Sous l’éclairage clinique du laboratoire, un expert en incendies prépare soigneusement ses gants et sa blouse avant de manipuler des échantillons de terre brûlée, de charbon et de bois calciné prélevés sur des sites sinistrés. Ces matériaux, typiques des feux en milieu naturel, sont analysés dans un centre spécialisé regroupant plusieurs dizaines de professionnels, dont une partie exclusivement dédiée aux enquêtes sur les incendies.
Leur mission principale est la détection d’éventuels accélérants, souvent des liquides inflammables, dont la présence peut appuyer la thèse d’un incendie criminel. La procédure débute par la recherche de composés volatils, chauffés afin de libérer des gaz analysés par chromatographie en phase gazeuse, puis identifiés au spectromètre de masse, ce qui permet d’obtenir une véritable « empreinte chimique » des substances présentes. Une seconde étape vise les composés plus lourds, tels que les huiles ou les fiouls, grâce à l’utilisation de solvants. Ces méthodes sont mises en œuvre dans le cadre d’enquêtes complexes, comme celle de l’incendie ayant ravagé récemment plusieurs milliers d’hectares dans l’Aude, où l’origine humaine reste envisagée. Chaque analyse fournit des éléments décisifs pour confirmer ou écarter l’hypothèse d’un acte volontaire, tout en intégrant la dimension chimique dans le processus judiciaire. Toute enquête commence cependant bien avant l’arrivée des échantillons au laboratoire...
Quelques brèves de chez nous et... d'ailleurs

Dans ce département de marais, lagunes et zones humides, la chasse au gibier d’eau constitue un véritable héritage culturel. Qu’elle soit pratiquée à la hutte, en gabion ou à l’affût, elle associe savoir-faire et patience. L’exercice de la chasse est encadré par un arrêté préfectoral (n° 2025/513), qui fixe pour la campagne 2025-2026 les modalités propres au département. Les dates d’ouverture et de fermeture, espèces autorisées ou interdites et conditions particulières d’exercice sont définies au niveau national, puis adaptées localement. Un point essentiel demeure : la chasse de nuit au gibier d’eau reste autorisée, mais uniquement depuis des postes fixes déjà existants au 1er janvier 2000, et déclarés en préfecture avant le 1er janvier 2001. Cette règle vise à limiter la multiplication des installations et à encadrer une pratique singulière, qui fait la réputation des Landes dans toute la France. Par ailleurs, la réglementation nationale interdit l’usage de grenaille de plomb dans les zones humides, mesure déjà en place, afin de protéger la faune et les écosystèmes. La saison 2025-2026 s’ouvre donc dans un cadre strict, combinant tradition vivante et régulation encadrée. Les contrôles, assurés par l’Office français de la biodiversité et les services de l’État, visent à garantir le respect de la réglementation tout en permettant aux chasseurs de perpétuer leur passion. Dans les Landes, encadrée et toujours vivace, la chasse aux gibiers d’eau continue de marquer le paysage culturel et naturel du département.
Les onze membres de l’initiative (Burkina Faso, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan et Tchad) ambitionnait de restaurer 100 millions d’hectares de terres, de séquestrer 250 millions de tonnes de carbone, et de créer 10 millions d’emplois. Mais, selon une étude publiée dans « Land Use Policy », l’impact écologique de ce méga projet reste faible.
Les bénéfices sont surtout économiques avec des emplois temporaires, la création d(infrastructures sociales et une augmentation des revenus pour les communautés rurales. Lors du « One Planet Summit » de 2021 à Paris, les bailleurs avaient promis 19 milliards USD pour accélérer la GMV, après une première promesse de 4 milliards USD en 2015. Mais la réalité est bien différente. Selon l’étude, entre 2011 et 2019, sur 870 millions USD supposément versés, seuls 149 millions USD sont arrivés dans les pays bénéficiaires, soit un peu moins de 20%. La GMV reste donc fortement tributaire des financements étrangers, ce qui a été souligné lors de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement en juillet dernier. Le professeur Amadou Ndiaye, de l’université Amadou Mahtar Mbow et co-auteur de l’étude, estime cependant qu’un projet de cette ampleur ne peut réussir « en une génération » et qu’il faut mieux intégrer les modes de vie locaux dans les stratégies, tout en diversifiant les sources de financement.
Résultat : une lignée de renards argentés étonnamment dociles, qui recherchent la compagnie humaine, agitent la queue et arborent même des taches blanches, des oreilles tombantes ou un museau raccourci, autant de signes typiques du « syndrome de domestication ». Mais derrière ces changements visibles, les chercheurs ont découvert bien plus : la domestication agit aussi en profondeur sur le cerveau. Grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM), une équipe a observé que les renards sélectionnés pour la docilité, tout comme ceux sélectionnés pour leur agressivité, présentaient une augmentation de la matière grise par rapport aux renards « neutres », issus d’une lignée non sélectionnée. Les régions concernées, cortex préfrontal, amygdale, hippocampe ou cervelet, sont précisément celles qui jouent un rôle clé dans les émotions, la mémoire et la prise de décision...
Cette veille repose sur l’observation de mortalités anormales et l’analyse des causes. Les missions du réseau incluent :
Les diagnostics sont réalisés par les LVD, des laboratoires spécialisés et des références nationales (Anses, Institut Pasteur). Le numéro spécial de la « Lettre du réseau SAGIR » présente le bilan 2024 à travers des indicateurs généraux et des analyses détaillées par type de surveillance. Pour cette année 2024, 2 366 événements de collecte ont été enregistrés, correspondant à 2 760 échantillons (cadavres) saisis dans Epifaune : 1 539 cas généralistes et 827 cas relevant d’une surveillance renforcée.
Ce « mégaflash », une décharge électrique unique et continue, a surpassé le précédent record de 768 km observé en avril 2020 entre le Mississippi et le Texas. Selon Michael Peterson, chercheur à l’Institut de recherche Georgia Tech, les mégaflashs apparaissent dans les systèmes convectifs de méso-échelle : d’immenses complexes orageux pouvant couvrir des centaines de kilomètres et durer plusieurs heures. Ces conditions favorisent la propagation horizontale des éclairs à travers les sommets nuageux. Par leur ampleur, ces phénomènes sont potentiellement plus dangereux qu’un éclair ordinaire. Cette observation a été confirmé grâce à une analyse inédite des données du satellite météorologique américain GOES 16, combinées à des observations terrestres. En 2017, bien que le satellite fût déjà opérationnel, les logiciels de traitement n’étaient pas encore capables de gérer des données aussi volumineuses. Ce n’est qu’avec le perfectionnement récent des outils informatiques que les chercheurs ont pu identifier et cartographier cet éclair, révélant ses différentes charges électriques, positives et négatives...
La prévention, notamment en limitant l’introduction et la propagation d’espèces exotiques, reste la mesure la plus efficace. Cependant, cette gestion repose sur une connaissance précise de l’état et de l’évolution des invasions biologiques, or les données sont souvent fragmentées et incomplètes.
Le rapport mondial de l’IPBES dresse un panorama complet sur six grands groupes taxonomiques (bactéries, protozoaires, SAR, champignons, plantes et animaux), révélant que des espèces exotiques sont désormais établies dans toutes les régions, y compris l’Antarctique et les îles les plus isolées. Leur nombre augmente dans tous les groupes et toutes les zones, souvent à un rythme accéléré. Des lacunes majeures persistent, en particulier pour les taxons autres que les plantes vasculaires et les vertébrés, ainsi que dans les régions d’Afrique, d’Asie centrale et dans les milieux aquatiques. Les listes existantes représentent des minima, appelant à des efforts soutenus pour combler ces vides. Six défis prioritaires sont identifiés, allant de l’amélioration des méthodes de suivi à l’harmonisation des données...
Malgré plusieurs décennies d’alertes scientifiques, les trajectoires des émissions de gaz à effet de serre laissent craindre que le seuil critique de réchauffement de 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle sera franchi dès les prochaines décennies, voire avant la moitié du XXIe siècle. Le premier volume du dernier rapport du GIEC, fruit d’une collaboration internationale rassemblant près de 250 scientifiques de plus de 60 pays, confirme avec force la progression continue du réchauffement global. Le rapport souligne que la hausse de la température moyenne planétaire s’est accentuée et qu’elle pourrait dépasser le seuil de 1,5°C entre 2021 et 2040. Ce palier, fixé par l’accord de Paris en 2015 comme limite à ne pas dépasser pour éviter les conséquences les plus catastrophiques, semble désormais à portée de main. Toutefois, comme pour une éruption volcanique dont on sait qu’elle finira par survenir sans pouvoir prédire précisément la date, les scientifiques restent certains de l’inéluctabilité du changement climatique, mais incertains quant au calendrier exact de ses impacts...
ce corps a évolué pour répondre aux défis contemporains tout en préservant ses racines historiques.
Aujourd'hui, bien que les grands prédateurs soient de retour dans la plupart des régions de France, le rôle du lieutenant de louveterie s'est élargi. En tant qu'intermédiaire entre les autorités administratives, les chasseurs et les défenseurs de la biodiversité, il jongle avec les intérêts souvent divergents, de ces parties prenantes. Son engagement réside dans la préservation de l'équilibre fragile entre la protection des espèces sauvages, et la gestion nécessaire des populations animales pouvant causer des dommages économiques ou écologiques, comme les sangliers, les renards et les cervidés. La régulation demeure au cœur de son action. Les missions de battues administratives, menées en collaboration avec les chasseurs locaux, visent à limiter les nuisances causées par une surpopulation animale. Ces interventions se déroulent dans le strict respect de la législation et des normes éthiques, mettant un point d'honneur à considérer les dynamiques écologiques et les spécificités locales pour une gestion durable et responsable...
Sur la fiche de baguage reçue en retour, on découvre l’itinéraire de l’oiseau, la distance parcourue, le temps écoulé depuis sa capture initiale. Et parfois, ces données laissent pantois... Il arrive qu’un simple coup d’œil aux chiffres suffise à mesurer la performance. Ainsi, une sarcelle d’hiver baguée sur les côtes de la mer du Nord, fut reprise dès le lendemain dans la réserve de Doñana, au cœur du delta du Guadalquivir, en Andalousie. Elle avait parcouru plus de 1 800 kilomètres en moins de 24 heures. De même, des canards colverts, bagués en Camargue le matin, ont été observés le soir même dans le nord de la France, ayant franchi plus de 700 kilomètres dans la journée. Les oies cendrées, grandes voyageuses de nos zones humides, réservent aussi leur lot de surprises. Parmi celles qui hivernent chaque année sur les rives du lac du Der, en Champagne, un petit groupe porteur de colliers colorés numérotés a été observé faisant de rapides allers-retours en Hollande. Ces déplacements express démontrent à quel point certaines espèces gèrent leur migration avec souplesse, capables de franchir de longues distances pour répondre à une opportunité alimentaire, ou à un caprice de la météo...
Beaucoup, comme certaines fourmis ou coléoptères, s’enfouissent profondément dans le sol ou se glissent sous des écorces épaisses. Quant aux larves, elles peuvent échapper au feu, si elles sont assez profondément enfouies sous terre. Fait étonnant : certaines espèces, appelées insectes pyrophiles, sont attirées par les incendies. Les coléoptères du genre Melanophila, par exemple, détectent l’infrarouge à plusieurs kilomètres et viennent pondre leurs œufs dans les troncs encore fumants, là où les prédateurs sont rares et la nourriture abondante...
À l'approche de la 20e Conférence des Parties, qui se tiendra en novembre 2025, l'Association allemande de chasse (DJV) et la délégation allemande du Conseil international pour la conservation du gibier et de la faune sauvage (CIC) soulèvent des préoccupations majeures. Elles prônent un changement fondamental de politique, argumentant que les interdictions commerciales, loin de favoriser la conservation, encouragent le braconnage. Elles affirment que les approches basées sur des interdictions généralisées sont souvent motivées par des idéologies, plutôt que par des stratégies scientifiquement fondées. Cette approche, selon elles, nuit aux modèles efficaces de conservation localement adaptés en Afrique, où des pays comme la Namibie, l'Afrique du Sud, le Botswana et le Zimbabwe, cherchent à gérer leurs ressources fauniques de manière durable. Un exemple intéressant est celui de l'éléphant en Afrique australe. Bien que les populations soient stables voire en croissance, le commerce légal de l'ivoire est largement interdit, privant ainsi les communautés locales de revenus précieux pour la conservation et la lutte contre le braconnage. Cette situation crée également des conflits croissants entre les éléphants et les populations locales, mettant en péril les moyens de subsistance et l'harmonie communautaire...