Il est temps de le dire clairement, sans détours ni langue de bois : la situation est devenue insupportable. Attaque après attaque, troupeau après troupeau, le loup s’impose dans nos campagnes comme une menace permanente, tandis que ceux qui vivent de l’élevage encaissent, seuls, les coups. Assez de discours hors-sol et de romantisme urbain. La réalité du terrain est brutale, quotidienne, et elle saigne.
Nos aïeux n’étaient ni idiots, ni stupides. Ils vivaient au contact direct de la nature, bien plus que nous, et savaient reconnaître un danger quand ils en voyaient un. Nous ne sommes pas plus intelligents qu’eux, simplement plus prompts à oublier l’expérience accumulée. Or, dans les écrits du passé, on ne trouve aucune ode, aucun plaidoyer en faveur du loup dans nos territoires ruraux. Jamais. Partout, il est décrit comme un fléau, un destructeur aveugle, une menace pour les hommes et leurs bêtes. Qu’on ne se méprenne pas : peut-être le loup conserve-t-il un rôle d’agent sanitaire dans les immensités sauvages de Sibérie, du Canada ou de l’Alaska, là où des milliers de kilomètres carrés échappent encore à l’empreinte humaine. Mais chez nous en France et en Europe occidentale, où chaque hectare est façonné, habité, exploité ? Il n’existe plus un mètre carré réellement sauvage. Vouloir y plaquer des modèles venus d’ailleurs relève de l’aveuglement idéologique. Les cent générations qui nous ont précédés ont toutes combattu ce canidé. Pas par plaisir, mais par nécessité. Charlemagne lui-même, en 813, institua le corps des Lupari, spécifiquement chargés de lutter contre ce fléau.
Faut-il vraiment rappeler que ces décisions étaient dictées par la survie des communautés rurales, et non par une haine irrationnelle de la faune ? Aujourd’hui, les éleveurs sont à bout. Épuisés moralement, fragilisés économiquement, abandonnés politiquement. On leur parle de clôtures, de chiens, de protocoles, pendant que les attaques se multiplient et que les nuits sans sommeil s’accumulent. Le fameux « rêve de la cohabitation » n’est rien d’autre qu’une hérésie intellectuelle, défendue par ceux qui ne perdront jamais une brebis, un veau ou un âne. Ceux-là même qui théorisent depuis des bureaux chauffés, loin des estives et des bergeries. Quant aux chiffres et aux coûts annoncés, ils sont de plus en plus contestés. Indemnisations tardives, évaluations contestables, dépenses publiques colossales pour un résultat nul : la confiance s’effrite. À quoi sert cette mascarade de biodiversité, quand elle détruit ceux qui entretiennent réellement les paysages et la vie rurale ? La question n’est plus de savoir si le problème existe, mais quel avenir nous voulons. Une campagne vivante, habitée, productive ? Ou un décor vidé de ses éleveurs, sacrifiés sur l’autel d’une idéologie déconnectée ? À force de refuser de trancher, on condamne ceux qui nourrissent le pays. Et cela, l’Histoire ne le pardonne jamais.
J-F.G.

Historiquement, la gestion cynégétique repose sur des objectifs pragmatiques et territorialisés : maintenir des populations chassables viables, limiter les dégâts agricoles et forestiers, et garantir la sécurité publique face aux collisions routières ou à la proximité croissante entre faune sauvage et zones périurbaines. Pour y parvenir, les acteurs disposent d’outils éprouvés : plans de chasse, battues administratives, prélèvements ciblés, et parfois agrainage dit « de dissuasion ». Cette gestion s’appuie aussi sur un savoir empirique fort, forgé par des décennies d’observations fines du terrain, une connaissance intime des cycles saisonniers et une capacité d’adaptation aux contextes humains et agricoles locaux. Pour beaucoup de chasseurs, cette expertise pratique constitue une forme de science appliquée, souvent sous-estimée par les chercheurs. En face, l’écologie scientifique propose une lecture plus globale et systémique des écosystèmes. Elle s’intéresse aux relations proies–prédateurs, aux effets du dérangement humain, aux notions de capacité de charge et de résilience des milieux. Les données mobilisées proviennent de suivis génétiques, de modélisations de population et d’études à long terme, souvent menées à des échelles spatiales et temporelles larges. Les objectifs affichés sont la restauration d’équilibres fonctionnels, la limitation des interventions humaines excessives et la protection d’espèces non chassables. C’est précisément ce changement d’échelle et de finalité qui nourrit l’incompréhension : là où la gestion cynégétique cherche des solutions immédiates à des problèmes locaux, l’écologie scientifique alerte sur des effets indirects, différés ou cumulatifs...
La montagne est un espace vivant, fragile et exigeant. Elle abrite une biodiversité remarquable, façonnée par des équilibres complexes que le changement climatique, la pression humaine, la surfréquentation touristique ou encore certaines dynamiques de prédation viennent bouleverser. Face à ces enjeux, les chasseurs de montagne sont des observateurs privilégiés.
Présents toute l’année sur le terrain, ils participent activement à la gestion durable des populations animales et à la préservation des habitats naturels. La chasse de montagne raisonnée n’est pas une activité isolée : elle s’inscrit pleinement dans une approche globale de gestion des écosystèmes. L’ANCM s’appuie sur un réseau national solide et indépendant, réunissant les Fédérations Départementales et Régionales de Chasseurs, la Fédération Nationale des Chasseurs, des associations partenaires, ainsi que des membres individuels reconnus pour leur expertise. Cette diversité constitue la force de l’association. Elle permet de croiser les regards, de partager les bonnes pratiques, d’analyser les enjeux propres à chaque massif et d’anticiper les combats à mener pour défendre une chasse de montagne moderne, responsable et scientifiquement étayée. Pour prolonger cette mission d’information et de sensibilisation, l’ANCM publie chaque année « Le Montagnard », une revue de référence dédiée à la vie de l’association, à l’actualité des massifs et aux grands enjeux de la chasse de montagne. Analyses, retours de terrain, bonnes pratiques et perspectives y sont partagés pour mieux comprendre et accompagner l’évolution de nos territoires d’altitude. Pour en savoir plus sur les actions de l’ANCM, ses valeurs et ses engagements, nous vous invitons à suivre le lien et à rejoindre celles et ceux qui œuvrent, chaque jour, pour une chasse de montagne responsable et durable :
L’échange, qui portait sur l’ampleur des attaques et le désarroi croissant des éleveurs, a été décrit comme « courtois mais ferme ». Un déplacement ministériel en Haute-Marne est donc envisagé, bien que, aucune date n’ait été arrêtée à ce stade. Pour les Jeunes Agriculteurs, cette visite ne saurait être symbolique. « La ministre ne souhaite venir qu’avec des solutions concrètes », souligne Thomas Millot, tout en rappelant que « les attaques, elles, n’attendent pas ». Le syndicat refuse toute nouvelle discussion centrée uniquement sur les moyens de protection, comme l’homologation de nouvelles clôtures, récemment évoquée par la préfète de Haute-Marne. « Nous avons dépassé ce stade. Il faut passer à une autre étape », affirme le président des JA, appelant clairement à des prélèvements et à une régulation effective de la population de loups sur le territoire, estimant que « la gestion de cette crise relève de la responsabilité de l’État, pas uniquement de celle des agriculteurs ». Annie Genevard s’est engagée à reprendre contact d’ici la fin de la semaine.
Les après-midi étaient donc l’occasion rêvée pour quelques exercices d’observation, ou pour se faire remarquer par la gent animale. Étienne, ancien de la marine, adorait raconter ses exploits : traversées épiques de la rade de Brest (toujours sur le port), captures de requins imaginaires, et sangliers terrassés par ses soins… le tout agrémenté de détails tellement précis qu’ils en devenaient fantasmagoriques. Il appela Drisse, sa petite chienne bâtarde au flair inégalé, mais à la motivation variable. Drisse, descendante d’un croisement improbable entre un chien de vache et un Beagle, sembla réfléchir trois bonnes minutes, avant de se décider à quitter le poêle. « Allez, Drisse, on y va ! » s’exclama Étienne. La chienne fit un tour sur elle-même et, comme pour protester contre l’absurdité de la mission, s’éloigna… de trois mètres à peine. Après quelques négociations musclées à base de friandises et de voix suppliantes, ils prirent enfin le chemin des épines noires, fusil en main et deux cartouches de 21 grains en poche. En bordure d’un épais buisson, Étienne aperçut une motte de terre fraîchement retournée. « Trop tôt pour des taupes… » murmura-t-il, le sourcil froncé. L’instinct le trompait rarement : c’était un sanglier, et pas un petit modèle. Drisse, enfin éveillée, lança la traque, leva le ragot. Etienne lâcha, à une vingtaine de mètres, ses deux coups, atteignant la bête noire à la patte avant droite. Et là, miracle… ou catastrophe : le sanglier chargea furieusement, comme si Étienne avait signé son propre bon d'entrée anticipée pour l’enfer...
Concernant l’ours brun, un arrêté attendu dès janvier 2026 précisera les conditions de mise en œuvre de mesures de conditionnement aversif pour les individus présentant des comportements anormaux ou dangereux. Ces mesures, décidées par les préfets, visent à prévenir les interactions négatives avec l’homme tout en respectant la protection de l’espèce.
La distribution repose principalement sur les armureries spécialisées, offrant conseil, entretien et services, tandis que la production nationale reste limitée et largement complétée par des importations en provenance d’Italie, de Belgique, d’Allemagne ou d’Europe centrale. Les fabricants français historiques subsistent, mais occupent des niches, souvent sur le haut de gamme ou les modèles traditionnels. Ces dernières années, le marché a été marqué par plusieurs tendances notables. Les chasseurs, bien que moins nombreux, ont tendance à investir davantage dans leur équipement, privilégiant précision, fiabilité et longévité. Les carabines modernes, l’optique de tir et les accessoires associés connaissent ainsi une croissance soutenue. Parallèlement, les évolutions réglementaires et environnementales façonnent la demande : la transition vers des munitions sans plomb, notamment pour la chasse en zones humides, contraint les fabricants et distributeurs à adapter leur offre, tandis que certains calibres polyvalents deviennent de plus en plus recherchés. L’innovation, qu’il s’agisse de munitions alternatives, d’armes modulaires ou d’accessoires ergonomiques, constitue un facteur clé pour maintenir l’attractivité du marché. Le principal défi demeure le déclin du nombre de chasseurs, lié au vieillissement de la population, aux changements sociétaux et à une perception parfois critique de la chasse dans l’opinion publique. À cela s’ajoutent des contraintes réglementaires strictes concernant l’achat, le stockage et le transport des armes, qui peuvent freiner l’entrée de nouveaux pratiquants. Le marché fait également face à la concurrence internationale et à la fragilité de l’industrie nationale, confrontée à des coûts de production élevés et à des volumes limités. Malgré ces contraintes, les perspectives restent globalement stables. Le marché devrait continuer à croître modérément en valeur plutôt qu’en volume, porté par le haut de gamme, la spécialisation et l’innovation. La capacité du secteur à s’adapter aux évolutions réglementaires et environnementales, à moderniser son image et à attirer de nouvelles générations de chasseurs sera déterminante pour son avenir.
La réunion était présidée par Juan del Yerro, président de la JNHTC et conseiller juridique du CIC. Temps fort de la journée, une table ronde animée par Luis de la Peña, vice-président du CIC, a permis d’examiner les fondements scientifiques et l’intérêt opérationnel de la mesure des trophées.
Les échanges ont montré que des systèmes d’évaluation rigoureux et standardisés constituent de véritables outils d’aide à la décision pour la gestion des populations de gibier, bien au-delà de leur dimension symbolique. Parmi les exemples évoqués, le chamois record du monde du CIC a occupé une place centrale. Originaire du massif de Fagarae, dans les Carpates roumaines, cet animal fut prélevé le 26 octobre 1934 par le chasseur allemand Adolf Hesshaimer. Mesuré officiellement à 141,10 points CIC, ce trophée demeure aujourd’hui encore une référence mondiale, illustrant l’importance d’une méthodologie précise et d’une documentation fiable pour la valeur scientifique des données cynégétiques. Les participants ont unanimement rappelé que l’évaluation des trophées n’est pas une fin en soi, mais un outil au service de la gestion. En valorisant notamment l’âge des animaux, les systèmes de notation encouragent une chasse sélective, favorable à des populations plus équilibrées et à des prélèvements durables, tant pour les espèces de montagne que pour des espèces adaptables comme le sanglier.
L’Europe reste l’un des foyers les plus actifs. Des pays comme la Pologne, l’Allemagne, la Lituanie, la Lettonie, la Hongrie, l’Italie, la Bulgarie et la Roumanie enregistrent encore des cas, surtout chez les sangliers, malgré une baisse chez les porcs domestiques observée dans certaines zones. En Allemagne, l’infection est désormais présente dans plusieurs Länder, avec des milliers de sangliers testés positifs. Un événement majeur en 2025 a été la réapparition de la PPA en Espagne, dans la province de Barcelone, la première depuis 1994, avec des cas confirmés chez des sangliers morts et des zones de surveillance étendues pour éviter la contamination des élevages. Dans plusieurs pays d’Europe de l’Est, notamment en Pologne et en Roumanie, la maladie persiste en 2025 avec un grand nombre de foyers, notamment chez les sangliers et, dans certains cas, chez les porcs domestiques. L’Asie demeure particulièrement touchée avec le Vietnam qui a signalé un nombre très élevé d’épidémies récentes, (plus de 970 foyers détectés dans plus de 28 provinces et plus de 100 000 porcs affectés), ce qui a encore perturbé sa filière porcine nationale. En Malaisie, la PPA est désormais considérée endémique dans certaines zones de Penang, avec plusieurs fermes touchées et des animaux abattus pour contenir la maladie. Des signalements en Philippines indiquent aussi la présence continue du virus, avec forts impacts économiques locaux. Dans d’autres régions, comme l’Afrique, la surveillance rapportée par l’Organisation mondiale pour la santé animale (WOAH) montre encore des événements sporadiques, mais la couverture est moins systématique. À ce stade, la maladie n’est pas présente en France, qui maintient une campagne de prévention active pour retarder ou éviter toute introduction sur son territoire. La PPA reste donc un problème mondial persistant avec points chauds en Europe et en Asie, nécessitant une vigilance accrue, des mesures de biosécurité renforcées et une surveillance continue pour contenir la propagation du virus.
Si votre habitation se situe près d’un espace naturel, vous êtes donc directement concerné par ce danger. Face à cette menace, le débroussaillement constitue l’une des mesures de prévention les plus efficaces. Cette action consiste à réduire la végétation autour des constructions afin de limiter l’intensité et la propagation d’un incendie. Contrairement aux idées reçues, débroussailler ne signifie pas raser la végétation, mais diminuer la masse de combustible et rompre la continuité entre les arbres, les arbustes et les herbes sèches. Comme le rappelle Christophe Chantepy, expert national Défense des forêts contre les incendies à l’ONF, il s’agit avant tout de créer des zones de discontinuité capables de freiner le feu. Dans les quarante-huit départements français classés à risque, le débroussaillement est une obligation légale pour les propriétaires. Cette réglementation vise à protéger non seulement les habitations, mais aussi les habitants, les secours et les forêts elles-mêmes. En cas de non-respect, des sanctions peuvent être appliquées, mais l’enjeu principal reste la sécurité collective. Des études montrent qu’une maison correctement débroussaillée a beaucoup plus de chances de résister à un incendie qu’un terrain laissé à l’état naturel. Pour accompagner les particuliers dans cette démarche, le site officiel « @jedébroussaille.gouv.fr » met à disposition de nombreuses ressources pédagogiques. Vidéos explicatives, conseils pratiques et interventions d’experts permettent de comprendre précisément les obligations légales et les bonnes pratiques à adopter. Débroussailler aujourd’hui, c’est agir concrètement pour protéger sa famille, son logement et son environnement. Dans un contexte de multiplication des incendies, ce geste simple et accessible s’impose comme un pilier essentiel de la prévention et de l’adaptation au changement climatique. Les collectivités locales, les services de l’État et les citoyens ont un rôle complémentaire à jouer pour faire du débroussaillement une pratique régulière, partagée et durable, capable de réduire les dégâts, de faciliter l’intervention des pompiers et de renforcer la résilience des territoires face aux incendies de forêt futurs annoncés par les scientifiques français experts.
Elles connaissaient donc parfaitement les lieux et leur salut résidait presque exclusivement dans la fuite. Avec les populations que l’on a aujourd’hui, les déplacements sont plus restreints, sauf pour les grands mâles, plus explorateurs et toujours en quête de laies à saillir. Un sanglier chassé reste donc sur son territoire, ne s’aventurant que contraint et forcé à l’extérieur. Ainsi, acculé ou confiant dans ses moyens, il choisit plus souvent de faire face. Cette attitude, appelée le ferme, est une posture classique et redoutée. Elle peut être adoptée par choix, lorsque l’animal refuse de courir, ou par nécessité, lorsqu’il est épuisé, blessé ou bloqué par le terrain. Dans le premier cas, la démonstration est surtout dissuasive : charges d’intimidation, claquements de mâchoires, bousculades. Le sanglier jauge ses adversaires et, s’il le peut, finira par se dégager. Dans le second cas, la défense est acharnée, calculée, et il n’hésite pas à faire payer très cher sa survie aux chiens qui l’assaillent. Et comme l’animal est intelligent, rusé, fin connaisseur de son territoire, il sait parfaitement où est le fourré le plus épais...