Je sonne de la trompe (Sylvain Oudot et Guyaume Vollet)

Le chacal doré de retour dans l'actualité vosgienne ?

Une nouvelle observation d’un chacal doré (Canis aureus) a été signalée dans le sud des Vosges, entre Le Thillot et Cornimont. À ce stade, cette présence n’a toutefois pas été confirmée officiellement par les autorités compétentes et demande donc à être considérée avec prudence. Le chacal doré est un canidé naturellement présent en Afrique, au Proche-Orient, en Asie du Sud-Ouest ainsi qu’en Europe du Sud-Est. Depuis plusieurs décennies, son aire de répartition s’étend progressivement vers l’ouest et le nord de l’Europe. Des observations ont déjà été validées dans plusieurs pays d’Europe occidentale, dont la France, où des individus sont signalés de manière ponctuelle. Les spécialistes estiment que cette progression résulte principalement d’une expansion naturelle des populations européennes. Doté d’une remarquable capacité de dispersion, le chacal doré est capable de parcourir plusieurs centaines de kilomètres à la recherche de nouveaux territoires. Il profite des corridors écologiques et s’adapte à une grande diversité de milieux, qu’il s’agisse de zones agricoles, de forêts, de plaines, de montagnes ou encore de milieux semi-ouverts. Son régime alimentaire très opportuniste constitue également l’un des facteurs de son succès. Il consomme aussi bien de petits mammifères, des oiseaux, des invertébrés et des fruits que des carcasses d’animaux, jouant ainsi parfois un rôle de charognard. Cette grande faculté d’adaptation lui permet de s’implanter discrètement dans des secteurs où sa présence peut passer inaperçue pendant plusieurs années. Si l’observation vosgienne est authentifiée, elle s’inscrirait dans cette dynamique d’expansion déjà observée à l’échelle européenne. Pour autant, l’installation durable de l’espèce soulève plusieurs interrogations. Les scientifiques s’intéressent notamment à ses interactions avec les autres carnivores présents, comme le renard ou le loup, ainsi qu’à ses éventuels effets sur certaines populations de faune sauvage et sur les activités humaines, notamment l’élevage. À ce jour, les connaissances disponibles ne permettent pas de tirer des conclusions définitives sur l’ensemble de ces impacts. C’est pourquoi le suivi de l’espèce demeure essentiel. Chaque observation mérite d’être vérifiée et documentée afin de mieux comprendre l’évolution de sa répartition et d’adapter, si nécessaire, les mesures de gestion qui pourraient s’avérer utiles à l’avenir.


La chasse, un levier indispensable pour réussir les forêts de demain

Face aux effets du changement climatique, les forêts françaises connaissent une période de profonde mutation. Sécheresses répétées, pullulations de scolytes, maladies émergentes ou encore épisodes de chaleur extrême fragilisent de nombreux peuplements. Pour préparer les massifs forestiers aux conditions climatiques de demain, l'État a engagé, dans le cadre du plan France Relance, un vaste programme de reboisement visant la plantation de plus de 50 millions d'arbres, avec des essences mieux adaptées aux évolutions attendues du climat. Mais cette ambitieuse politique de renouvellement forestier se heurte à un obstacle majeur : la pression exercée par les grands ongulés sauvages. Cerfs, chevreuils et, dans une moindre mesure, sangliers provoquent des dégâts importants sur les jeunes plantations en consommant les bourgeons, les pousses ou en frottant leurs bois contre les jeunes tiges. Sans une régulation efficace de leurs populations, une partie de ces investissements risque d'être compromise. Les chiffres de l'Office national des forêts (ONF) illustrent cette dégradation. Aujourd'hui, près de 50 % des forêts domaniales présentent un déséquilibre entre la forêt et les populations d'ongulés, contre 34 % en 2015. Cela représente environ 850 000 hectares sur les 1,7 million d'hectares de forêts appartenant à l'État. Le phénomène touche désormais la quasi-totalité du territoire. Si le Grand Est demeure la région la plus concernée, la situation s'est également aggravée en Île-de-France, dans les Hauts-de-France, en Occitanie, en Provence-Alpes-Côte d'Azur ainsi que sur le littoral landais. Seule la Bretagne reste relativement épargnée. Pour préserver les jeunes arbres, les gestionnaires forestiers n'ont souvent d'autre choix que d'installer des clôtures autour des parcelles ou des protections individuelles sur chaque plant. Ces dispositifs, maintenus en place pendant une quinzaine d'années, représentent un investissement considérable. Selon l'ONF, ils augmentent en moyenne de 50 à 60 % le coût d'une plantation, sans compter les dépenses d'entretien et de remplacement. Au-delà de leur coût, ces protections modifient les paysages forestiers, compliquent les déplacements de la faune comme des promeneurs et génèrent, à terme, des déchets qu'il faut récupérer et recycler. Pour les forestiers, ces équipements constituent donc une solution de dernier recours plutôt qu'une réponse durable. Le maintien d'un équilibre entre les populations de grand gibier et la capacité d'accueil des milieux apparaît comme une condition essentielle à la réussite des programmes de reboisement. Dans cette perspective, la chasse demeure un outil de gestion indispensable. En permettant de maîtriser les effectifs d'ongulés à un niveau compatible avec la régénération naturelle et les nouvelles plantations, elle contribue directement à la préservation des forêts françaises et à leur adaptation aux défis climatiques des prochaines décennies.


Lucilie bouchère : une mouche parasite qui pourrait devenir une menace pour la faune sauvage

Le 15 juin 2026, le ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire a publié un point d'information consacré à la lucilie bouchère (Cochliomyia hominivorax). Cette mouche parasite, absente de France et d'Europe, fait de nouveau parler d'elle après plusieurs foyers recensés au Mexique, puis dans le sud des États-Unis. Si les autorités s'inquiètent avant tout des conséquences pour les élevages, une éventuelle introduction de cet insecte sur le continent européen pourrait également représenter un risque important pour la faune sauvage, notamment les populations de grand gibier. Contrairement aux mouches qui colonisent les animaux déjà morts, la lucilie bouchère s'attaque exclusivement à des animaux vivants. Originaire des régions tropicales et subtropicales des Amériques, elle a longtemps constitué un véritable fléau pour les élevages, avant d'être pratiquement éradiquée d'Amérique du Nord grâce à d'importants programmes de lutte reposant sur la technique des mâles stériles. Sa réapparition récente rappelle toutefois que le parasite n'a pas disparu et qu'il reste capable de reconquérir de nouveaux territoires. La maladie provoquée par cette mouche est appelée myiase. Le mécanisme de contamination est particulièrement redoutable. Attirée par une plaie, même de très faible importance, la femelle dépose plusieurs centaines d'œufs sur les tissus vivants. Quelques heures plus tard, les larves éclosent et commencent immédiatement à se nourrir de chair vivante. Contrairement aux asticots des mouches communes, qui participent à la décomposition des cadavres, les larves de la lucilie bouchère détruisent progressivement les tissus de leur hôte. La plaie s'élargit rapidement sous l'action des larves. L'animal souffre de douleurs importantes, présente des écoulements parfois sanguinolents et attire de nouvelles femelles qui viennent pondre à leur tour. Sans intervention, l'infestation peut devenir massive et conduire à une septicémie ou à la mort de l'animal après plusieurs jours de souffrance. Toutes les espèces de mammifères peuvent être touchées, domestiques et sauvages : cervidés, sangliers, bouquetins, mouflons ou encore certains carnivores, dès lors qu'ils présentent une blessure ouverte...

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Domaine de Belval : inauguration fastueuse du nouveau centre de formation, de recherche et de créations artistiques

Érigé sur la lisière nord du domaine forestier de Belval, en pleine campagne ardennaise, neuf pavillons au toit de tuiles rouges constituent dorénavant le Centre de formation, de recherche et de création artistique (CFRCA), lequel vient d’être inauguré par Henri de Castries, président de la Fondation François Sommer, en présence de nombreuses personnalités nationales et locales. « Dans un monde qui change, ce centre ancré au cœur des Ardennes est une plateforme d’échange et de dialogue pour faire progresser le savoir et la connaissance sur la faune sauvage et ses habitats... ». C’est par ces mots que le président de la Fondation a introduit son allocution prononcée dans la toute nouvelle salle de conférence face à un parterre de quelque 200 invités du monde de la chasse, de la forêt et de l’environnement en général. Livré dans les délais après deux années de travaux, le projet de cette infrastructure intégrée dans le paysage a été conduit conjointement par deux cabinets d’architectes, l’un établi dans les Ardennes (cabinet Frédéric Denisart) et le second établi à Paris (cabinet Paul Landauer). Les investissements se montent à 13 millions d'euros, financés à 94 % par la Fondation François Sommer. Les architectes ont utilisé, pour l’essentiel, tous les savoir-faire locaux en matière de construction, faisant travailler huit entreprises ardennaises et une rémoise. Les bâtiments sont à basse consommation, les murs sont constitués de caissons « bois-paille » puis recouverts de parements de pierres ardennaises. Les toitures, elles, sont recouvertes de tuiles ardennaises. Les matériaux sont biosourcés et, pour la plupart, produits localement. Pour le chauffage, les architectes ont opté pour la géothermie profonde. L’ensemble du hameau s’étend sur une superficie de 2 500 m² et comprend neuf pavillons reliés entre eux par un large couloir, l’un des pavillons restant un espace ouvert prolongé par un promontoire offrant une vue sur les champs et les lisières du massif forestier de Belval. Les autres abritent les services administratifs, le hall d’accueil, deux laboratoires, une salle de conférence et une bibliothèque, un espace réservé à la création artistique, une grande salle de restauration, une cuisine de dernière génération et enfin une structure d’hébergement de 15 chambres avec en annexe, un salon. Précisons que toutes les pièces, quelles qu’elles soient, ont toujours un côté présentant une vue sur l’extérieur et sont dotées d’une décoration discrète**,** du meilleur goût, dans les domaines des arts animaliers et de la chasse...

Par Jean-Marc Thiernesse

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Solognac généralise les bourres biodégradables dans ses cartouches de chasse

Solognac, la marque de chasse de Decathlon, franchit une nouvelle étape dans l'évolution de ses munitions en lançant une gamme de cartouches équipées de bourres biodégradables. Disponibles à partir de ce mois de juillet dans les magasins Decathlon et sur le site de la marque, ces nouvelles cartouches seront proposées aussi bien en version acier qu'en plomb, avec un objectif clairement affiché : réduire l'empreinte environnementale des munitions tout en conservant leurs performances balistiques. La principale innovation réside dans l'abandon progressif des bourres en polyéthylène, traditionnellement utilisées dans les cartouches modernes. Selon Solognac, l'ensemble de sa gamme acier adoptera désormais un matériau biodégradable capable de se décomposer en trois mois environ. Cette évolution vise à limiter la présence de déchets plastiques dans les milieux naturels et à éviter leur fragmentation en microplastiques susceptibles de persister pendant de nombreuses années dans les sols ou les milieux aquatiques. La nouvelle gamme débute avec une cartouche acier de 24 grammes destinée au ball-trap et s'étend jusqu'à des chargements de 35 grammes pour la chasse. Solognac propose également une version basse pression de 28 grammes, mieux adaptée aux armes anciennes, ainsi qu'un chargement en calibre 16, toujours recherché par les utilisateurs de fusils de génération plus ancienne. La bourre est un élément essentiel de la cartouche. Placée entre la poudre et la charge de plombs ou de billes d'acier, elle assure l'étanchéité des gaz, protège les projectiles lors du passage dans le canon et influence directement la qualité de la gerbe. Avec cette nouvelle génération de munitions, Solognac s'inscrit dans une tendance de fond visant à réduire l'impact environnemental des activités cynégétiques sans remettre en cause l'efficacité des cartouches.


Le frein invisible à l'expansion du loup

Les grands carnivores connaissent depuis plusieurs décennies une expansion de leur aire de répartition dans plusieurs régions d'Europe et d'Amérique du Nord. Cette dynamique ne concerne toutefois pas toutes les populations. Certaines demeurent stables malgré la présence d'habitats favorables. C'est notamment le cas du loup gris dans la péninsule Ibérique, dont la distribution est restée peu modifiée au cours des trente dernières années. Afin d'étudier cette situation, les chercheurs ont développé un modèle individuel spatialement explicite simulant la dynamique de la population ibérique. Ce modèle intègre les caractéristiques du paysage ainsi que les principaux paramètres démographiques de l'espèce, notamment la survie, la reproduction, la taille des groupes familiaux et les déplacements des individus dispersants. Les simulations montrent qu'une diminution de 10 % de la mortalité des loups résidents entraîne une augmentation moyenne de 11 % de la taille des groupes, une hausse de 8 % du succès reproducteur et un allongement d'environ 130 % des distances de dispersion. À l'échelle de trente ans, ces effets se traduisent par un doublement de l'aire de répartition de la population étudiée, même lorsque la mortalité des individus dispersants reste inchangée. Le modèle met également en évidence le rôle de l'organisation sociale des meutes. Les loups vivent en groupes familiaux constitués d'un couple reproducteur et de sa descendance. Une mortalité élevée parmi les individus résidents réduit la taille des meutes, favorise la disparition des reproducteurs et diminue le succès de la reproduction. Ces modifications affectent ensuite les déplacements des jeunes loups quittant leur groupe pour coloniser de nouveaux territoires. Le document rappelle également l'évolution du cadre juridique. Jusqu'en 2021, les loups pouvaient être chassés ou faire l'objet de tirs de gestion sur une grande partie de l'Espagne. Une protection nationale a ensuite été instaurée avant d'être partiellement remise en cause en 2025 par une modification législative autorisant de nouveau des opérations de contrôle dans certaines régions, sous réserve des décisions judiciaires. Les auteurs indiquent enfin que plusieurs centaines de loups ont été légalement prélevés entre 2008 et 2013 et soulignent que les données disponibles suggèrent également l'existence d'une mortalité illégale, dont l'ampleur demeure difficile à évaluer.


Canicule et rut du chevreuil : les fortes chaleurs peuvent-elles perturber la reproduction ?

Alors que la France connaît un épisode de chaleur particulièrement intense, une question mérite d'être posée : ces températures extrêmes peuvent-elles influencer le déroulement du rut du chevreuil ? Si aucune étude n'apporte aujourd'hui de réponse directe chez cette espèce, plusieurs travaux menés sur les mammifères permettent d'envisager des mécanismes biologiques qui pourraient, au moins théoriquement, affecter la reproduction des brocards. Des scientifiques ont étudié les effets du stress thermique sur la fertilité masculine et ont mis en évidence le rôle central de la chaleur dans le fonctionnement des testicules. Chez les mammifères, la production des spermatozoïdes repose sur un équilibre thermique particulièrement sensible. Les testicules fonctionnent naturellement à une température inférieure à celle du reste du corps, condition indispensable au bon déroulement de la spermatogenèse. Lorsque cet équilibre est rompu par une exposition prolongée à de fortes chaleurs, différents mécanismes cellulaires peuvent être activés. Les chercheurs décrivent notamment une augmentation de la production d'espèces réactives de l'oxygène (ROS), communément appelées radicaux libres. En quantité modérée, ces molécules jouent un rôle normal dans le fonctionnement cellulaire. En revanche, lorsqu'elles deviennent trop abondantes, elles peuvent provoquer un stress oxydatif susceptible d'endommager les membranes cellulaires, les mitochondries et l'ADN des cellules germinales. Les cellules les plus sensibles pourraient alors entrer dans des processus de mort cellulaire programmée, réduisant potentiellement la qualité de la spermatogenèse. Si ces mécanismes sont aujourd'hui bien documentés chez plusieurs espèces domestiques, comme le taureau, le bélier, le verrat ou le bouc, ainsi que chez l'homme, les connaissances demeurent, en revanche, très limitées chez les cervidés sauvages et, à notre connaissance, aucune étude n'a démontré un effet comparable chez le chevreuil...

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Bilan des accidents de chasse survenus au cours de la saison 2025-2026

L'Office français de la biodiversité (OFB) a publié son bilan annuel de l'accidentologie liée à la chasse pour la saison 2025-2026. Les chiffres confirment une tendance positive avec un nombre d'accidents mortels en baisse, même si les autorités rappellent que l'objectif demeure le « zéro accident ». Quatre décès accidentels ont été enregistrés au cours de la saison, soit le niveau le plus faible depuis le début des statistiques. Deux sont survenus lors de chasses au grand gibier et deux lors de chasses au petit gibier. Trois de ces accidents étaient des auto-accidents, soulignant que les principales causes de mortalité concernent désormais les chasseurs eux-mêmes, notamment lors de la manipulation ou du transport des armes. Au total, 92 accidents corporels ont été recensés, un chiffre stable depuis plusieurs saisons, la France enregistrant désormais entre 80 et 100 accidents par an. Cette stabilité s'inscrit dans une tendance de fond marquée par une diminution de près de 50 % des accidents en vingt ans par rapport à la saison 2006. Les non-chasseurs sont également moins touchés. Dix personnes extérieures à la chasse ont été victimes d'un accident cette saison, contre seize l'année précédente. Parmi elles, quatre ont été grièvement blessées et six plus légèrement. L'analyse des causes met en évidence deux axes majeurs de prévention. Les auto-accidents représentent désormais 39 % de l'ensemble des accidents. Par ailleurs, lors des chasses au grand gibier, qui concentrent 66 % de l'accidentologie, le non-respect de l'angle de tir de 30° reste la première cause des accidents impliquant un tiers, dans un cas sur trois. Les incidents matériels demeurent également sous surveillance. L'OFB a recensé 122 tirs ayant provoqué des dégâts sur des habitations, véhicules ou animaux domestiques sans faire de victime. Ce chiffre est en baisse par rapport aux 135 incidents enregistrés la saison précédente, mais reste supérieur à la moyenne observée au cours des quinze dernières années. Pour poursuivre cette amélioration, l'État, l'OFB et les FDC mettent en avant plusieurs leviers : l’examen du permis de chasser centré sur la sécurité, les formations décennales obligatoires, le développement de formations spécifiques pour les responsables de battues. Au cours de la saison 2025-2026, 39 permis de chasser ont ainsi été suspendus à titre conservatoire dans l'attente de décisions judiciaires.


La semaine en bref...

Ardèche : le projet de réintroduction du chamois dans le massif du Tanargue franchit une nouvelle étape. Deux techniciens de la FDC ont participé, en juin, à une formation organisée dans la Réserve naturelle nationale de la Vallée de Chaudefour, dans le Puy-de-Dôme. Encadrés par leurs homologues locaux, ils ont été formés aux techniques de capture, de contention, de manipulation, de suivi sanitaire et de relâcher des animaux. Cette montée en compétence prépare les futures opérations de transfert des premiers chamois vers les montagnes ardéchoises. Les captures réalisées en Auvergne serviront à constituer le noyau fondateur d'une population destinée à s'implanter durablement dans le massif du Tanargue. Les animaux transférés feront ensuite l'objet d'un suivi scientifique afin d'évaluer leur adaptation au milieu, leurs déplacements et leur reproduction. Ce programme, porté par les acteurs cynégétiques avec leurs partenaires scientifiques, vise à restaurer une population viable dans un territoire où le chamois était présent à l'état naturel il y a plusieurs millénaires.

 

- Ariège : un ours décrit comme étant particulièrement gros aurait été aperçu le 30 juin près de l'étang de Labant, en Ariège, à proximité d'un chemin de randonnée très fréquenté. Selon plusieurs témoignages relayés localement, l'animal aurait surpris une randonneuse, qui aurait été légèrement blessée. Le lendemain, l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (Aspap) a indiqué que deux brebis avaient été retrouvées tuées sur le secteur du GR du Trapech, attribuant ces attaques à l'ours. L'association estime que ces événements relancent les inquiétudes des éleveurs et des usagers de la montagne quant à la présence du plantigrade à proximité des zones fréquentées. À ce stade, les services de l'État n'ont toutefois pas confirmé officiellement ni l'observation de l'ours, ni l'origine des blessures de la randonneuse, ni la responsabilité de l'animal dans la mort des deux brebis. Des investigations sont menées afin de déterminer précisément les circonstances de ces différents événements.

 

- Charente-Maritime : c'est aujourd'hui que s'ouvre la première Fête de la ruralité au château de La Gataudière, à Marennes-Hiers-Brouage. Durant deux jours, lundi 13 et mardi 14 juillet, les visiteurs pourront profiter d'un marché de producteurs, d'une mini-ferme, de démonstrations de chiens de travail, de spectacles équestres, de fauconnerie et de nombreuses animations mettant en valeur les traditions et les métiers de la campagne. Avant même son ouverture, l'événement a suscité l'opposition de quelques manifestants hostiles à la chasse, qui contestent la tenue de la traditionnelle messe de Saint-Hubert, célébration emblématique du monde rural, des chasseurs, des forestiers et de tous ceux qui vivent au contact de la nature, une polémique que les organisateurs regrettent, rappelant que cette fête se veut avant tout un moment de convivialité, de partage et de découverte des savoir-faire ruraux, ouvert à tous les publics, quelles que soient leurs convictions. Les organisateurs espèrent donc que le public répondra présent pour faire de cette première édition une réussite et démontrer que le dialogue, le respect des traditions et la célébration du patrimoine rural valent mieux que les critiques entretenues par une poignée d'opposants...

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Les ESOD : une régulation encadrée pour prévenir les dégâts

Le ministère chargé de la chasse soumet à consultation le projet d'arrêté fixant, pour la période 2026-2029, la liste des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD) du groupe 2, ainsi que leurs périodes et modalités de destruction. Prévu par l'article R. 427-6 du code de l'environnement, ce dispositif répond à un objectif précis : prévenir les atteintes importantes à la biodiversité, aux activités agricoles, forestières et aquacoles, aux biens, ainsi qu'à la santé et à la sécurité publiques. Contrairement à une idée parfois véhiculée, le classement d'une espèce en ESOD ne vise pas son éradication. Il permet uniquement de mettre en œuvre des moyens de régulation ciblés lorsque des populations localement abondantes provoquent des dommages significatifs. Les espèces concernées continuent de jouer un rôle écologique, mais leur gestion devient nécessaire lorsque leur présence entraîne des déséquilibres ou des pertes économiques importantes. Le projet s'appuie sur une procédure particulièrement encadrée. Les propositions sont élaborées par les préfets, après consultation des commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage, puis examinées au niveau national. Pour être classée ESOD, une espèce doit répondre à des critères stricts rappelés par le Conseil d'État : les dégâts doivent être significatifs, généralement supérieurs à 10 000 euros sur trois ans, et l'espèce doit être suffisamment abondante sur le territoire concerné, avec un seuil d'environ 500 prélèvements annuels servant de référence. L'arrêté prend également en compte l'état de conservation des espèces et les dernières connaissances scientifiques. Ainsi, le putois demeure exclu de la liste à la suite de décisions du Conseil d'État. La martre des pins, retirée en 2025, ne retrouve un classement que dans 14 départements où son état de conservation favorable est compatible avec une régulation locale justifiée par des dégâts avérés. La situation du corbeau freux fait également l'objet d'une analyse au regard de l'évolution de ses populations. Le texte précise enfin les modalités d'intervention. Les espèces classées pourront être régulées par tir ou piégeage, et le renard pourra également être déterré conformément à la réglementation. Des restrictions particulières pourront être décidées localement par les préfets, tandis que tout animal non classé ESOD capturé accidentellement devra être immédiatement relâché. Cette réglementation illustre la volonté des pouvoirs publics de concilier conservation de la faune sauvage et protection des activités humaines. La régulation des ESOD constitue ainsi un outil de gestion indispensable pour limiter les dégâts lorsqu'ils sont objectivement établis, tout en respectant les exigences scientifiques, juridiques et environnementales qui encadrent désormais ces décisions. Ne manquez pas de laisser un avis favorable....

 

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