La France a transmis à la Commission européenne son projet de plan national « Agir pour restaurer la nature », destiné à enrayer la dégradation des écosystèmes et à renforcer la résilience des territoires face au changement climatique. Élaboré sous l’égide du ministère de la Transition écologique, en concertation avec les administrations, les scientifiques, les acteurs économiques, les associations et les citoyens, ce document constitue la feuille de route nationale pour les prochaines années. Ce plan s’inscrit dans le cadre du règlement européen sur la restauration de la nature, entré en vigueur en août 2024, ainsi que des engagements internationaux pris par la France dans le cadre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en 2022.
L’objectif européen est de restaurer progressivement les écosystèmes dégradés d’ici à 2050, avec des échéances intermédiaires en 2030 et 2040. La France possède un patrimoine naturel important, mais celui-ci subit de multiples pressions : artificialisation des sols, pollutions, fragmentation des habitats, changement climatique et espèces exotiques envahissantes. Or, des écosystèmes fonctionnels contribuent à préserver les ressources en eau, à limiter les inondations, à atténuer les fortes chaleurs et à protéger les littoraux. La restauration écologique ne consiste pas nécessairement à retrouver un état naturel ancien. Elle vise à rétablir le fonctionnement des milieux et leur capacité à résister aux perturbations. Elle peut passer par la réduction des pollutions, la suppression du drainage des zones humides, la replantation de haies, la remise en eau des tourbières, la restauration des cours d’eau ou la désartificialisation de certains espaces. Le projet français couvre l’ensemble des grands écosystèmes : milieux agricoles et forestiers, cours d’eau, zones humides, tourbières, espaces marins et littoraux, milieux urbains et habitats naturels d’intérêt communautaire. Il prévoit également des mesures en faveur des pollinisateurs, essentiels à la biodiversité et à la production agricole. Parmi les objectifs annoncés pour 2030 figurent la restauration de 30 % des habitats dégradés d’intérêt communautaire, avec une priorité donnée aux sites Natura 2000, l’accompagnement de la transition agroécologique sur quatre millions d’hectares agricoles et la préservation des espaces verts et du couvert arboré dans plus de 4 200 communes. Le projet sera évalué par la Commission européenne et soumis à l’avis de l’autorité environnementale. Une consultation électronique du public est prévue début 2027. Après prise en compte des observations, le plan doit être finalisé au plus tard le 31 août 2027. Sa mise en œuvre est engagée et fera l’objet d’un suivi régulier.
Quelques brèves de chez nous et... d'ailleurs

Organisées à l’initiative de la Fédération nationale des chasseurs et de la Société centrale canine, elles défendent une chasse sportive, raisonnée et respectueuse du gibier. Après les sélections départementales, régionales et nationales, les meilleurs binômes accèdent à la scène internationale. Sur le terrain, le jury juge le tandem en action. Le maniement de l’arme et la sécurité sont incontournables, mais l’évaluation porte aussi sur la technique du chasseur, ses connaissances cynégétiques, son comportement et sa sportivité. La précision du tir compte, sans suffire à elle seule : un geste maladroit ou une faute de sécurité peut compromettre la prestation. Le chien, lui, doit montrer ses qualités de recherche, son aptitude à trouver le gibier et sa capacité à travailler en harmonie avec son conducteur. Selon sa spécialité, chien d’arrêt ou spaniel, il exprime son talent à sa manière. Le rapport, lorsqu’il est requis, complète cette démonstration. Rien ne s’improvise : dressage, expérience et confiance mutuelle font la différence. Du 22 au 25 octobre, à Niš, les concurrents défendront donc bien davantage qu’un titre. Ils illustreront une chasse où la réussite se mesure autant à la qualité du travail accompli qu’au résultat. Car dans les Rencontres Saint-Hubert, le chasseur et son chien ne sont pas deux concurrents réunis sur un même terrain, mais les partenaires d’une même aventure.
Sur le littoral, la remontée d’eau salée peut également affecter certains cours d’eau. Les conséquences écologiques peuvent être importantes. De nombreuses espèces aquatiques, adaptées à l’eau douce, supportent mal une hausse excessive de la salinité. La disparition ou la raréfaction de certaines d’entre elles perturbe les chaînes alimentaires et l’équilibre des milieux. En 2022, dans l’Oder, fleuve séparant l’Allemagne et la Pologne, une hausse de la salinité associée à des rejets industriels et à la sécheresse a favorisé la prolifération d’une algue toxique, responsable d’une mortalité massive de poissons. La France est également concernée. Selon l’étude, 6 % du réseau étudié présente une concentration en sels ayant doublé par rapport à son niveau naturel. Autour de Varangéville, près de Nancy, certaines rivières sont sept fois plus salées ; l’Arnoult, en Charente-Maritime, atteint quatre fois son niveau naturel.
Chaque essence fait l’objet d’une évaluation de son risque invasif et de son potentiel pour la biodiversité locale. Les recherches sur le chêne sessile, conduites depuis les années 1990 dans 23 forêts européennes à partir de populations provenant de 116 origines géographiques, ont montré une résilience globale de cette essence aux variations climatiques, avec des différences selon la provenance des arbres. Le programme Potenchêne, engagé en 2014, suit la fructification de près de 900 chênes répartis sur 30 sites français. Les premiers résultats indiquent une augmentation moyenne de la production de glands au cours des quinze dernières années, parallèlement à la hausse des températures printanières. Les chercheurs ont également établi un lien entre l’intensité des glandées et les populations de sangliers. L’équilibre entre forêt et grands ongulés fait l’objet d’autres travaux. Selon l’ONF, plus de 50 % des surfaces de forêts domaniales se trouvent en situation de déséquilibre. Des dispositifs expérimentaux comparent la régénération des peuplements protégés par des clôtures à celle des zones accessibles aux animaux. En montagne, l’abroutissement et le changement climatique pourraient modifier durablement la répartition du sapin, du hêtre et de l’épicéa. L’ONF développe également des outils technologiques. Le LiDAR permet de cartographier en trois dimensions le relief et la végétation. Les drones servent à observer les peuplements et à évaluer les dégâts sanitaires ou climatiques. Enfin, plusieurs programmes étudient les effets de l’exploitation forestière sur les sols. Les dispositifs MOS et INSENSE évaluent notamment les conséquences du prélèvement de branches et de rémanents, tandis que le guide PRATIC’SOLS rassemble 23 recommandations pour limiter les impacts des chantiers forestiers sur les sols.
L’absence de plafond maximal de prélèvements dans l’arrêté préfectoral a également été relevée. De son côté, la FDC souligne que cette chasse reste limitée à une petite vingtaine de communes de montagne et concerne peu de pratiquants. Selon ses données, les prélèvements de lièvres variables ont oscillé entre 25 et 37 individus par saison lors des trois dernières campagnes cynégétiques.
Cette évolution s’inscrit dans un phénomène d’érosion observé depuis plusieurs années. Benoît Dumeau, conservateur de la réserve naturelle, précise qu’Arguin s’érode depuis cinq ans et que cette évolution est devenue récurrente. Situé entre la dune du Pilat et la presqu’île du Cap Ferret, le banc est soumis aux effets de la houle et des tempêtes, qui contribuent à remodeler ses contours et à fragmenter ses surfaces émergées. La réduction du banc affecte également les espaces disponibles pour la faune et l’accueil du public. Selon les informations rapportées, il ne reste que quatre îlots de végétation utilisés par les oiseaux, tandis que les espaces nécessaires à l’installation des cabanes d’accueil estivales ont disparu. Les prochaines tempêtes hivernales constituent une nouvelle échéance à surveiller pour suivre l’évolution du site. Les mesures de septembre confirment en tout cas la poursuite de la réduction du banc, sans permettre à elles seules de déterminer son évolution future...
Le débat mérite d’être ouvert. Le premier changement serait peut-être celui du vocabulaire. Protéger une espèce et gérer une population ne sont pas contradictoires. Une politique moderne devrait pouvoir mobiliser différents outils selon la situation : protection, suivi scientifique, restauration des habitats, prévention, régulation ou prélèvement. Toutes les populations ne connaissent pas la même dynamique et tous les territoires ne rencontrent pas les mêmes difficultés. Certaines espèces doivent être préservées ; d’autres nécessitent une surveillance renforcée ; certaines populations peuvent, lorsque leur abondance entraîne des conséquences importantes, justifier des mesures de régulation. Pourquoi ne pas définir des objectifs et des seuils d’intervention, réévalués régulièrement à partir de données scientifiques ? Cette approche permettrait également de mieux intégrer des questions aujourd’hui traitées séparément : dégâts agricoles, équilibre forêt-gibier, prédation sur les troupeaux, collisions routières, espèces invasives ou présence de la faune en milieu urbain. Plutôt que d’attendre 2027 pour poser le problème, les acteurs concernés pourraient commencer à formuler des propositions. État, scientifiques, agriculteurs, forestiers, éleveurs, chasseurs, associations de protection de la nature et collectivités ont chacun une partie de la réponse. Il faudrait notamment déterminer qui décide, sur quelles données, avec quels objectifs et avec quels moyens. La chasse aurait naturellement sa place dans cette réflexion, non comme politique autonome, mais comme l’un des outils de gestion des populations. La question institutionnelle viendra ensuite : ministère dédié, grand portefeuille, évolution de l’OFB ou nouvelle gouvernance ? Plusieurs scénarios sont envisageables, mais l'essentiel est ailleurs : la France doit-elle continuer à gérer la faune par dispositifs successifs ou se doter enfin d’une politique globale, évaluée et territorialisée ? Le moment est venu de poser cette question, et surtout de mettre des propositions concrètes sur la table.
Organisée avec le concours de l’Association des maires de la Loire, de l’Association des maires de France et de la Fédération régionale des chasseurs d’Auvergne-Rhône-Alpes, elle a réuni une vingtaine d’élus et de conseillers municipaux. L’objectif n’était pas de leur dicter une position, mais de leur apporter des informations concrètes pour exercer leurs responsabilités en connaissance de cause. « En tant que Fédération, on voulait se rendre utile », explique Sandrine Guéneau-Audin. Au programme : les droits et devoirs des élus, les responsabilités du maire en matière de sécurité publique, les baux de chasse et les éventuels conflits entre chasseurs et agriculteurs. Autant de sujets susceptibles de provoquer des tensions lorsqu’ils sont mal connus ou insuffisamment discutés.
La directrice de la FDC42 estime que les choix idéologiques sont plus difficiles à faire évoluer. Elle rappelle également qu’une décision municipale peut avoir des conséquences sur la gestion du gibier et les dégâts agricoles. Ces questions méritent d’être examinées au cas par cas, sans réduire le débat à une opposition entre chasseurs et non-chasseurs. Pour Gérard Aubret et son équipe, l’enjeu est donc de créer les conditions d’une discussion éclairée, avant que les désaccords ne se transforment en décisions irréversibles. La formation a suscité suffisamment d’intérêt pour qu’une liste d’attente se constitue en vue d’une prochaine session. La fédération a également transmis le projet à la Fédération nationale des chasseurs, afin que d’autres départements puissent reprendre le principe et utiliser les supports élaborés dans la Loire. La démarche mérite d’être regardée de près : plutôt que d’attendre qu’une interdiction tombe, les chasseurs choisissent d’aller à la rencontre des élus, de répondre à leurs questions et de clarifier les responsabilités de chacun. La chasse ne peut pas reposer uniquement sur des arguments techniques ou sur la tradition ; elle doit aussi être comprise par ceux qui administrent les communes où elle se pratique. Informer ne garantit pas l’absence de désaccord, mais permet au moins que les décisions soient prises sur la base de faits, de règles connues et d’un dialogue préalable.
Pour les chasseurs, cette pratique possède également une dimension pédagogique : elle transmet des usages et une conception de la chasse dans laquelle la prise d’une vie s’accompagne de respect et de responsabilité. Pour le grand gibier, la disposition du tableau obéit à des règles précises. Lorsque le nombre d’animaux le permet, ceux-ci sont couchés sur le côté droit, si possible sur un lit de branchages, la tête tournée vers les chasseurs. Le classement s’effectue en ordre décroissant, en partant du fond et de la gauche : grands cervidés — mâles, femelles et faons —, daims, chevreuils, puis sangliers. Ces derniers peuvent aussi être présentés « morts debout », couchés sur le ventre, les pattes écartées. Les grands animaux mâles reçoivent la « dernière bouchée », une brisée symbolique d’essence noble, placée en travers de la bouche. Une autre brisée, dite de « prise de possession », est déposée à la naissance de l’épaule de chaque animal. Pour les mâles, l’extrémité cassée est orientée vers la tête ; pour les femelles, elle est tournée vers l’arrière. Le petit gibier à poil est disposé selon le même principe : lièvres puis lapins, sans distinction de sexe. Pour les oiseaux, l’ordre retenu est celui des coqs faisans, des poules faisanes, des perdrix, des pigeons et des cailles...
Pour une remise directe au consommateur final, la petite quantité correspond au gibier tué par le premier détenteur au cours d’une journée de chasse. Le gibier doit être remis entier : le chasseur ne peut pas le dépouiller ou le plumer avant la cession, ni le découper, sauf dérogation particulière prévue par la réglementation. La congélation d’un animal non dépouillé ou non plumé est interdite. La remise directe d’abats est également interdite lorsque ceux-ci n’ont pas subi l’inspection post mortem dans un établissement de traitement agréé. Pour fournir un commerce de détail local approvisionnant directement le consommateur final, ou pour servir du gibier lors d’un repas de chasse ou associatif, l’examen initial doit être réalisé par une personne formée. Cette formation est organisée dans le cadre validé par l’administration et les attestations sont délivrées par les fédérations départementales des chasseurs. La fiche de compte rendu accompagne le gibier ou le lot jusqu’à sa destination, ou est remise à l’organisateur du repas avant la consommation. Le gibier peut transiter par un centre de collecte déclaré, dans le respect des exigences d’hygiène, de stockage et de transport. Ces règles ne remplacent pas les obligations applicables aux établissements agréés lorsque la viande est destinée à une commercialisation plus large. Les chasseurs doivent donc déterminer le circuit de distribution avant toute cession et vérifier les exigences correspondant à la destination du gibier...
Dans le cœur du parc, les tirs et l’utilisation d’éclairages artificiels sont limités aux parties non forestières, sauf pour achever un animal blessé tiré en plaine. Le motif avancé est connu : l’importance croissante des dégâts causés par les sangliers aux cultures et les demande d’intervention des exploitants agricoles. Si ces préoccupations sont légitimes, elles ne dispensent pas de s’interroger sur la cohérence de la politique de régulation.
Nous sommes au début de la saison cynégétique 2026-2027. La chasse dispose d’un calendrier, de conditions d’exercice et de règles destinées à encadrer les prélèvements. Pourquoi recourir, dès les premières semaines, à des tirs de destruction, alors que la louveterie est historiquement conçue comme un moyen d’intervention spécifique ? À force de multiplier les dérogations et les opérations administratives, ne risque-t-on pas de brouiller la frontière entre chasse réglementée et destruction d’animaux ? La question mérite d’être posée, d’autant que l’autorisation s’étend jusqu’au cœur d’un parc national, espace soumis à des enjeux particuliers de protection des milieux naturels. Réguler les sangliers peut être nécessaire. Mais une politique cohérente doit aussi expliquer pourquoi, où et dans quelles circonstances les règles ordinaires ne suffisent plus. La régulation ne saurait devenir un régime d’exception permanent.
L’objectif était de comprendre non seulement combien d’oiseaux mouraient, mais aussi à quels moments et à quels stades de leur vie ils étaient les plus vulnérables. Les résultats sont particulièrement préoccupants chez les jeunes oiseaux. Leur probabilité annuelle de survie n’atteint que 59,8 %, contre 89,3 % chez les adultes. Les collisions avec les lignes électriques et les clôtures représentent à elles seules 71 % des mortalités confirmées. Même si les jeunes sont davantage exposés, aucune classe d’âge n’échappe complètement au risque. Surtout, les accidents ne surviennent pas au hasard. Les collisions avec les lignes électriques connaissent deux périodes quotidiennes particulièrement sensibles, autour de midi et au coucher du soleil. Elles coïncident notamment avec les exercices de vol des jeunes et les déplacements des oiseaux vers leurs sites de repos. Les clôtures présentent un autre profil : les accidents sont particulièrement nombreux en août, lorsque les jeunes maîtrisent encore imparfaitement le vol et que les adultes peuvent être temporairement limités par la mue de leurs plumes de vol. Cette étude apporte donc une information essentielle pour la conservation des oiseaux migrateurs : le danger peut être anticipé. Identifier les périodes, les lieux et les comportements qui favorisent les collisions permet de cibler les interventions. Les chercheurs recommandent ainsi d’éviter les clôtures dans les secteurs essentiels à la reproduction et à la mue et de rendre les lignes électriques plus visibles grâce à des dispositifs de balisage. Des mesures qui pourraient bénéficier à de nombreuses espèces migratrices et contribuer à rendre leurs routes moins dangereuses.
Il ne s’agit donc plus seulement de fixer des objectifs, mais de mesurer ce qui a réellement été engagé et réalisé pour les atteindre d’ici 2030. Le bilan sera notamment établi à partir des stratégies et plans nationaux pour la biodiversité présentés par les pays. Cette première évaluation doit permettre d’identifier les avancées, mais aussi les lacunes qui risquent de compromettre l’atteinte des 23 cibles du cadre de Kunming-Montréal. La question du financement de la biodiversité figurera également parmi les dossiers sensibles des négociations. Autre enjeu : la traduction des engagements internationaux en actions concrètes sur le terrain. Protection et restauration des écosystèmes, mobilisation des ressources, données sur la biodiversité, partage des avantages liés aux ressources génétiques ou encore liens entre biodiversité et santé font partie des questions préparatoires identifiées par le secrétariat de la Convention. L’Arménie entend donner une forte dimension politique à cette COP. Un sommet des dirigeants est prévu le 16 octobre, avant l’ouverture officielle, tandis que le segment de haut niveau réunissant notamment les ministres se déroulera les 27 et 28 octobre. À Erevan, l’enjeu sera donc de transformer les promesses de 2022 en résultats mesurables. À quatre ans de l’échéance de 2030, la COP17 devrait surtout permettre de répondre à une question simple : les engagements pris pour enrayer l’érosion de la biodiversité commencent-ils réellement à changer la trajectoire de la nature ?