Le calendrier a de quoi surprendre. Alors que les incendies se multiplient, que des milliers d'hectares de forêts partent en fumée et que les forestiers alertent depuis des années sur l'urgence de renouveler des peuplements fragilisés par les sécheresses, les scolytes et les tempêtes, le Conseil d'État a annulé le décret constituant l'un des piliers du plan présidentiel visant à planter un milliard d'arbres en dix ans. La décision repose sur un vice de procédure : le texte, jugé susceptible d'avoir une incidence significative sur l'environnement, aurait dû être soumis à une consultation publique. Juridiquement, le raisonnement est fondé.
Mais, sur le terrain, les conséquences interrogent. Ce recours, porté par une association environnementale, illustre une dérive devenue trop fréquente : celle qui consiste à multiplier les contentieux contre des projets de gestion forestière, au nom d'une vision idéalisée de la nature où toute intervention humaine devient suspecte. À force de privilégier l'immobilisme au pragmatisme, certains finissent par combattre les outils mêmes qui permettraient d'adapter les forêts aux bouleversements climatiques. Les forestiers, qu'ils soient publics ou privés, savent pourtant que de nombreux peuplements arrivent en fin de cycle ou dépérissent rapidement. Dans bien des régions, il ne s'agit plus de transformer la forêt, mais simplement d'éviter sa disparition. Renouveler les peuplements, diversifier les essences, préparer les massifs aux climats de demain ne relève plus d'un choix idéologique mais d'une nécessité. Cette annulation intervient alors que la forêt de Fontainebleau vient de subir un incendie majeur, que les départements multiplient les restrictions face à la sécheresse et que la mortalité des arbres atteint des niveaux inédits. Dans ce contexte, bloquer un dispositif destiné à soutenir le renouvellement forestier apparaît pour beaucoup comme un très mauvais signal. Les Français apprécieront sans doute qu'au moment où les massifs souffrent comme jamais, l'énergie de certains soit consacrée à ralentir les projets de reboisement plutôt qu'à accélérer leur mise en œuvre. La forêt française n'a pas besoin de procédures interminables ni de postures militantes. Elle a besoin d'investissements, de gestion, de renouvellement et d'une vision à long terme. Défendre la forêt ne consiste pas seulement à s'opposer ; cela suppose aussi d'accepter qu'il faille parfois agir pour qu'elle puisse continuer à exister demain.
alabillebaude
La chasse... demain !

Le ministère de la Transition écologique tire la sonnette d'alarme. Les débits des cours d'eau diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire et près d'un tiers des stations de mesure enregistrent des niveaux inférieurs aux minima observés au cours des vingt dernières années. Plus inquiétant encore, un quart des petits cours d'eau sont désormais complètement à sec, une situation jamais observée depuis le début du suivi national en 2012. Les conséquences sont déjà bien visibles. Dans le Doubs, placé en alerte sécheresse renforcée, plusieurs kilomètres du lit de la rivière sont totalement asséchés, ne laissant subsister que quelques flaques d'eau stagnante. Certaines communes doivent être ravitaillées en eau potable par camions-citernes.
En Pays de la Loire, le fleuve Loire affiche un débit historiquement faible, mettant sous tension l'alimentation en eau potable puisque près de 78 % de l'eau distribuée dans la région en dépend. La Loire-Atlantique est d'ailleurs placée en alerte renforcée. Face à cette situation, le gouvernement annonce un renforcement du dispositif national de gestion de la sécheresse. Les comités départementaux « ressource en eau » sont mobilisés afin d'adapter rapidement les mesures de restriction. Irrigation agricole, remplissage des piscines, arrosage des jardins, lavage des véhicules ou encore certains usages industriels font l'objet de limitations variables selon la gravité de la situation. À ce jour, 201 arrêtés préfectoraux sont en vigueur, la Nouvelle-Aquitaine étant la région la plus touchée avec onze départements sur douze classés en crise. Au-delà des conditions météorologiques, certains spécialistes rappellent que les politiques menées depuis plusieurs années sur les cours d'eau interrogent également. La suppression de nombreux seuils, barrages, chaussées et petites retenues, destinée à rétablir la continuité écologique, a parfois accéléré l'écoulement des eaux vers l'aval. Ces ouvrages retenaient pourtant une partie des volumes en période humide, contribuaient localement à la recharge des nappes et maintenaient des réserves utiles pendant les épisodes de sécheresse. Leur disparition alimente aujourd'hui un débat sur la nécessité de concilier restauration écologique et stockage de l'eau.
Les syndicats avaient alors dénoncé un choix incompréhensible, rappelant que l'arc alpin « n'est ni un sanctuaire à loups, ni une zone d'expérimentation ». La présence d'un collier GPS sur l'animal abattu renforce aujourd'hui cette hypothèse, même si aucune confirmation officielle n'a encore été apportée. Les Jeunes Agriculteurs des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes réclament désormais que l'État rende publiques les données de suivi de ce loup afin de lever toute ambiguïté sur son identité et son parcours.
Le constat est également positif pour le mouflon, présent dans plusieurs secteurs du département. Les suivis de terrain mettent en évidence des populations bien implantées, permettant d'envisager sereinement la prochaine saison cynégétique. Ces bons résultats sont le fruit d'une gestion concertée entre les services de l'État, les chasseurs et les acteurs locaux. Les plans de chasse, établis à partir de comptages et d'indicateurs biologiques, permettent d'adapter les prélèvements à l'état réel des populations tout en garantissant leur pérennité. Cette gestion raisonnée contribue à préserver l'équilibre entre la grande faune de montagne, les milieux naturels et les activités humaines, tout en assurant le maintien d'espèces emblématiques du patrimoine faunistique des Pyrénées audoises.
Naturellement présent sur le site, le lapin de garenne y prolifère depuis plusieurs années. Les derniers comptages ont permis d'observer 258 individus, ce qui laisse estimer une population totale comprise entre 400 et 500 animaux. Une densité exceptionnelle qui s'explique principalement par l'absence de prédateurs naturels et par des conditions de reproduction particulièrement favorables.
Avant d'aborder la vénerie sous terre, il est indispensable de mieux connaître cette espèce et de comprendre pourquoi l'homme s'y intéresse depuis des siècles. Le blaireau, qui appartient à la famille des mustélidés, vit en groupes familiaux occupant des terriers parfois ancestraux, entretenus et agrandis au fil des générations. Ces vastes réseaux souterrains témoignent de sa remarquable capacité d'adaptation. Opportuniste, il se nourrit principalement de vers de terre, d'insectes, de fruits, de céréales, de petits vertébrés et de charognes, son régime variant selon les saisons et les ressources disponibles. Depuis le Moyen Âge, les chroniques rurales mentionnent sa chasse, motivée tantôt par la protection des cultures et des élevages, tantôt par l'utilisation de sa peau et de sa graisse, auxquelles étaient prêtées diverses vertus.
Pendant des siècles, il est capturé à l'aide de chiens de terrier, de filets, de pièges ou lors d'opérations de déterrage. Au fil du temps, ces pratiques évoluent vers une discipline plus codifiée. Fondée sur la connaissance des animaux, des terriers et du travail des chiens, la chasse du blaireau devient une spécialité cynégétique à part entière. Si le terme « vénerie sous terre » n'apparaît qu'au milieu du 20e siècle, il faudra attendre 1982 pour qu'il soit officiellement repris par la réglementation. Aujourd'hui, le blaireau est au cœur d'un débat qui dépasse largement sa seule chasse. L'évolution de ses populations dans certains territoires, les recours contre les arrêtés préfectoraux et les interrogations sur les méthodes de gestion en ont fait l'une des espèces les plus controversées de la faune sauvage française. Pour comprendre ces tensions, il faut revenir sur la naissance de la vénerie sous terre moderne...
Pour favoriser l'hydratation, certains maîtres préparent des glaçons réalisés avec un bouillon de poulet pauvre en sel ou du yaourt nature, particulièrement appréciés lors des fortes chaleurs. Entre deux traques, privilégiez une alimentation humide, plus riche en eau que les croquettes sèches, sans toutefois modifier brutalement le régime alimentaire habituel du chien. Les coussinets sont également très exposés. Les chemins empierrés, les pistes forestières ou les surfaces en plein soleil peuvent atteindre des températures élevées. Lorsque cela est possible, il est préférable de découpler les chiens tôt le matin ou en fin de journée, lorsque la chaleur est moins intense et que les conditions de quête sont souvent meilleures. Après chaque sortie, inspectez systématiquement les pattes. Une boiterie, un léchage excessif, des rougeurs ou des cloques doivent alerter. En cas de blessure, installez immédiatement le chien à l'ombre, rincez délicatement les coussinets à l'eau fraîche, désinfectez si nécessaire et consultez rapidement un vétérinaire si la plaie est importante. Le coup de chaleur représente l'urgence la plus grave. Un chien lancé derrière un animal ne s'arrête pas de lui-même et peut continuer jusqu'à l'épuisement. Une température corporelle trop élevée peut provoquer un malaise grave, voire être mortelle. Les premiers signes sont un halètement très rapide, une langue rouge foncé, une faiblesse inhabituelle, des troubles de l'équilibre ou des vomissements. Dans ce cas, il faut interrompre immédiatement l'effort, placer le chien dans un endroit ombragé et ventilé, le refroidir progressivement avec de l'eau fraîche – sans utiliser d'eau glacée – et contacter un vétérinaire sans attendre. Enfin, quelques habitudes font toute la différence : ne jamais laisser un chien enfermé dans un véhicule au soleil, même quelques minutes, transporter une réserve d'eau suffisante, prévoir des pauses régulières et adapter la durée des battues aux conditions météorologiques. La réussite d'une journée de chasse ne se mesure pas seulement au tableau, mais aussi au retour de chaque chien en parfaite santé. Une meute bien hydratée, surveillée et respectée est la meilleure garantie d'une chasse efficace et responsable.
Sa célèbre robe rayée lui offre un excellent camouflage parmi les herbes hautes, les fougères ou les ronciers où la laie installe son chaudron. Pendant plusieurs semaines, les jeunes se nourrissent exclusivement de lait maternel, particulièrement riche, qui leur permet une croissance rapide. Si les conditions météorologiques sont favorables et les ressources alimentaires abondantes, les marcassins prennent environ un kilo par semaine, quelques fois plus, avant de commencer à explorer leur environnement. Très tôt, les jeunes accompagnent leur mère dans ses déplacements et découvrent les premières ressources naturelles : vers de terre, insectes, larves, bulbes, racines, fruits sauvages ou jeunes pousses.
Dans les territoires agricoles, les cultures offrent également une alimentation énergétique qui favorise leur développement. Vers l'âge de trois mois, les rayures qui caractérisent les marcassins commencent progressivement à disparaître. Leur robe devient brun-roux, signe de leur entrée dans une nouvelle phase de croissance. À l'automne, lorsque les conditions ont été favorables, certains jeunes dépassent déjà 25 à 30 kilogrammes et sont parfaitement capables d'accompagner la compagnie dans tous ses déplacements. Cette année, un autre facteur attire particulièrement l'attention des chasseurs et des gestionnaires : les fortes chaleurs et le déficit hydrique qui touchent de nombreuses régions. Les marcassins supportent généralement mieux les températures élevées que les très jeunes faons de cervidés, grâce à la protection constante de leur mère. En revanche, ils demeurent étroitement dépendants de la disponibilité en eau et de la fraîcheur des remises...
Si la saison a bien commencé pour certains, d’autres ont déjà fait part de leur déception avec les premiers beaux « ratés » de l’année. Ils laissent souvent une profonde amertume, celle d’avoir laissé échapper un magnifique trophée, ou pire encore d’avoir blessé, sans l’avoir retrouvé, leur animal. La surprise, le stress ou tout simplement une petite négligence dans l’équipement en sont généralement la cause… En action sur le terrain, la première règle à respecter est la discrétion. Inutile donc de porter sur soi les fanfreluches et autres accessoires qui peuvent produire des reflets parasites… En commençant par le haut, un couvre-chef sera toujours très utile car il maintient dans l'ombre le visage du chasseur. Les vêtements doivent être parfaitement silencieux, ce qui est loin d'être le cas avec les textiles modernes, même lorsqu'ils sont traités façon « peau de pêche ». Et c'est bien souvent l'intérieur du vêtement qui est le plus bruyant, ce que les casques antibruit mettent en évidence…
La FACE souligne que la chasse a été réduite d'environ 90 % depuis le lancement du plan de gestion adaptative. En 2025, la reprise de la chasse sur la voie occidentale s'est faite sous un quota très limité représentant un taux de prélèvement de 1,5 %. En pratique, seuls 43 000 oiseaux ont été prélevés, soit à peine un tiers du quota autorisé, en raison notamment d'une ouverture tardive de la saison, d'une faible mobilisation des chasseurs et de contraintes administratives. Sur la voie centrale-orientale, les prélèvements restent eux aussi très faibles, avec environ 95 000 oiseaux, correspondant à un taux estimé de 3,3 %. Or, selon les modèles démographiques développés dans le cadre du programme européen, des prélèvements pouvant atteindre 4 % demeureraient compatibles avec une croissance des populations. Le rapport met également en avant les progrès réalisés dans le suivi des prélèvements. Tous les États membres concernés déclarent désormais leurs tableaux de chasse, la plupart grâce à des applications mobiles, tandis que les contrôles révèlent un très fort respect des quotas, avec un nombre d'infractions jugé marginal. Face à l'absence de véritable reprise sur la voie centrale-orientale malgré la forte réduction de la chasse, la FACE estime qu'il devient nécessaire d'explorer d'autres facteurs limitants, notamment la qualité des habitats, les conditions de reproduction ou les variations locales des populations. Des travaux menés en Bulgarie montrent d'ailleurs une amélioration récente des densités de reproduction et une bonne productivité. Enfin, le rapport salue la publication par la Commission européenne d'un guide consacré à la restauration des habitats de la tourterelle des bois, considérée comme un levier essentiel pour assurer le rétablissement durable de l'espèce.