Une étude récente menée dans l’ouest du Canada apporte un éclairage particulièrement instructif sur les mécanismes de déclin des populations de grands ongulés dans des paysages fortement modifiés par l’activité humaine. Les chercheurs ont suivi durant 10 mois, 180 jeunes orignaux (Alces alces) âgés de 7 à 8 mois jusqu’à leur 18 mois, dans deux régions marquées par une exploitation forestière intensive consécutive à une vaste épidémie d’insectes ravageurs. L’objectif était de comprendre comment les perturbations anthropiques, notamment les coupes forestières récentes et la densité des routes, interagissent avec des facteurs naturels tels que la prédation, l’état corporel, le parasitisme (tiques hivernales), la disponibilité du fourrage et les conditions météorologiques, pour influencer la survie juvénile.
Les résultats montrent un taux de survie relativement faible (59 %), la prédation par les loups constituant la principale cause de mortalité. Surtout, l’utilisation des coupes récentes et des zones à forte densité routière augmentait significativement le risque de décès, indépendamment des autres variables. Cette recherche met en évidence l’importance des effets cumulatifs entre pressions humaines et contraintes écologiques naturelles, et souligne le rôle déterminant de la survie juvénile dans la dynamique des populations de grand gibier.
Les résultats de cette étude nord-américaine sont largement transposables aux contextes européens de gestion du grand gibier, notamment pour le cerf élaphe, le chevreuil, le daim ou encore l’élan scandinave. Elle met en évidence un point central : ce ne sont pas les perturbations prises isolément qui fragilisent les populations, mais leur accumulation avec des facteurs naturels déjà contraignants. Les coupes forestières récentes et les fortes densités de routes augmentent significativement le risque de mortalité des jeunes, non pas parce qu’elles supprimeraient la ressource alimentaire, au contraire puisque les jeunes peuplements offrent souvent une biomasse fourragère abondante, mais parce qu’elles accroissent la vulnérabilité face à la prédation et à la chasse. Les milieux ouverts améliorent la visibilité et l’efficacité des prédateurs, tandis que les infrastructures facilitent l’accès humain. En Europe, où les massifs forestiers sont souvent fragmentés et très accessibles, cette dynamique est particulièrement pertinente...

Au milieu du 20e siècle, l’ours pyrénéen est au bord de l’extinction et dans les années 1990, il ne subsiste plus que cinq individus, essentiellement localisés dans les Pyrénées occidentales. Face à cette disparition imminente, l’État engage un programme de réintroduction. En 1996 et 1997, trois ours originaires de Slovénie sont relâchés dans les Pyrénées centrales. L’objectif est double : éviter l’extinction et restaurer une population viable. De nouveaux lâchers interviennent en 2006, puis en 2018 afin de renforcer la diversité génétique et soutenir la dynamique de reproduction. Ce choix de la souche slovène suscite immédiatement des oppositions. Certains acteurs locaux dénoncent une décision imposée depuis Paris, sans concertation suffisante. D’autres estiment que la réintroduction répond à des engagements européens en matière de biodiversité. Le débat dépasse rapidement la seule question scientifique pour devenir un symbole des tensions entre politiques environnementales nationales et réalités rurales. Aujourd’hui, le retour de l’ours constitue l’un des dossiers les plus sensibles de la gestion de la faune sauvage en France. Entre conservation d’une espèce protégée et défense d’activités traditionnelles, la cohabitation reste fragile...
Cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs concomitants : la mise en place progressive des plans de chasse obligatoires à partir des années 1960-1970, la diminution du braconnage, l’augmentation continue de la surface forestière (près de 30 % du territoire métropolitain aujourd’hui) et l’évolution des pratiques agricoles favorables à certaines espèces. Avant les années 1970, les effectifs avaient été fortement réduits par une pression cynégétique insuffisamment régulée. Les tableaux de chasse, utilisés comme indicateurs démographiques indirects, montrent une multiplication par environ dix des prélèvements annuels de chevreuils depuis les années 1970 et par plus de quinze pour le cerf. Aujourd’hui, les prélèvements annuels s’établissent autour de 600 000 chevreuils et environ 70 000 à 80 000 cerfs élaphes selon les données récentes de l’OFB. Toutefois, l’augmentation des prélèvements ne traduit pas nécessairement une explosion uniforme des densités : une part importante de cette progression correspond à une reconquête spatiale et à l’extension de l’aire de répartition des espèces, plutôt qu’à une augmentation homogène du nombre d’individus par unité de surface...
Avec sa silhouette fine, son pelage roux marqué de blanc sur la gorge et le ventre, et son museau allongé, le loup d’Abyssinie ressemble à un renard aux longues pattes. Pourtant, il est bien plus proche du loup gris que du renard commun. Cette apparence trompeuse reflète surtout une adaptation poussée à un milieu extrême, où la rareté des proies et les contraintes climatiques ont façonné un comportement unique chez les canidés. Contrairement à ses cousins, le loup d’Abyssinie est avant tout un chasseur solitaire. Sa proie principale n’est ni le grand gibier ni le bétail, mais de petits rongeurs endémiques des hauts plateaux, notamment les rats-taupes géants et diverses espèces de rats fouisseurs. Il passe une grande partie de la journée à arpenter les prairies d’altitude, l’oreille tendue, prêt à plonger brusquement le museau dans un terrier pour capturer sa proie. Cette spécialisation alimentaire extrême explique à la fois son succès dans cet écosystème et sa grande vulnérabilité. Si la chasse est solitaire, la vie sociale du loup d’Abyssinie est, en revanche, étonnamment complexe. Les individus vivent en groupes familiaux structurés, comprenant un couple reproducteur dominant et plusieurs adultes apparentés. Ces groupes défendent collectivement un territoire, qu’ils marquent et patrouillent régulièrement...
Mesurant entre 50 et 60 centimètres, le Grand Géocoucou se reconnaît à sa longue queue, son bec légèrement incurvé et sa crête hérissée qu’il dresse lorsqu’il est en alerte. Son plumage brun moucheté de blanc lui offre un excellent camouflage dans les décors désertiques. Ses pattes puissantes, parfaitement adaptées à la course, expliquent son choix de vie : il préfère courir plutôt que voler, une stratégie efficace dans les vastes étendues ouvertes qu’il affectionne. On le rencontre principalement en Californie, en Arizona, au Nouveau-Mexique et au Texas. Il fréquente les déserts, les prairies sèches et les zones broussailleuses, évitant les forêts denses. Omnivore opportuniste, il se nourrit d’insectes, de lézards, d’araignées, de petits rongeurs et même d’autres oiseaux. Il est surtout réputé pour sa capacité à chasser des serpents, y compris venimeux, qu’il neutralise par des frappes rapides et précises. Parfaitement adapté aux conditions extrêmes, le Grand Géocoucou possède des stratégies étonnantes. Le matin, il s’expose au soleil en écartant ses plumes dorsales afin de capter la chaleur. Il limite également ses pertes en eau en tirant l’essentiel de son hydratation de ses proies. Diurne, territorial et souvent fidèle à un même partenaire, il vit en couple une grande partie de l’année. La reproduction a lieu entre mars et septembre. Le nid, construit dans des arbustes ou des cactus, accueille de deux à six œufs couvés par les deux parents. Les jeunes quittent le nid après deux à trois semaines. Classé en « préoccupation mineure » par l’UICN, le Grand Géocoucou reste néanmoins sensible à la destruction de son habitat. Rapide, discret et plein de caractère, il demeure une figure incontournable du désert… et sans doute l’un des rares oiseaux capables de faire sourire rien qu’en entendant un imaginaire « beep-beep ».
Après le rut, cette concentration hormonale chute brutalement, entraînant une résorption osseuse au niveau du pivot, zone d’ancrage entre la ramure et l’os frontal. Lorsque cette jonction s’affaiblit suffisamment, les bois tombent spontanément. Le taux de testostérone demeure faible jusqu’à la fin du printemps, période durant laquelle débute la repousse sous forme de bois en velours. L’âge joue un rôle déterminant dans la chronologie de ce phénomène. Les cerfs adultes perdent généralement leurs bois plus précocement que les jeunes. Ainsi, dans une population dont la pyramide des âges est équilibrée, la période de chute peut s’étaler de fin janvier à avril, voire début mai. Cette variabilité individuelle est un indicateur indirect de la structure démographique d’un massif. Les relations entre testostérone et croissance des bois ont été largement documentées. Une castration accidentelle, selon le stade de développement de l’animal, peut profondément perturber ce cycle. Chez un jeune cerf non mature, elle empêche définitivement toute croissance de la ramure. Chez un adulte en phase de croissance des bois, elle entraîne le maintien d’un velours persistant. Chez un cerf adulte coiffé, elle provoque la chute rapide des bois suivie d’une repousse anarchique, souvent marquée par des nodules, des déformations ou une architecture désordonnée...
L’Italie constitue à ce titre un terrain d’étude majeur. Depuis plus d’une décennie, des équipes de recherche, notamment issues de l’Université La Sapienza de Rome, mènent des analyses génétiques approfondies sur des individus retrouvés morts ou capturés dans différentes régions de la péninsule. Ces travaux ont permis d’identifier des loups porteurs de marqueurs génétiques canins, parfois issus d’hybridations récentes de première ou deuxième génération. Les chercheurs italiens soulignent cependant que ces cas sont localisés et hétérogènes, dépendant fortement du contexte écologique et humain. Toutefois, la répétition de ces événements dans certaines zones alimente une inquiétude croissante. « En Italie, l’hybridation loup–chien ne peut plus être considérée comme un événement marginal : elle est récurrente, localisée, mais persistante dans le temps », notent les équipes de La Sapienza. Le principal enjeu réside dans la fragilité génétique du loup italien, population issue d’un fort goulot d’étranglement historique. Dans ce contexte, même une faible introgression canine peut avoir des conséquences disproportionnées. Comme l’explique le biologiste évolutif Carles Vilà : « Même à faible fréquence, l’introgression de gènes canins peut représenter une menace sérieuse pour la conservation des populations de loups, en particulier lorsque celles-ci ont déjà subi un goulot d’étranglement génétique »...
Historiquement cantonnée à un territoire restreint et accidenté, entre 400 et 2 000 mètres d’altitude, cette sous-espèce trouve refuge dans des falaises abruptes, gorges profondes et versants escarpés qui offrent à la fois protection et diversité alimentaire. Cette aire de répartition limitée a longtemps rendu l’ibex de Beceite vulnérable.
Au cours du 20e siècle, la chasse excessive, la pression humaine et la transmission de maladies depuis le bétail domestique ont provoqué un net déclin des effectifs. À partir des années 1990, des programmes de conservation ont été mis en place, notamment par la Generalitat de Catalunya et les autorités régionales voisines. Ils ont permis une stabilisation puis une lente expansion des populations, avec une recolonisation progressive de territoires adjacents. Aujourd’hui, l’ibex de Beceite est principalement présent dans le parc naturel des Ports et le parc naturel de la Tinença de Benifassà, avec des noyaux secondaires issus de translocations contrôlées. Les estimations récentes évaluent la population entre 3 000 et 4 000 individus, bien que ces chiffres puissent fluctuer en fonction des épisodes sanitaires, notamment la gale sarcoptique, qui demeure une menace récurrente. Symbole fort de la biodiversité méditerranéenne, l’ibex de Beceite est devenu un modèle de gestion mêlant protection, recherche scientifique et usages encadrés...
Chez Pisaurina mira, le mâle attaché à un petit paquet de nourriture se fait passer pour mort afin d’éviter d’être dévoré par la femelle. Quand celle-ci commence à manger le cadeau, le mâle se réveille et peut s’accoupler. Des expériences avec des renards ont révélé l’efficacité de cette ruse. Les jeunes renards emportaient dans leur tanière des oiseaux qui simulaient la mort, laissant parfois les proies s’échapper. Les renards adultes, plus expérimentés, ont appris qu’il fallait tuer ou blesser les proies pour ne pas risquer de les voir s’échapper. Ce phénomène est ainsi surnommé « la dernière chance » : si la proie bouge, elle est condamnée ; si elle feint la mort, elle peut survivre. Mais la thanatose ne sert pas toujours à échapper à un prédateur immédiat. Pour certaines espèces, elle protège la progéniture : la mère se fige et attire l’attention sur elle, tandis que ses petits se cachent. Elle peut aussi réduire le stress ou rendre un animal moins visible pour des prédateurs sensibles au moindre mouvement. Cette stratégie est à la fois risquée et ingénieuse. Elle illustre la créativité de la nature face aux menaces et la complexité des comportements animaux. Feindre la mort demande un équilibre subtil : rester totalement immobile, mais être capable de réagir au bon moment pour fuir. Une tactique millénaire qui, dans la guerre permanente entre prédateurs et proies, peut faire la différence entre la vie et la mort.
Gardiennage renforcé, chiens de protection, clôtures électrifiées, accompagnement technique : tout est mis en œuvre pour tenter de contenir la prédation, au prix de profondes modifications des pratiques pastorales et d’un alourdissement considérable des charges humaines et financières pour les éleveurs. L’appel à projets national 2026, publié fin décembre, s’inscrit dans cette continuité, avec l’ouverture du téléservice SAFRAN, et la reconduction des aides existantes. L’introduction d’un « cercle 0 ours », calqué sur le modèle déjà appliqué au loup, reconnaît implicitement que certaines zones subissent une pression de prédation telle que les moyens classiques ne suffisent plus. Déplafonnement des aides, prise en charge accrue des salaires de bergers, extension du « cercle 3 loup » à presque tous les départements : autant de mesures qui traduisent un aveu silencieux d’échec. Si la cohabitation fonctionnait réellement, pourquoi faudrait-il sans cesse renforcer, étendre et complexifier ces dispositifs ? Derrière le discours officiel se dessine une réalité plus brutale : l’élevage, pilier de nombreux territoires ruraux, se retrouve contraint de s’adapter en permanence à la présence de prédateurs protégés, sans jamais pouvoir retrouver une stabilité durable...
Ces territoires, vastes, réglementés et dotés de personnels formés, pourraient constituer le cadre naturel et cohérent d’accueil des grands prédateurs. La place du loup et de l’ours serait alors clairement définie : à l’intérieur de ces zones protégées, sous la responsabilité directe des agents des parcs nationaux, chargés de leur suivi, de leur régulation et de la gestion des éventuels conflits. En dehors de ces espaces, en revanche, la présence de grands prédateurs ne serait plus tolérée. Leur élimination ou leur reconduite vers les parcs relèverait des chasseurs, acteurs historiques de la gestion de la faune sauvage et déjà impliqués dans l’équilibre des populations animales. Une telle approche aurait le mérite de la clarté : elle mettrait fin à l’hypocrisie d’une cohabitation impossible, mais cependant imposée à des territoires qui n’en veulent pas, ou ne peuvent pas la supporter. Elle permettrait également de recentrer les moyens publics sur des zones précisément identifiées, plutôt que de disperser les aides sur l’ensemble du territoire. Certes, cette proposition heurte certains dogmes et devra composer avec les règlements européens de protection des espèces. Mais elle offre une piste de réflexion concrète, fondée sur la réalité du terrain et sur le respect des activités humaines. Parquer les grands prédateurs n’est pas les nier : c’est reconnaître que la coexistence généralisée a montré ses limites, et qu’une gestion territorialisée, assumée et lisible pourrait enfin apaiser un conflit vieux de plusieurs siècles.
Les testicules augmentent fortement de volume, parfois jusqu’à cinq ou six fois leur taille hors période de reproduction, signe d’une activité hormonale intense dominée par la testostérone. Les mâles deviennent plus actifs, parcourent de longues distances, marquent abondamment leur territoire par l’urine et les fèces, et se livrent à des poursuites parfois violentes avec leurs congénères rivaux. Les combats restent généralement ritualisés mais peuvent occasionner morsures et blessures, surtout dans les zones à forte densité. La femelle, de son côté, n’est réceptive que sur une période très courte. L’œstrus dure environ trois semaines, mais la fenêtre de fécondation effective ne dépasse pas deux à trois jours. Durant cette phase, la vulve devient tuméfiée, rosée et humide, et le comportement de la renarde change nettement : elle multiplie les déplacements nocturnes et émet des vocalisations caractéristiques, sortes d’aboiements rauques et plaintifs, audibles à grande distance. Ces cris servent à signaler sa réceptivité aux mâles environnants. L’accouplement, souvent précédé de longues parades et de poursuites, est marqué par le phénomène bien connu de « verrouillage » copulatoire. Comme chez de nombreux canidés, le pénis du mâle se bloque dans le vagin de la femelle par gonflement du bulbe pénien, maintenant les partenaires solidaires pendant plusieurs dizaines de minutes, parfois jusqu’à 90 minutes. Ce mécanisme augmente les chances de fécondation et limite l’intervention de concurrents. Contrairement à certaines idées reçues, le renard est plutôt monogame saisonnier : un couple se forme pour la durée du cycle reproducteur, même si des accouplements opportunistes peuvent survenir, notamment en milieu urbain ou très densément peuplé...
Il est préférable de proposer un mélange de plusieurs graines pour limiter le tri et assurer un apport équilibré. L’agrainage doit être régulier et modéré, idéalement tous les 2 à 3 jours en période de neige persistante. Un apport excessif attire les prédateurs et favorise la dépendance. Les graines doivent être déposées sur sol dégagé, jamais directement sur la neige, afin de rester accessibles. Les sites doivent être calmes, peu fréquentés par l’homme et éloignés des routes. Privilégier les lisières, bandes enherbées, haies basses ou abords de jachères. Éviter les zones trop ouvertes où les perdrix seraient exposées aux rapaces. Il est conseillé de multiplier les petits points d’agrainage plutôt qu’un seul site important, afin de réduire la pression de prédation et la concurrence entre oiseaux. Les perdrix supportent mieux le froid sec que l’humidité et le vent. La présence de couverts naturels est essentielle : haies, ronciers, bandes de luzerne, repousses de céréales ou couverts faunistiques non broyés. En cas de manque, des abris artificiels simples (tas de branchages, fagots, bottes de paille légèrement aérées) peuvent offrir une protection efficace contre le vent et la neige. Contrairement aux idées reçues, l’eau reste indispensable en hiver. En période de gel, il est utile de proposer de l’eau non gelée dans des récipients peu profonds, changée régulièrement. Cela limite le stress physiologique et améliore la digestion des graines sèches.
La réunion était présidée par Juan del Yerro, président de la JNHTC et conseiller juridique du CIC. Temps fort de la journée, une table ronde animée par Luis de la Peña, vice-président du CIC, a permis d’examiner les fondements scientifiques et l’intérêt opérationnel de la mesure des trophées.
Les échanges ont montré que des systèmes d’évaluation rigoureux et standardisés constituent de véritables outils d’aide à la décision pour la gestion des populations de gibier, bien au-delà de leur dimension symbolique. Parmi les exemples évoqués, le chamois record du monde du CIC a occupé une place centrale. Originaire du massif de Fagarae, dans les Carpates roumaines, cet animal fut prélevé le 26 octobre 1934 par le chasseur allemand Adolf Hesshaimer. Mesuré officiellement à 141,10 points CIC, ce trophée demeure aujourd’hui encore une référence mondiale, illustrant l’importance d’une méthodologie précise et d’une documentation fiable pour la valeur scientifique des données cynégétiques. Les participants ont unanimement rappelé que l’évaluation des trophées n’est pas une fin en soi, mais un outil au service de la gestion. En valorisant notamment l’âge des animaux, les systèmes de notation encouragent une chasse sélective, favorable à des populations plus équilibrées et à des prélèvements durables, tant pour les espèces de montagne que pour des espèces adaptables comme le sanglier.
Elles connaissaient donc parfaitement les lieux et leur salut résidait presque exclusivement dans la fuite. Avec les populations que l’on a aujourd’hui, les déplacements sont plus restreints, sauf pour les grands mâles, plus explorateurs et toujours en quête de laies à saillir. Un sanglier chassé reste donc sur son territoire, ne s’aventurant que contraint et forcé à l’extérieur. Ainsi, acculé ou confiant dans ses moyens, il choisit plus souvent de faire face. Cette attitude, appelée le ferme, est une posture classique et redoutée. Elle peut être adoptée par choix, lorsque l’animal refuse de courir, ou par nécessité, lorsqu’il est épuisé, blessé ou bloqué par le terrain. Dans le premier cas, la démonstration est surtout dissuasive : charges d’intimidation, claquements de mâchoires, bousculades. Le sanglier jauge ses adversaires et, s’il le peut, finira par se dégager. Dans le second cas, la défense est acharnée, calculée, et il n’hésite pas à faire payer très cher sa survie aux chiens qui l’assaillent. Et comme l’animal est intelligent, rusé, fin connaisseur de son territoire, il sait parfaitement où est le fourré le plus épais...