Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

ADEME : un coûteux millefeuille vert pour une efficacité contestée

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) est depuis plusieurs années l’un des outils publics chargés d’accompagner la transition écologique et énergétique en France. Elle intervient dans des domaines variés : énergies renouvelables, économie circulaire, rénovation énergétique ou encore agriculture durable, en apportant une expertise technique aux collectivités et aux entreprises. Mais son efficacité fait régulièrement débat. Ses détracteurs dénoncent une structure coûteuse, une multiplication des agences publiques et des financements parfois jugés opaques ou idéologiquement orientés. Cette contestation a pris une nouvelle ampleur avec le projet de loi « visant à renforcer l’État local », présenté par le gouvernement le 20 mai 2026. Le texte prévoit notamment de rapprocher les antennes régionales de l’ADEME des Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), placées sous l’autorité des préfets. Pour le gouvernement, cette réforme doit permettre de simplifier les procédures et d’éviter certains doublons administratifs. Mais cette perspective suscite une forte opposition au sein même de l’agence. Réuni exceptionnellement, le conseil d’administration de l’ADEME a demandé le retrait de cette réforme, estimant qu’elle risque d’affaiblir une organisation jugée efficace sur le terrain. Les représentants de l’agence rappellent notamment le rôle technique joué par ses spécialistes dans des dossiers complexes comme la géothermie, le fonds chaleur ou le recyclage industriel. À droite, de nombreux responsables politiques réclament depuis des mois une réduction du rôle de l’ADEME, accusée de dépenses excessives et d’un militantisme écologique trop marqué. Certains sénateurs proposent même de transférer directement les crédits de l’agence vers les régions afin de réduire les intermédiaires administratifs. Le débat dépasse désormais la seule organisation de l’ADEME : il illustre plus largement les tensions actuelles autour de la transition écologique, entre nécessité environnementale, maîtrise des dépenses publiques et méfiance croissante envers certaines structures de l’État.


Asie centrale : une alliance écologique pour sauver l’eau, la Caspienne et la biodiversité

Réunis à Astana lors du premier Sommet écologique régional d’Asie centrale, les dirigeants du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan, du Kirghizstan, du Tadjikistan et du Turkménistan ont affiché une volonté commune : unir leurs efforts face à l’aggravation des crises environnementales qui fragilisent toute la région. Pénurie d’eau, désertification, dégradation des terres agricoles, pollution, recul de la mer Caspienne et disparition de nombreuses espèces figurent désormais parmi les principales menaces pour la stabilité économique et sociale de ces états fortement dépendants de leurs ressources naturelles. À l’issue des discussions, les cinq pays ont adopté une déclaration commune sur la « solidarité environnementale de l’Asie centrale », symbole d’un rapprochement régional inédit autour des enjeux climatiques et écologiques. Soutenue par les Nations unies, cette initiative vise à harmoniser les politiques environnementales et à défendre des positions communes lors des grandes négociations internationales. Le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a notamment proposé la création d’une organisation internationale de l’eau placée sous l’égide de l’ONU, afin de mieux gérer les tensions croissantes autour du partage des ressources hydriques. Les dirigeants ont également soutenu un projet de fonds international pour la biodiversité ainsi qu’un vaste programme interétatique destiné à protéger les ressources en eau de la mer Caspienne, aujourd’hui menacée par la baisse de son niveau et les pressions industrielles. En parallèle, plusieurs accords financiers représentant près de deux milliards d’euros ont été signés avec des partenaires européens et internationaux afin de soutenir des projets d’énergies renouvelables, de décarbonation industrielle, de gestion des déchets et de production plus durable. Parmi les projets phares figure la construction d’un immense parc éolien d’un gigawatt dans la région de Jambyl, au Kazakhstan. Pour les responsables régionaux, ce sommet marque surtout une évolution diplomatique importante : longtemps divisés sur les questions de ressources naturelles, les pays d’Asie centrale affichent désormais une volonté de coopération face à des défis qu’aucun État ne peut résoudre seul...

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La semaine en bref...

- Aisne : la destruction de plusieurs dizaines de nids de corbeaux freux, au cœur de la ville de Soissons, place désormais la municipalité sous le regard attentif de la police de l’environnement. Les opérations menées les 23 et 24 mars 2026 ont conduit au dépôt d’une plainte et à l’ouverture d’une enquête par l’OFB. C’est plus particulièrement l’adjointe aux travaux qui est visée dans cette procédure. Selon plusieurs associations de protection animale et de riverains, des nids occupés auraient été détruits en pleine période de reproduction, ce qui pourrait constituer une infraction au Code de l’environnement. Le corbeau freux, bien que parfois considéré comme envahissant en milieu urbain en raison du bruit et des salissures provoqués par les colonies, reste une espèce protégée durant sa période de nidification. La mairie de Soissons justifie pour sa part son intervention par des impératifs de sécurité et de salubrité publique, plusieurs habitants s’étant plaints depuis des années de la présence massive des oiseaux dans le secteur. L’enquête devra désormais déterminer si les opérations ont été réalisées dans le respect de la réglementation environnementale en vigueur.

 

Hautes-Alpes : la décision de relâcher, dans le bassin alpin, une louve capturée quelques jours plus tôt en Seine-Maritime a provoqué une vive colère chez les éleveurs. Le 17 mai 2026, les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA 05 ont organisé une action devant la préfecture de Gap afin de dénoncer ce transfert décidé par l’Office français de la biodiversité et les services de l’État. L’animal, retrouvé vivant dans un piège à renards dans le pays de Bray, avait été placé temporairement au parc canadien de Muchedent avant d’être relâché, équipé d’un collier GPS. Pour les syndicats agricoles, cette décision est incompréhensible alors que la pression de prédation atteint déjà des niveaux très élevés dans l’arc alpin. Les représentants agricoles rappellent qu’au début même de la saison d’estive, les Hautes-Alpes comptaient déjà 18 attaques et 63 animaux tués. Chaque année, entre 850 et 1 000 bêtes, ovins, caprins, bovins ou chiens, seraient victimes du loup dans le département. Les éleveurs dénoncent également une contradiction dans le discours des autorités, qui expliquent régulièrement que le prélèvement d’un loup peut déstructurer une meute, tout en acceptant ici l’introduction d’un nouvel individu dans un territoire déjà fortement occupé. Pour les professionnels de l’élevage de montagne, cette affaire illustre surtout le sentiment d’abandon d’un monde rural qui supporte déjà seul le poids quotidien de la prédation.

 

- Aude : neuf mois après l’incendie de Ribaute, qui a détruit plus de 11 000 hectares dans le massif des Corbières, les équipes de l’ONF poursuivent les travaux de restauration des zones sinistrées. Déclenché le 5 août 2025, le feu avait parcouru près de 17 000 hectares avant d’être maîtrisé le 10 août puis totalement éteint le 28 août, après plusieurs semaines d’intervention des secours. Le 13 mai 2026, l’ONF a présenté les opérations engagées dans la forêt domaniale de Thézan-des-Corbières pour favoriser la régénération naturelle du massif. Après une phase de sécurisation des routes et chemins menacés par des arbres fragilisés, les forestiers travaillent désormais à limiter l’érosion des sols, particulièrement vulnérables après un incendie. Des fascines, constituées de troncs et branchages disposés en travers des pentes, sont installées afin de retenir terres et pierres lors des épisodes pluvieux. D’autres interventions consistent à couper certains feuillus pour favoriser leur repousse depuis les souches. Malgré l’ampleur du sinistre, les premiers signes de régénération apparaissent déjà avec la repousse de jeunes chênes, pins d’Alep et genévriers. L’ONF rappelle toutefois que la reconstruction d’une forêt méditerranéenne s’inscrit sur plusieurs décennies...

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Biodiversité : l’OFB et le WWF France renforcent leur alliance stratégique

L’Office français de la biodiversité (OFB) et le WWF France ont officialisé, le 19 mai 2026, un partenariat-cadre de cinq ans, destiné à renforcer leur coopération en faveur de la protection de la nature. Signée lors de la conférence du Lab Transition Nature, cette convention formalise des relations déjà anciennes entre les deux structures et ouvre une nouvelle étape dans leur stratégie commune autour des grands enjeux environnementaux nationaux et internationaux. Les deux organismes entendent structurer davantage leurs coopérations scientifiques, techniques et opérationnelles. Trois grands objectifs sont affichés : répondre aux risques environnementaux, renforcer le partage d’expertise et de données scientifiques, et développer des projets communs à l’échelle française, européenne et internationale. Le partenariat prévoit également la mise en place d’un comité de liaison réunissant régulièrement les directions des deux structures afin de piloter les projets et définir les priorités annuelles. Les modalités de coopération pourront prendre différentes formes : montage de programmes européens, échanges scientifiques, accompagnement technique ou encore actions conjointes contre les atteintes à la biodiversité. La convention s’inscrit par ailleurs dans le contrat d’objectifs et de performance 2026-2030 de l’OFB signé récemment avec l’État. L’OFB et le WWF collaborent déjà sur plusieurs projets LIFE européens, sur des programmes menés en Guyane ou en Nouvelle-Calédonie, ainsi que sur des dispositifs destinés à mobiliser les entreprises autour des enjeux environnementaux, notamment à travers le programme « Entreprises engagées pour la nature » ou le Lab Transition Nature lancé en 2025. Mais cette nouvelle étape est aussi très symbolique dans le contexte actuel. Depuis l’arrivée d’Anne Le Strat à l’OFB, beaucoup d’observateurs du monde cynégétique s’interrogent sur l’évolution de l’établissement public et sur ses futures priorités. Ce partenariat renforcé avec le WWF, organisation historiquement engagée dans des positions parfois critiques à l’égard de certaines pratiques de chasse, illustre la recomposition progressive des équilibres au sein des politiques françaises de biodiversité. Au fil des années, l’écologie institutionnelle et les grandes ONG environnementales se rapprochent autour d’une vision commune de la transition écologique, fondée sur la restauration des milieux, la réduction des pressions humaines et la préservation des espèces. Dans le même temps, le monde de la chasse donne le sentiment de s’éloigner progressivement de ces nouveaux centres de décision, malgré son implication historique dans la gestion de la faune et des habitats. Ce mouvement de fond pourrait bien redessiner durablement les rapports entre écologie publique et chasse française dans les années à venir. (Photo : à gauche, Véronique Andrieux, directrice générale de WWF France. A droite, Anne Le Strat, directrice générale déléguée de l’OFB).


Lassalle–Schraen : chronique d’une alliance rurale devenue fardeau politique et financier

« J’ai touché le fond » : tel est le cri de détresse de Jean Lassalle, berger béarnais devenu député, figure atypique de l’Assemblée nationale, marcheur des campagnes et défenseur revendiqué des territoires ruraux. Il a construit sa notoriété sur une parole spontanée, souvent décalée, mais toujours enracinée dans une certaine idée de la proximité populaire. Pourtant, ces derniers jours, c’est un homme profondément marqué qui est apparu dans l’émission « NoA Week-end » diffusée sur France 3 Nouvelle-Aquitaine. À 71 ans, l’ancien candidat à l’élection présidentielle s’est confié avec une rare franchise sur sa situation personnelle et financière, parlant même de « période noire » dans sa vie. Derrière les mots, apparaît le parcours d’un homme qui, en l’espace de quelques années, a vu s’enchaîner les difficultés : des problèmes cardiaques qu’il attribue publiquement à un vaccin, la perte de son mandat de député après sa défaite aux législatives, puis l’engagement dans la campagne des élections européennes de 2024, dont l’issue allait se révéler catastrophique sur le plan financier. À l’origine du projet se trouve Willy Schraen, président de la FNC, qui souhaite alors fédérer un électorat rural, estimant ne plus être entendu par les grands partis nationaux. L’idée consiste à bâtir une liste centrée sur la défense de la ruralité, des traditions, du monde agricole et cynégétique, avec l’ambition de peser à Bruxelles sur les questions environnementales et agricoles. Mais très rapidement, un problème stratégique apparaît : Willy Schraen ne souhaite finalement pas conduire lui-même la liste. Le président des chasseurs préfère rester en retrait, tout en conservant une influence déterminante sur l’orientation du projet. Le nom de Jean Lassalle s’impose alors presque naturellement. L’ancien député possède la notoriété nationale, l’image populaire et la crédibilité rurale nécessaires pour porter une telle aventure électorale. Il accepte de devenir tête de liste. Derrière lui, Willy Schraen prend la troisième position, un choix loin d’être anodin, puisque le seuil de 3 % conditionnait le remboursement des frais de campagne, tandis qu’un score supérieur à 5 % aurait permis d’obtenir des élus, dont le patron de la chasse française. À ce moment-là, l’alliance semble encore prometteuse et beaucoup imaginent pouvoir transformer la colère du monde rural en dynamique électorale...

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DRO et PBR : comprendre enfin les trajectoires balistiques modernes

La balistique extérieure reste, pour beaucoup de tireurs et de chasseurs, un domaine aussi fascinant que complexe. Parmi les notions régulièrement évoquées figurent la DRO (Distance de Réglage Optimale) et le PBR (Point Blank Range), deux méthodes destinées à optimiser la trajectoire d’un projectile, afin de limiter les corrections de visée sur le terrain. Derrière ces acronymes se cachent pourtant des réalités physiques extrêmement précises. Dès la sortie du canon, une balle subit plusieurs forces simultanées : la gravité, bien entendu, mais aussi la traînée aérodynamique, les variations atmosphériques, l’effet gyroscopique lié aux rayures du canon et même, à longue distance, la rotation terrestre via l’effet Coriolis. La pesanteur agit immédiatement selon la relation classique P = m × g, avec g = 9,81 m/s². Mais en pratique, le frein principal reste la résistance de l’air. À 800 ou 900 m/s, un projectile évolue dans le domaine supersonique. Il génère donc une onde de choc et voit son comportement fortement dépendre de son coefficient balistique (BC). Plus ce coefficient est élevé, plus la balle conserve sa vitesse, son énergie et sa stabilité. Les logiciels modernes utilisent d’ailleurs les modèles G1 ou G7, pour calculer la décélération réelle selon la forme du projectile. Une balle moderne de chasse en calibre supérieur à 7mm, peut ainsi perdre près de 40 % de sa vitesse initiale à 300 mètres. Cette perte influence directement la chute du projectile, mais aussi l’énergie résiduelle à l’impact. À cela s’ajoutent des paramètres souvent négligés : température, humidité, altitude ou pression atmosphérique. Une balle tirée à 1 500 mètres d’altitude subira moins de traînée qu’au niveau de la mer, ce qui modifie sensiblement la trajectoire et la DRO réelle. Même le vent latéral devient déterminant : avec un vent de travers de 20 km/h, une balle peut dériver de plusieurs centimètres dès 200 mètres...

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Les sangliers philosophes, les chevreuils stratèges et… des humains qui perdent la tête

Depuis quelques années, certains parlent des sangliers comme des êtres sensibles incompris, capables de stratégies politiques, de vengeance ou même de réflexion collective. À ce rythme, il ne manque plus qu’un syndicat forestier du grand gibier, un comité d’éthique des blaireaux et une assemblée générale des bêtes de compagnie votant une motion contre la monoculture du maïs. Pendant que les dégâts agricoles explosent, que les collisions routières se multiplient et que certaines populations deviennent franchement compliquées à réguler, une partie de l’opinion semble avoir transformé le sanglier en mélange de philosophe stoïcien, d’animal domestique et de victime universelle. Le voilà désormais présenté comme un résistant écologique, presque comme un penseur sauvage persécuté par la brutalité humaine. Le sanglier ne retourne plus un champ parce qu’il cherche à manger. Non, il proteste contre l’artificialisation des sols. Le renard ne vole plus une poule : il reprend possession de son territoire ancestral. Quant au cerf aperçu dans un lotissement, il pleure sur ses souilles englouties par notre société moderne. On attend maintenant avec impatience le documentaire de trois heures expliquant la détresse psychologique du ragondin périurbain... Le problème n’est pas d’aimer les animaux. Le problème est de leur attribuer des raisonnements humains sortis tout droit d’un séminaire de développement personnel. Aujourd’hui, le moindre comportement instinctif devient la preuve d’une intelligence quasi mystique. Un sanglier contourne une clôture ? C’est un génie tactique. Un corbeau utilise le vent ? Il maîtrise la physique des fluides mieux qu’un ingénieur aéronautique. Un renard fixe une caméra de chasse ? Aussitôt, les commentaires fleurissent : « Regardez sa tristesse… il semble réfléchir à la folie du monde moderne ». Mais non, il regarde simplement un truc qui brille...

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Petit gibier : les FDC investissent la science pour préparer l’avenir

Longtemps considéré comme abondant dans les plaines agricoles françaises, le petit gibier traverse depuis plusieurs décennies une période de fragilité qui inquiète autant les chasseurs que les gestionnaires de la biodiversité. Perdrix, faisans, cailles ou encore lapins de garenne subissent les conséquences combinées de l’évolution des pratiques agricoles, de l’urbanisation, des modifications climatiques, de la pression de prédation et, pour certaines espèces, des maladies. Face à ces constats, les fédérations départementales et régionales des chasseurs multiplient désormais les programmes d’étude et de suivi scientifique, afin de mieux comprendre les mécanismes qui influencent les populations sauvages. Lors du récent séminaire national consacré aux études scientifiques menées sur le terrain, plusieurs fédérations ont présenté des travaux illustrant cette montée en puissance de la connaissance appliquée à la gestion cynégétique. L’objectif affiché n’est plus seulement de préserver des tableaux de chasse, mais bien de disposer de données fiables permettant d’adapter les pratiques et de construire des stratégies de conservation à long terme. Cette évolution traduit aussi une transformation profonde du rôle des FDC, de plus en plus engagées dans des démarches techniques mêlant suivi écologique, outils numériques, analyses scientifiques et aménagement des habitats. Dans de nombreux territoires, la chasse du petit gibier ne peut désormais être envisagée sans une compréhension fine des dynamiques de population et des facteurs environnementaux qui conditionnent leur survie. Derrière ces travaux apparaît une réalité plus large : le petit gibier constitue aujourd’hui un véritable indicateur de la santé des milieux agricoles et ruraux. Là où les habitats restent diversifiés, où les haies, couverts et zones refuges subsistent, certaines espèces parviennent encore à maintenir des effectifs satisfaisants. À l’inverse, les territoires les plus intensifiés enregistrent souvent des baisses importantes de reproduction et de survie...

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Une intelligence artificielle pour éloigner la faune des voies ferrées

Face à l’augmentation des collisions entre trains et animaux sauvages, Alstom et Flox Intelligence expérimentent, en Suède, un système innovant de détection et d’effarouchement de la faune basé sur l’intelligence artificielle. L’objectif est double : améliorer la sécurité ferroviaire et réduire l’impact sur la biodiversité. Le dispositif repose sur un réseau de caméras intelligentes installées le long des voies. Grâce à des algorithmes d’analyse vidéo en temps réel, l’IA identifie immédiatement les animaux présents à proximité des rails. Une fois l’espèce reconnue, le système déclenche automatiquement un signal sonore spécifique destiné à faire fuir l’animal avant l’arrivée du train. Les premiers essais ont déjà permis d’identifier plusieurs espèces emblématiques de la faune nordique, notamment des élans, des chevreuils, des renards et des sangliers. Depuis avril 2026, les tests sont entrés dans une seconde phase intégrant pleinement le couplage entre détection vidéo et effarouchement acoustique. Le projet est actuellement déployé sur plusieurs lignes stratégiques suédoises comme Dalabanan et Bergslagsbanan, en partenariat avec l’opérateur VR et l’autorité régionale Tåg i Bergslagen. L’initiative bénéficie également du soutien financier de l’agence nationale suédoise pour l’innovation, Vinnova. Sur le plan technique, le système utilise une architecture dite « Edge AI ». Contrairement à un traitement distant dans le cloud, les données sont analysées directement sur site afin de garantir des temps de réaction extrêmement rapides, indispensables sur les lignes à grande vitesse où quelques secondes peuvent faire la différence. L’un des intérêts majeurs du dispositif réside dans son apprentissage continu. Chaque passage d’animal est enregistré et classifié afin d’améliorer progressivement la précision de reconnaissance des espèces. Les ingénieurs cherchent actuellement à perfectionner la détection des grands cervidés, particulièrement impliqués dans les accidents ferroviaires scandinaves. Cette technologie marque également une rupture avec les protections classiques comme les clôtures fixes. Si ces dernières permettent de limiter les collisions, elles créent parfois des « pièges » lorsque les animaux pénètrent malgré tout sur les voies. Le système développé par Flox Intelligence privilégie au contraire une intervention dynamique, capable d’éloigner activement les animaux. Autre innovation : les sons diffusés ne sont pas des ultrasons répétitifs auxquels la faune finit par s’habituer. L’IA génère des fréquences variables et des cris de prédateurs adaptés à chaque espèce afin d’éviter tout phénomène d’accoutumance. Au-delà de la sécurité, les opérateurs espèrent réduire les retards, les coûts de réparation et l’impact psychologique des collisions sur les conducteurs de train. Cette approche illustre l’émergence d’un ferroviaire connecté, où les données environnementales deviennent un outil central de gestion des infrastructures et de protection de la biodiversité.


Demain, Journée internationale de la biodiversité

Chaque année, le 22 mai marque la Journée internationale de la biodiversité, une date instaurée par l’Organisation des Nations unies afin de sensibiliser le public à l’importance de la diversité biologique et aux menaces qui pèsent sur elle. Cette journée rappelle que la biodiversité ne se limite pas aux espèces rares ou exotiques : elle englobe l’ensemble du vivant, depuis les grands mammifères jusqu’aux insectes pollinisateurs, en passant par les forêts, les zones humides, les océans ou encore la diversité génétique des plantes cultivées et des animaux domestiques. La biodiversité joue un rôle fondamental dans l’équilibre des écosystèmes et dans la vie quotidienne des populations humaines. Elle fournit l’oxygène, l’eau potable, les sols fertiles, les ressources alimentaires et de nombreux médicaments. Les abeilles et autres pollinisateurs, par exemple, assurent une part essentielle de la production agricole mondiale. Les forêts stockent le carbone, régulent le climat et abritent une multitude d’espèces indispensables au fonctionnement naturel des milieux. Pourtant, cette richesse biologique est aujourd’hui fortement menacée. La destruction des habitats naturels, l’urbanisation, l’agriculture intensive, les pollutions, le changement climatique et l’introduction d’espèces invasives entraînent une disparition accélérée des espèces. Selon les scientifiques, le rythme actuel d’extinction est sans précédent depuis plusieurs millions d’années. Face à cette situation, la préservation de la biodiversité devient une responsabilité collective. Les États mettent en place des espaces protégés, des programmes de réintroduction d’espèces et des politiques de gestion durable des ressources naturelles. Mais chacun peut également agir à son échelle : préserver les haies et les zones sauvages dans les jardins, limiter l’usage des pesticides, favoriser les plantations locales, réduire les déchets ou soutenir les productions respectueuses de l’environnement. Cette Journée internationale de la biodiversité est aussi l’occasion de rappeler que l’homme fait partie intégrante de la nature. Protéger la diversité biologique, c’est préserver les équilibres indispensables aux générations futures et maintenir un patrimoine naturel irremplaçable.


Mission Nature : quand les jeux à gratter financent la biodiversité

Après le succès populaire du Loto du Patrimoine porté par Stéphane Bern, la biodiversité française dispose désormais elle aussi de son jeu solidaire. Lancée en 2023 par l’Office français de la biodiversité et FDJ United, l’opération « Mission Nature » connaît un développement rapide et affiche déjà un bilan jugé très encourageant. En seulement deux années d’existence, ce dispositif a permis de soutenir 64 projets de restauration écologique en métropole comme en outre-mer, pour un montant total de 22 millions d’euros. Le principe reprend celui qui a fait le succès du Loto du Patrimoine : une partie des recettes issues des jeux Mission Nature est reversée à l’OFB, afin de financer des actions concrètes en faveur de l’environnement. Chaque ticket acheté ou grille validée contribue ainsi à la préservation d’écosystèmes fragiles, qu’il s’agisse de zones humides, de dunes littorales, de forêts ou encore d’habitats favorables à la faune sauvage. Chaque année, entre 7 et 8 millions d’euros issus des prélèvements sur les mises, des sommes qui reviennent normalement à l’État, sont réorientés vers ces programmes environnementaux. Le dispositif apporte ainsi des financements complémentaires précieux à des collectivités, associations ou gestionnaires d’espaces naturels souvent confrontés à des coûts importants pour restaurer ou protéger des milieux dégradés. Moins médiatisée que Mission Patrimoine, cette initiative poursuit pourtant un objectif majeur : sensibiliser le grand public à l’érosion de la biodiversité tout en mobilisant des moyens financiers supplémentaires pour agir concrètement sur le terrain. Pour Vincent Perrotin, directeur de l’Engagement chez FDJ United, la démarche répond à une double ambition : « sensibiliser le grand public à la préservation de la biodiversité et soutenir des projets ancrés dans les territoires ». Depuis 2023, FDJ United est également devenu grand mécène de l’OFB avec un soutien complémentaire de 1,5 million d’euros. Face à l’intérêt rencontré, l’État a décidé de prolonger le programme pour deux années supplémentaires dans le cadre du projet de loi de finances 2026. La quatrième édition a d’ailleurs débuté le lundi 18 mai 2026 avec quatre tirages spéciaux du Loto entièrement consacrés à la préservation et à la restauration de la biodiversité. Un nouvel appel à projets a été lancé le 11 mars dernier par l’OFB, et les lauréats sélectionnés seront dévoilés au mois de juillet.