Le petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Chiens courants : quand la Fondation Brigitte Bardot tire à côté de la cible

La polémique autour du concours de meutes chiens courants sur sanglier organisé ce week-end à Gassin (Var), illustre une nouvelle fois la fracture grandissante entre certaines associations militantes et la réalité des pratiques de terrain. En interpellant la municipalité, le président de la Fondation Brigitte Bardot, Bernard d’Ormale, dénonce une prétendue « distraction cruelle » consistant à épuiser des animaux pour le loisir. Une lecture pour le moins caricaturale, qui occulte l’essentiel : ces épreuves ne relèvent ni d’un spectacle, ni d’une chasse au sens létal du terme, mais bien d’un exercice de sélection canine et de formation des chiens courants. Car il faut rappeler une évidence trop souvent passée sous silence : aucun tir, aucune mise à mort n’interviennent dans ce type de brevet. Les animaux sauvages, une fois débusqués, regagnent leur territoire. L’objectif n’est pas de « traquer jusqu’à l’épuisement », mais d’évaluer des qualités précises chez les chiens, quête, rapproché, menée, dans un cadre strictement encadré. Ces épreuves participent à la sélection de chiens dits « créancés », capables de se spécialiser sur une espèce donnée, évitant ainsi les poursuites désordonnées et limitant justement le dérangement de la faune. Autrement dit, loin d’encourager une pratique brutale, ces concours contribuent à une chasse plus maîtrisée et plus respectueuse. Assimiler ces exercices à une forme de maltraitance relève donc d’un contresens. La formation de chiens adaptés est une condition essentielle d’une pratique responsable, reconnue et autorisée par la réglementation. Elle s’inscrit dans une tradition cynégétique ancienne, mais aussi dans une logique moderne de gestion raisonnée de la faune sauvage. Opposer systématiquement tradition et bien-être animal sans nuance revient à ignorer les évolutions réelles du monde de la chasse. La sortie de la Fondation Brigitte Bardot interroge d’autant plus qu’elle cible ici une activité légale, encadrée et formatrice, loin des dérives que l’on pourrait légitimement condamner ailleurs. En amalgamant formation canine et cruauté, elle entretient une confusion qui nuit au débat. Car la vraie question mérite mieux que des raccourcis : comment concilier pratiques rurales, connaissance du vivant et exigences éthiques contemporaines ? En l’occurrence, la réponse ne passe pas par la stigmatisation, mais par la compréhension. Et sur ce point, certains combats gagneraient sans doute à être mieux ciblés.


Rivolier, moteur de la renaissance industrielle : Verney-Carron relancé, la filière française renforcée

Moins d’un an après sa reprise à la barre du tribunal de commerce de Saint-Étienne, Verney-Carron retrouve une dynamique positive, portée par l’engagement stratégique du groupe ligérien Rivolier. Longtemps fragilisé, notamment après une période difficile sous l’ère Cybergun, le plus ancien armurier français semble aujourd’hui engagé sur la voie du redressement. Cette relance repose sur une double ambition claire : moderniser des gammes de chasse vieillissantes et accélérer le développement des armes non létales, un segment en pleine croissance. Déjà, les indicateurs témoignent d’un retournement encourageant. Le chiffre d’affaires, tombé à 3,5 millions d’euros, devrait atteindre près de 5 millions cette année, avec un retour à l’équilibre financier en ligne de mire. Une performance rendue possible grâce à une réorganisation en profondeur et à l’appui opérationnel de Rivolier, dont la solidité financière et l’expertise sur les marchés de la chasse, de la sécurité et de la défense jouent un rôle déterminant. Au-delà du redressement de Verney-Carron, Rivolier affirme une stratégie industrielle ambitieuse visant à structurer et renforcer la filière française. L’acquisition de Thifan Industrie, fabricant de munitions implanté dans le Cher, marque une étape clé dans cette dynamique. Avec cette opération, le groupe met la main sur la marque Sauvestre, reconnue pour ses innovations balistiques, notamment les technologies BFS (Balle Flèche Sauvestre) et FIP (Flèche Interne Portée). L’objectif est clair : consolider un savoir-faire national tout en accompagnant le développement de ces produits en France et à l’international. Cette logique de croissance s’inscrit dans une vision cohérente, déjà illustrée par la reprise de Verney-Carron et la prise de participation dans d’autres entreprises du secteur. Rivolier se positionne ainsi comme un acteur structurant, capable de relocaliser, moderniser et pérenniser une industrie stratégique. Entre tradition armurière et innovation technologique, le groupe ligérien trace une trajectoire solide, incarnant une nouvelle phase de développement pour toute une filière en quête de souveraineté et de compétitivité.


Biodiversité : Paris veut mobiliser les acteurs américains avant le G7 d’Évian

Courant avril, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, réunira à Paris des ONG et fondations américaines afin de préparer le G7 des chefs d’État qui se tiendra en juin à Évian (Haute-Savoie). Objectif : mettre la protection de la biodiversité au cœur des discussions et maintenir l’implication des États-Unis dans les financements internationaux dédiés à la faune et à la flore. Dans un contexte politique américain marqué par le retour d’un discours climatosceptique à la Maison-Blanche, la stratégie française est assumée. « Nous ne parlerons pas climat », indique la ministre. Le choix de la biodiversité vise à éviter les sujets les plus clivants tout en préservant un espace de coopération. Car, malgré les divergences sur le réchauffement climatique, les États-Unis demeurent un acteur majeur du financement mondial de la conservation. Selon les données internationales, les États-Unis figurent parmi les tout premiers contributeurs publics et privés à la protection de la nature, via l’USAID, des agences fédérales, mais aussi un réseau puissant de fondations philanthropiques. À l’échelle mondiale, les flux financiers consacrés à la biodiversité sont estimés entre 120 et 140 milliards de dollars par an, alors que les besoins pour atteindre les objectifs fixés dans le Cadre mondial pour la biodiversité s’élèveraient à environ 700 milliards de dollars annuels. Le maintien de l’engagement américain est donc stratégique. La réunion parisienne devra permettre d’identifier des priorités communes : lutte contre le trafic d’espèces sauvages, protection des grands écosystèmes forestiers, restauration des zones humides et mobilisation des financements privés. La France entend également valoriser les synergies entre biodiversité, sécurité alimentaire et stabilité économique, des thèmes susceptibles de rassembler au-delà des clivages politiques. Le G7 d’Évian pourrait ainsi devenir un moment clé pour consolider les engagements internationaux pris lors de la COP15 biodiversité à Montréal, notamment l’objectif de protéger 30 % des terres et des mers d’ici 2030. Dans un contexte géopolitique incertain, la diplomatie française cherche à préserver un socle de coopération environnementale pragmatique. Pour Paris, l’enjeu est double : maintenir l’unité des grandes puissances sur la protection du vivant et éviter que les fractures politiques ne fragilisent davantage la gouvernance mondiale de la biodiversité.


Le canon, cœur de la précision balistique

Si le réglage des organes de visée est souvent considéré comme primordial, la précision d’une arme repose tout autant sur l’état du canon, élément trop souvent négligé. À chaque tir, le projectile, en s’engageant dans les rayures du canon, subit une déformation contrôlée qui assure son étanchéité et sa mise en rotation. Cette rotation, pouvant atteindre 180 000 à 220 000 tours par minute selon le calibre et le pas de rayure, garantit la stabilité gyroscopique de la balle en vol. Toutefois, ce phénomène génère une usure progressive : des particules métalliques, issues de la chemise du projectile, souvent en tombac, se déposent dans les micro-reliefs du canon, notamment au fond des rayures. À cela s’ajoutent des résidus de combustion. Peu à peu, cet encrassement altère la prise de rayure, rendant les empreintes sur la balle moins nettes. Résultat : une perte de stabilité, donc de précision, perceptible même à des distances relativement courtes, comme en battue. Ce phénomène explique pourquoi des tireurs expérimentés constatent des écarts inexpliqués après plusieurs tirs. Un canon encrassé modifie les conditions internes du tir, influençant la vitesse initiale et la régularité balistique. D’où cette règle souvent rappelée par les spécialistes : la propreté du canon est un facteur déterminant de performance. Ignorer cet entretien revient à compromettre le potentiel réel de l’arme, même parfaitement réglée...

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Deuil animalier : une nouvelle plateforme pour accompagner les familles et former les vétérinaires

Le deuil demeure une thématique encore largement invisible dans la pratique vétérinaire, alors même qu’il constitue une réalité quotidienne pour de nombreux propriétaires d’animaux. Face à la peine des familles, les praticiens se retrouvent souvent démunis, faute de formation spécifique ou d’outils adaptés pour accompagner ces situations sensibles. C’est dans ce contexte qu’émerge une nouvelle initiative visant à mieux prendre en compte cette dimension émotionnelle. Le psychiatre et psychothérapeute Christophe Fauré, reconnu pour son travail auprès des personnes endeuillées, lance une plateforme d’accompagnement en ligne intitulée « Une Lumière dans ma Nuit ». Pensée à la fois pour les particuliers et les professionnels, elle propose un ensemble structuré de ressources pour mieux comprendre et traverser le deuil lié à la perte d’un animal de compagnie. La plateforme s’articule autour de cinq piliers, comprenant notamment des contenus pédagogiques, des espaces d’écoute et des parcours guidés, et de sept piliers dédiés aux professionnels et bénévoles, incluant des modules de formation, des outils pratiques et des repères cliniques. Accessible par abonnement pour les particuliers, cette plateforme ambitionne de démocratiser l’accompagnement du deuil animalier, souvent minimisé dans la société. Une offre de formation spécifique est également prévue pour les professionnels tels que psychologues, psychiatres et vétérinaires, afin de leur permettre d’intégrer cette dimension dans leur pratique. La question de la légitimité du deuil animalier reste centrale. Si la perte d’un animal ne produit pas les mêmes conséquences à long terme que celle d’un proche humain, elle n’en demeure pas moins profondément marquante. Le lien affectif tissé avec un animal est souvent intense, quotidien et dépourvu de jugement, ce qui renforce le sentiment de vide lors de sa disparition. Cette initiative marque donc une étape importante vers une meilleure reconnaissance du deuil animalier et de ses enjeux. Elle invite également les professionnels de santé, et en particulier les vétérinaires, à élargir leur rôle en intégrant davantage l’accompagnement émotionnel dans leur pratique.


IAHP en Europe et en France : une accalmie fragile après un pic hivernal

L’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) a marqué l’automne et le début de l’hiver 2025-2026 par une circulation particulièrement intense en Europe. Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), le niveau de contamination de l’avifaune sauvage a atteint un pic inédit depuis près de cinq ans, avec une forte présence du virus chez les oiseaux migrateurs, principaux vecteurs de diffusion. Les espèces aquatiques, notamment les canards et les oies, ont été particulièrement touchées, favorisant la dispersion du virus le long des grands axes migratoires reliant le nord et le sud du continent. Toutefois, une tendance à la baisse est observée, conformément à la dynamique saisonnière habituelle. Avec la fin progressive de l’hiver, la pression virale diminue, notamment en raison de la dispersion des populations d’oiseaux et de conditions environnementales moins favorables à la survie du virus. Cette décrue reste cependant relative : des cas continuent d’être détectés dans plusieurs pays européens, maintenant un niveau de vigilance élevé, en particulier dans les zones humides et les couloirs migratoires. En France, la situation suit une évolution comparable. Après plusieurs mois de forte circulation virale, notamment dans les élevages de volailles du Sud-Ouest et de l’Ouest, les autorités sanitaires constatent également un recul du nombre de foyers. Les mesures de biosécurité renforcées, les restrictions de mouvements et les campagnes de vaccination expérimentales ont contribué à contenir la propagation. Néanmoins, la France reste en niveau de risque « élevé » sur une grande partie du territoire, en raison de la persistance du virus dans l’environnement et du passage encore actif de certaines espèces migratrices. Les autorités appellent ainsi à ne pas relâcher les efforts. La surveillance de l’avifaune sauvage demeure essentielle pour anticiper d’éventuelles reprises de circulation, notamment à l’approche des migrations de printemps. Les éleveurs sont invités à maintenir des mesures strictes de protection des élevages, tandis que les acteurs de terrain, chasseurs et naturalistes, jouent un rôle clé dans le signalement des mortalités suspectes. Si la baisse actuelle constitue un signal encourageant, elle ne marque pas la fin du risque. L’IAHP s’inscrit désormais dans une dynamique endémique en Europe, rendant indispensable une vigilance constante et une adaptation durable des stratégies de gestion sanitaire.


L’alimentation, un pilier essentiel de la santé du chien

Longtemps négligée, la question de l’alimentation animale s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur pour le bien-être des chiens. À l’image de l’alimentation humaine, manger sain et équilibré est désormais reconnu comme un facteur déterminant de santé. Pour un chien, la qualité des croquettes joue un rôle central dans sa vitalité, son développement musculaire et sa longévité. Premier point essentiel : la composition. Le chien étant un carnivore opportuniste, son organisme est conçu pour assimiler en priorité des protéines d’origine animale. Il est donc recommandé de privilégier des croquettes contenant des sources clairement identifiées comme la volaille, le poisson ou l’œuf. À l’inverse, certaines croquettes bas de gamme font la part belle aux protéines végétales, moins adaptées à ses besoins. La question des céréales divise souvent. Si certaines formules « sans céréales » peuvent convenir aux chiens sensibles, elles ne sont pas indispensables pour tous. L’important reste l’équilibre global de la ration : qualité des ingrédients, digestibilité et apport en nutriments essentiels. En cas de doute, l’avis d’un vétérinaire reste précieux. Le choix des croquettes doit également tenir compte du profil du chien. Race, âge, niveau d’activité ou encore état de santé influencent fortement les besoins nutritionnels. Un chiot, un chien sportif ou un animal âgé n’auront pas les mêmes exigences. Les indications présentes sur les emballages permettent généralement de s’orienter efficacement. Autre critère déterminant : la transparence. Comme pour l’alimentation humaine, il est préférable de privilégier des marques qui détaillent précisément la composition et l’origine des ingrédients. Cette exigence répond à une attente croissante des propriétaires, dont une large majorité considère désormais son animal comme un membre à part entière de la famille. Enfin, le prix ne doit pas être le seul critère de choix. S’il est conseillé d’éviter les produits d’entrée de gamme, il est tout à fait possible de trouver des croquettes de qualité à des tarifs raisonnables, notamment en achetant en grande quantité ou en ligne. En somme, bien nourrir son chien, c’est avant tout faire des choix éclairés pour garantir sa santé sur le long terme.


Une espèce à découvrir : la gerboise des steppes...

La gerboise des steppes (Jaculus jaculus), appartenant à la famille des Dipodidae, constitue un remarquable exemple d’adaptation morphologique et physiologique aux environnements arides. Ce petit rongeur, mesurant entre 10 et 15 cm de longueur corporelle (auquel s’ajoute une queue pouvant atteindre 20 cm), présente une silhouette immédiatement reconnaissable : de longues pattes postérieures hypertrophiées, des membres antérieurs courts et de grandes oreilles, parfois comparées à celles de certains lagomorphes. Cette conformation lui permet une locomotion saltatoire très efficace, avec des bonds pouvant dépasser un mètre, soit plusieurs fois la longueur de son corps. Cette stratégie de déplacement, proche de celle des kangourous, réduit le contact avec le sol brûlant et optimise la fuite face aux prédateurs tels que les rapaces nocturnes, les serpents ou les petits carnivores désertiques. Son pelage, généralement sableux à brun clair, présente une coloration cryptique parfaitement adaptée aux substrats désertiques, tandis que la queue, terminée par un pinceau noir et blanc, jouerait un rôle dans l’équilibre et la communication visuelle. L’espèce est largement distribuée en Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte) et s’étend jusqu’au Moyen-Orient, occupant des milieux ouverts, sablonneux ou caillouteux, souvent caractérisés par une végétation clairsemée. La gerboise creuse des terriers complexes pouvant atteindre plusieurs dizaines de centimètres de profondeur, avec des chambres spécifiques pour le repos, la reproduction et parfois le stockage alimentaire. Ces terriers offrent une protection efficace contre les variations thermiques extrêmes, où les écarts peuvent dépasser 30 °C entre le jour et la nuit. L’activité de la gerboise est strictement nocturne, avec des sorties généralement observées peu après le coucher du soleil. Cette temporalité réduit non seulement les risques de prédation, mais limite également les pertes hydriques, un enjeu vital dans ces milieux contraints...

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Printemps : l’OFB alerte sur les dérives de la photographie animalière

Avec le retour du printemps, la nature entre dans une période cruciale : reproduction, nidification et floraison rythment la vie des espèces. Dans le même temps, les espaces naturels voient affluer randonneurs, sportifs et photographes. Face à cette fréquentation accrue, l’Office français de la biodiversité (OFB) appelle à la vigilance et rappelle les règles essentielles pour préserver la faune et la flore. Parmi les recommandations : rester sur les sentiers, respecter les zones réglementées, tenir les chiens en laisse, limiter le bruit et observer les animaux à distance. Des gestes simples, mais indispensables pour éviter le dérangement d’espèces particulièrement vulnérables en cette saison. L’OFB insiste également sur un phénomène en pleine expansion : la photographie animalière. Si la majorité des pratiquants adoptent une attitude respectueuse, certaines dérives préoccupent les autorités. Manipulation d’animaux, déplacements de spécimens, destruction d’habitats ou approche trop intrusive sont autant de comportements aux conséquences parfois graves : stress, perturbation des cycles naturels, voire mortalité. Pour encadrer ces pratiques, l’OFB rappelle des règles fondamentales : ne jamais manipuler un animal, garder ses distances grâce à du matériel adapté et privilégier des observations discrètes. Un récent cas dans le Vaucluse illustre ces dérives. Trois personnes ont été verbalisées pour avoir capturé et perturbé volontairement une vipère d’Orsini sur le Mont Ventoux, une espèce protégée et particulièrement fragile. Les individus avaient manipulé l’animal pour faciliter des prises de vue. Ils ont été condamnés par le tribunal judiciaire de Carpentras à un stage de citoyenneté environnementale, à leurs frais. Cette affaire souligne la fragilité de certaines populations locales. La vipère d’Orsini du Mont Serein constitue la seule population du Vaucluse, déjà menacée par son isolement et la pression humaine. Plus largement, l’OFB rappelle que l’observation de la nature doit rester compatible avec sa préservation. À l’heure où les activités de plein air se développent, le respect des espèces et de leurs habitats apparaît plus que jamais comme une responsabilité collective.


Déclin massif des oiseaux en Europe : une crise écologique qui s’aggrave

Depuis plusieurs décennies, les populations d’oiseaux connaissent en Europe un déclin alarmant. Les suivis scientifiques engagés depuis les années 1980 dressent un constat sans appel : la baisse est généralisée et touche désormais la quasi-totalité des milieux. Les espèces des zones agricoles sont les plus durement frappées, avec une chute d’environ 60 % en quarante ans. Mais la situation ne s’arrête pas là : oiseaux forestiers, espèces des zones humides et migrateurs sont eux aussi en net recul. Dans certaines régions, des oiseaux autrefois communs ont presque disparu. Moineaux, alouettes des champs ou vanneaux huppés se raréfient dans des paysages agricoles de plus en plus uniformes. Certaines espèces, comme la pie-grièche écorcheur, ont même enregistré des chutes de population dépassant localement 90 %. Quant aux migrateurs de longue distance, ils subissent une pression constante tout au long de leurs parcours, fragilisés par la dégradation des habitats et les dérèglements climatiques. Les causes de ce déclin sont bien identifiées, mais malgré cela, la situation continue de se dégrader. L’agriculture intensive reste le facteur principal. La disparition des haies, des prairies et des jachères au profit de monocultures a profondément appauvri les milieux. À cela s’ajoute l’usage massif de pesticides et d’engrais, qui impacte directement les oiseaux et provoque l’effondrement des populations d’insectes, indispensables à leur alimentation, notamment en période de reproduction. Le changement climatique vient encore accentuer ces pressions. En modifiant les saisons, les ressources alimentaires et les conditions de reproduction, il désynchronise les cycles naturels dont dépendent de nombreuses espèces. Plus inquiétant encore, malgré les mesures mises en place (politiques de conservation, programmes de protection, évolution des pratiques agricoles) les indicateurs restent orientés à la baisse. Cette inefficacité relative souligne l’ampleur du phénomène et l’urgence d’agir plus fortement. Le déclin des oiseaux n’est pas un simple signal faible : il est le symptôme d’un déséquilibre profond des écosystèmes. Et à mesure que ces espèces disparaissent, c’est tout un patrimoine naturel et un indicateur essentiel de la santé de nos environnements qui s’effondre, dans une indifférence encore trop grande.


Faune sauvage : une période décisive pour les naissances chez les sangliers

Le printemps constitue une période clé pour la reproduction de la faune sauvage, et la météo joue un rôle déterminant dans le succès des naissances. Températures, humidité et stabilité climatique influencent directement la survie des jeunes animaux. Chez le sanglier, espèce particulièrement sensible à ces variations au moment de la mise bas, cette réalité est encore plus marquée. Actuellement, nous sommes en plein pic des naissances, qui s’étend généralement de mi-mars à la fin avril. Cette période correspond à un moment critique où les marcassins, encore fragiles, dépendent totalement des conditions extérieures. Contrairement aux adultes, parfaitement adaptés aux intempéries printanières, les nouveau-nés ne disposent pas encore d’un système de régulation thermique efficace. Même si la laie aménage soigneusement un chaudron, nid isolant composé de végétaux, quelques jours de froid humide, voire des gelées tardives, peuvent suffire à décimer tout ou partie d’une portée. Selon certaines observations de terrain, des épisodes de froid printanier peuvent entraîner jusqu’à 30 à 50 % de mortalité chez les jeunes marcassins. Les conséquences de ces pertes varient fortement selon leur ampleur. Si un ou plusieurs marcassins survivent, la laie poursuit son rôle maternel normalement, comme si la portée était complète. Toutefois, une portée réduite aura un impact direct sur la population observable à l’automne : il y aura moins de jeunes sangliers (bêtes rousses) lors de l’ouverture de la chasse en septembre. En revanche, si la totalité de la portée disparaît, le comportement de la laie change radicalement. Après une phase de lactation interrompue, elle retrouve progressivement son cycle biologique et peut entrer à nouveau en chaleur dès le mois de mai, à condition que son état physique soit satisfaisant et que la nourriture soit abondante. Cette seconde reproduction, souvent peu documentée, donne naissance à une nouvelle portée environ quatre mois plus tard, soit entre fin août et septembre. Ce phénomène, parfois perçu comme atypique, est en réalité une réponse naturelle aux aléas climatiques du printemps. Cependant, ces naissances tardives offrent peu de chances de survie. Les marcassins nés à la fin de l’été arrivent en pleine période de chasse, où la pression des chiens et des battues représente un danger majeur. À cela s’ajoute l’approche de l’hiver, période exigeante pour des jeunes encore peu développés. La mortalité est donc particulièrement élevée, rendant ces portées tardives presque insignifiantes en termes de renouvellement de population. Ainsi, lorsqu’une laie perd sa portée principale de printemps, même si elle se reproduit à nouveau, sa contribution réelle à la population annuelle de sangliers reste faible.