Le petit journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Les Caisses à Chiens du Châtillonnais

 

 

 

 

 

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Nomination du délégué interministériel à la forêt, au bois et à ses usages

Sur proposition du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, du ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire et du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Jean-Michel Servant est nommé délégué interministériel à la forêt, au bois et à ses usages, à compter de ce jour, 15 avril 2024, et ce pour une durée de trois années. Le décret du 5 avril dernier précise les missions relevant de sa compétence :

- promouvoir, coordonner et suivre la mise en œuvre de la planification écologique de la forêt, de la transformation et des usages du bois,

- coordonner les actions de l’Etat, garantir la cohérence et la diligence d’exécution et les travaux portés par les ministères compétents,

- clarifier de façon explicite et articuler de façon cohérente les politiques publiques impactant la mise en œuvre de la planification écologique du secteur forêt-bois.

A ce titre, il assurera la mise en œuvre effective des politiques publiques suivantes :

- le renouvellement forestier,

- la restauration de l’équilibre sylvo-cynégétique,

- la massification de la gestion durable des forêts, en particulier de la forêt privée,

- la protection des forêts contre les incendies et la lutte contre les incendies en forêt,

- le renforcement de la structuration des filières de transformation et de leur articulation entre usages,

- le développement des usages de bois, notamment pour la construction, la rénovation et les procédés industriels,

- le renforcement de l’économie circulaire du bois et de ses dérivés,

- la protection des écosystèmes forestiers,

- l’accès pour tous à la nature.

Deux articles concernent directement les activités cynégétiques : la restauration de l’équilibre sylvo-cynégétique et l’accès pour tous à la nature…C'est donc désormais l'ex-président de France Bois Forêt qui va coordonner la planification écologique, après avoir défendu pendant trois ans les intérêts des acteurs économiques de la filière. Y aurait-il la volonté cachée de sortir la forêt du ministère de l'Agriculture ? 


Le triphénylphosphate, perturbateur endocrinien pour les espèces de l’environnement

Utilisé dans de nombreux matériaux et équipements comme retardateur de flamme et/ou plastifiant, le triphénylphosphate est une substance préoccupante, au sens du règlement européen REACH, et cela vise à mieux encadrer son utilisation sur le continent européen. Une proposition de l’Anses est en consultation publique sur le site de l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques) jusqu’à ce soir, afin de donner la possibilité aux parties prenantes de fournir des données complémentaires. Sur la base des données scientifiques disponibles, l’Agence a établi que cette substance remplit tous les critères de danger pour être définie comme « perturbateur endocrinien » selon la définition de l’OMS et les recommandations de 2013 du Centre de Recherche Commun (JRC) de la Commission européenne, à savoir :

- une activité endocrinienne et plus précisément une activité œstrogénique, androgénique et/ou stéroïdogène clairement démontrée à la fois in vitro et in vivo chez les poissons ;

- des effets néfastes altérant la fécondité et la capacité de reproduction des poissons ;

- un lien biologiquement plausible entre l’activité endocrinienne et les effets néfastes précités.

Le triphénylphosphate peut donc conduire à des effets sévères pour la faune aquatique et potentiellement d’autres animaux, et altérer la survie d’espèces naturellement présentes dans l’environnement. En outre, les données disponibles montrent que le triphénylphosphate est détecté dans les espèces sauvages mais aussi dans les fluides biologiques humains, combinés à d'autres produits organophosphorés contenus dans les retardateurs de flamme. Ces co-expositions constituent une préoccupation supplémentaire.

En France, depuis le 1er janvier 2023, la loi AGEC prévoit l'information des consommateurs sur les qualités et caractéristiques environnementales des produits générateurs de déchets, et notamment la présence de substances dangereuses. Par conséquent, la mention : « contient une substance extrêmement préoccupante » devra être appliquée sur les articles commercialisés contenant une SVHC.

 

Pour participer à la consultation du public (clôture ce soir), c'est ICI


Les faits divers de la semaine

- Alpes-Maritimes : le 25 juillet dernier, une randonneuse marchait quelques mètres en avant d’un groupe de 5 personnes, quand elle a été attaquée par deux chiens patous, à Saint-Etienne de Tinée. L’éleveur, présent, avait bien vu le groupe de très loin et entrepris de faire remonter son troupeau à l’aide de ses chiens, en prévention, mais il n’avait pas vu la dame de 74 ans, isolée et masquée du fait du relief. C’est en entendant ses chiens, Sarko et Rambo, aboyer furieusement, qu’il les a rappelés immédiatement et s’est précipité pour se porter au secours de la dame, et appeler le Peloton de gendarmerie de haute montagne. Mordue aux membres, la randonneuse a été héliportée vers l’hopital le plus proche, et l’éleveur appelé à comparaitre en justice pour blessures involontaires. L’audience s’est tenue la semaine dernière, les juges se trouvant face à deux mondes : celui de l’élevage et celui des loisirs. Dans ses réquisitions, le procureur a pris en compte les mesures de sécurité prises par l’éleveur et a demandé la relaxe. Le tribunal en a jugé ainsi, a relaxé l’éleveur et renvoyé l’affaire sur les seuls intérêts civils demandés par la plaignante, affaire des assurances…

 

- Ariège : considéré comme ours à problèmes en raison de ses attaques répétées sur des élevages, l’ours Goiat est absent des écrans radar depuis deux ans maintenant, et l'hypothèse de sa mort n'est plus écartée. Lâché en 2016 depuis la Catalogne, pour remplacer, à terme, le vieux mâle dominant Pyros (géniteur de 85% des ours pyrénéens), Goiat, dit « le Vagabon » est un mâle qui, s’il est toujours en vie, aurait aujourd'hui 18 ans. D'après le réseau Ours Brun, en charge du suivi des plantigrades, l'animal n'a plus été détecté depuis le 25 avril 2022, soit bientôt deux ans, une trop longue discrétion pour cet animal habitué à se faire remarquer en attaquant des chevaux ou en pénétrant dans des bâtiments d'élevage.

 

- Dordogne : dans la nuit du samedi au dimanche 7 avril, une jeune fille qui roulait à scooter et accompagnée d’un passager du même âge, a percuté un sanglier, près de Villefranche-du-Périgord au lieu-dit Bezet. L’animal a surgi soudainement au beau milieu de la route, ne laissant aucune possibilité à la conductrice de l’éviter. Si le passager s’en est tiré sans mal, la conductrice, à l’arrivée des secours, se plaignait de fortes douleurs au dos et au bassin. Elle a été évacuée au centre hospitalier de Sarlat.

 

- Gironde : la militante anti-chasse qui avait agressé des chasseurs le dimanche 17 mars dernier, a été reconnue coupable par le Tribunal correctionnel de Libourne. L’avocat de la partie civile a rappelé que les chasseurs étaient dans leurs droits et n’avaient en aucune façon provoqué une telle agression de la part de l’accusée. Même si la défense appelait à la clémence, il a rappelé que le tribunal de Libourne avait là une grande responsabilité à traiter une telle affaire et devait montrer que d’invoquer la légitime défense n’est pas un passe-droit pour agresser gratuitement les personnes avec qui nous avons des désaccords.

Malgré tous les efforts de son avocat, la défense n’a pas convaincu le tribunal et devant le manque de remords manifeste de l’accusée, l’a condamnée à 10 mois de prison avec sursis et 10 099 € à verser aux parties civiles.

 

- Ille et Vilaine : le vendredi 5 avril, en balade avec sa maitresse, un berger australien croisé labrador âgé de 4 ans a été tué par balle dans la commune de Roz-Landrieux. Alors que l’animal n’était qu’à quelques mètres, la dame a entendu 3 ou 4 coups de feu et a vu sa chienne revenir vers elle et s’effondrer, blessée. Contacté en urgence, le vétérinaire n’a pu que constater la mort de la chienne, tuée par un projectile qui a été retrouvé dans le corps de l’animal lors de l’autopsie. Plainte a été déposée et une enquête a été ouverte par la gendarmerie.

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Mise en gestion durable de la forêt française privée

Les forêts françaises subissent les conséquences du changement climatique de façon plus rapide qu’anticipé, et leur puits carbone baisse régulièrement depuis 2010. Après avoir augmenté depuis l’après-guerre pour atteindre 62 MT CO² en 2010, le puits carbone forestier baisse depuis, et ne représente plus que 31 Mt CO² en 2020. Les forêts privées constituent 75 % de la superficie des forêts de l’hexagone, mais elles ne disposent que, pour un tiers de leur surface, d’un document de gestion durable permettant un diagnostic et des mesures d’adaptation. Une mission conjointe de l’IGF, du CGAAER et de l’IGEDD a été chargée de faire des propositions pour la promotion et la mise en œuvre d’une gestion effective et durable de la forêt française privée, car un renouvellement important doit être enclenché pour l’adapter au climat de la France à l’horizon 2100. Il impose de développer une politique forestière de long terme, cohérente avec les enjeux du secteur en matière d’approvisionnement de la filière bois, de protection de la biodiversité, de prévention des incendies comme d’atteinte des objectifs de la stratégie nationale bas carbone (SNBC). Alors que les forêts publiques sont presque intégralement couvertes par des documents de gestion durable, seules 27 % des superficies de forêts privées bénéficient de tels outils…

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Des massacres à éviter !

Dans quelques jours commenceront les premières fauchaisons de printemps. Si, pour les chevrillards, de plus en plus de précautions sont prises au moment des naissances (du 15 mai au 15 juin principalement), il n’en est pas de même pour d’autres espèces terrestres et ailées qui nichent au sol. Lièvres, perdrix, faisans, vanneaux huppés, canards, gravelots, œdicnèmes criards, sternes naines, pierregarins, engoulevents d’Europe, râles des genêts, alouettes des champs, busards saint Martin paient tous les ans, un lourd tribut aux faucheuses qui coupent de plus en plus large et qui vont de plus en plus vite. C’est donc en ce moment qu’il convient d’observer la nature, jumelles en main, pour tenter de localiser les oiseaux nicheurs, quand ils quittent ou regagnent leurs nids, puis de baliser les lieux en espérant que l’agriculteur parviendra à éviter la casse. Médiatisée et émotionnelle, la mortalité de la petite faune sauvage, en période de fauche, a un impact psychologique sur la personne qui a détruit, bien involontairement, un animal et influence négativement l’image de l’agriculture auprès du grand public. Mais cela cache aussi un problème beaucoup plus large, car au-delà de la disparition des nouveau-nés qui engendre des conséquences négatives pour la biodiversité, les agriculteurs sont menacés de contaminations bactériologiques quand les fourrages sont souillés par des corps en décomposition. En France, la plupart des FDC oeuvrent en concertation avec les éleveurs et mettent en œuvre les technologies de pointe, en particulier des drones équipés de caméras thermiques qui ont montré leur efficacité, mais qui impliquent également de nombreuses contraintes, notamment de coûts, et qui a ses limites, en étant cependant peu efficace pour la détection des levrauts ainsi que des nids d’oiseaux. Un espoir est toutefois permis, puisque des drones équipés de dispositifs d‘intelligence artificielle sont actuellement testés par le milieu académique.

 

L’exemple de la Belgique

A quelques jours des premières fauches, l’ASBL « Sauvons Bambi » vient de lancer un appel sur les réseaux sociaux à destination des dronistes wallons. Chaque printemps, cette association chapeaute des bénévoles qui envoient leurs drones thermiques survoler les champs avant leur fauchage pour éviter l’hécatombe de faons de chevreuils, les plus vulnérables. L’an dernier « Sauvons Bambi » et ses 35 pilotes bénévoles ont sauvé, en Wallonie et au Grand-Duché, 800 faons d’une mort certaine.


Déchets électroniques : bombe à retardement pour l'environnement ?

Les chiffres sont effrayants : selon Kees Balde, auteur principal du rapport « Global E-waste Monitor », le monde a généré, pour l’année 2022, un peu plus de 62 millions de tonnes de déchets électroniques. Cela inclut de nombreux petits objets du quotidien, qui vont de la cigarette électronique aux écrans d’ordinateurs et de télévision, en passant par les tablettes, les téléphones portables, les appareils électroménagers, les piles et autres batteries. Premier problème : c’est que moins d’un quart de cette masse a été recyclé, entraînant des pollutions de métaux lourds, de plastiques et de produits chimiques toxiques. Quant aux autres « déchets » non gérés, ils sont composés de 45 000 tonnes de plastiques nocifs et 58 tonnes de mercure, dispersés dans l’environnement. Deuxième problème : « une grande partie de ces déchets électroniques proviennent des pays riches, mais sont expédiés vers les pays plus pauvres, déguisés en biens d’occasion, qui en réalité ne fonctionnent plus. Or, c’est dans les pays en développement que le traitement de ces déchets est le plus déficient, puisque moins de 1% d’entre eux sont recyclés correctement en Afrique, souvent dans des environnements informels sans équipement approprié, où les travailleurs sont exposés à des substances dangereuses » pointe le rapport qui ajoute : « le fléau des déchets électroniques ne fera que s’aggraver à mesure que la demande de nouvelles technologies, notamment les panneaux solaires et les véhicules électriques, dépassera la capacité de recyclage… ». Selon l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) et l’Union internationale des télécommunications (UIT), autre agence des Nations Unies, chaque personne sur Terre génère en moyenne 7,8 kilogrammes de déchets électroniques par an, dont la valeur globale annuelle est estimée à… 91 milliards de dollars.


Steaks, escalopes, saucisses, jambons… végétaux : le Conseil d'État suspend l’interdiction d’utiliser ces dénominations

Saisi par des entreprises françaises, le juge des référés du Conseil d’Etat a suspendu le décret interdisant de nommer les produits comportant des protéines végétales par des termes de boucherie, décret qui devait entrer en vigueur le 1er mai prochain. Le magistrat des référés estime qu’il existe un doute sérieux sur la légalité de cette interdiction, qui avait déjà conduit le Conseil d’Etat, dans le cadre de l’examen d’un recours contre le décret précédent, à interroger, en juillet 2023, la Cour de Justice Européenne (CJUE). C’est donc dans l’attente de cette réponse que le juge des référés du Conseil d’Etat a suspendu ce nouveau décret, qui porterait une atteinte grave et immédiate aux intérêts des industriels vendant exclusivement ce type de produits, car ils devraient renoncer à des dénominations telles que « steak végétal », ou « bacon végétal », ou encore « lardons végétaux », déjà installés dans l’esprit des consommateurs et figurant aussi sur des cartes de restaurants…


Espagne : attaqué par deux loups, un adolescent asturien a sauvé sa vie en grimpant dans un arbre

Ce qui a failli être un drame s'est passé mardi dernier, et a été relaté par le journal El Correo. Les éleveurs asturiens de « reciella » (petits troupeaux de chèvres ou de moutons) préviennent depuis longtemps que le loup sera source de problèmes et pourrait s’attaquer à bien plus que leurs animaux. Mardi dernier, à Santianes de Ola (Cangas de Onís), deux canidés leur ont donné raison, et causé la peur de sa vie au jeune éleveur, Enrique Huerta García. En soirée, et comme chaque jour, après les tâches de l'Institut et celles de l'élevage dans lequel il aide ses parents, Marián García et Vicente Huerta, Enrique s'est dirigé vers les pentes abruptes du versant sud de la sierra de Santianes jusqu'à l'endroit où paissent leurs chèvres. En approchant de ses animaux, il a remarqué que quelque chose de grave se passait. Les chèvres ne paissaient pas et s'étaient éloignés de leur emplacement habituel. C’est à ce moment qu’il remarqua la présence de deux loups qui s’attaquaient à une chèvre. Sa première réaction fut de la défendre, mais aussitôt les loups, au lieu de fuir, se sont précipités vers lui. Il tenta bien de les repousser en criant et en donnant des coups de bâton, mais face à l'attaque, il dévala la pente à toute vitesse, à la recherche d’un abri. Il l’a trouvé dans un arbre dans lequel il a pu grimper, les deux loups sur les talons. Les fauves déchainés persistèrent dans l'attaque jusqu’à ce que, alertés par les appels de l’adolescent, son père et deux voisins viennent à son secours pendant que sa mère appelait la Garde civile… qui a simplement répondu : « Nous ne pouvons rien faire, car le loup est une espèce protégée. Nous sommes désolés ». Enrique est resté dans son arbre plus d’un quart d’heure, au dessus des gueules agressives des deux loups, qui ont fini par abandonner la partie sans attendre que le père et les voisins atteignent la zone. Quant à la mère d’Enrique, outrée de la réponse des gardes, elle leur a lancé au téléphone : « La vie de mon fils vaut elle moins que celle d'un loup meurtrier ? ». C’est une première alerte aussi grave en Espagne, mais sans doute pas la dernière tant ces prédateurs s’enhardissent…


Création de l’Observatoire des énergies renouvelables et de la biodiversité

La loi du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables (ENR) l'avait prévu. Le décret créant l'Observatoire des ENR et de la biodiversité est donc paru au Journal officiel du 7 avril, avec près d'un mois de retard par rapport à l'échéance limite inscrite dans la loi. Le texte assigne deux missions à cet observatoire : la synthèse des connaissances disponibles au travers des études et données existantes sur les incidences des ENR terrestres sur la biodiversité, les sols et les paysages et la diffusion auprès du public et des parties prenantes de l'ensemble de ces informations. L'observatoire est mis en œuvre conjointement par l'OFB et l'Agence de la transition écologique (Ademe), sous le pilotage des ministres chargés de l'Énergie et de l'Environnement. Son comité stratégique, coprésidé par ces derniers et associant les deux établissements publics et des représentants des services déconcentrés de l'État, doit organiser une fois par an une assemblée de parties prenantes, afin de leur présenter les travaux de l'observatoire. Même si le décret prévoit que ces dernières puissent être associées à l'élaboration et au suivi de son programme de travail, la gouvernance de l'observatoire reste exclusivement aux mains de l'État et de ses établissements publics.


De l’eau du Rhône pour les Pyrénées Orientales

La région Occitanie et l’Etat vont financer une étude préalable à l’extension d’Aqua Domitia, un ouvrage qui s’arrête aujourd’hui au niveau du département de l’Aude. Bien que la Provence ait enregistrée en mars, des records de précipitations de cinq à six fois supérieurs à la normale, les vents contraires repoussent les nuages loin des Pyrénées-Orientales qui guettent désespérément le ciel. Depuis deux ans, la pluviométrie s’est effondrée de près de 50%, créant des zones de sécheresse chronique, avec les modifications souterraines qui vont avec, et dont on ne mesurera les effets que lorsque la pluie reviendra. En attendant que les cieux déversent ce que les nuages voudront bien libérer, ce projet reprend le principe des grands transferts d’eau des régions les plus arrosées vers d’autres, en manque du précieux liquide. En Occitanie, la solution qui semble s’imposer consiste précisément à prolonger le réseau Aqua Domitia vers Perpignan, via Narbonne, où le niveau des nappes souterraines et le débit des rivières sont historiquement faibles. Actuellement, « Aqua Domitia » puise de l’eau dans le Rhône en amont d’Arles (Bouches-du-Rhône), et l’envoie dans la station pompage à Mauguio (Hérault), d’où elle est poussée vers Montpellier. Sa distribution se répartit entre eau potable (40 %), irrigation agricole (40 %) et « volumes de substitution » (20 %), qui permettent de puiser moins dans des environnements vulnérables.


Premier stage de citoyenneté pour des auteurs d'atteintes à l'environnement

Lundi dernier, plusieurs auteurs ayant reconnu avoir commis un acte répréhensible par la loi et préjudiciable pour l'environnement, ont assisté au premier stage de citoyenneté organisé par le parquet de Metz. Au programme : rappel de la loi, des enjeux climatiques, de l'effondrement de la biodiversité et déplacement sur le terrain, dans la nature. Ce stage, qui a été dirigé, entre autres, par des membres de l'OFB de la Moselle, s’est tenu à Vigy, au siège de l'Adeppa (Association Départementale d’Éducation Populaire et de Plein Air). Présenté comme une alternative à la sanction pénale, ce moyen est amené à être utilisé régulièrement désormais par toutes les juridictions de Moselle, c'est-à-dire les tribunaux de Metz, Thionville et Sarreguemines, en attendant sans doute que d’autres juridictions en reprennent le principe. Pour cette première, les stagiaires étaient tous volontaires, et avaient reconnu les faits qui leur étaient reprochés. Ils étaient donc sept autour de la table : agriculteurs, chefs d'entreprises ou responsables d'associations, comme ce président d’un club de foot qui reconnaissait avoir commis une infraction l'an passé, en arrosant le terrain en dehors des horaires prévus par l'arrêté préfectoral, lors de l'épisode de sécheresse. Avec ce stage, qui lui est facturé 150 €, il a tout de même évité la case tribunal, et une amende qui aurait pu atteindre 7 500 €.