A l’inverse, les opposants à ces réformes alertent d’abord sur le risque de perte d’expertise spécialisée. La police de la chasse et de l’environnement repose sur des compétences techniques spécifiques, incluant la connaissance de la biologie des espèces, de réglementations complexes et des réalités locales. Une intégration dans des forces plus généralistes, comme la gendarmerie, pourrait diluer ces savoir-faire et affaiblir la qualité des contrôles. La présence territoriale est également au cœur des inquiétudes. Les agents spécialisés sont souvent implantés localement et entretiennent des relations régulières avec les acteurs du terrain. Une réduction des effectifs dédiés ou un redéploiement vers des missions plus larges pourrait entraîner une moindre surveillance des espaces naturels, au détriment de la prévention des infractions et de la sécurité, notamment en période de chasse. D’autres soulignent le risque de confusion des compétences. Une fusion insuffisamment définie peut créer des zones de flou juridique et opérationnel, compliquant l’identification de l’autorité compétente, ralentissant le traitement des infractions. Enfin, les coûts de transition sont souvent jugés sous-estimés. Toute réorganisation d’ampleur implique des dépenses initiales (formation, réaffectation des personnels, harmonisation des procédures...) susceptibles de retarder les bénéfices attendus. La réduction des doublons entre l’OFB, sa police de la chasse et la gendarmerie ne se résume donc pas à une opposition entre économies budgétaires et protection de l’environnement. Elle pose un arbitrage complexe entre efficacité financière, qualité du service public, sécurité des territoires ruraux et préservation des écosystèmes.