Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Réensauvagement : restaurer la nature, oui… mais jusqu’où ?

Depuis deux siècles, l’Europe a profondément transformé ses paysages. L’extension de l’agriculture, l’industrialisation, l’urbanisation et l’intensification de la chasse ont entraîné la disparition progressive d’une grande partie de la faune sauvage. Loups, lynx, ours ou bisons ont été éliminés de nombreux territoires, tandis que les milieux naturels ont été fragmentés par les routes, les villes et les infrastructures. Aujourd’hui, selon les estimations scientifiques, la biodiversité européenne continue de reculer à un rythme alarmant. Face à ce constat, la protection de la nature a longtemps reposé sur la création de parcs et de réserves. Mais depuis une vingtaine d’années, une nouvelle approche gagne du terrain : le réensauvagement, ou rewilding. L’idée n’est plus seulement de préserver ce qui subsiste, mais de restaurer les processus naturels en redonnant de l’espace à la faune et aux dynamiques écologiques. Une étude récente a identifié environ 117 millions d’hectares en Europe, soit près d’un quart du continent, qui pourraient accueillir des projets de réensauvagement. Les régions les plus favorables se situent notamment en Scandinavie, en Écosse ou dans certaines zones de la péninsule ibérique. Ces territoires présentent plusieurs caractéristiques communes : une faible densité humaine, de vastes espaces naturels et, souvent, la présence déjà établie de certaines espèces clés.

Mais, plutôt que d’imaginer un retour uniforme de la nature sauvage, les scientifiques privilégient une autre stratégie : celle des noyaux de nature connectés. Le principe consiste à protéger ou restaurer de grandes zones naturelles servant de réservoirs de biodiversité. Autour de ces cœurs de nature, des corridors écologiques permettent aux espèces de circuler entre les habitats. Cette logique de réseau est aujourd’hui au cœur des politiques de conservation. En France, elle se traduit notamment par la Trame verte et bleue, un dispositif destiné à reconnecter des milieux naturels fragmentés. L’objectif est de permettre aux espèces de se déplacer, de se reproduire et de recoloniser progressivement certains territoires...

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Bachelor agro : 54 établissements accrédités pour la rentrée 2026

À l’occasion du Salon international de l’Agriculture 2026, le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire a annoncé la liste des établissements de l’enseignement agricole accrédités à délivrer le bachelor agro dès la rentrée 2026. Porté par la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture (LOSARGA) promulguée en mars 2025, le bachelor agro est un nouveau diplôme national de niveau bac +3 conférant le grade de licence. Il constitue une avancée majeure pour l’enseignement agricole en renforçant les parcours de formation vers l’installation et le conseil dans les domaines de l’agriculture et de l’agro-alimentaire. Créé dans le cadre de la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture, le bachelor agro a vocation à devenir une référence en matière d’installation et de conseil agricoles, en créant un pont entre le BTS agricole et les écoles d’ingénieurs agronomes. Les premières formations ouvriront à la rentrée 2026 pour des étudiants titulaires d’un bac +2. À compter de 2027, le diplôme sera également accessible en post-bac via Parcoursup. Les 6 premières mentions qui ouvriront à la rentrée 2026 (sur les dix prévues à terme) :

- Alimentation et agroalimentaire durables,

- Élevage et transitions,

- Entreprendre, accompagner et manager en agriculture,

- Génie agronomique et transitions,

- Sciences et techniques de l’agronomie pour la formation,

- Systèmes robotiques et numériques pour l’agriculture.

 

44 établissements d’enseignement technique et 10 établissements de l’enseignement supérieur accrédités

La campagne d’accréditation menée à la fin de l’année 2025 a suscité une forte mobilisation de la part des établissements de l’enseignement agricole. Les établissements candidats ont constitué des consortiums associant obligatoirement un établissement d’enseignement technique agricole délivrant un BTS agricole et un établissement d’enseignement supérieur (public, privé-associatif sous contrat avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace (MESRE)). Sur l’ensemble les 32 dossiers déposés, 25 ont été retenus permettant l’accréditation de 44 établissements d’enseignement technique et 10 établissements supérieurs, répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain ainsi qu’en Martinique. Les établissements non retenus lors de cette première campagne pourront déposer un nouveau dossier lors de la prochaine session d’accréditation. « Je me félicite de l’opportunité offerte à tous les jeunes qui suivront cette nouvelle formation professionnalisante appelée à devenir une référence en matière d’installation et de conseil agricoles. Nous serons fiers d’accueillir les premiers étudiants de ce nouveau diplôme dans les 25 classes du bachelor agro qui ouvriront à la rentrée 2026 et leur assureront une formation à la hauteur des défis que doit relever l’agriculture » a déclaré Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire.


Nourrir son chien une fois par jour : une étude relance le débat

Pendant longtemps, une règle semblait faire consensus chez les propriétaires de chiens de chasse comme chez les vétérinaires. Après le sevrage, le chiot devait être nourri trois fois par jour jusqu’à six mois, puis deux fois par jour jusqu’à un an. À l’âge adulte, une seule ration quotidienne pouvait être envisagée, à condition que l’état physique du chien le permette. Cette pratique reste aujourd’hui largement répandue. Cependant, une étude scientifique récente, publiée dans la revue GeroScience, vient bousculer ces certitudes. Les chercheurs américains ont observé qu’une alimentation une seule fois par jour pourrait être associée à une meilleure santé globale chez le chien adulte. « Nous ne pensions pas observer de différences significatives dans la santé ou les capacités cognitives des chiens selon leur fréquence d’alimentation », explique Kathleen Kerr, auteure principale de l’étude. Les résultats ont pourtant surpris l’équipe de recherche. Les scientifiques ont analysé les données du Dog Aging Project, un vaste programme de recherche consacré au vieillissement des chiens domestiques. Ce projet rassemble des informations détaillées sur plus de 10 000 chiens : race, taille, âge, niveau d’activité, mode de vie et habitudes alimentaires. Selon les résultats, les chiens nourris une fois par jour présentaient en moyenne moins de problèmes de santé dans plusieurs domaines : troubles gastro-intestinaux, maladies dentaires, affections orthopédiques ou encore certaines pathologies métaboliques. Les chercheurs ont également observé chez ces animaux de meilleurs scores dans les tests cognitifs, suggérant un impact potentiel sur les fonctions cérébrales et le vieillissement. Ces conclusions rappellent certains travaux menés chez d’autres espèces, notamment chez les rongeurs ou les primates, qui ont montré que des périodes de jeûne plus longues entre les repas pouvaient avoir des effets positifs sur le métabolisme et la longévité. Les auteurs restent toutefois prudents. L’étude repose sur des observations et ne permet pas d’établir un lien direct de cause à effet. D’autres facteurs, comme le niveau d’exercice ou la qualité de l’alimentation, peuvent également influencer la santé des animaux. De nombreux vétérinaires soulignent également que les besoins alimentaires varient selon l’âge, la race et l’activité du chien. Les chiots, les femelles gestantes ou les chiens très actifs nécessitent souvent plusieurs repas quotidiens. Pour les chiens adultes en bonne santé, cette étude suggère néanmoins qu’un repas quotidien équilibré et adapté pourrait être suffisant. Une conclusion qui relance le débat sur les pratiques alimentaires et pourrait, à terme, influencer certaines recommandations vétérinaires. En attendant, une règle reste essentielle : quelle que soit la fréquence des repas, la qualité de l’alimentation et l’équilibre nutritionnel demeurent les clés de la bonne santé du chien.Haut du formulaire

 


Le marquis de Foudras

Comment ce diable de marquis, aristocrate jusqu’au bout de son fouet de chasse, peut-il encore nous emporter au fil de ses récits ? Théodore de Foudras, toujours cité, rarement lu et apprécié à sa juste valeur, est né à Falkenberg en 1800. Son père Alexandre, ancien guidon de la Gendarmerie de Lunéville, était d’une noblesse remontant jusque dans les brumes de l’an 1100. Mais la Révolution avait jeté à bas cette haute position dans la noblesse de Bourgogne, et l’avait contraint à l’émigration. Veuf, c’est en Allemagne qu’il a épousé Antonia de Schelgenberg. Elle était de cette noblesse prussienne qui, derrière les Chevaliers Teutoniques, avaient à la pointe de leur épée, conquis, évangélisé, fait fructifier les plaines de la Poméranie et de Silésie. Aussi, dans le salon en fin de journée, les conversations devaient être de passionnants échanges, où Alexandre de Foudras évoquait avec nostalgie la douceur de la France du 18e siècle, et sa femme lui répondait sur la grandeur de ces junkers dont les territoires étaient encore mis en valeur par des serfs. Rentré en France en 1803, Théodore eut la vie gâtée de tout jeune châtelain fils unique. Son premier fusil, son premier cheval, voilà des cadeaux qui marquent et confirment une vocation. Mais, l’insouciance de ce retour n’avait pas atténué les désastres financiers, nés des troubles révolutionnaires. Des contrecoups de fortune l’obligèrent à vendre la propriété familiale de Demigny en 1839 et à chercher, dans la publication de romans,  une source de revenus. Adieu la vue sur les coteaux de Puligny-Montrachet. A quoi tient une carrière littéraire ! Son premier coup d’essai fut un coup de maître, avec la publication des nouvelles des Gentilshommes Chasseurs, en 1848. Des nouvelles où apparaissent les silhouettes de ces veneurs dont les exploits défient l’imagination. Le grand art de Foudras est de fondre, en un amalgame subtil, la vérité tirée de souvenirs narrés par ses parents, des siens accumulés durant trente ans de laisser-courre et l’invention qu’il repousse dans les ultimes, des bornes de la vraisemblance. Son habileté est telle que le lecteur ne peut distinguer le registre de l’imagination créatrice de l’histoire vécue. Le genre du feuilleton est la grande invention littéraire de cette période. C’est un genre à part où s’illustrèrent Eugène Sue et notre glorieux Alexandre Dumas, rythme rapide, écriture serrée…

Par Louis-Gaspard Siclon

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Procès Pilarski : la chasse à courre définitivement écartée : Christophe Ellul reconnaît la responsabilité de son chien...

Il avait toujours refusé d’envisager cette hypothèse depuis le drame. Mais face aux éléments scientifiques présentés à l’audience, Christophe Ellul a finalement changé de position. Au deuxième jour de son procès devant le tribunal correctionnel de Soissons (Aisne), mercredi 4 mars, l’homme de 51 ans a reconnu que son chien Curtis était bien à l’origine des morsures mortelles infligées à sa compagne Elisa Pilarski en 2019. « Madame la présidente m’a donné la preuve qu’il est coupable. Les mensurations des morsures parlent d’elles-mêmes. Aujourd’hui oui, je l’accepte et je le crois », a-t-il déclaré à la barre. Depuis le début de l’affaire, Christophe Ellul contestait pourtant cette responsabilité, évoquant la possibilité que la présence d’une chasse à courre organisée ce jour-là dans la forêt de Retz ait pu jouer un rôle dans le drame. Les faits remontent au 16 novembre 2019. Ce jour-là, Elisa Pilarski, 29 ans, enceinte de six mois, promenait seule Curtis dans ce vaste massif forestier situé au sud-ouest de Soissons. Vers 13h18, la jeune femme appelle son compagnon pour lui signaler qu’elle est attaquée par des chiens. Lorsque les secours arrivent, son corps est retrouvé au bord d’un chemin forestier, portant de nombreuses morsures au cou, aux bras, aux jambes et à la tête. L’hémorragie provoquée par ces blessures lui a été fatale. La présence simultanée d’une chasse à courre dans la forêt avait rapidement suscité de nombreuses interrogations et alimenté les spéculations. Une meute de vingt-et-un chiens participait en effet ce jour-là à une chasse organisée dans le secteur. Mais au fil de l’enquête judiciaire, les expertises scientifiques ont progressivement écarté cette piste....

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Mégabassines et lagopède : le Conseil d’État durcit le ton

Le Conseil d’État a rendu, le 2 mars, deux décisions importantes en matière d’environnement et de biodiversité. La haute juridiction administrative a d’abord annulé un arrêté gouvernemental adopté en juillet 2024 visant à faciliter la création de petits plans d’eau, parfois qualifiés de « microbassines », dans les zones humides. Ce texte avait été pris dans un contexte de forte mobilisation du monde agricole et faisait partie des mesures annoncées pour soutenir les agriculteurs face aux sécheresses de plus en plus fréquentes. Concrètement, il permettait de créer des plans d’eau de moins d’un hectare, destinés à l’agriculture, à la pêche ou à des activités récréatives, avec de simples démarches déclaratives, en les dispensant de certaines obligations environnementales. Il abrogeait ainsi un arrêté de 2021 qui imposait des conditions beaucoup plus strictes pour toute création de retenue d’eau en zone humide. Saisi par plusieurs ONG, le Conseil d’État a estimé que cette mesure violait le principe de non-régression environnementale inscrit dans la loi de 2016 sur la reconquête de la biodiversité. Selon ce principe, la protection de l’environnement ne peut être affaiblie sans disposition législative explicite. Les juges ont considéré que l’assouplissement de la réglementation « amoindrissait illégalement la protection » des zones humides. Ces milieux naturels jouent en effet un rôle essentiel : ils abritent une riche biodiversité, stockent du carbone, filtrent l’eau et limitent les inondations. Or, 41 % des principales zones humides françaises se sont déjà dégradées entre 2010 et 2020, rappelle la décision.

Dans un autre dossier, le Conseil d’État a également demandé la suspension de la chasse du lagopède alpin pour une durée de cinq ans sur l’ensemble du territoire métropolitain. Cette décision fait suite aux recours de plusieurs associations de protection de la nature qui dénonçaient l’autorisation de chasser cet oiseau dans certains départements alpins. Les juges estiment que cette pratique n’est pas compatible avec les efforts de conservation de l’espèce, dont les effectifs diminuent depuis plusieurs décennies. Le lagopède alpin, petit gallinacé des montagnes également appelé « perdrix des neiges », vit aujourd’hui en France dans des populations isolées dans les Alpes et les Pyrénées. Depuis 1950, il a disparu d’environ un tiers des communes alpines où il était présent et de plus d’un cinquième des communes pyrénéennes. Plusieurs facteurs expliquent ce déclin : le réchauffement climatique, qui réduit l’enneigement et modifie son habitat, les aménagements touristiques en montagne et la fréquentation humaine, qui perturbent sa reproduction. La chasse constitue aussi une pression supplémentaire sur une espèce dont le taux de reproduction est souvent trop faible pour compenser les prélèvements. Le Conseil d’État a donc enjoint au gouvernement de prendre un arrêté suspendant la chasse dans un délai de deux mois.


Frelons asiatiques : c'est le moment de piéger les reines...

Avec le retour des beaux jours débute une période clé dans la lutte contre le frelon asiatique. Au printemps, les reines sorties de leur diapause hivernale quittent leur abri pour fonder un nouveau nid. C’est à ce moment précis que la capture peut s’avérer stratégique : chaque reine installée donnera naissance à une colonie entière. Au début de la saison, la reine pond des œufs destinés à produire des ouvrières. Celles-ci construiront le nid, nourriront les larves et assureront l’expansion de la colonie. En fin d’été, la reine produit des mâles et de futures reines fécondées. Seules ces dernières survivront à l’hiver pour recommencer le cycle. Cependant, le piégeage printanier ne suffit pas à enrayer la progression de l’espèce. Certaines années, comme 2024 marquée par une météo humide, ont freiné l’expansion, mais la tendance reste à la hausse, avec parfois trois à quatre fois plus de nids d’une saison à l’autre. De plus, capturer une seule reine ne garantit pas l’absence de nid : toutes ne fondent pas de colonie et certaines s’éliminent entre elles. Il faudrait en capturer plusieurs dizaines pour empêcher réellement l’installation locale. Pour installer un piège, il est conseillé d’utiliser un attractif spécifique du commerce ou un mélange maison composé d’un tiers de vin blanc, d’un tiers de bière et d’un tiers d’eau sucrée ou miellée. L’appât doit être protégé afin d’éviter la noyade d’autres insectes. Les pièges doivent être contrôlés quotidiennement afin de relâcher les espèces non ciblées. L’impact du frelon asiatique sur la biodiversité est préoccupant : il se nourrit notamment d’abeilles et d’autres pollinisateurs, fragilisant les écosystèmes et l’apiculture. Les nids évoluent rapidement, passant au printemps de la taille d’une balle de ping-pong à celle d’un ballon de basket en été. En cas d’observation, il est recommandé de signaler le nid aux plateformes spécialisées et de ne jamais tenter une destruction soi-même. La lutte contre le frelon asiatique repose sur la vigilance collective et l’intervention de professionnels formés.


Une saison se termine, une autre se prépare...

La saison de chasse à tir qui s’achève laisse derrière elle des impressions globalement positives, même si toutes les espèces n’ont pas évolué de la même manière. Les remontées de terrain, les observations réalisées lors des battues et les retours des responsables de territoires permettent de dresser un premier état des lieux. Dans l’ensemble, la saison aura été marquée par une abondance notable de sangliers. Les tableaux de chasse confirment cette tendance, avec des prélèvements soutenus et réguliers tout au long de la période. Les chasseurs ont signalé une forte présence de compagnies, et surtout un nombre important de marcassins, signe d’une reproduction dynamique et d’un potentiel de renouvellement élevé. Cette vitalité appelle toutefois à la vigilance : une population en croissance rapide peut générer des dégâts agricoles accrus et nécessiter une gestion fine et réactive. Du côté des grands cervidés, les prélèvements ont été jugés bons et globalement conformes aux objectifs fixés en début de saison. Néanmoins, ils semblent légèrement en retrait par rapport à la saison précédente. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution : conditions météorologiques, pression de chasse mieux répartie, ou encore modification des habitudes de déplacement des animaux. Il conviendra d’analyser plus précisément les données pour ajuster, si nécessaire, les plans de gestion à venir. Pour les chevreuils, la situation apparaît plus préoccupante. La perte de densité constatée au printemps dernier s’est confirmée au fil de la saison. Les observations répétées d’un nombre plus réduit d’animaux, ainsi que des tableaux en baisse, traduisent une fragilité locale qu’il faudra suivre attentivement. Les causes peuvent être multiples : pression sanitaire, prédation, conditions climatiques défavorables au moment des naissances, ou encore évolution des milieux. Une attention particulière devra être portée au suivi des populations dans les mois à venir...

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Balbuzard pêcheur et Pygargue à queue blanche : un plan national d’actions pour consolider leur retour

Le plan national d’actions (PNA) fixe, jusqu’en 2029, la stratégie de conservation du Balbuzard pêcheur et du Pygargue à queue blanche. Pour le balbuzard, l’enjeu est de consolider les noyaux de population existants et de favoriser la recolonisation progressive des grands bassins hydrographiques, ainsi que du littoral corse. Pour le pygargue, il s’agit d’accompagner un retour encore fragile, en protégeant les couples nicheurs et en développant la concertation entre forestiers, gestionnaires d’espaces naturels, pêcheurs et usagers des plans d’eau.  Strictement piscivore, le balbuzard est un rapace spécialisé. Il patrouille au-dessus des lacs, rivières et lagunes, puis plonge serres en avant pour capturer un poisson qu’il repositionne en vol, tête vers l’avant, afin de réduire la résistance de l’air. Biologiquement, l’espèce présente des adaptations remarquables : doigts réversibles permettant une prise efficace, serres fortement courbées et plumage dense limitant la pénétration de l’eau. Migrateur au long cours, il hiverne en Afrique subsaharienne avant de revenir nicher en France, principalement dans des forêts proches de zones humides ou sur les falaises corses. Classé vulnérable sur la liste rouge nationale de l’UICN, il voit sa population continentale progresser, mais la population corse demeure précaire. Le pygargue à queue blanche, plus massif, adopte un régime opportuniste : poissons, oiseaux d’eau, petits mammifères et charognes. Son envergure impressionnante et sa silhouette massive déclenchent souvent la panique des anatidés lorsqu’il survole un étang. Il installe son aire dans de grands arbres en forêts calmes, à proximité immédiate de vastes plans d’eau. Espèce longévive, à maturité sexuelle tardive, il se reproduit lentement, ce qui rend chaque couple particulièrement précieux. Encore très rare en France, il est classé en danger critique sur la liste rouge des oiseaux nicheurs. Le PNA vise donc à sécuriser durablement son installation et à favoriser une cohabitation apaisée avec les activités humaines.


Nouveau « test de résistance » pour les directives européennes Oiseaux et Habitats

La Commission européenne a annoncé qu’en 2026 les directives « Oiseaux » (1979) et « Habitats » (1992) feront l’objet d’un nouveau « test de résistance » (« stress test »). Ces deux textes constituent les piliers du droit européen de la conservation de la nature et structurent, depuis plus de quarante ans pour la première et plus de trente ans pour la seconde, les politiques de protection de la biodiversité au sein de l’Union. La directive Oiseaux a posé les bases de la protection de toutes les espèces d’oiseaux sauvages naturellement présentes dans l’UE, tout en encadrant strictement leur chasse. Elle impose notamment la désignation de zones de protection spéciale (ZPS). La directive Habitats a complété ce dispositif en instaurant le réseau Natura 2000, aujourd’hui le plus vaste réseau coordonné d’aires protégées au monde. Ce réseau couvre environ 18 % des terres de l’Union européenne et près de 10 % de ses zones marines, soit plus de 27 000 sites. Ces textes ont déjà fait l’objet d’un « contrôle d’aptitude » en 2016. À l’époque, la Commission avait conclu qu’ils restaient « adaptés à leur objectif », tout en soulignant d’importantes lacunes dans leur mise en œuvre. Selon les derniers rapports européens sur l’état de la nature, près de 80 % des habitats d’intérêt communautaire sont encore jugés en état de conservation défavorable, et environ 40 % des espèces d’oiseaux présentent un déclin à long terme dans l’UE. Le « test de résistance » prévu en 2026 examinera plusieurs enjeux contemporains : adaptation au changement climatique, sécurité alimentaire, compétitivité économique, résilience des territoires, évolution de la jurisprudence et besoin de sécurité juridique. Il ne s’agit pas officiellement d’une révision législative, mais d’une évaluation approfondie de la robustesse du cadre existant face aux nouveaux défis. Toute évolution pourrait avoir des conséquences directes sur la gestion des habitats, la désignation des sites Natura 2000 ou les listes d’espèces chassables. Les organisations représentatives du secteur cynégétique, comme la FACE (Fédération des associations de chasse et de conservation de la faune sauvage de l’UE), suivront donc étroitement ce processus. L’enjeu dépasse la seule question de la chasse : il concerne l’équilibre entre conservation de la biodiversité, activités rurales et objectifs climatiques. Le rendez-vous de 2026 pourrait ainsi redéfinir, à la marge ou plus profondément, le cadre européen de protection de la nature pour les décennies à venir.


La chasse sous tutelle écologique : un malentendu devenu fracture ?

Une phrase circule : « Les chasseurs ont eu peur de se faire tordre le bras par les agriculteurs. Aujourd'hui, ils se font tordre le cou par les écolos... ». Faut-il sortir la chasse du Ministère de la Transition écologique ? La question n’est plus théorique. Elle hante de plus en plus de fédérations départementales, agite les campagnes et cristallise un malaise ancien : celui d’une pratique rurale pilotée par une administration perçue comme urbaine et normative. Depuis que la chasse est rattachée à l’écologie, elle est d’abord regardée comme une variable d’ajustement de la biodiversité, une activité à encadrer, parfois à restreindre, rarement à valoriser. La séquence politique récente n’a fait qu’exacerber les crispations. L’arrivée de l’ancienne présidente de WWF France, Monique Barbut, au gouvernement, puis la nomination de Anne Le Strat à l'OFB, ont été lues par certains acteurs cynégétiques comme le signe d’un durcissement assumé. Faut-il s’en étonner ? Un ministère dont la boussole est la protection de la nature peut-il, sans ambiguïté, porter aussi la voix des chasseurs ? Peut-on être à la fois arbitre et partie, gardien et partenaire ? Les chasseurs ne contestent pas l’exigence écologique, mais ils rappellent qu’ils financent massivement la gestion des milieux, qu’ils entretiennent et réimplantent des haies, restaurent des zones humides, suivent les populations. Pourtant, l’image publique de notre ministère de tutelle reste celle d’un organe répressif, avec ses contrôles, ses sanctions, ses fermetures anticipées et ses interdictions. Mais le débat ne porte pas seulement sur une ligne budgétaire ou un organigramme. Il interroge sur la place de la ruralité dans la décision publique. Qui parle au nom des territoires ? Qui fixe les équilibres ? Si la chasse est d’abord un outil de gestion, elle est aussi un fait culturel, malheureusement abordé actuellement uniquement sous l’angle de la contrainte. La fracture est là : dans ce sentiment diffus d’être jugé, plus qu’écouté...

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