À la suite de l’exposition de trophées de cerfs organisée les 24 et 25 mai à Joinville dans le cadre de « Nature et Chasse en Fête », un lecteur de notre site « alabillebaude » a souhaité réagir à un article paru dans la presse locale. Dans une longue lettre ouverte particulièrement argumentée, Jany Vernais regrette avant tout un traitement qu’il juge réducteur et déséquilibré de l’événement. L’auteur rappelle l’ampleur de cette manifestation cynégétique et rurale, organisée au château de Joinville, ancien rendez-vous de chasse des ducs de Guise. Il souligne la mobilisation de nombreux bénévoles, la présence de dizaines d’artisans, de sonneurs de trompe, d’éleveurs de chiens, d’associations spécialisées et d’organismes liés à la nature et à la forêt. Selon lui, cet aspect patrimonial, culturel et populaire aurait largement mérité d’être davantage mis en avant dans les comptes rendus médiatiques.
Mais le cœur du courrier porte surtout sur la gestion des populations de cerfs en Haute-Marne, sujet particulièrement sensible depuis la réforme mise en place il y a trois ans. Jusqu’alors, le plan de chasse reposait sur une distinction entre deux catégories de mâles : les jeunes cerfs (C1) et les cerfs âgés (C2). Le système combinait plusieurs ratios techniques : volume global de prélèvements, proportion de mâles parmi les animaux attribués et part de vieux mâles au sein des prélèvements masculins. L’objectif était double : contrôler les effectifs tout en assurant un vieillissement équilibré de la population. La Fédération départementale des chasseurs a toutefois choisi d’expérimenter un nouveau mode de gestion simplifié. Le classement C1/C2 a été supprimé afin de limiter les erreurs d’identification sur le terrain, et de faciliter la réalisation des plans de chasse. En contrepartie, le nombre total de mâles attribués a été réduit afin de conserver un objectif biologique identique : maintenir davantage d’animaux en forêt pour favoriser naturellement leur vieillissement. Ce nouveau modèle oppose aujourd’hui deux lectures techniques. Ses défenseurs estiment qu’il permettra, à moyen terme, de préserver davantage de jeunes mâles qui atteindront progressivement des classes d’âge supérieures. Ses détracteurs s’appuient au contraire sur les premiers ratios de prélèvements observés, jugés moins favorables aux vieux cerfs qu’auparavant. Mais, comme le souligne l’auteur, une analyse fiable nécessiterait également d’intégrer les animaux non prélevés, toujours présents en forêt, ce qui demeure extrêmement complexe en milieu ouvert. Pour Jany Vernais, il est donc prématuré de tirer des conclusions définitives. L’expérimentation reste en cours et devra encore être évaluée scientifiquement avant d’être confirmée, corrigée ou abandonnée.
Haute-Marne : à Joinville, une fête de la chasse saluée, mais un débat persistant sur la gestion des cerfs...
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Haute-Marne : à Joinville, une fête de la chasse saluée, mais un débat persistant sur la gestion des cerfs...