Canon-Fronsac Château du Gazin

Chasse d’été : les bons réflexes à avoir en cas d’orage

Pour de nombreux chasseurs, juillet est le mois tant attendu de la chasse du brocard. Les sorties se succèdent au lever du jour ou en soirée, dans les plaines, les lisières forestières ou les grands massifs boisés. Beaucoup considèrent qu'il est préférable d'attendre que les « seigneurs » aient eu le temps de transmettre leurs gènes avant de les prélever. Dans cette optique, la véritable pleine période de chasse débute souvent après le 15 juillet. Ces sorties estivales offrent de magnifiques observations, mais elles coïncident également avec la saison des orages. En été, ils peuvent se former en quelques dizaines de minutes seulement. Un ciel dégagé peut rapidement laisser place à des éclairs, des rafales de vent, de la grêle et des pluies diluviennes. Pour le chasseur, souvent seul, éloigné de toute habitation et parfois installé sur un mirador, ces phénomènes représentent un danger qu’il ne faut pas négliger. Chaque année, la foudre frappe des milliers de fois le territoire français. Les chasseurs sont particulièrement exposés car ils évoluent dans des espaces ouverts, portent parfois des objets métalliques et recherchent des points hauts pour améliorer leur visibilité. Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas le fusil qui attire la foudre. En revanche, le fait d'être la personne la plus haute dans une prairie, sur un chemin de crête ou dans un mirador augmente fortement le risque d'être touché. Dès les premiers grondements de tonnerre, il faut considérer que le danger est présent. Si le délai entre l'éclair et le tonnerre est inférieur à trente secondes, l'orage est suffisamment proche pour représenter une menace immédiate. Lorsqu'un orage approche, il ne faut pas chercher à attendre « encore cinq minutes ». Il est préférable d'interrompre immédiatement la chasse. Si vous êtes installé sur un mirador, quittez le. Qu'il soit en bois ou en métal, il constitue un point élevé particulièrement exposé. Il ne doit jamais servir d'abri pendant un orage. Le plus sûr reste un véhicule automobile fermé, vitres relevées. La carrosserie métallique agit comme une cage de Faraday et protège efficacement les occupants. À défaut, un bâtiment en dur constitue également un excellent refuge...

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Magistrats et chasseurs : une rencontre qui dépasse le simple cadre juridique

Pour la deuxième année consécutive, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) est intervenue à l’École nationale de la magistrature (ENM) dans le cadre du module de formation continue « L’animal et le droit ». Une initiative qui pourrait paraître anodine, mais qui témoigne en réalité d’une évolution importante dans l’approche des contentieux liés à la faune sauvage, à la biodiversité et à la chasse. Face à une société où les questions environnementales occupent une place croissante dans le débat public, les magistrats sont aujourd’hui régulièrement confrontés à des dossiers impliquant la gestion de la faune, la réglementation cynégétique, les atteintes aux espèces protégées, les conflits d’usage de l’espace rural ou encore les recours contre les décisions administratives encadrant la chasse. Dans ce contexte, la connaissance des réalités de terrain devient un élément essentiel à la compréhension des dossiers. L’intervention de Guillaume Firmin, adjoint au directeur des affaires juridiques de la FNC et docteur en droit, a permis de présenter l’organisation du réseau cynégétique français, son fonctionnement et les nombreuses missions exercées par les fédérations de chasseurs. Souvent réduites à leur seule fonction de représentation des pratiquants, ces structures jouent également un rôle important dans le suivi des populations animales, la gestion de certains habitats naturels, la prévention des dégâts de gibier ou encore les actions de sensibilisation à la sécurité. Mais le cœur de cette rencontre a surtout porté sur la notion juridique « d’acte de chasse », sujet complexe dont les contours sont régulièrement examinés par les tribunaux. Derrière cette définition se cachent des conséquences parfois déterminantes en matière de responsabilité, de police de la chasse ou d’application des réglementations environnementales. Les échanges nourris entre magistrats et intervenants ont ainsi permis d’illustrer la manière dont le droit s’applique concrètement sur le terrain. Au-delà de l’aspect technique, cette initiative révèle l’importance du dialogue entre deux univers qui se connaissent parfois mal. Dans un contexte où la chasse demeure un sujet sensible, souvent au croisement des enjeux ruraux, écologiques et sociétaux, la qualité de la décision judiciaire repose aussi sur une bonne compréhension des réalités pratiques. Cette collaboration entre l’ENM et la FNC illustre finalement une conviction simple : mieux connaître un sujet ne signifie pas prendre parti, mais se donner les moyens de mieux le juger. Une exigence particulièrement précieuse à l’heure où les questions liées à la faune sauvage et à la biodiversité occupent une place grandissante dans les prétoires comme dans le débat public.


Chênes : les premiers enseignements d’une étude sur les insectes qui dégradent le bois

Lancé en 2023, le projet de recherche « Dépréciateur » commence à livrer ses premiers résultats. Porté par l’Université d’Orléans et l’INRAE, avec le soutien financier de la société Courvoisier SAS via le fonds ONF-Agir pour la forêt, ce programme vise à mieux comprendre les insectes responsables de la dégradation du bois de chêne et les facteurs favorisant leur présence. Au cœur de l’étude figure la « piqûre noire », une altération du bois provoquée par des insectes qui creusent des galeries dans l’aubier et parfois dans le duramen. En introduisant des champignons dont leurs larves se nourrissent, ils provoquent des taches sombres qui dévalorisent fortement le bois. Lorsque les galeries atteignent le bois de cœur, les grumes deviennent impropres aux usages les plus recherchés, comme la tonnellerie, la menuiserie ou la fabrication de parquets. Menée dans neuf forêts du bassin ligérien, l’étude révèle que ces dégâts ne sont pas imputables à une seule espèce. Les chercheurs en ont identifié une dizaine, capables d’attaquer l’aubier et le duramen, ainsi qu’une quinzaine d’insectes cambiophages, qui se nourrissent des tissus situés entre l’écorce et le bois. Les premiers apparaissent dès le mois de mars et deviennent particulièrement abondants à partir de mai. Les attaques se concentrent surtout sur la partie basse des arbres, celle qui possède la plus forte valeur économique pour la filière bois. L’un des apports majeurs du programme réside dans l’utilisation de l’ADN environnemental prélevé dans le frass, un mélange de sciure et de déjections expulsé par les insectes hors de leurs galeries. Cette méthode innovante a déjà permis d’identifier quatre espèces sans détériorer le bois et apparaît plus rapide et moins coûteuse que les techniques classiques. Des analyses biochimiques ont également été réalisées afin de distinguer l’aubier du duramen et d’estimer la profondeur des attaques. Si les premiers résultats sont encourageants, les chercheurs souhaitent encore affiner cette méthode pour différencier précisément les piqûres superficielles des atteintes profondes. D’ici fin 2026, les travaux se poursuivront pour mieux comprendre l’influence des caractéristiques des peuplements forestiers — densité, hauteur, ouverture du couvert ou microclimat — sur la présence des insectes dépréciateurs. À terme, ces connaissances pourraient permettre d’anticiper les périodes à risque et d’adapter les pratiques sylvicoles afin de limiter les dégâts sur les chênes et préserver la valeur des bois.


Les limites de la cohabitation avec les grands prédateurs

Pendant plusieurs décennies, l’Europe a consacré d’importants moyens à la restauration de sa grande faune sauvage. Ours, loups, lynx et autres grands prédateurs ont bénéficié d’une protection juridique forte, qui leur a permis de reconquérir progressivement une partie de leurs anciens territoires. Ce succès de conservation est indéniable. Pourtant, à mesure que les effectifs augmentent, une question s’impose désormais avec une acuité croissante : jusqu’où leur présence est-elle possible ? L’offensive menée par plusieurs États européens pour assouplir la protection de l’ours brun illustre parfaitement cette évolution. Après le déclassement du loup au sein de l’Union européenne en 2025, la Roumanie, la Slovaquie, la Finlande, la Croatie et la République tchèque estiment que certaines populations d’ours ont atteint des niveaux qui ne sont plus compatibles avec les réalités humaines des territoires concernés. Les chiffres avancés sont éloquents : près de 11 500 ours en Roumanie, environ 2 600 en Finlande et 2 500 en Slovaquie. Ces pays rappellent également que les attaques contre les personnes ne relèvent plus de l’exception. En cinq ans, la Roumanie déplore 14 morts et plus de 150 blessés graves, tandis que la Slovaquie recense quatre décès et plusieurs dizaines de blessés. Au-delà des statistiques, c’est la question de l’acceptabilité sociale qui est aujourd’hui posée. Les habitants des zones rurales supportent directement les conséquences de cette présence accrue : pertes de bétail, dégâts matériels, sentiment d’insécurité et contraintes croissantes dans les activités agricoles, pastorales ou touristiques. Or, aucune politique de conservation ne peut durablement réussir contre les populations locales. La protection absolue d’une espèce n’a de sens que si elle reste compatible avec la sécurité des personnes et l’économie des territoires. Certains craignent qu’un assouplissement du statut de l’ours ouvre une « boîte de Pandore » et conduise à remettre en cause la protection d’autres espèces. Pourtant, gérer une population n’est pas la condamner. Au contraire, la gestion adaptative constitue souvent la meilleure garantie de conservation à long terme. Lorsqu’une espèce retrouve des effectifs favorables, il devient légitime d’envisager des prélèvements ciblés afin de prévenir les conflits les plus graves et de maintenir l’adhésion des populations concernées. Le véritable enjeu n’est donc plus de savoir s’il faut protéger les grands prédateurs, mais comment concilier leur présence avec les activités humaines. Une conservation moderne ne peut ignorer les réalités du terrain. Sans équilibre entre protection de la nature et attentes des habitants, les succès biologiques d’aujourd’hui risquent de devenir les conflits de demain.


La semaine en bref...

- Aisne : une nouvelle page s'écrit pour la FDC 02. Le Conseil d'administration a porté Nicolas Hansen à la présidence avec la majorité des voix, sauf une... Cette désignation marque l'ouverture d'un nouveau mandat placé sous le signe de la continuité, mais aussi du renouveau. Nicolas Hansen aura la responsabilité de représenter les chasseurs axonais, de défendre leurs intérêts et de poursuivre les actions menées en faveur d'une chasse responsable, de la gestion durable de la faune sauvage et de la préservation des milieux naturels. Cette élection revêt également une dimension hautement symbolique puisque, 20 ans après, Nicolas Hansen succède à son père, Paul-Henry Hansen-Catta, figure emblématique de la chasse, qui a présidé la Fédération pendant treize années avant de quitter ses fonctions le 25 juillet 2006, jour de son 50e anniversaire. Sous sa présidence, la FDC 02 s'est affirmée comme un acteur incontournable de la gestion cynégétique départementale et de la défense des chasseurs. C'est donc une nouvelle génération qui prend le relais. En accédant à cette responsabilité, Nicolas Hansen s'inscrit dans un héritage familial fort, tout en affirmant sa volonté de préparer l'avenir, au service des chasseurs, de la biodiversité et des territoires ruraux.

 

- Charente-Maritime : face à la prolifération des sangliers et aux dégâts croissants causés aux cultures, les chasseurs de l’Association communale de chasse agréée (Acca) de Boisredon, en Haute-Saintonge, ont décidé d’adapter leur stratégie. Le nouveau bureau de l’association autorise désormais certains chasseurs à pratiquer la chasse à l’affût du chevreuil et du sanglier, une méthode jugée plus efficace pour réguler les populations de grand gibier. Cette initiative vise à limiter les incursions répétées des sangliers dans les parcelles agricoles. Récemment, un impressionnant mâle de 133 kg a ainsi surgi au milieu d’un champ de blé, illustrant l’ampleur du phénomène dans le secteur de Pons et de son canton. Les dégâts occasionnés aux cultures représentent une préoccupation majeure pour les agriculteurs. Au-delà de l’objectif de régulation, cette nouvelle organisation permet également à l’Acca de générer des recettes supplémentaires grâce aux autorisations accordées aux chasseurs. Des fonds qui pourront être réinvestis dans les actions de gestion du territoire, la préservation de la faune et la prévention des dommages causés aux exploitations agricoles.

 

- Cher : la sécurité des chasseurs, des riverains et des usagers de la nature demeure une priorité pour la FDC. Dans cette optique, une importante opération de déploiement de miradors a été engagée sur le territoire. Au total, près de 800 postes surélevés seront progressivement mis à disposition des sociétés de chasse afin de favoriser la réalisation de tirs fichants lors des battues. L’utilisation de ces miradors permet d’orienter les tirs vers le sol et de réduire considérablement les risques liés aux ricochets ou aux projectiles parcourant de longues distances. Cette mesure s’inscrit dans le cadre des actions engagées depuis plusieurs années pour améliorer la sécurité à la chasse et répondre aux attentes du public en matière de prévention des accidents. La Fédération accompagne également cette démarche par des formations régulières destinées aux chasseurs, portant sur les angles de tir, l’identification du gibier et les règles de sécurité en battue. À Morogues comme ailleurs dans le département, ces équipements constituent désormais un outil essentiel pour concilier efficacité de la régulation du grand gibier et pratique responsable de la chasse.

 

- Côtes d’Armor : du 3 au 5 juillet, la société de chasse des cinq communes donne rendez-vous au public à Parc An Coadou, à Squiffiec, pour sa traditionnelle Fête de la chasse. Bien plus qu’un événement dédié aux passionnés de nature et de chasse, cette manifestation est avant tout un grand moment de convivialité et de partage, qui rassemble chaque année habitants, familles et visiteurs. Grâce à l’engagement des nombreux bénévoles, le programme s’annonce une nouvelle fois riche et varié. Concours de boules, repas convivial, exposition de chiens courants et concours de chiens d’arrêt seront au rendez-vous. Cette édition 2026 innove également avec plusieurs animations inédites : initiation au tir à l’arc, spectacle équestre, démonstrations canines, stands d’exposants et présence d’un coutelier-affûteur. Les organisateurs ont également pensé aux plus jeunes avec un château gonflable accessible tout au long du week-end. Buvette et restauration rapide permettront à chacun de profiter pleinement de l’ambiance chaleureuse de la fête. Cette manifestation contribue à faire vivre le territoire, à valoriser les savoir-faire ruraux et à renforcer les liens entre générations. Un bel exemple de dynamisme associatif qui mérite d’être soutenu et encouragé. Venez nombreux partager ce week-end festif à Squiffiec !

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Plomb dans les munitions : sept ans de répit pour la grenaille. Les balles retirées du texte...

Les États membres de l'Union européenne ont franchi une nouvelle étape dans le dossier de l'interdiction du plomb dans les munitions. Réuni le 25 juin, le comité REACH a approuvé une version révisée du projet de règlement, repoussant à sept ans l'interdiction de la grenaille de plomb. Initialement, la Commission européenne prévoyait une entrée en vigueur après seulement 18 mois. Ce délai avait ensuite été porté à trois ans, puis à cinq ans, avant d'être finalement fixé à sept ans. Autre évolution majeure : les balles destinées aux armes à canon rayé ne sont plus concernées par le projet. Cette exclusion confirme l'orientation prise ces derniers mois, après les nombreuses réserves exprimées par plusieurs États membres, les fabricants de munitions et les représentants des chasseurs. Les discussions avaient mis en avant les difficultés techniques liées au remplacement du plomb dans ce type de projectiles, les questions de sécurité, de performances balistiques ainsi que les conséquences industrielles et les tensions d'approvisionnement. La Fédération nationale des chasseurs (FNC) salue une avancée importante, tout en rappelant que le texte n'est pas encore définitivement adopté. Elle estime que les futures décisions devront garantir la disponibilité de solutions alternatives fiables avant toute évolution de la réglementation. La FNC souligne également le rôle joué par la France, qui s'était prononcée en faveur d'un moratoire de huit ans, ainsi que celui de la FACE, mobilisée auprès des institutions européennes durant les négociations.


Ministère de la Transition écologique : prépare-t-on déjà l’après-2027 ?

À neuf mois de l’élection présidentielle, plusieurs signaux émanant du ministère de la Transition écologique alimentent les interrogations sur l’avenir de l’écologie d’État en France. Officiellement, il ne s’agit que d’un chantier administratif destiné à améliorer l’efficacité de l’action publique. Pourtant, la désignation de deux préfigurateurs chargés d’imaginer une nouvelle organisation du ministère dépasse le simple exercice technique. Pour la première fois depuis près de vingt ans, le modèle hérité du Grenelle de l’environnement semble pouvoir être remis en question. Lorsqu’il avait été conçu sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le « grand ministère » devait précisément éviter que les enjeux environnementaux soient traités de manière marginale. L’idée était alors de réunir sous une même autorité les questions d’énergie, de transports, de biodiversité, d’aménagement du territoire ou encore de logement afin que les impératifs écologiques irriguent l’ensemble des politiques publiques. Cette architecture traduisait une vision politique forte : l’environnement n’était plus un secteur parmi d’autres mais un principe structurant de l’action publique. Depuis, le contexte a profondément évolué. Les crises énergétiques, les tensions économiques, les enjeux de souveraineté industrielle, les difficultés du monde agricole ou encore la crise du logement ont progressivement modifié les priorités nationales. De nombreux élus, entreprises et acteurs territoriaux dénoncent aujourd’hui la complexité croissante des procédures environnementales et les délais qu’elles imposent à la réalisation des projets. Pour leurs défenseurs, ces règles constituent pourtant des garanties indispensables permettant d’intégrer durablement les enjeux écologiques dans les décisions publiques. La réorganisation actuellement envisagée apparaît ainsi comme le reflet d’un débat plus profond : faut-il maintenir l’environnement au cœur de toutes les politiques publiques ou revenir à une approche davantage sectorielle, dans laquelle les impératifs économiques et d’aménagement retrouveraient une place plus importante dans les arbitrages de l’État ? Derrière les réflexions administratives se dessine donc une interrogation beaucoup plus politique sur l’équilibre futur entre protection de l’environnement, développement économique et attentes des territoires...

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Sommes-nous en état de faillite hydrique ?

Le concept de « faillite hydrique », proposé par Kaveh Madani, directeur de l'Institut universitaire des Nations Unies pour l'eau, l'environnement et la santé, marque une rupture dans notre compréhension de la crise de l'eau. Contrairement aux notions habituelles de sécheresse ou de pénurie, qui supposent un retour à l'équilibre après une période difficile, la faillite hydrique décrit un état durable dans lequel les prélèvements et les pollutions dépassent les capacités de renouvellement des milieux naturels. Les chiffres sont éloquents : plus de la moitié des grands lacs mondiaux ont perdu du volume depuis les années 1990. D’ailleurs, 70 % des grands aquifères montrent des signes de déclin et près de 410 millions d'hectares de zones humides ont disparu depuis 1970. Or ces milieux constituent le véritable capital hydrique de la planète. Ils stockent l'eau, régulent les crues, soutiennent les débits des rivières et abritent une biodiversité essentielle. Leur dégradation entraîne déjà des conséquences mesurables sur les écosystèmes. Les oiseaux d'eau perdent des zones de reproduction, les amphibiens voient leurs habitats se fragmenter et de nombreuses espèces deviennent plus vulnérables aux épisodes climatiques extrêmes. Dans plusieurs régions du monde, les réserves souterraines mettent désormais des décennies, voire beaucoup plus à se reconstituer. La question n'est donc plus seulement de savoir si l'eau manque temporairement, mais si certaines ressources peuvent encore être considérées comme véritablement renouvelables...

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