux des groupes d’experts nationaux et européens.

Enfin, l’OFB conduira jusqu'au 20 novembre 2026 une opération spécifique sur la chasse aux filets des colombidés dans les cinq départements du Sud-Ouest concernés. Outre les contrôles de police, une étude sera menée sur 50 installations, soit dix par département, afin d’évaluer la sélectivité des pantes et pantières. Pilotée par l’OFB avec le Muséum national d’Histoire naturelle, cette étude doit notamment mesurer la proportion de captures d’espèces autres que les colombidés ciblés. Ses résultats sont attendus en 2027.


La semaine en bref...

- Ardennes : la FDC organise les 6 et 7 octobre 2026, à Charleville-Mézières, deux soirées consacrées au cerf et à la période du brame. Ces rendez-vous proposent au public de mieux connaître cet animal emblématique des forêts ardennaises tout en découvrant son comportement durant la période de reproduction. Au programme : présentation de la biologie et du cycle de vie du cerf, explications sur le déroulement du brame, puis sortie consacrée à l’observation et à l’écoute des animaux dans leur milieu naturel. Les participants pourront ainsi tenter d’entendre les puissants appels des mâles et, avec un peu de chance, observer les comportements caractéristiques de cette période. La soirée se prolongera autour d’un repas ardennais, permettant de conjuguer découverte de la faune sauvage et convivialité.

 

- Aveyron : la FDC dresse un premier bilan de la saison du sanglier. Entre le 15 août et le 20 septembre, 1 091 sangliers ont été prélevés, soit environ deux fois moins qu’à la même période l’an dernier. Une baisse que Jean-Pierre Authier, président de la fédération, attribue notamment aux fortes chaleurs, qui compliquent le travail des chiens. Les effectifs restent toutefois jugés très importants, notamment dans la vallée du Lot et les communes voisines du Lot. Parmi les animaux prélevés figurent 491 femelles et 600 mâles. Le plus lourd, abattu au Fel fin août, atteignait 124 kg, tandis que 28 sangliers de plus de 100 kg ont déjà été recensés. Le poids moyen s’établit à 47,9 kg. Depuis l’ouverture, 1 400 battues ont été organisées, réunissant en moyenne 16 chasseurs. La fédération appelle à maintenir la pression avant les semis d’automne, tout en rappelant l’importance des règles de sécurité. Des formations sont également proposées pour la régulation des corvidés et le piégeage des ESOD.

 

- Bouches-du-Rhône : un marcassin, et non un quelconque « bébé sanglier », expression aussi infantilisante qu’inutile, a été retrouvé mort dans un sac plastique, lundi 28 septembre, rue du Docteur-Girbal, dans le 10e arrondissement de Marseille. Un bénévole de l’association Clean my Calanques, venu simplement ramasser des déchets, a découvert la dépouille en ouvrant ce qu’il pensait être un sac abandonné. Des traces de sang étaient visibles à proximité. La découverte a également posé une question pratique : que faire lorsqu’un animal sauvage mort est retrouvé en pleine ville ? Après plusieurs appels, notamment aux services de police, l’association a finalement contacté la mairie. Celle-ci dispose d’un service d’équarrissage chargé de récupérer les animaux. Reste l’origine de la mort, qui n’était pas connue. Daniel Franchi, président de la société provençale des chasseurs réunis des 8e et 9e arrondissements, estime nécessaire d’examiner les blessures pour déterminer les circonstances. L’hypothèse d’un acte de braconnage est évoquée, sans être établie...

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Brame du cerf en Haute-Marne : quand on massacre la gestion, il ne reste plus qu’à écouter le silence...

Il y a des saisons de chasse qui laissent un sentiment de satisfaction pour la tâche accomplie. Et puis, il y a celle qui oblige à se demander ce que l’on a fait de plusieurs décennies de travail. Le brame 2026 appartient à cette seconde catégorie. Dans les grands massifs haut-marnais, où l’on entendait les maîtres de place, les forêts ont souvent répondu par un silence inhabituel. Quelques raires ici ou là, des cerfs isolés, et surtout l’impression que quelque chose s’est défait. Deux constats devraient pourtant suffire à résumer l’absurdité de la situation. Les grands cerfs, dont les trophées étaient exposés à Joinville en mai dernier n’ont pas participé au brame 2026. Ils n’étaient plus là pour défendre leur territoire, regrouper les biches et transmettre leurs qualités à la génération suivante. En revanche, les jeunes cerfs et ceux que l’on pouvait considérer comme sans intérêt au regard des objectifs d’une gestion qualitative, ont, eux, participé à la reproduction. Pour une gestion raisonnée des grands cervidés, difficile d’imaginer une démonstration plus cinglante. Il faut avoir parcouru ces massifs, les avoir sillonnés en long, en large et quelquefois même en travers, pour mesurer ce que représente un brame aussi terne. Dans les secteurs réputés, la nature semblait en berne. Aucune harde de biches digne de ce nom n’a été observée. Quelques esseulées, accompagnées de leurs faons de l’année et parfois de bichettes, ont bien été aperçues. Mais où étaient les rassemblements qui donnaient aux forêts leur caractère, leur beauté et leur intérêt ? Où étaient les animaux qui, par leur présence, justifiaient tant d’années d’efforts, de suivis et de discussions sur la gestion de la grande faune ? Ce n’est pas seulement une question de spectacle. Le brame est l’un des moments où l’on peut apprécier la structure d’une population de cerfs, sa dynamique, la présence de mâles adultes et l’organisation sociale des hardes. Certes, il ne suffit pas, à lui seul, à établir un diagnostic scientifique, mais sa faiblesse, lorsqu’elle est constatée, mérite autre chose qu’un haussement d’épaules...

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Chasses traditionnelles : le Conseil d’État valide l’encadrement de la chasse aux pantes

Le Conseil d’État a rejeté les recours dirigés contre les arrêtés encadrant la chasse aux pantes des alouettes dans le Sud-Ouest. La décision intervient après plusieurs années de contentieux concernant les conditions dans lesquelles ces pratiques peuvent bénéficier d’une dérogation au titre de la directive européenne « Oiseaux ». Selon le Conseil d’État, les arrêtés contestés respectent les conditions prévues par le droit européen. La capture à l’aide de pantes est considérée comme une pratique sélective, permettant des prélèvements en petites quantités, et pour laquelle il n’existe pas d’autre solution satisfaisante au regard de la finalité recherchée. Le dossier concernait notamment les départements de la Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques. Les dispositifs prévoient des autorisations individuelles, une formation obligatoire, des quotas et des contrôles. Deux années d’expérimentations conduites sur le terrain sous le contrôle des préfectures ont également porté sur la sélectivité de la capture. La question des solutions alternatives constituait un autre volet du contentieux. Le caractère traditionnel d’une pratique ne suffit pas, à lui seul, à justifier une dérogation. Le Conseil d’État a toutefois retenu que la chasse à tir ne pouvait pas être considérée comme strictement équivalente à la chasse aux pantes pour répondre à la finalité de cette pratique. L’élevage d’oiseaux a également été examiné dans cette analyse. Pour la campagne 2025-2026, le plafond de prélèvement aux pantes était fixé à 98 702 alouettes des champs. Le texte fourni indique que ce plafond représente moins de 1 % de la mortalité annuelle moyenne estimée à 106 millions d’individus en Europe. À l’échelle européenne, l’alouette des champs est classée dans la catégorie « préoccupation mineure » (Least Concern). La décision intervient alors que la Fédération nationale des chasseurs et les fédérations départementales concernées défendent le maintien de ces pratiques, en mettant notamment en avant les savoir-faire associés à la préparation des installations, au maniement des filets, à l’utilisation des appelants et à l’observation du comportement des oiseaux. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a contesté la décision. Son président, Allain Bougrain-Dubourg, a annoncé auprès de l’AFP le dépôt prochain d’un recours européen.


Balistique : au diable les calculs…

La balistique n’a rien d’une science récente. Dès l’apparition des premières armes à feu, les hommes ont cherché à comprendre pourquoi un projectile, après avoir quitté son canon, ne poursuivait pas une trajectoire parfaitement rectiligne. Au 14e siècle déjà, les premiers canons posaient cette question avec une redoutable simplicité : comment prévoir le point où tombera ce qui vient d’être propulsé ? Il faudra plusieurs siècles pour transformer cette interrogation empirique en véritable science du tir. En 1537, l’Italien Niccolò Tartaglia publie notamment ses travaux consacrés au mouvement des projectiles. Il établit que leur trajectoire est courbe et cherche à déterminer l’angle permettant d’obtenir la portée maximale. La valeur de 45° s’impose alors dans les raisonnements de l’époque, même si la réalité d’un tir effectué dans l’atmosphère est évidemment plus complexe. Galilée, au 17e siècle, apporte ensuite une contribution majeure à l’étude de la chute des corps et du mouvement balistique. Puis Isaac Newton permet de mieux comprendre les forces qui gouvernent ces phénomènes. Mais une difficulté demeure : une théorie, aussi élégante soit-elle, doit pouvoir être confrontée à la réalité. C’est dans cette perspective que l’Anglais Benjamin Robins invente, au 18e siècle, son pendule balistique, permettant de mesurer expérimentalement la vitesse d’un projectile. Les progrès de l’instrumentation, puis ceux de l’électricité et de la chronométrie, vont progressivement rendre les mesures toujours plus précises. L’apparition de la poudre sans fumée marque ensuite un véritable bouleversement. Les vitesses augmentent, les portées s’allongent et les armes deviennent capables de performances qui rendent indispensable une connaissance beaucoup plus fine de leur comportement. En France, les travaux de la Commission de Gâvre contribuent à l’établissement de tables de tir destinées aux armes militaires. La chasse bénéficiera ensuite de connaissances similaires, adaptées aux caractéristiques propres aux munitions civiles. Car derrière chaque cartouche se retrouve finalement la même réalité physique : une masse propulsée à grande vitesse, soumise aux lois de la mécanique. La balistique moderne n’est donc pas née d’un goût immodéré pour les chiffres, mais d’une nécessité très concrète : savoir ce que devient un projectile quand il quitte le canon...

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Feux de forêt en Aquitaine : de la catastrophe de 1949 au mégafeu de 2026, deux incendies, deux époques…

Il y a près de huit décennies, les Landes de Gascogne furent frappées par l’un des incendies les plus meurtriers de l’histoire contemporaine française. En août 1949, les flammes ravagèrent des dizaines de milliers d’hectares et coûtèrent la vie à 82 personnes. En 2026, un nouveau mégafeu a parcouru une superficie presque comparable en Gironde. Pourtant, les deux catastrophes racontent des sociétés rurales profondément différentes. Entre les deux, la forêt a changé, les villages se sont urbanisés, les populations se sont multipliées et les moyens de secours ont connu une révolution. Mais une même réalité demeure : face au feu, le massif landais reste un territoire où quelques heures peuvent suffire à transformer durablement un paysage.

1949 : le feu comme catastrophe collective

Le 19 août 1949, un incendie démarre dans le secteur de Saucats, en Gironde. L’été est exceptionnellement chaud et sec, les végétaux sont extrêmement inflammables et le vent favorise la propagation des flammes. Dans le massif des Landes de Gascogne, le feu trouve un terrain idéal : une immense forêt de pins, des sous-bois desséchés et des populations rurales habituées à vivre au rythme de la forêt et de ses activités. En quelques jours, la catastrophe prend une dimension considérable. Les données historiques retiennent environ 52 000 hectares parcourus par les flammes, dont 25 000 hectares de bois. Mais derrière la superficie, c’est surtout le bilan humain qui marque durablement les mémoires : 82 personnes perdent la vie. La plupart des victimes sont engagées dans la lutte contre l’incendie. Sapeurs-pompiers, militaires, agents des Eaux et Forêts, élus ou simples habitants participent à la bataille contre les flammes. Certains groupes sont pris au piège par la rapidité du front de feu. Dans une époque où les moyens de communication et de surveillance sont encore rudimentaires, il est difficile de mesurer en temps réel la progression du sinistre et d’anticiper ses changements de direction. Le 24 août 1949 est décrété jour de deuil national. Dans les villages forestiers, le feu laisse derrière lui un paysage bouleversé : parcelles de pins disparues, exploitations touchées, habitations détruites, scieries réduites au silence. L’Écomusée de Marquèze évoque ainsi environ 150 scieries, fermes et habitations détruites. Dans les journaux de l’époque, la catastrophe suscite une immense émotion. Le drame est raconté comme une épreuve nationale, mais aussi comme une tragédie profondément rurale...

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