La nomination d’Anne Le Strat au poste de directrice générale déléguée de l’Office français de la biodiversité (OFB), chargée de la « mobilisation de la société », suscite une vive polémique dans les territoires ruraux. Cette décision, actée par arrêté ministériel, est perçue par de nombreux acteurs agricoles et cynégétiques comme un nouvel indice de l’éloignement croissant entre l’OFB et les usagers traditionnels des espaces naturels, au premier rang desquels figurent les agriculteurs et les chasseurs.
Ancienne élue parisienne, Anne Le Strat est une figure connue de l’écologie politique. Son parcours est marqué par un engagement ancien au sein de « Europe Écologie – Les Verts », ainsi que par des proximités revendiquées avec des mouvements écologistes militants, dont « Extinction Rebellion », les « Soulèvements de la Terre » et plusieurs collectifs décroissants. Elle a également occupé des responsabilités au sein d’organisations environnementales opposées à certaines pratiques agricoles et cynégétiques conventionnelles. Si ce profil est salué dans les cercles écologistes, il inquiète fortement dans le monde rural. Cette nomination est également interprétée par les représentants cynégétiques comme un nouveau signe de mise à distance de la chasse, pourtant reconnue par la loi comme un outil de gestion de la biodiversité. Pour beaucoup, l’arrivée d’une responsable associée à des mouvements historiquement hostiles à la chasse accentue le sentiment d’exclusion et de défiance à l’égard de l’OFB. Face à ces critiques, l’OFB a tenu à répondre. L’établissement insiste sur l’expérience d’Anne Le Strat dans l’action publique et affirme qu’elle a démissionné de toute fonction partisane avant sa prise de poste. L’OFB rappelle également que ses dirigeants, comme l’ensemble de ses agents, sont soumis à une obligation stricte de neutralité et d’impartialité, et qu’ils appliquent la feuille de route définie par l’État. Mais, malgré ces assurances, la nomination intervient dans un climat déjà bien fragilisé, et les tentatives récentes de rétablir un dialogue apaisé entre l’OFB, les agriculteurs et les chasseurs n’ont pas permis de lever les incompréhensions. Pour nombre d’acteurs de terrain, ce choix symbolise moins une ouverture que l’agrandissement du fossé entre politiques environnementales nationales et réalités rurales, ravivant la défiance durable à l’égard de l’institution.
Anne Le Strat nommée à l'OFB : un virage qui interroge...
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Anne Le Strat nommée à l'OFB : un virage qui interroge...