Grands cervidés : les premiers faons sont arrivés…

Preuve s’il en est que la période des amours, chez le cerf, débute fin août, les premiers faons de l’année ont déjà pointé le bout de leur museau. Plusieurs témoignages font état de naissances dans le Loiret, l’Eure, l’Oise et le Loir et Cher, après une période de l’ordre de 240 jours de gestation. Chez les cervidés, plus la date de naissance est précoce, plus le faon aura la possibilité de bien se développer et d’emmagasiner des réserves de graisse suffisante avant l’hiver, à la condition cependant que les conditions météorologiques néonatales soient favorables. A la naissance, un faon de biche pèse entre 5 et 10 kg, selon l’état de la mère. En dessous de 4 kg, le nouveau-né est voué à une mort certaine dans les jours qui suivent la naissance, alors que 95% des faons d’un poids supérieur à 6 kg survivent. La croissance est rapide avec une prise de poids de l’ordre de 400 à 500 grammes par jour. L’allaitement sera maximum durant les 8 premières semaines (entre 2,5 et 4 litres de lait par jour), puis décroit progressivement jusqu’à cesser vers le 7e ou 8e mois (novembre-décembre) si la femelle est gravide. Contrairement à une idée répandue, le rapport des sexes à la naissance n’est pas figé à la parité. Une étude datant de 1995 montrait, qu’à faible densité (comprendre en l’absence de carence alimentaire), il peut naitre de 10% à 15% de plus de faons mâles que de faons femelles.

Simuler la mort pour sauver sa vie…

C’est une ruse bien connue dans le monde animal. On a tous en tête la fuite de la perdrix, aile ballante, faisant croire à l’animal blessé, proche de la capture. Pourtant, la rusée est en parfaite santé et ne cherche qu’à éloigner le danger de ses rejetons, figés dans une immobilité, indétectables. Mais quand le danger est encore plus près, la tromperie prend des proportions bien plus curieuses. Feindre sa mort est sûrement l’astuce la plus roublarde, la plus risquée aussi, que les animaux ont développé pour échapper à leurs prédateurs. Ce comportement, que l’on appelle « thanatose » ou simulacre de mort, est présent chez tous les animaux, des oiseaux aux mammifères, en passant par les poissons. Des chercheurs se penchent sur ces comportements, qui ont cependant d’autres buts que d’échapper à la mort. Si, en cas de danger, l’opossum de Virginie ouvre sa bouche, sort sa langue, vide ses intestins et expulse des fluides malodorants, il n’a d’autre but que de convaincre son prédateur qu’il n’est pas très bon à consommer. En revanche, chez l’araignée Pisaurina mira, les femelles s’attaquent souvent aux mâles. Ainsi, pour s’accoupler, le mâle s’attache à un petit paquet de nourriture et simule sa mort. La femelle emmène le repas, et lorsqu’elle commence à le manger, monsieur se réveille et… passe à l’action. Une expérience a permis aux scientifiques d’observer comment les renards se comportent avec leurs proies. Dès qu’ils étaient saisis, la plupart des oiseaux attrapés se faisaient passer pour morts. Les jeunes renards les apportaient alors jusque dans leur tanière pour les manger plus tard… laissant des proies s’échapper. C’est ainsi qu’avec l’expérience, les renards adultes ont appris qu’il fallait les tuer ou les blesser, s’ils voulaient faire bombance. C’est ce qui a donné le nom de « la dernière chance » à ce comportement. Si la proie bouge, elle est condamnée. Si elle simule la mort, elle a une petite chance de s’en tirer…

Fauchaison de printemps : pour éviter ça…

Chaque année, à la période de la fauchaison, des milliers d’animaux sauvages (faisans, perdrix, lièvres, chevrillards) sont inexorablement déchiquetés par les machines. Bien que notre réglementation encadre, plus strictement qu’ailleurs, les techniques de production, elle ne dit rien sur les méthodes de récolte, laissées à l’initiative des agriculteurs. Ce n’est donc que très récemment que la recherche s’est intéressée au sujet, suivi notamment dans le cadre d'Agrifaune, par Charles Boutour, ingénieur en agriculture, chargé de mission agri-environnement à la FNC. A la pointe de l’innovation, on trouve le système « Sensosafe » du fabricant autrichien de matériel de récolte Pottinger, qui sera d’ailleurs présenté au Salon de l'herbe de Villefranche d'Allier, les 1 et 2 juin prochains…

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Le pic des naissances

Dans quelques jours, va apparaitre la nouvelle génération. Malgré quelques épisodes météorologiques néfastes à la reproduction, le printemps est une période riche d’enseignements pour l’avenir. Parmi les cinq principales espèces de grand gibier présentes en France, certaines ont une période de mise-bas qui se déroule sur quelques semaines, de fin avril à mi-juin (chevreuil, cerf, chamois, isard) alors que les autres naissances vont s’étaler sur plusieurs mois (mouflons et sanglier). D’ailleurs, pour ce dernier, les naissances interviennent désormais tout au long de l’année. Mais, quelle que soit l’espèce, la mise-bas arrive après la phase de gestation qui suit le rut. La longueur de la période de mise-bas et le pic des naissances ne sont donc qu’une image différée dans le temps, du rut. Plus il dure, plus la période des naissances se prolonge, et quand il dure longtemps, on sait que l'équilibre des sexes ne sera pas bon…

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Attention aux attaques de brocards…

Le premier cas de l’année vient d’être signalé dans le département des Ardennes, où un brocard « ivre » a agressé un homme qui s’apprêtait à remonter dans son véhicule. Souffrant de multiples blessures, le blessé a été pris en charge par les services de secours et transporté à l’hôpital d’Hirson. Ce comportement inhabituel de la part d’un chevreuil, plutôt méfiant, vient d’un manque de discernement dû à la consommation de pousses nouvelles et de bourgeons riches en substances alcaloïdes, qui le rend fou et… saoul. Cette ivresse passagère l’amène en des lieux qu’il fuirait habituellement, n’ayant plus cette vigilance naturelle qui l’incite à maintenir sa distance de sécurité. Dans cet état, l’animal ne perçoit plus la notion de danger, ignorant même une présence qui pourrait être dangereuse pour lui (prédateur, véhicule, humain) et peut se livrer à des dégradations importantes dans les plantations de résineux, les cultures maraichères et dans les vignes.

Un ver, ça va… Des vers, bonjour les dégâts !

Le sanglier a besoin de protéines animales, et c’est bien là le problème… Si un sol riche en vers de terre est garant d’une excellente ressource alimentaire pour les bêtes noires, cela amène de nombreux dégâts. Aussi opportuniste qu’omnivore, un sanglier adulte ingurgite, chaque jour, entre trois et quatre litres de nourriture, majoritairement d’origine végétale, et avec une préférence marquée pour les fruits forestiers. Les bêtes noires se gavent de glands, de faines, de châtaignes, mais malgré cette manne, le sanglier a aussi besoin d’un petit plus, une dose de protéines animales qui entre pour moins de 5% dans son régime alimentaire, mais dont il ne peut se passer. Ces protéines animales sont principalement constituées d’insectes, de vers de toutes natures et de petits rongeurs comme les campagnols ou les mulots. Parmi toute cette panoplie, le ver de terre tient une place importante, à condition bien sûr qu’il soit présent et… accessible. Mais la bête noire a le boutoir solide, et n’hésite pas à aller les chercher à plusieurs dizaines de centimètres de profondeur. Ce sont les fameux boutis tant redoutés des agriculteurs, principalement sur prairies ou sur des cultures après maïs. En revanche, et là où la population de Sus scrofa n’est pas pléthorique, les sangliers participent, en forêt, à l’aération des sols, donc à l’amélioration de l’humus. Avec une moyenne d’une tonne à l’hectare, les vers de terre représentent la première biomasse animale naturelle. Sur cette surface, plus de 250 000 vers passent plusieurs centaines de tonnes de terre dans leur tube digestif, agissant sur la composition chimique du sol, amenant à un pH neutre, et modifiant la structure granulaire. Et ça aussi, c’est excellent pour l’irrigation des sols.

En termes de naissances, la nature gère t’elle ses propres déséquilibres ?

Alors que nous allons entrer dans la période des naissances, qui se poursuivra jusqu’en juin, cette question revient à l’ordre du jour : les femelles font-elles plus de jeunes mâles quand les populations sont en surnombre ? Certes, nous en avons aujourd’hui la certitude, la nature réagit, mais de façon douce et naturelle. Généralement, quand une espèce est en surnombre, le nombre de petits par femelle diminue. Ainsi, le taux de reproduction baisse de façon inversement proportionnelle à l’augmentation de la population. Pour certaines espèces comme le bouquetin, ce taux peut descendre jusqu’à 0,2 voire 0,1 cabri par étagne. Pour le chevreuil, comme le montrent les études menées à Chizé et à Troisfontaines, c’est tout d’abord le poids des chevrillards qui baisse quand la population augmente. Ainsi, pour le territoire de Chizé, ce poids des chevrillards, à plus de six mois d’âge, est monté de treize à seize kilos quand, dans le même temps, les effectifs sont descendus de quatre cents à deux cents individus. Par voie de conséquences, il est évident que les jeunes, nés avec un poids plus faible, sont beaucoup plus fragiles pour affronter les rigueurs climatiques de l’automne et de l’hiver qui suivent leur naissance. La mortalité hivernale s’exerce donc en très grande partie sur cette catégorie d’animaux, et de ce fait l’autorégulation subie par les populations est issue de la baisse du poids des jeunes, qui entraîne un taux de mortalité plus important. Toujours selon les études précitées, le taux de survie des chevrillards à la fin de la première année peut évoluer, selon les années, entre 20 et… 80%. C’est donc uniquement la densité relative d’une population qui conditionne sa dynamique, et plus cette densité est élevée, plus l’accroissement annuel est limité par la faiblesse du taux de survie juvénile.

​​​​​​​Introduire du faisan sur son territoire : est-ce une bonne idée ?

Il ne s’agit pas de lâcher quelques cocottes, mais d’implanter une population sauvage et viable, permettant ensuite la pratique de la chasse. A la question posée, la réponse est donc oui, sans aucune hésitation. Quand les écolos auront compris que cela fait partie de la chaine alimentaire, et que toute la faune en profite également, ils auront fait un grand pas en avant. La méthode suggérée consiste à lâcher des oiseaux, auparavant acclimatés en volières bien réparties sur le secteur concerné. Les lâchers s’effectueront en juillet/août, sur 3 à 4 années, selon les résultats obtenus…

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Le taux de reproduction des bichettes

Méconnu, donc peu utilisé, le taux de reproduction des bichettes est pourtant un indicateur très révélateur de l’état d’une population de grands cervidés. Les différentes études menées sur l’espèce cerf ont montré que, dès qu’elles atteignent un poids d'une cinquantaine de kilos, les jeunes femelles peuvent être saillies et devenir gestantes. On comprend donc la relation étroite qui existe entre cette capacité d’entrer en gestation, et la qualité de leur alimentation. Si cette dernière est riche et abondante, les femelles atteignent le poids nécessaire dans leur deuxième année, plus précisément vers l’âge d’un an et demi, au moment du rut automnal. Cela signifie donc que plus le nombre de bichettes gestantes est important, mieux se porte la population. Il a été clairement établi que, lors de l’occupation d’un nouveau territoire, ce taux de reproduction des bichettes peut atteindre 60% de cette classe d’âge de femelles…

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L’Équateur devient le premier pays à reconnaître les droits juridiques des animaux sauvages

Déjà à l’avant-garde, l’Équateur a été le premier pays au monde à reconnaître en 2008, les droits de la nature au niveau constitutionnel. Aujourd’hui, ce pays va encore plus loin dans la protection animale, en élargissant les droits de la nature aux animaux, à l’échelle individuelle, leur offrant ainsi un véritable statut juridique. Le nouveau texte de loi précise que les animaux ne devraient pas être protégés uniquement d’un point de vue écosystémique ou d’un point de vue axé sur les besoins des êtres humains, mais principalement d’un point de vue axé sur leur individualité et leur valeur intrinsèque. Cela fait suite à une mésaventure tragique, subie par un singe laineux nommé « Estrellita ». Capturée illégalement dans la nature à l’âge d’un mois, cette femelle singe vivait avec Ana Beatriz Burbano Proaño et sa famille depuis 18 ans, lorsque les autorités locales l’ont arrachée de force à son foyer pour la transférer dans un zoo, au motif que la possession d’un animal sauvage est interdite. Moins d’un mois plus tard, l’animal est décédé d’un arrêt cardio-respiratoire. Ce drame a mis en exergue deux étapes de sa vie : l’animal a d’abord été retiré de son milieu naturel, puis a été soudainement arraché à un environnement devenu familier. D’où la décision d’établir de nouvelles règles pour garantir le bien-être des animaux sauvages…

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De la météo d’avril dépend la prochaine saison de chasse

La météo du printemps décide, en grande partie, de la reproduction des espèces animales sauvages. De la clémence d’avril, dépend donc l’abondance de gibier pour la prochaine saison. Chez le sanglier, le pic des naissances se déroule entre fin mars et fin avril. Si les adultes sont équipés pour résister aux bourrasques et giboulées, les nouveaux nés, dépourvus de toute régulation thermique, sont très sensibles au froid humide. Même si la laie met bas dans un nid chargé de maintenir la température à un niveau viable pour les marcassins, quelques jours de températures négatives peuvent avoir raison, de tout ou partie de la portée. Et les conséquences ne sont pas les mêmes selon que survivent quelques marcassins ou que la portée disparaît en totalité.

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​​​​​​​Ours des Pyrénées : un flou juridique peut-il empêcher sa réintroduction ?

Les membres du « Parlement avenir montagne » (PAM09), créé fin 2021, ont tenu leur première assemblée plénière le 9 mars dernier, au siège du Conseil départemental de l’Ariège. A l’ordre du jour : réflexions sur la cohabitation entre les grands prédateurs dont les ours, les touristes, les éleveurs et les habitants du département. Opposés à la réintroduction d’ours, les membres du PAM09 ont pu travailler avec des juristes, notamment pour explorer « le cadre juridique sur la protection des espèces qui est très flou… » a résumé Philippe Lacube, le président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège. Dans le viseur du PAM09, l’article 22 de la Directive des habitats naturels qui réglemente la réintroduction intentionnelle des espèces, notamment non indigènes, de manière à ne pas perturber tant les habitats naturels que les espèces végétales et animales indigènes. Et c’est précisément sur cet article que l’État français s’appuie pour entamer une réintroduction de l’ours dans la région. Or, « les juristes nous ont confirmé que l’État français n’avait aucune obligation d’appliquer ces articles » confirme Philippe Lacube. Selon Christine Téqui, présidente du Conseil départemental de l’Ariège, ce sont les habitants des environs qui auraient dû être interrogés en priorité. Une enquête de terrain sera lancée début avril a annoncé le PAM09 : « Nous irons à la rencontre de toutes les structures, de tous les maires concernés pour récolter les attentes, les besoins de chacun des opérateurs présents sur le territoire. Cette enquête de terrain devra permettre de cerner les inquiétudes et d’établir les responsabilités de chacun. Il est essentiel de poser un diagnostic et d’aller au fond des choses » a conclu le président de la fédération pastorale, Alain Servat. 

Le petit gibier témoigne de l’arrivée du printemps

Les gelées matinales vont sans doute se prolonger encore quelques jours, mais déjà, la nouvelle génération d’animaux sauvages émerge, en témoigne cette hase qui vient d'allaiter ses petits. Les jeunes levraults, qui naissent couverts de poils, grandissent rapidement et pourront peser environ deux kilos à l’âge de deux mois. Adulte à neuf mois, ils accuseront sur la balance de 3 à 5 kilos, selon le biotope qui les accueille. On reconnait un jeune d'un adulte à l’excroissance osseuse que l’animal porte à la base du cubitus, jusqu’à l’âge de 7 mois. Parmi les plus redoutables prédateurs du lièvre, citons les chats et les chiens errants, les renards, les fouines, les martres, les putois, ainsi que les belettes, les rapaces diurnes et les corvidés. Comme il est aujourd’hui quasiment impossible de lutter contre la plupart d’entre eux, le meilleur moyen sera de bien évaluer la population présente à l’ouverture de la chasse et… adapter les prélèvements en conséquence.