Canon-Fronsac Château du Gazin

Interdiction d’importation des trophées : les Verts remettent le couvert...

Le débat sur la chasse aux trophées refait surface au Sénat. Le 13 mai dernier, les sénateurs Yannick Jadot, Arnaud Bazin, Samantha Cazebonne, Bernard Jomier et Michaël Weber ont déposé une proposition de résolution européenne visant à interdire l’importation, l’exportation et la réexportation au sein de l’Union européenne des trophées de chasse issus d’espèces protégées. Le texte s’inscrit dans une dynamique déjà portée par plusieurs pays européens et s’appuie sur des considérations éthiques ainsi que sur la volonté affichée de renforcer la protection de la biodiversité mondiale. Mais derrière une mesure qui peut paraître consensuelle à première vue, les conséquences potentielles pour plusieurs États africains soulèvent de nombreuses interrogations. Dans une partie de l’Afrique australe et orientale, la chasse touristique constitue en effet bien davantage qu’un simple loisir réservé à quelques clients fortunés. Elle représente une activité économique structurée qui génère des milliers d’emplois directs et indirects dans des régions souvent isolées. Guides professionnels, pisteurs, chauffeurs, cuisiniers, gardes de camp, taxidermistes, mécaniciens, personnels d’entretien ou artisans vivent directement ou indirectement de cette activité. À ces emplois s’ajoutent ceux du transport, de l’hôtellerie, de la restauration ou du commerce local. Dans certaines zones reculées de Namibie, de Tanzanie, du Zimbabwe ou de Zambie, la chasse est parfois la seule activité touristique économiquement viable. Le tourisme photographique, souvent présenté comme une alternative, ne peut pas toujours s’y développer en raison de l’éloignement des infrastructures, de la faible densité animale ou du manque d’attractivité paysagère. Une interdiction européenne pourrait alors entraîner une baisse significative de la fréquentation cynégétique internationale et fragiliser l’équilibre économique de nombreuses concessions. Certaines pourraient même disparaître faute de rentabilité. Les défenseurs de la mesure estiment que ces pertes pourraient être compensées par d’autres formes de valorisation de la faune. Mais la question demeure entière : quels montants représentent réellement les revenus générés par la chasse aux trophées et quelles activités pourraient, à court terme, les remplacer dans des territoires souvent dépourvus d’alternatives économiques crédibles ?...

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Équilibre sylvo-cynégétique : les vraies questions derrière le colloque OFB-FNC

Réunis le 4 juin dernier à Paris, l'Office français de la biodiversité (OFB) et la Fédération nationale des chasseurs (FNC) ont consacré une journée entière aux Indicateurs de changement écologique (ICE), outils censés mesurer l'équilibre entre les populations d'ongulés sauvages et les écosystèmes forestiers. Onze ans après le colloque de Chambord, forestiers, chasseurs, scientifiques et représentants de l'État ont dressé un constat partagé : les forêts françaises traversent une crise profonde. Sécheresses répétées, prolifération des scolytes, incendies plus fréquents, mortalité des arbres en hausse de 125 % en dix ans... Dans le même temps, les populations de grands ongulés ont fortement progressé, notamment celles des cerfs, dont les effectifs auraient été multipliés par dix en quarante ans. Pour objectiver les situations locales, l'OFB et ses partenaires mettent en avant les ICE, qui reposent sur trois grandes familles d'indicateurs : l'abondance des animaux, leur condition physique et la pression qu'ils exercent sur la végétation. Déployés dans plus de 86 départements, ces outils doivent permettre d'ajuster les plans de chasse et d'orienter les décisions de gestion. Le discours est séduisant : science, concertation, partage des données, gestion adaptative. Pourtant, derrière ce consensus affiché, plusieurs questions essentielles demeurent sans réponse. Pourquoi les forêts dépérissent-elles réellement ? Peut-on réduire leur affaiblissement à la seule pression des cervidés alors que les sécheresses, les choix sylvicoles, l'uniformisation des peuplements ou encore certaines pratiques d'exploitation sont régulièrement pointés du doigt ? Pourquoi de nombreuses forêts semblent-elles perdre leur capacité à conserver l'humidité ? Quel rôle jouent les cloisonnements d'exploitation, les pistes forestières et les ouvertures de plus en plus nombreuses qui favorisent la circulation des vents et accentuent le dessèchement des sols ? Comment expliquer les dérives observées localement dans la gestion des populations de cerfs, alors même qu'il s'agit, théoriquement, de l'espèce de grands ongulés la plus simple à réguler, une biche ne donnant naissance qu'à un seul faon par an ? Enfin, sommes-nous revenus quinze ans en arrière, lorsque, dans un contexte de fortes tensions budgétaires à l'ONF, certains résumaient la situation par cette formule : « la forêt ne pousse plus, le gibier mange tout... ». À force de focaliser le débat sur les cervidés, ne risque-t-on pas de masquer des responsabilités plus larges dans la dégradation des écosystèmes forestiers ? Car la véritable question est peut-être celle-ci : que cherche-t-on à ne pas voir lorsque toutes les réponses semblent déjà connues ?

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Maladie d’Aujeszky : le retour silencieux d’un virus mortel chez le chien

Longtemps associée aux élevages porcins, la maladie d’Aujeszky refait aujourd’hui parler d’elle dans un tout autre contexte : celui de la chasse au grand gibier. Cette affection virale, provoquée par le Suid herpesvirus 1 (SHV-1), est également connue sous le nom de « pseudo-rage » en raison de certains symptômes neurologiques qu’elle provoque, sans aucun lien avec le virus de la rage. Si la France est officiellement reconnue indemne dans les élevages porcins domestiques depuis 2008, à l’exception de la Corse, le virus continue de circuler activement chez le sanglier, devenu son principal réservoir sauvage. Les données issues des réseaux vétérinaires spécialisés font état d’une augmentation préoccupante des cas diagnostiqués chez les chiens, avec un nombre de suspicions et de confirmations qui aurait pratiquement triplé ces dernières années. Les sangliers infectés présentent rarement des signes cliniques visibles. Comme d’autres herpèsvirus, le SHV-1 peut rester latent pendant de longues périodes avant d’être réactivé sous l’effet de différents facteurs de stress. Chez le chien, en revanche, l’issue est presque toujours fatale. La contamination survient généralement lors de contacts étroits avec des sangliers infectés : morsures, attaques au ferme, exposition au sang ou aux sécrétions, ingestion de viande ou d’abats crus. Après une incubation très courte, les symptômes apparaissent brutalement : agitation intense, hypersalivation, démangeaisons sévères localisées au niveau de la tête ou du cou, troubles digestifs, difficultés respiratoires et atteintes neurologiques graves. L’évolution est fulgurante et la mort intervient souvent en moins de quarante-huit heures. Même si cette maladie n’est pas transmissible à l’homme, elle représente désormais un enjeu sanitaire majeur à l’interface entre faune sauvage, médecine vétérinaire et activités cynégétiques...

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Quand les protecteurs de la nature deviennent les fossoyeurs de la biodiversité...

L’affaire de Doñana, en Espagne, devrait résonner bien au-delà des frontières ibériques. Elle constitue un avertissement sévère pour tous ceux qui, depuis des décennies, prétendent défendre la nature à coups d’interdictions, de slogans et de postures idéologiques. Pendant des années, certaines organisations écologistes ont obtenu l’exclusion de la chasse de nombreux espaces naturels, persuadées que la nature retrouverait spontanément son équilibre dès lors que l’homme s’effacerait. La réalité leur inflige aujourd’hui un démenti cinglant. À Doñana, l’un des plus prestigieux sanctuaires ornithologiques d’Europe, les populations de sangliers ont explosé. Ces animaux détruisent désormais massivement les nids d’oiseaux nichant au sol. Dans certains secteurs, 70 à 80 % des pontes sont anéanties. Les espèces que l’on prétendait protéger deviennent les premières victimes d’une politique fondée davantage sur le dogme que sur l’observation du terrain. Les scientifiques eux-mêmes parlent désormais « d’urgence écologique ». Le plus frappant est que cette situation n’a rien d’imprévisible. Partout en Europe, les gestionnaires d’espaces naturels, les agriculteurs, les forestiers et les chasseurs alertent depuis des années sur les conséquences de la prolifération de certaines espèces. Dégâts agricoles, destruction des habitats, prédation sur la petite faune, risques sanitaires et accidents routiers : les signaux étaient connus. Mais ils ont souvent été balayés d’un revers de main par ceux qui considèrent toute intervention humaine comme une atteinte à la nature. Cette vision relève d’un romantisme naïf qui ne résiste pas à l’épreuve des faits. Les paysages européens ne sont plus des espaces sauvages intacts depuis des siècles. Ils sont façonnés par les activités humaines. Dans ces conditions, croire que la nature retrouvera seule un équilibre parfait relève davantage de la croyance que de l’écologie scientifique. Le véritable bon sens consiste à reconnaître que l’homme a désormais la responsabilité de gérer certains déséquilibres qu’il a lui-même contribué à créer. Réguler une espèce surabondante n’est pas détruire la nature ; c’est parfois la seule manière de préserver les autres. Protéger la biodiversité ne consiste pas à multiplier les interdictions ou à désigner des boucs émissaires, mais à accepter une gestion active, pragmatique et fondée sur les résultats. Doñana est un rappel brutal : lorsqu’une idéologie refuse d’entendre le terrain, ce sont souvent les espèces les plus fragiles qui en paient le prix. Les véritables défenseurs de la nature devraient avoir le courage de reconnaître leurs erreurs...


Axe Méditerranée-Rhône-Saône : vers une gouvernance renforcée pour accélérer le développement

Chargé par le Gouvernement de réfléchir à l’avenir de l’axe Méditerranée-Rhône-Saône (MeRS), Augustin de Romanet a remis son rapport au Premier ministre Sébastien Lecornu et au ministre des Transports Philippe Tabarot. Cette mission visait à proposer une gouvernance capable de mieux coordonner les nombreux acteurs publics et économiques intervenant sur cet ensemble stratégique qui relie la façade méditerranéenne au cœur de l’Europe. L’axe MeRS représente un enjeu majeur pour l’économie française. Il concentre plus du tiers du produit intérieur brut national, rassemble plus de 16 millions d’habitants et s’appuie sur près de 500 kilomètres de littoral. Véritable colonne vertébrale du transport fluvial français, il constitue également un levier essentiel pour la décarbonation des transports et le développement du report modal vers le rail et la voie d’eau. Malgré ces atouts, son potentiel reste insuffisamment exploité en raison d’un manque de coordination entre les différents acteurs institutionnels, portuaires et logistiques. Pour remédier à cette situation, le rapport préconise la création d’un « directoire » chargé de piloter la stratégie globale de l’État sur l’axe. Cette instance réunirait les présidents des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, les préfets concernés, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) ainsi que le Grand Port Maritime de Marseille. Les régions Bourgogne-Franche-Comté et Occitanie, Voies navigables de France (VNF) et SNCF Réseau seraient également associées afin d’assurer une cohérence entre les enjeux fluviaux, ferroviaires et fonciers. Le rapport insiste également sur la nécessité d'intégrer pleinement les enjeux environnementaux dans les futurs aménagements de l'axe. Si le développement du transport fluvial et ferroviaire constitue un levier reconnu de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les projets d'infrastructures associés ne sont pas sans conséquences potentielles pour les écosystèmes traversés. L'axe Méditerranée-Rhône-Saône irrigue en effet des territoires particulièrement riches sur le plan écologique, depuis les zones humides camarguaises jusqu'aux vallées alluviales du Rhône et de la Saône. Toute extension de plateformes logistiques, création d'emprises foncières ou modification des couloirs de transport devra donc veiller à préserver la fonctionnalité des continuités écologiques. Les acteurs de la biodiversité soulignent notamment l'importance de maintenir les corridors faunistiques permettant les déplacements de nombreuses espèces, ainsi que les équilibres des territoires ruraux concernés. Ces enjeux concernent également les espaces agricoles et cynégétiques traversés par l'axe, où les aménagements peuvent accroître la fragmentation des habitats et perturber les déplacements de la grande faune. Enfin, Augustin de Romanet propose par ailleurs de transformer l’actuel Conseil de coordination interportuaire et logistique en un véritable comité des parties prenantes, destiné à associer davantage les acteurs économiques. La création d’un coordinateur interministériel, d’un groupement d’intérêt économique pour la gestion foncière et d’une marque commune regroupant les ports de l’axe figurent également parmi les recommandations. Pour le Gouvernement, ces propositions doivent permettre de renforcer la compétitivité logistique française, d’accélérer les projets structurants et de faire de l’axe Méditerranée-Rhône-Saône un moteur de développement économique et de transition écologique à l’échelle nationale.


Genève... ou la grande illusion perdue du « sans chasse »

Pendant des années, certains mouvements écologistes ont présenté Genève comme la preuve éclatante qu'une société moderne pouvait se passer de chasse. Les chasseurs ? Des vestiges d'un autre âge. La régulation ? Une excuse. La nature ? Elle s'équilibrerait toute seule, pour peu que l'homme cesse d'intervenir. Le conte était séduisant. La réalité, elle, l'est beaucoup moins. Car voilà que le Conseil d'État genevois vient d'annoncer la reconduction des tirs de régulation des cerfs, du 1er novembre 2026 au 31 janvier 2027 dans les bois de Versoix et de Collex-Bossy, et une nouvelle saison d'intervention pourrait même être programmée en 2027-2028 si la situation le justifie. Parallèlement, les tirs de régulation concerneront également les sangliers. Pourquoi ? Parce que les populations explosent, que les dégâts forestiers s'accumulent et que les cultures subissent les conséquences d'une gestion déconnectée du terrain. Les mêmes autorités qui vantaient l'exemplarité du modèle genevois reconnaissent désormais la nécessité de prélever des animaux pour préserver les équilibres écologiques. La différence ? On ne parle plus de chasse, mais de « tirs de régulation ». On ne fait plus appel à des chasseurs bénévoles formés et passionnés, mais à des gardes de l'environnement salariés. Le résultat est pourtant identique : des animaux sont abattus parce que c'est devenu indispensable. Cette situation met surtout en lumière une certaine hypocrisie. Pendant des années, le monde cynégétique a été caricaturé, accusé de tous les maux et désigné comme incompatible avec la protection de la nature. Or, lorsque les réalités biologiques et agricoles reprennent leurs droits, ce sont précisément les principes de gestion défendus depuis longtemps par les chasseurs qui s'imposent. Non, la nature ne s'autorégule pas miraculeusement dans des territoires fragmentés, urbanisés. Non, il ne suffit pas d'installer quelques clôtures pour résoudre durablement les problèmes. Et non, remplacer le mot « chasse » par « régulation » ne change rien aux nécessités du terrain. Peut-être est-il temps de reconnaître que les chasseurs ne sont pas le problème, mais font partie de la solution. Genève ne démontre donc pas que la chasse est inutile. Elle prouve exactement l'inverse : même dans le laboratoire rêvé des anti-chasse, la régulation demeure indispensable. Seul le vocabulaire change. La réalité, elle, finit toujours par rattraper l'idéologie.


Directive Oiseaux : chasseurs, scientifiques et élus européens cherchent un nouvel équilibre

Réunis le 2 juin au Parlement européen à Bruxelles à l’initiative de la Fédération des associations de chasse et de conservation de l’Union européenne (FACE), députés européens, représentants de la Commission européenne, scientifiques et acteurs de la conservation ont débattu de l’avenir de la directive Oiseaux, l’un des principaux textes encadrant la protection de l’avifaune en Europe. Cette rencontre visait à identifier les moyens d’améliorer la mise en œuvre de la directive tout en conciliant conservation de la biodiversité, activités humaines et réalités de terrain. Les échanges se sont déroulés dans un contexte particulier, marqué par l’évaluation de la robustesse des directives européennes relatives à la nature et par les débats sur leur simplification éventuelle. Tous les intervenants ont souligné l’importance de s’appuyer sur des données scientifiques solides, un suivi rigoureux des populations et une coopération renforcée entre institutions, associations et acteurs locaux. L’eurodéputé français Eric Sargiacomo a notamment insisté sur la nécessité de prendre en compte les traditions rurales et les pratiques locales dans les politiques de conservation. Il a cité l’exemple de la chasse traditionnelle à la palombe dans le Sud-Ouest de la France, estimant que la protection de la biodiversité passe aussi par la reconnaissance du rôle des communautés rurales. Un message partagé par plusieurs représentants du monde cynégétique, qui ont rappelé l’implication croissante des chasseurs dans le suivi des espèces et la gestion des habitats. La Commission européenne, représentée par Andrea Vettori, a réaffirmé l’efficacité de la directive Oiseaux, qu’elle considère comme un cadre fondé sur la science, permettant à la fois la conservation des espèces et une chasse durable. Bruxelles souhaite toutefois recueillir les avis des parties prenantes afin d’identifier les éventuelles simplifications susceptibles d’améliorer son application sur le terrain. Du côté des organisations de protection de la nature, BirdLife Europe a rappelé les succès obtenus grâce à cette directive, citant le spectaculaire retour d’espèces naguère menacées comme l’aigle impérial ibérique, le faucon pèlerin ou la grande aigrette. L’association a appelé à concentrer les efforts sur la restauration des habitats et la mise en œuvre de la récente législation européenne sur la restauration de la nature. Les participants ont enfin souligné l’importance de la coopération internationale pour la préservation des oiseaux migrateurs. Tous se sont accordés sur un point : la réussite de la conservation passera par des actions concrètes sur les habitats, des investissements de long terme et un dialogue permanent entre scientifiques, gestionnaires, chasseurs et décideurs publics.


La gestion du cerf élaphe

L’exposition des trophées de cerfs organisée à Joinville (52), les 23 et 24 mai derniers, a ravivé un débat qui traverse aujourd’hui de nombreux territoires à cervidés : celui du bracelet unique appliqué aux mâles. À l’aube de la troisième saison de son expérimentation en Haute-Marne, la question mérite d’être abordée avec calme, loin des postures et des procès d’intention. Car derrière un dispositif qui peut paraître simple et pragmatique, se cache en réalité une problématique biologique particulièrement complexe. La gestion du cerf élaphe ne consiste pas seulement à maintenir des effectifs compatibles avec les équilibres forestiers ou agricoles. Elle repose avant tout sur la stabilité d’une population structurée, équilibrée dans ses sexes, mais aussi dans ses classes d’âge. Or, c’est précisément cette architecture démographique que le bracelet unique vient modifier en profondeur. Sur le papier, le principe séduit : davantage de souplesse, moins de contraintes administratives et une liberté accrue laissée aux chasseurs. En pratique pourtant, la suppression des catégories différenciées transforme immédiatement les plus beaux mâles en animaux prioritaires au tir. Tant que les densités demeurent importantes, le système peut donner l’illusion d’une parfaite efficacité. Les tableaux restent satisfaisants et les prélèvements semblent conformes aux objectifs. Mais la dynamique réelle d’une population de cerfs se lit sur le temps long. Un grand cervidé mature n’apparaît jamais spontanément ; il est le résultat de plusieurs années de croissance, dans les meilleures conditions environnementales. C’est pourquoi les biologistes comme les gestionnaires expérimentés accordent autant d’importance à la pyramide des âges. Une population riche en vieux mâles dominants traduit généralement un équilibre durable. À l’inverse, lorsque ces classes supérieures commencent à disparaître, l’appauvrissement qualitatif devient inévitable, même si les effectifs globaux restent élevés. Toute la question est donc là : le bracelet unique permet-il réellement de préserver cette construction progressive des grands cerfs, ou accélère-t-il au contraire leur disparition prématurée ? Le débat n’est pas idéologique. Il touche directement au fonctionnement biologique de l’espèce et à la conception même d’une gestion cynégétique durable...

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