Canon-Fronsac Château du Gazin

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En Haute-Marne, région Doulaincourt : copropriété d'un parc de chasse de 100 ha. Clôture en bon état (non soumise à la loi Sologne). Contact par courriel : claude.menigot@gmail.com


Les louvards passent à l’attaque : une sinistre plaisanterie qui n’en finit plus de faire pleurer...

Ces jeunes loups de l’année précédente, que l’on appelle louvards, ont bien grandi. Ils quittent ou vont bientôt s’éloigner de leur meute d’origine pour partir à la conquête de nouveaux territoires. Cette phase de dispersion est bien connue des spécialistes. Elle l’est tout autant des éleveurs, qui savent qu’elle s’accompagne souvent d’une recrudescence des attaques sur les troupeaux. Chaque été, le même scénario se répète. Les prédations augmentent, les nuits deviennent plus longues, les inquiétudes plus fortes et les pertes plus lourdes. Pendant ce temps, les discours officiels continuent de vanter une coexistence présentée comme possible, voire exemplaire. Pour beaucoup d'agriculteurs, cette promesse ressemble désormais à une plaisanterie qui n'en finit pas de faire pleurer. Les Chambres d'Agriculture, à l'initiative de la Coordination Rurale, viennent d'adopter une motion demandant à l'État de revoir sa politique de gestion du loup. Les revendications sont concrètes : faciliter les tirs de défense, autoriser les lunettes thermiques, améliorer la transparence du comptage des loups grâce aux analyses génétiques, financer intégralement les moyens de protection, indemniser tous les préjudices, y compris indirects, et reconnaître enfin les conséquences psychologiques des attaques sur les éleveurs et leurs familles. Ces demandes ne traduisent pas une opposition de principe à la présence du loup. Elles expriment surtout l'exaspération de professionnels qui ont le sentiment de supporter seuls le coût d'une politique décidée loin des pâturages. Derrière chaque attaque se cachent des animaux perdus, des investissements réduits à néant, des nuits sans sommeil et parfois la remise en question de toute une exploitation. Certes, le retour du loup constitue un enjeu de biodiversité (quoique...), mais la sauvegarde d'une espèce protégée ne peut ignorer ceux qui entretiennent les paysages, produisent notre alimentation et font vivre les territoires ruraux. Une politique crédible ne peut se limiter à compter les loups. Elle doit aussi mesurer les conséquences de leur présence sur celles et ceux qui en subissent quotidiennement les effets. Faute d'un véritable changement de cap, la fracture entre le monde rural et les décideurs ne pourra que s'aggraver.


Des inspecteurs de l'OFB sont-ils allés trop loin ? Une plateforme ouverte pour signaler les comportements inappropriés...

Des inspecteurs de l'OFB auraient-ils parfois dépassé les limites de leurs missions ? La question, régulièrement soulevée par certains agriculteurs, chasseurs ou autres usagers de la nature, à la suite de contrôles jugés excessifs, semble désormais prise en compte par les pouvoirs publics. Depuis le 30 juin 2026, l'OFB met à disposition une plateforme nationale permettant de signaler les comportements inappropriés de ses agents. Accessible directement depuis le site internet de l'établissement, ce nouvel outil permet à toute personne estimant avoir été confrontée à un comportement contraire aux règles de déontologie de déposer un signalement, que ce soit pour elle-même ou pour un tiers. L'objectif affiché est d'améliorer les relations entre les agents de terrain et les usagers tout en renforçant la transparence. Inspirée des dispositifs déjà mis en place par les inspections générales de la Police nationale (IGPN) et de la Gendarmerie nationale (IGGN), cette plateforme impose un signalement nominatif. Les déclarants doivent renseigner leur identité, le lieu, la date et les circonstances des faits reprochés, avec la possibilité de joindre des documents ou des photographies à l'appui de leur dossier. L'OFB assure que les données restent strictement confidentielles et ne sont pas diffusées en dehors de l'outil. L'inspection générale de l'établissement s'engage à examiner chaque dossier dans un délai maximal de trois mois. À l'issue de cette analyse, plusieurs scénarios sont possibles : le dossier peut être réorienté si les faits concernent un autre organisme comme l'Office national des forêts ou le Conservatoire du littoral, être classé sans suite si aucun manquement n'est constaté, ou donner lieu à une enquête interne pouvant déboucher sur une procédure disciplinaire. Si les faits sont susceptibles de constituer une infraction pénale, ils sont transmis à la justice. Cette initiative s'inscrit dans le plan gouvernemental présenté au printemps 2025 pour apaiser les tensions entre l'OFB et le monde agricole. Depuis plusieurs années, les relations se sont fortement dégradées, certains contrôles étant dénoncés comme trop intrusifs, tandis que les agents de l'établissement ont eux-mêmes été victimes d'insultes, de menaces et parfois de violences. L'un d'eux avait même échappé à un drame après le sabotage de son véhicule. Créé en 2020, l'OFB emploie près de 1 700 inspecteurs chargés de missions de police administrative et judiciaire. Ils interviennent notamment dans la lutte contre le braconnage, les pollutions, le respect des arrêtés sécheresse et la protection des espaces naturels. Avec cette nouvelle plateforme, l'établissement entend instaurer un cadre de dialogue plus serein, tout en rappelant que les signalements devront être étayés et porter exclusivement sur des comportements susceptibles de contrevenir aux obligations déontologiques des agents publics.


Projet d’arrêté suspendant la chasse du courlis cendré et de la barge à queue noire en France métropolitaine jusqu’au 1er juillet 2027

Le gouvernement a ouvert une consultation publique sur un projet d'arrêté visant à prolonger jusqu'au 1er juillet 2027, la suspension de la chasse du Courlis cendré et de la Barge à queue noire sur l'ensemble du territoire métropolitain. Pour le Courlis cendré, cette nouvelle prolongation s'inscrit dans le cadre des engagements pris par la France au sein de l'Accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie. Un plan d'action international adopté en 2015 prévoit que la réouverture éventuelle de la chasse ne pourra être envisagée qu'après la mise en place d'un plan international de gestion adaptative des prélèvements. Depuis l'annulation, par le Conseil d'État, de l'arrêté autorisant un prélèvement de 6 000 oiseaux durant la saison 2019-2020, la chasse est suspendue sans interruption. Le gouvernement estime que l'état actuel des populations et l'avancement du plan de gestion ne permettent toujours pas d'envisager une reprise. Concernant la Barge à queue noire, la France applique également les engagements de l'AEWA, dont le plan international renouvelé en 2018 interdit la chasse dans les pays signataires. L'espèce fait déjà l'objet d'un moratoire depuis plusieurs années, régulièrement reconduit. Les autorités soulignent que la situation demeure préoccupante pour la sous-espèce continentale (Limosa limosa limosa), dont les effectifs restent en fort déclin malgré quelques signes encourageants aux Pays-Bas. À l'inverse, la sous-espèce islandaise connaît une progression, mais le réchauffement climatique modifie les périodes de présence des oiseaux en France. Des individus de la sous-espèce continentale sont désormais observés en hiver, période où seule la sous-espèce islandaise était traditionnellement présente. Or, il est impossible de distinguer visuellement les deux sous-espèces lors d'un acte de chasse, ce qui fait peser un risque de prélèvement sur des oiseaux appartenant à une population fragile. Le projet d'arrêté prévoit donc de maintenir la suspension de la chasse de ces deux espèces pendant une année supplémentaire afin de respecter les engagements internationaux de la France. Avant son examen définitif, le texte a été soumis au Conseil national de la chasse et de la faune sauvage. Réuni le 23 juin 2026, celui-ci a rendu un avis majoritairement défavorable, avec 12 voix contre et 7 pour, traduisant les réserves exprimées par les représentants du monde cynégétique. La consultation publique reste ouverte jusqu'au 24 juillet 2026, permettant à chacun d'exprimer un avis favorable ou défavorable sur ce projet.


Pourquoi la FNC s'allie à la Garde nationale : une simple charte ou une évolution stratégique ?

La signature d'une charte de partenariat entre la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et le Secrétariat général de la Garde nationale n'est pas passée inaperçue. Si le document, conclu pour une durée de cinq ans, ne modifie en rien le statut des chasseurs ni celui des réservistes, il soulève pourtant de nombreuses interrogations. Pourquoi la FNC s'engage-t-elle dans cette voie ? Quel intérêt pour les chasseurs ? Et surtout, est-ce réellement le rôle d'une fédération cynégétique ? À première vue, les effets concrets de cette convention restent limités. Aucun avantage particulier n'est prévu pour les chasseurs qui souhaiteraient intégrer la réserve opérationnelle. Aucun objectif chiffré de recrutement n'a été annoncé, pas davantage qu'un budget ou des actions précises à mettre en œuvre. La FNC s'engage essentiellement à diffuser l'information auprès de son réseau, à désigner un référent national et à faciliter les contacts avec les représentants locaux des armées, de la Gendarmerie ou de la Police. Alors pourquoi cette démarche ? La réponse est sans doute moins opérationnelle que symbolique. Depuis plusieurs années, la chasse cherche à démontrer qu'elle constitue un acteur à part entière de la société civile, capable d'assumer des missions d'intérêt général. Gestion de la faune sauvage, participation aux plans de prévention sanitaire, surveillance des territoires, mobilisation lors de catastrophes naturelles ou de recherches de personnes disparues : les exemples ne manquent pas pour illustrer cet engagement. En se rapprochant de la Garde nationale, la FNC entend probablement renforcer cette image d'une communauté de citoyens investis au service du pays. Les qualités traditionnellement attribuées aux chasseurs, connaissance du terrain, sens des responsabilités, disponibilité, discipline et engagement bénévole, correspondent en partie aux profils recherchés pour la réserve opérationnelle. Ce partenariat s'inscrit également dans un contexte géopolitique particulier. Face aux tensions internationales et aux nouveaux enjeux de sécurité, les pouvoirs publics cherchent à renforcer les effectifs de la réserve. Avec près de 945 000 détenteurs du permis de chasser, un maillage de 94 fédérations départementales et plusieurs dizaines de milliers d'associations communales, le monde cynégétique représente un réseau exceptionnellement dense dans les territoires ruraux...

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Salon des Migrateurs 2026 : le grand rendez-vous des passionnés à Cayeux-sur-Mer

Les 11 et 12 juillet 2026, le Salon des Migrateurs fera son grand retour à Cayeux-sur-Mer (Somme), sur la route de Brighton. Au fil des années, cette manifestation est devenue l'un des rendez-vous incontournables pour tous les passionnés de chasse au gibier migrateur, attirant plusieurs milliers de visiteurs venus de toute la France et des pays voisins. Convivial, festif et résolument familial, le salon réunit durant deux jours l'ensemble des acteurs de cet univers si particulier. Les visiteurs pourront découvrir une impressionnante foire aux appelants, avec des milliers d'oiseaux de toutes espèces et de tous chants, véritable vitrine du savoir-faire des éleveurs spécialisés. Les exposants présenteront également les dernières nouveautés en matière d'équipements, d'accessoires, de vêtements, de matériel et d'armes spécialement destinés à la chasse des migrateurs. De nombreuses démonstrations permettront aux visiteurs de tester les innovations du moment et de bénéficier des conseils des fabricants. Comme chaque année, les animations rythmeront le week-end. Les célèbres concours de la meilleure chanteuse et du meilleur siffleux attireront les connaisseurs, tandis que le désormais incontournable championnat du monde de lancer de blettes promettra, une nouvelle fois, son lot de bonne humeur. Le ball-trap spécial migrateurs offrira également aux amateurs l'occasion de mesurer leur adresse dans une ambiance conviviale. Les chiens de chasse seront eux aussi à l'honneur avec des démonstrations de retrievers, de broussailleurs et de chiens d'arrêt. Les visiteurs pourront également assister à la Régionale d'Élevage des Retrievers ainsi qu'à la Nationale d'Élevage des Épagneuls de Picardie et de Pont-Audemer, deux rendez-vous très attendus des amateurs de chiens de travail. Au-delà des animations, le Salon des Migrateurs demeure avant tout un lieu d'échanges, de transmission et de partage autour des traditions de la chasse aux oiseaux migrateurs. Huttiers confirmés, chasseurs occasionnels, éleveurs, exposants et simples curieux s'y retrouveront pour célébrer une passion commune dans une ambiance chaleureuse. Les organisateurs donnent donc rendez-vous à tous les amoureux de la chasse des migrateurs les 11 et 12 juillet 2026 à Cayeux-sur-Mer, pour un week-end placé sous le signe de la convivialité, de la découverte et de la passion.


La semaine en bref...

- Hautes-Alpes : À Cervières, une marmotte a été abattue à la suite d'un arrêté préfectoral exceptionnel. L'animal avait creusé un vaste réseau de galeries sous un chalet situé au lieu-dit Rif Tor, provoquant une instabilité du terrain et faisant craindre un risque d'effondrement de l'habitation. Face au danger, les services de l'État ont délivré une autorisation de tir, mise en œuvre par un lieutenant de louveterie. Cette décision reste inhabituelle, la marmotte faisant l'objet d'une réglementation stricte. Toute destruction doit être dûment justifiée et encadrée par les autorités. Dans ce dossier, la Direction départementale des territoires a estimé que la sécurité des occupants et la protection du bâtiment justifiaient cette dérogation. L'affaire rappelle que, si la marmotte est souvent perçue comme un symbole paisible de la montagne, ses galeries peuvent parfois causer d'importants dégâts lorsqu'elles sont creusées à proximité des habitations ou des infrastructures. Ce type d'intervention demeure toutefois exceptionnel et ne concerne que des situations présentant un risque avéré pour les personnes ou les biens.

 

- Aude : le gigantesque incendie qui a frappé les Corbières, le 5 août 2025, a profondément marqué le territoire. En parcourant près de 16 000 hectares, dont plus de 11 000 détruits, le sinistre a mis en évidence la vulnérabilité de cette région face aux effets du changement climatique. À la demande de l'État, une mission conjointe du CGAAER et de l'IGEDD a été chargée d'élaborer une stratégie de reconstruction et d'adaptation à l'horizon 2032. Près de 200 entretiens ont été menés, et des ateliers participatifs ont permis de dresser un diagnostic partagé. Les experts ont notamment constaté que les nombreuses initiatives locales manquaient de coordination et d'une vision commune pour transformer les projets en actions concrètes. La mission souligne également le manque de connaissances partagées sur plusieurs enjeux essentiels, comme l'occupation des sols, le foncier disponible, la gestion de l'eau ou encore les zones exposées aux risques. Des outils cartographiques ont ainsi été développés afin d'aider à orienter les futures décisions en matière d'urbanisme, de gestion forestière, d'agriculture et de pastoralisme. Le plan d'action « Corbières 2032 » s'articule autour de quatre priorités : renforcer la gouvernance territoriale, organiser une gestion collective de la ressource en eau, adapter les usages des espaces agricoles et forestiers aux nouvelles conditions climatiques, et améliorer l'attractivité du territoire. Composé de 21 mesures, ce programme ambitionne de transformer le traumatisme de l'incendie en une opportunité pour faire des Corbières un territoire pilote en matière de résilience climatique. La méthode pourrait ensuite être reproduite dans d'autres régions méditerranéennes confrontées aux mêmes risques.

 

- Charente-Maritime : longtemps considéré comme un gibier occasionnel sur l’île d’Oléron, le sanglier est aujourd’hui solidement implanté. Sa population ne cesse de progresser, obligeant les chasseurs à intensifier leurs actions, afin de limiter les dégâts causés aux cultures et les risques pour les habitants. Les Associations communales de chasse agréée (ACCA), en lien avec la FDC 17 sont pleinement mobilisées pour contenir cette expansion. Les chiffres témoignent de l’ampleur du phénomène. Au cours de la saison 2025-2026, 699 sangliers ont été prélevés sur l’île d’Oléron. Les secteurs de Saint-Pierre-d’Oléron et de Dolus-d’Oléron figurent parmi les plus concernés, avec respectivement entre 130 et 140 animaux prélevés chacun. Ces résultats illustrent une pression cynégétique devenue indispensable face à une espèce particulièrement prolifique. Pour les responsables locaux, le sanglier n’est plus un gibier rare mais un animal dont la gestion est devenue un véritable enjeu pour préserver l’équilibre entre la faune sauvage, les activités agricoles et la sécurité des usagers de l’île...

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Canicule : comment la faune sauvage tente de survivre aux fortes chaleurs

Les épisodes de canicule ne sont plus des phénomènes exceptionnels. Chaque été, les périodes de fortes chaleurs s'installent plus tôt, durent plus longtemps et s'accompagnent souvent d'une sécheresse marquée. Si l'homme peut limiter les effets de ces températures extrêmes en recherchant la fraîcheur ou en s'hydratant, la faune sauvage ne dispose que de ses capacités d'adaptation. Mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et insectes doivent modifier leurs habitudes pour survivre, avec des succès très variables selon les espèces. Une forte chaleur n'est pas forcément synonyme de catastrophe pour les animaux. La plupart ont développé au fil de leur évolution des comportements leur permettant de supporter des températures élevées. Ce sont surtout l'absence prolongée d'eau, le manque d'ombre, la sécheresse des sols, la raréfaction de la nourriture ou encore les incendies qui aggravent la situation. Les jeunes animaux, les individus âgés et les espèces déjà fragilisées figurent parmi les plus exposés. Les grands mammifères adaptent rapidement leur rythme de vie. Cerfs, chevreuils, daims, mouflons ou sangliers deviennent beaucoup plus discrets durant les heures les plus chaudes. Ils limitent leurs déplacements, recherchent les sous-bois, les fourrés épais ou les secteurs humides et concentrent leur activité au lever et au coucher du soleil, voire pendant la nuit. Le sanglier est sans doute l'espèce la plus dépendante de la fraîcheur. Dépourvu de glandes sudoripares efficaces, il utilise les souilles, ces bains de boue caractéristiques, pour réguler sa température tout en se débarrassant de nombreux parasites. Lorsque les mares s'assèchent, les animaux peuvent parcourir plusieurs kilomètres afin de trouver un point d'eau...

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Le chevreuil européen

Il se distingue des autres cervidés par une organisation sociale souple et discrète, bien éloignée des grandes hardes spectaculaires observées chez le cerf élaphe. Animal fondamentalement individualiste, il mène une existence largement solitaire, rythmée par des déplacements limités et une fidélité remarquable à son domaine vital. Dans les milieux forestiers riches et tranquilles, certains individus peuvent passer toute leur vie sur quelques dizaines d’hectares seulement, sans jamais s’en éloigner durablement. Cette forte sédentarité explique d’ailleurs la grande connaissance qu’a le chevreuil de son environnement immédiat : coulées, zones de gagnage, remises, passages protégés ou points d’eau sont utilisés avec une précision quasi quotidienne. Chez le mâle adulte, le comportement territorial atteint son apogée au printemps et en été. Dès que les bois sont entièrement reformés et débarrassés de leur velours, le brocard entreprend un véritable travail de signalisation de son territoire. Il multiplie les « grattis », petites zones de sol mises à nu par les sabots, ainsi que les « frottis », traces laissées sur les jeunes arbres par les bois et les glandes frontales. Ces marques visuelles et olfactives jouent un rôle essentiel dans la communication entre individus. Lorsqu’ils sont associés sur une même place, grattis et frottis constituent ce que les forestiers appellent un « régalis ». Ce marquage limite souvent les affrontements directs, relativement rares chez l’espèce. Les combats existent néanmoins durant le rut, surtout entre mâles de force équivalente, et peuvent parfois provoquer des blessures sévères lorsque les bois s’emmêlent. Les densités de population influencent fortement cette territorialité : dans les grands massifs forestiers peu peuplés, les limites territoriales sont strictes, tandis qu’en plaine agricole ou dans les paysages ouverts, une tolérance plus importante apparaît, notamment envers les jeunes subadultes. La structure familiale repose essentiellement sur la chevrette et ses faons. Ce noyau matriarcal, temporaire mais solide, demeure stable jusqu’au printemps suivant la naissance. Contrairement aux idées reçues, la mère garde volontairement ses petits à distance les uns des autres durant leurs premières semaines de vie. Dissimulés dans la végétation, immobiles grâce à un réflexe d’inhibition extrêmement développé, les faons comptent sur leur robe tachetée et leur absence d’odeur corporelle pour échapper aux prédateurs. La chevrette revient seulement quelques minutes par jour pour les allaiter. Ce comportement explique pourquoi un faon découvert seul en forêt n’est absolument pas abandonné. Les interventions humaines, souvent motivées par de bonnes intentions, provoquent malheureusement chaque année la mort de nombreux jeunes animaux, victimes du stress, du dérangement ou du rejet maternel après manipulation...

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Energie : le prix du sabotage écologiste

Pendant longtemps, l'énergie a été considérée comme une évidence. On appuyait sur un interrupteur, on faisait le plein d'un tracteur ou d'une voiture, on alimentait une usine, une scierie ou une exploitation agricole sans véritablement se demander d'où provenait cette puissance indispensable à notre quotidien. Pourtant, l'énergie est aujourd'hui à l'économie ce que l'eau est à la vie sauvage : une ressource vitale dont on ne mesure réellement l'importance que lorsqu'elle vient à manquer. Derrière chaque activité humaine se cache en effet une consommation énergétique. L'industrie a besoin d'électricité pour produire, l'agriculture de carburants pour travailler les sols, semer ou récolter, la forêt de machines pour exploiter les peuplements et valoriser le bois, tandis que les ménages dépendent de l'énergie pour se déplacer, se chauffer et vivre tout simplement. Sans énergie abondante et accessible, aucune économie moderne ne peut prospérer durablement. C'est pourquoi la question énergétique dépasse largement les débats techniques ou environnementaux. Elle touche directement à la souveraineté nationale. Les conflits internationaux récents ont brutalement rappelé cette réalité. Un pays qui ne maîtrise plus sa production énergétique devient dépendant de fournisseurs étrangers et s'expose à des décisions qu'il ne contrôle plus. La France avait pourtant compris cette leçon dès le choc pétrolier de 1973. Face à l'explosion du prix du pétrole, le plan Messmer fut lancé dès 1974 avec une ambition simple : garantir l'indépendance énergétique du pays. En moins de vingt ans, 58 réacteurs nucléaires furent construits. La France disposait alors de l'une des électricités les moins carbonées du monde, parmi les moins chères d'Europe, tout en exportant massivement son courant vers ses voisins. Ce choix industriel visionnaire a assuré pendant plusieurs décennies la compétitivité de l'économie française. Puis sont arrivés les mouvements écologistes politiques...

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Appeaux à chevreuil : comprendre le langage du brocard

A l'approche du rut, les appeaux à chevreuil retrouvent une place de choix dans la poche des chasseurs. Bien loin d'être un simple gadget, cet accessoire permet de reproduire certaines vocalisations naturelles du chevreuil afin de susciter une réaction chez le brocard. Encore faut-il comprendre ce que l'on cherche à lui « dire ». Car un appeau ne relève pas de la magie : il repose avant tout sur une bonne connaissance du comportement de l'espèce. Tous les appeaux ne produisent pas les mêmes sons. Les modèles les plus courants reproduisent le cri de la chevrette, celui du faon en détresse ou encore les vocalisations d'un jeune chevreuil. Chacun correspond à une situation bien précise. Le cri de la chevrette est particulièrement efficace au moment du rut, lorsqu'un brocard recherche activement une femelle. À l'inverse, les appels du faon exploitent l'instinct de protection des femelles, mais peuvent aussi éveiller la curiosité des mâles présents à proximité. Certains modèles modernes permettent même de varier les tonalités en modulant simplement la pression exercée ou la position des doigts sur l'instrument, offrant ainsi plusieurs possibilités avec un seul appeau. Mais pourquoi un brocard répond-il à ces appels ? La réponse se trouve dans son comportement naturel. Durant le rut, qui s'étend généralement de la mi-juillet à la mi-août selon les régions, les mâles parcourent leur territoire à la recherche de chevrettes réceptives. En entendant une vocalisation crédible, ils pensent qu'une femelle se trouve à proximité et viennent vérifier. La curiosité joue également un rôle important, tout comme l'instinct territorial chez certains sujets dominants. En revanche, les vieux brocards, plus expérimentés, se montrent souvent beaucoup plus prudents que les jeunes animaux et n'hésitent pas à interrompre leur approche au moindre détail suspect. Le choix de l'appeau a également son importance. Les modèles en bois séduisent par la chaleur de leur son, tandis que ceux en acrylique ou en matériaux composites offrent une plus grande régularité et résistent mieux aux variations climatiques. Les appeaux soufflés demandent un peu d'entraînement mais autorisent une palette sonore très riche. Les modèles à poire, actionnés par simple pression, sont souvent plus accessibles aux débutants. Au final, l'appeau ne trompe pas le chevreuil : il exploite simplement ses instincts. Sa réussite dépend moins de l'accessoire lui-même que de la capacité du chasseur à reproduire une situation crédible. Car, en matière d'approche estivale, la meilleure arme reste souvent la connaissance du comportement du brocard...

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