Pendant longtemps, une règle semblait faire consensus chez les propriétaires de chiens de chasse comme chez les vétérinaires. Après le sevrage, le chiot devait être nourri trois fois par jour jusqu’à six mois, puis deux fois par jour jusqu’à un an. À l’âge adulte, une seule ration quotidienne pouvait être envisagée, à condition que l’état physique du chien le permette.
Cette pratique reste aujourd’hui largement répandue. Cependant, une étude scientifique récente, publiée dans la revue GeroScience, vient bousculer ces certitudes. Les chercheurs américains ont observé qu’une alimentation une seule fois par jour pourrait être associée à une meilleure santé globale chez le chien adulte. « Nous ne pensions pas observer de différences significatives dans la santé ou les capacités cognitives des chiens selon leur fréquence d’alimentation », explique Kathleen Kerr, auteure principale de l’étude. Les résultats ont pourtant surpris l’équipe de recherche. Les scientifiques ont analysé les données du Dog Aging Project, un vaste programme de recherche consacré au vieillissement des chiens domestiques. Ce projet rassemble des informations détaillées sur plus de 10 000 chiens : race, taille, âge, niveau d’activité, mode de vie et habitudes alimentaires. Selon les résultats, les chiens nourris une fois par jour présentaient en moyenne moins de problèmes de santé dans plusieurs domaines : troubles gastro-intestinaux, maladies dentaires, affections orthopédiques ou encore certaines pathologies métaboliques. Les chercheurs ont également observé chez ces animaux de meilleurs scores dans les tests cognitifs, suggérant un impact potentiel sur les fonctions cérébrales et le vieillissement.
Ces conclusions rappellent certains travaux menés chez d’autres espèces, notamment chez les rongeurs ou les primates, qui ont montré que des périodes de jeûne plus longues entre les repas pouvaient avoir des effets positifs sur le métabolisme et la longévité. Les auteurs restent toutefois prudents. L’étude repose sur des observations et ne permet pas d’établir un lien direct de cause à effet. D’autres facteurs, comme le niveau d’exercice ou la qualité de l’alimentation, peuvent également influencer la santé des animaux. De nombreux vétérinaires soulignent également que les besoins alimentaires varient selon l’âge, la race et l’activité du chien. Les chiots, les femelles gestantes ou les chiens très actifs nécessitent souvent plusieurs repas quotidiens. Pour les chiens adultes en bonne santé, cette étude suggère néanmoins qu’un repas quotidien équilibré et adapté pourrait être suffisant. Une conclusion qui relance le débat sur les pratiques alimentaires et pourrait, à terme, influencer certaines recommandations vétérinaires. En attendant, une règle reste essentielle : quelle que soit la fréquence des repas, la qualité de l’alimentation et l’équilibre nutritionnel demeurent les clés de la bonne santé du chien.