Au-delà des déclarations politiques, le sommet d’Astana a également mis en lumière les efforts engagés par le Kazakhstan pour restaurer sa biodiversité et reconstruire des écosystèmes fortement dégradés. Le ministre de l’Écologie Yerlan Nyssanbayev a notamment rappelé le spectaculaire retour de l’antilope saïga, espèce emblématique des steppes d’Asie centrale. Menacée d’extinction au début des années 2000 avec seulement 21 000 individus recensés, sa population atteindrait aujourd’hui près de cinq millions d’animaux grâce à des programmes de protection renforcée et à une lutte accrue contre le braconnage. Le pays poursuit également la réintroduction du cheval de Przewalski, disparu à l’état sauvage depuis des décennies, tandis qu’un ambitieux programme vise à faire revenir le tigre turanien dans son ancien habitat des plaines du Syr-Daria et de l’Amou-Daria. Des tigres de l’Amour ont déjà été introduits dans une réserve spécialement aménagée afin de recréer progressivement une population viable. En parallèle, le Kazakhstan poursuit un gigantesque programme de reforestation lancé après les incendies catastrophiques de 2023 qui avaient ravagé près de 70 000 hectares de forêts. Plus de 1,6 milliard d’arbres ont déjà été plantés et l’objectif fixé par le président Tokaïev est d’atteindre deux milliards d’arbres d’ici 2027. Les autorités mènent également des opérations massives de restauration forestière et de valorisation du bois brûlé grâce à plusieurs nouvelles unités de transformation. Enfin, le gouvernement cherche à associer davantage la population à cet effort écologique national à travers la campagne « Taza Kazakhstan » (« Kazakhstan propre »), qui mobilise écoles, universités, collectivités et citoyens autour du nettoyage des espaces naturels et des plantations d’arbres. Pour les autorités kazakhes, cette mobilisation populaire constitue un élément essentiel pour faire émerger une véritable culture environnementale dans une région confrontée à des bouleversements climatiques majeurs