Ariège : rebondissement dans l'affaire de l'ourse tuée

Le Parquet de Foix a annoncé, le vendredi 26 novembre, l'ouverture d'une information judiciaire contre X, pour délit de destruction d’une espèce protégée, au sujet de la mort de l’ourse tuée par un chasseur, la semaine dernière, à Seix dans l'Ariège. Motif : la battue aurait été, en partie, réalisée dans une zone interdite à la chasse. « Cette battue a eu lieu, au moins pour partie, dans la réserve domaniale du Mont Vallier (Ariège). Cette zone fait l'objet de restrictions du droit de chasse. Des infractions au code de l'environnement liées à l'interdiction de chasse sur le lieu des faits sont susceptibles d'être relevées » a précisé la substitut du procureur, Léa Filippi. L'information judiciaire a donc pour but, maintenant, de définir d'éventuelles responsabilités pénales et de faire la lumière sur le déroulé des faits. L'incident avait relancé de vifs débats sur la cohabitation entre les grands prédateurs et les humains, les antis ours soulignant que, si à la place d’un chasseur, armé ce jour-là, l’ours avait eu à faire à un randonneur, il serait mort aujourd’hui...

Pétition déposée à l’Assemblée nationale contre la chasse en enclos

La pétition, qui a été déposée le 15 novembre dernier sur le site de l’Assemblée nationale, pour demander l’interdiction de la chasse en enclos des animaux sauvages, s’enrichit de soutiens. Les signataires réclament la fin de cette pratique en rappelant que : « Ce sont plus de cent mille animaux qui sont détenus en captivité pour être chassés » et de citer Raymond Louis, chasseur lui-même et président de l'Association des Amis des chemins de Sologne, qui fustige ce mode de chasse en enclos, n'y voyant que du tir sur cibles vivantes. Il est vrai que Willy Schraen, président de la FNC mais aussi chroniqueur dans l’émission des « Grandes gueules » de RMC, avait déclaré lors d'un débat : « Je n’en ai rien à foutre de réguler… T’as pas compris que pour nous c’est une passion, t’as pas compris qu’on prend du plaisir dans l’acte de chasse ? ». Espérons donc que seul le chroniqueur ait pu parler ainsi, laissant le président de la FNC hors de ces propos incongrus. Cela étant, si la pétition mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale recueille plus de 100 000 signatures, le Parlement devra s’en saisir et l’étudier…

A table : tourte de marcassin, ris de veau et morilles au Château-Chalon

Si on lui donne une âme, un produit commun peut devenir exceptionnel disait un grand chef étoilé. Alors, aujourd’hui, relevons ce défi avec cette tourte de marcassin ou de jeune sanglier, enrichie de ris de veau, de morilles et arrosée au vin jaune du Jura…

Ingrédients (pour 4 personnes) : pâte feuilletée, dorure (jaune d’œuf et lait). Pour la farce : 70 g de chair de marcassin (cuissot ou carré), 50 g d’échine de marcassin, 5 gr de beurre, 20 g de champignons de Paris, 20 g de morilles cuites, 1 cuillère à soupe de persil, 20 g de foie gras frais, 20 g de ris de veau blanchi, vin jaune. Pour la garniture : 5 gr de beurre, 80 g de filet de marcassin, 80 g de ris de veau blanchi.

Préparation : abaisser la pâte feuilletée et chemiser un cercle de 7 cm (1 par personne). Piquer le fond. Prévoir un couvercle. Hacher au couteau les chairs de marcassin, ris de veau et foie gras. Faites fondre au beurre les champignons de Paris, et les concasser avec les morilles cuites et le persil. Mélanger l’ensemble avec 4 grammes de sel fin et 6 tours de moulin à poivre. Ajoutez une cuillère à soupe de vin jaune et laisser mariner une nuit. Tailler en escalope le filet et les ris de veau. Les poêler au beurre. Monter la tourte en alternant les couches de farce, foie gras et filet. Dorer et cuire 15 minutes à 200 °C. Servir accompagnée d’une fricassée de champignons à la crème et au vin jaune.

Le rôle des chasseurs dans la gestion des espèces exotiques

Les espèces exotiques envahissantes sont l'un des cinq principaux facteurs de perte de biodiversité. Rien qu'en Europe, il existe plus de 12 000 espèces exotiques, dont 15% sont envahissantes et constituent une grave menace pour la biodiversité locale. En 2013, la FACE et l'Association internationale pour la fauconnerie et la conservation des oiseaux de proie (IAF), ont collaboré avec la Convention de Berne pour élaborer un Code de conduite sur la chasse et les espèces exotiques envahissantes. Ce code énonce sept principes pour guider les activités que les chasseurs et les associations de chasse entreprennent pour minimiser et prévenir l'influence négative des EEE. Depuis lors, la FACE et l'IAF ont produit des rapports de mise en œuvre tous les deux ans, pour montrer des exemples concrets d'actions prises pour répondre aux exigences mentionnées sous chacun des 7 principes du Code de conduite. La FACE a eu l'opportunité de présenter son rapport de mise en œuvre 2021 au 41e Comité permanent de la Convention de Berne, qui se tiendra du 29 novembre au 3 décembre 2021. En réponse à cette initiative, le secrétariat de la Convention de Berne a déclaré : « Les organisations de la société civile jouent un rôle important dans la mise en œuvre des stratégies et des outils développés par la Convention de Berne. Le Secrétariat de la Convention de Berne est reconnaissant des efforts déployés par la FACE et l'IAF pour s'engager régulièrement avec les associations de chasse à travers l'Europe pour lutter contre la propagation des espèces exotiques envahissantes ».

Les femelles condors de Californie peuvent se reproduire... sans mâle

En danger critique d'extinction selon l'UICN, le condor de Californie (Gymnogyps californianus) fait l'objet d'une étroite surveillance. En 2019, il n’était dénombré que 525 oiseaux, dont 219 en captivité. Sur ces sujets captifs, les biologistes ont fait une découverte stupéfiante : ces oiseaux sont capables de produire de nouveaux individus… par parthénogenèse, une forme de reproduction asexuée. La parthénogenèse, qui concerne les femelles qui se reproduisent généralement sexuellement, est connue chez certaines espèces animales, notamment les reptiles, les poissons et certains oiseaux chez les colombidés, les gallinacés et les passereaux. Dans leur étude publiée fin octobre, l’équipe de recherche menée par le zoo de San Diego a rapporté le cas de deux condors de Californie nés grâce à ce mode de reproduction et issus de mères différentes, qui pourtant côtoyaient toutes les deux des mâles fertiles. Le comportement des deux mères reste un mystère pour les chercheurs qui ont souligné que : « contrairement aux autres exemples de parthénogenèse aviaire, l'absence d'un mâle convenable n'explique pas les deux occurrences de développement parthénogénétique. Les deux mères ont été hébergées durant plusieurs années avec chacune un mâle avec lequel elles s'étaient déjà accouplées et avaient eu des petits. Nous pensons que nos résultats représentent le premier exemple de parthénogenèse aviaire facultative, qui n'implique pas de ségrégation des sexes… ». Comment a fonctionné la parthénogenèse ? Sans doute par automixie : la cellule œuf est issue de la fusion de deux cellules haploïdes (ne contenant qu'un seul jeu de chromosomes) provenant de la mère. Quoiqu'il en soit, la possibilité pour cette espèce d'avoir recours à la parthénogenèse peut permettre à cette population de s'étendre, mais elle a sûrement aussi des implications qu'il reste à définir pour sa diversité génétique. 

Insatiables ! Les animalistes s'attaquent aux propriétaires de chiens... de chasse

A peine la loi sur la maltraitance animale était-elle votée, que l'association One Voice annonçait l’organisation d’une manifestation à Lyon. Elle a eu lieu dimanche dernier, mais le flop a sans doute été au rendez-vous, puisque aucun média n’en a parlé. Les quelques illuminés qui se sont retrouvés bien seuls à leur rendez-vous en sont donc pour leur frais. One Voice voulait s’attaquer aux propriétaires de chiens de chasse, n’hésitant pas à déclarer dans un communiqué : « La vie des chiens de chasse est une vie asservie, d'outils, d'accessoires… Une fois les fusils remisés, les chiens épuisés, souvent blessés, sont enfermés dans des fourgonnettes grillagées… Ces animaux sont souvent malnutris et battus par leurs propriétaires s'ils n'obéissent pas… Ces chiens ne bénéficient pas des mêmes protections que les autres chiens… ». Rarement on aura lu un communiqué aussi stupide, qui est sans doute à l’origine du flop de cette manifestation, et qui montre leur méconnaissance totale du sujet. Mais c’est un premier coup de semonce qui, n’en doutons pas, sera suivi d’autres tentatives. Les associations cynophiles doivent donc se préparer, car pour nos adversaires tout est bon pour occuper le terrain médiatique. Comme l’a dit le philosophe Francis Bacon : « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ». Pour corroborer cette déclaration, on apprenait que cette même One Voice, pour qui tout est bon, après des tentatives identiques en mars 2016 et avril 2019, avait, le 12 novembre dernier, déposé une plainte auprès du Parquet de Grasse contre le Marineland d'Antibes, pour « actes de cruauté envers un animal (NDLR : un orque), tenu en captivité, abandon, et exploitation irrégulière »... 

La première Université populaire de la biodiversité

La crise sanitaire actuelle a déclenché une prise de conscience des impacts des modes de vie humains et des habitudes de consommation sur les espaces naturels et les milieux. Elle amène des interrogations sur le rapport à la nature, du côté individuel et collectif. Tous les experts internationaux s’accordent à pointer une érosion massive de la biodiversité, qui affecte tous les milieux et toutes les espèces, à un rythme sans précédent. Les causes sont toutes, directement ou indirectement, d’origine humaine. Il y a donc urgence à enrayer son déclin au quotidien. C’est dans ce contexte que l’OFB a souhaité organiser « l’Université populaire de la biodiversité ». Ce grand rendez-vous citoyen se tiendra les 27 et 28 novembre prochains, à la Cité de la création et de l’innovation de Tours. Il s’adresse à tous les citoyens qui veulent comprendre, avoir des clés pour agir ou plus simplement découvrir le sujet de la biodiversité. 

A Bordeaux, le collectif « les chasseurs en colère » descendra dans la rue samedi 27 novembre

Ils en ont marre les chasseurs, tellement marre que le collectif « Les chasseurs de France en colère » organisera samedi prochain, 27 novembre, une manifestation dans les rues de Bordeaux. Et comme ils le précisent : « Si cette marche porte sur des revendications nationales, le choix de la capitale girondine ne s’est pas fait au hasard… ». A Bordeaux, le maire Pierre Hurmic est un écolo, le premier qui s’est attaqué au sapin de Noël. Le message est clair, « ne touchez pas aux traditions » laissent entendre les chasseurs qui espèrent que le message, qui sera écrit sur des boules de décoration de Noël, arrivera, via la municipalité, jusqu’à Yannick Jadot, candidat à l’élection présidentielle. Les chasseurs dénoncent la vindicte contre les chasses traditionnelles et la proposition d’interdire la chasse les dimanches, jours fériés et pendant les vacances scolaires. Le collectif « Les chasseurs en colère de France », soutenu par les associations CPNGA, ASELMM33 et ASNA, donne rendez-vous aux manifestants à 9h30 sur la place de la République à Bordeaux, samedi 27 novembre.

Nos futurs week-ends… dans les mains du Sénat !

Le Sénat a annoncé qu'il allait mettre en place une mission chargée d’examiner la demande du collectif créé à la suite de l’accident de chasse qui a coûté la vie à Morgan Kaene, en décembre dernier. Lancée en septembre, la pétition qui a recueilli un peu plus de cent mille signatures, demande des dimanches et des mercredis sans chasse, reprenant ainsi, à moins que ne soit l’inverse, le programme annoncé par Yannick Jadot, candidat des verts à l’élection présidentielle. Selon le règlement de la plate-forme « e-pétitions », créée par le Sénat en janvier 2020, les pétitions ayant recueilli au moins 100 000 signatures dans un délai de 6 mois sont soumises à la conférence des présidents, qui réunit Gérard Larcher (LR) et les présidents de groupes et de commissions. Les sénateurs, bien souvent issus des élus territoriaux, ont une bonne connaissance de la ruralité, car c’est bien de son devenir qu’il s’agit. Les finances municipales sont à la peine, et bien des maires de petites communes attachent une grande importance à la ligne budgétaire qui correspond à la location des droits de chasse sur leur commune. Cependant, cela ne doit pas masquer qu’il y a encore du chemin à parcourir avant de répondre aux parties en présence, tout en respectant la liberté des uns et des autres, et le sacro-saint droit de propriété, trop souvent piétiné par ceux qui pensent que la campagne appartient à tout le monde. 

​​​​​​​Plan « Pollinisateurs » : les nouvelles mesures d’utilisation

Les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique ont présenté les grandes lignes du « plan pollinisateurs », retenues pour stopper le déclin des insectes essentiels à l’agriculture. L’arrêté, qui impose des horaires pour l’utilisation des produits sur les cultures est paru Journal officiel. Il prévoit, entre autres mesures : - si le produit est autorisé par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire alimentaire) pour un usage en période de floraison (de l’ouverture des premières fleurs à la chute des pétales des dernières fleurs), le traitement devra, sauf cas particulier, être réalisé dans le créneau horaire de deux heures avant le coucher du soleil et trois heures après. Quant à l’usage des néonicotinoïdes, le Conseil d’État a validé leur interdiction.

Les scientifiques inquiets : les pandémies humaines et animales vont se multiplier

C’est le résultat de l’étude de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), menée par 22 scientifiques internationaux : des pandémies futures vont apparaître plus souvent, se propageront plus rapidement, causeront plus de dommages à l'économie mondiale et tueront plus que la COVID-19. Les liens entre la dégradation de la nature et l'augmentation des risques de pandémie sont désormais avérés, et cette pandémie de COVID-19 est au moins la sixième depuis celle de 1918 (grippe espagnole). Bien qu'elle trouve son origine dans des microbes portés par des animaux, comme toutes les pandémies, son émergence a été entièrement déterminée par les activités humaines, indique le rapport. Les experts estiment que 1,7 million de virus « non découverts » sont actuellement présents chez les mammifères et les oiseaux, dont 827 000 pourraient avoir la capacité d'infecter les êtres humains, et ce sont ces mêmes activités humaines qui sont à l'origine du changement climatique, de la perte de biodiversité et, de par leur impact sur notre environnement, du risque de pandémie. « Les changements dans la manière dont nous utilisons les terres, l'expansion et l'intensification de l'agriculture, ainsi que le commerce, la production et la consommation non durables, perturbent la nature et augmentent les contacts entre la faune sauvage, le bétail, les agents pathogènes et les êtres humains. C'est un chemin qui conduit droit aux pandémies. Le coût de la COVID-19, au niveau mondial, a été estimé entre 8 000 et 16 000 milliards de dollars jusqu’à juillet 2020 seulement, et les coûts, rien qu'aux États-Unis, pourraient atteindre 16 000 milliards de dollars d'ici la fin de cette année 2021. Les risques de zoonoses, dans le commerce international d’animaux sauvages, pourraient être réduits grâce à un partenariat intergouvernemental, et les espèces à haut risque de maladie devraient être retirées partiellement ou totalement du commerce des espèces sauvages » conclut le communiqué.