Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Régulation des « nuisibles » : analyse scientifique ou procès idéologique ?

« Les plus d’un million d’animaux jugés nuisibles et tués chaque année par la France le sont sans réel intérêt économique et environnemental. L’abattage massif des renards, fouines, martres, pies, corbeaux et autres corneilles coûte en réalité huit fois plus cher que les dégâts qu’on leur impute... ». C’est ce que révèle une étude réalisée par des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle et de l’University of the West of England, publiée le 9 mars dans la revue Biological Conservation. Cette étude, reprise par certains médias, présente la régulation des espèces dites « nuisibles » comme une politique coûteuse et inefficace. Pourtant, cette analyse apparaît largement contestable, tant par les angles morts qu’elle laisse que par les hypothèses qu’elle adopte. Les chercheurs affirment que l’abattage de renards, fouines, martres, pies ou corneilles coûterait huit fois plus cher que les dégâts qu’ils provoquent. Mais cette conclusion repose sur une vision très partielle de la réalité de terrain. Les agriculteurs, éleveurs, chasseurs ou collectivités locales, pourtant directement concernés, ne semblent pas avoir été consultés. Or ce sont précisément ces acteurs qui subissent quotidiennement les prédations sur les élevages, les destructions de cultures, les nuisances urbaines ou les dégâts sur les infrastructures. En se limitant à des données administratives et à des estimations économiques, l’étude passe à côté d’une partie importante des impacts réels de ces espèces, notamment les dégâts non déclarés ou difficiles à quantifier. Le calcul du coût de la régulation pose également question. Les auteurs évoquent un coût moyen d’environ 64 euros par animal, sans détailler précisément ce qui entre dans ce calcul ni distinguer ce qui relève réellement de dépenses publiques...

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Ces pesticides qui empoisonnent le sous-sol...

Le sol n’est pas un simple support pour les cultures. Il abrite une multitude d’organismes invisibles à l’œil nu : bactéries, champignons, protozoaires et microfaune. Ces communautés vivantes participent à des processus fondamentaux, comme la décomposition de la matière organique, le recyclage des nutriments ou encore la protection des racines contre certaines maladies. Sans elles, les plantes ne pourraient ni se nourrir correctement ni se défendre face aux stress environnementaux. En d’autres termes, la vitalité des sols conditionne directement la productivité agricole et la biodiversité. Une étude menée à l’échelle européenne met en lumière la persistance préoccupante de nombreux pesticides dans les sols agricoles et les perturbations profondes qu’ils pourraient provoquer dans le microbiome du sol. Lors de l’épandage d’un pesticide, l'impact n'est pas que superficiel. Une grande partie de ces substances s’infiltre dans la terre et agit en profondeur, là où se trouve un univers biologique essentiel à la fertilité des sols. Or, ces équilibres fragiles semblent aujourd’hui menacés. Le site de la Commission européenne recense actuellement 421 pesticides autorisés dans l’Union européenne et au Royaume-Uni. Si leurs effets sur les insectes, les oiseaux ou certains mammifères ont fait l’objet de nombreuses recherches, leurs conséquences sur la vie microscopique du sol restent encore largement méconnues. Pourtant, les premiers travaux scientifiques suggèrent que ces substances peuvent modifier profondément la composition et l’activité du microbiome. Malgré ces inquiétudes, les recherches sur l’impact des pesticides dans les sols restent peu nombreuses. « Ce sont des travaux difficiles, car le nombre d’organismes et de facteurs à étudier est très important », souligne le microbiologiste Marc-André Selosse. Les interactions entre molécules chimiques, micro-organismes et conditions environnementales sont complexes et demandent des analyses longues et coûteuses. Cependant, les résultats disponibles suggèrent déjà une altération de certaines populations microbiennes et une perturbation des cycles biologiques du sol. À long terme, ces modifications pourraient réduire la fertilité naturelle des terres et accroître la dépendance de l’agriculture aux intrants chimiques. Ainsi, loin de disparaître après l’épandage, les pesticides laissent une empreinte durable dans les sols. Leur présence soulève une question essentielle pour l’avenir de l’agriculture européenne : peut-on continuer à protéger les cultures en risquant d’affaiblir la vie invisible qui rend ces cultures possibles ?


Zones clés de la biodiversité

Dix ans après la publication de la norme mondiale pour l’identification des Zones clés de biodiversité (KBA), il est possible d’en mesurer l’ampleur et l’impact. Adoptée en 2016, cette norme vise à identifier les sites essentiels à la persistance mondiale de la biodiversité à partir de critères scientifiques harmonisés. Les KBA sont désignées selon des seuils quantitatifs liés à la présence d’espèces ou d’écosystèmes menacés, d’espèces à aire restreinte, à l’intégrité écologique, aux processus biologiques ou à l’irremplaçabilité d’un site. Ces critères s’appliquent aux milieux terrestres, d’eau douce, marins et souterrains, et à tous les groupes taxonomiques. À ce jour, 16 596 KBA ont été recensées, couvrant 22,1 millions de km². Parmi elles, 29 % se situent en milieu marin et 26 % en eau douce. Leur superficie varie considérablement, avec une médiane de 141 km². La majorité des sites (63 %) sont reconnus pour leur importance pour des espèces mondialement menacées. Au total, 18 365 espèces déclenchent la désignation de KBA, dont une forte proportion de plantes et d’oiseaux. Les principales menaces identifiées sont l’exploitation des ressources biologiques, l’agriculture non durable, les perturbations humaines et les modifications des systèmes naturels. Malgré cela, 62 % des KBA sont totalement ou partiellement couvertes par des aires protégées ou d’autres mesures de conservation efficaces (OECM). Les KBA jouent un rôle central dans la planification des aires protégées et contribuent directement aux objectifs du Cadre mondial de la biodiversité Kunming–Montréal ainsi qu’aux Objectifs de développement durable. Leurs données servent d’indicateurs officiels pour suivre les progrès internationaux. De plus, entreprises et institutions financières les utilisent pour évaluer leurs risques liés à la nature et orienter leurs actions. Les priorités futures portent sur l’actualisation des évaluations, l’extension du réseau et le renforcement de la protection et de la gestion efficace de ces sites stratégiques pour la biodiversité mondiale.


Ours brun : parution de l'arrêté relatif aux mesures à prendre en cas de comportement anormal

Un arrêté publié au Journal officiel du 5 février 2026 encadre désormais les mesures à prendre face aux ours bruns présentant un comportement anormal ou dangereux. Ce texte accompagne la révision du protocole dit « ours à problème », initialement élaboré en 1992 après l’apparition d’un comportement inhabituel chez un individu. Les services de l’État ont engagé sa mise à jour en 2023, validée en 2024, afin d’adapter les procédures d’intervention aux situations actuelles. L’arrêté définit les conditions et les limites dans lesquelles les préfets peuvent autoriser des opérations de conditionnement aversif, destinées à modifier le comportement d’un ours brun. Ce dispositif couvre les deux premières phases du protocole : l’identification d’un comportement anormal et la mise en œuvre de mesures non létales visant à faire cesser ce comportement. Ces interventions consistent notamment en des tirs de balles en caoutchouc suivis de cartouches à double détonation, effectués sur l’arrière-train de l’animal afin de provoquer une réaction de fuite et un apprentissage négatif. Les phases suivantes du protocole, qui concernent la capture ou le retrait de l’animal (phases 3 et 4), restent soumises à une autorisation ministérielle préalable, après avis du Conseil national de la protection de la nature (CNPN). Le texte prévoit que, lorsque l’ours adopte un comportement trop familier avec l’homme ou trop agressif, les préfets peuvent accorder une dérogation aux dispositions de l’article L. 411-2 du code de l’environnement pour permettre le recours au conditionnement aversif. Avant toute intervention, une expertise doit être réalisée par les agents de l’OFB. Lorsque l’ours responsable n’a pas pu être identifié avec certitude, les opérations peuvent être menées à proximité du lieu où les faits ont été observés. Elles peuvent alors viser tout individu présentant un gabarit similaire et un comportement comparable. Cette disposition a toutefois suscité des réserves du CNDP, qui estime qu’elle pourrait aller à l’encontre de l’esprit du protocole et recommande de n’intervenir que lorsque l’expertise conclut à une forte probabilité d’identifier l’animal concerné. Les autorisations préfectorales sont délivrées pour une durée maximale de six mois, renouvelable en cas de difficulté de mise en œuvre. Les opérations sont exclusivement réalisées par des agents de l’OFB spécialement formés. Après chaque intervention, un compte rendu détaillé doit être établi, précisant les moyens utilisés et les résultats obtenus.


Progrès européens vers le Cadre mondial de la biodiversité

La Commission européenne a publié le 7e Rapport national de l’Union européenne à la Convention sur la diversité biologique (CDB), évaluant les avancées réalisées dans la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité, adopté à Kunming-Montréal en 2022. Ce cadre international fixe 23 objectifs à atteindre d’ici 2030, parmi lesquels la protection d’au moins 30 % des terres et des mers, la restauration de 30 % des écosystèmes dégradés, la réduction de moitié des risques liés aux pesticides et la mobilisation accrue de financements en faveur de la nature. Selon le rapport, l’Union européenne dispose d’un socle réglementaire et stratégique robuste, notamment à travers la Stratégie européenne pour la biodiversité à l’horizon 2030, le réseau Natura 2000 (qui couvre environ 18 % du territoire terrestre de l’UE et près de 10 % de ses zones marines) et, plus récemment, le règlement sur la restauration de la nature. Toutefois, la Commission souligne que si les cadres politiques sont en place, le rythme de mise en œuvre reste insuffisant au regard de l’ampleur du déclin observé. Les derniers bilans européens indiquent qu’environ 81 % des habitats d’intérêt communautaire sont encore dans un état de conservation défavorable et qu’une part significative des espèces évaluées continue de décliner. À l’échelle mondiale, près d’un million d’espèces sont menacées d’extinction, selon l’IPBES, ce qui confère un caractère d’urgence à l’application concrète des engagements pris. La commissaire européenne à l’Environnement, Jessica Roswall, a rappelé que l’UE s’est dotée d’un « cadre solide pour protéger et restaurer la nature », tout en insistant sur la nécessité d’accélérer l’action afin de préserver les services écosystémiques essentiels à l’eau, à l’alimentation et à l’économie.

Ces sujets seront examinés lors de la COP17 de la CDB, prévue en octobre 2026 en Arménie. Les chasseurs européens, à travers des milliers de projets de gestion d’habitats, de restauration de zones humides et de suivi des espèces, contribuent concrètement aux efforts de conservation. L’enjeu des prochaines années sera de transformer ces engagements en résultats mesurables à l’échelle des territoires.


La semaine en bref...

- Aisne : 3 coups de feu ont été tirés en direction d’une propriété privée à Molain, en Thiérache, fin février. Une habitante du village affirme avoir entendu les détonations avant de découvrir que sa jument de 3 ans, un trotteur français, avait été touchée à la tête alors qu’elle se trouvait dans son champ. Selon la propriétaire, le premier tir a brisé la vitre d’une caravane stationnée sur le terrain. Le second projectile a atteint l’animal au niveau de la gueule. Aucun impact correspondant au troisième coup de feu n’a été retrouvé sur place. La jument, grièvement blessée, a été retrouvée au sol peu après les tirs. Un vétérinaire est intervenu pour prendre en charge l’animal dont l’état est jugé préoccupant. Une plainte a été déposée et une enquête est en cours...

 

- Ardennes : bien présent dans les campagnes ardennaises où il creuse ses terriers, le blaireau fragilise chemins ruraux, talus ou infrastructures routières et ferroviaires. Classé gibier dans le département, sa chasse est encadrée par des arrêtés préfectoraux qui fixent les périodes, les méthodes et les secteurs concernés. Parmi les techniques autorisées figure la vénerie sous terre, lise en œuvre pour intervenir localement. La préfecture des Ardennes a pris un arrêté autorisant des opérations de régulation sur les communes de Challerange et de Monthois. Cette décision fait suite à des signalements de dégâts sur des cultures, des chemins et des infrastructures locales, ainsi qu’à des préoccupations sanitaires autour d’élevages bovins présents dans ces secteurs.

 

- Cantal : début février 2026, la dépouille d’un loup mâle était découverte sur la commune de Laveissenet. Le même jour, un chasseur s’est présenté à la gendarmerie et reconnaissait avoir tiré sur l’animal le 31 janvier lors d’une battue, pensant viser un renard. Selon le parquet d’Aurillac, l’homme a expliqué avoir commis une erreur d’identification lors du tir. À la suite de cette découverte, onze associations de protection de la nature, réunies au sein du collectif Cap Loup, ont déposé plainte pour destruction d’espèce protégée. Elles contestent la thèse de la confusion entre un loup et un renard et rappellent l’obligation, pour tout chasseur, d’identifier clairement sa cible avant de tirer et de vérifier son tir. Depuis la loi d’orientation agricole du 24 mars 2025, les atteintes non intentionnelles à une espèce protégée sont passibles d’une amende maximale de 450 euros ou d’un stage de sensibilisation à l’environnement. Dans le même temps, les organisations agricoles dénoncent l’augmentation de la prédation et demandent une révision des méthodes de comptage et de gestion du loup. L’enquête judiciaire est toujours en cours.

 

- Dordogne : fin février, une battue administrative de grande ampleur a été organisée à Boulazac, afin de réguler la population de sangliers. L’opération, décidée par la préfecture, a mobilisé près de 200 personnes tout au long de la journée. Parmi elles figuraient environ 130 chasseurs issus de plusieurs sociétés locales, 20 lieutenants de louveterie et 15 gardes particuliers. La battue s’est déroulée le long de la voie verte de la commune, un secteur fréquenté et situé à proximité de plusieurs commerces. Pour des raisons de sécurité, la voie verte a été fermée au public pendant toute la durée de l’intervention. Des agents de la police municipale de Boulazac étaient également présents afin d’assurer l’encadrement de l’opération. Cette action fait suite à des dégâts causés par des sangliers dans plusieurs jardins de particuliers situés le long de la voie verte. Les autorités évoquent également le risque d’accidents de la route impliquant ces animaux. Trente-huit sangliers ont été abattus lors de cette opération...

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Réensauvagement : restaurer la nature, oui… mais jusqu’où ?

Depuis deux siècles, l’Europe a profondément transformé ses paysages. L’extension de l’agriculture, l’industrialisation, l’urbanisation et l’intensification de la chasse ont entraîné la disparition progressive d’une grande partie de la faune sauvage. Loups, lynx, ours ou bisons ont été éliminés de nombreux territoires, tandis que les milieux naturels ont été fragmentés par les routes, les villes et les infrastructures. Aujourd’hui, selon les estimations scientifiques, la biodiversité européenne continue de reculer à un rythme alarmant. Face à ce constat, la protection de la nature a longtemps reposé sur la création de parcs et de réserves. Mais depuis une vingtaine d’années, une nouvelle approche gagne du terrain : le réensauvagement, ou rewilding. L’idée n’est plus seulement de préserver ce qui subsiste, mais de restaurer les processus naturels en redonnant de l’espace à la faune et aux dynamiques écologiques. Une étude récente a identifié environ 117 millions d’hectares en Europe, soit près d’un quart du continent, qui pourraient accueillir des projets de réensauvagement. Les régions les plus favorables se situent notamment en Scandinavie, en Écosse ou dans certaines zones de la péninsule ibérique. Ces territoires présentent plusieurs caractéristiques communes : une faible densité humaine, de vastes espaces naturels et, souvent, la présence déjà établie de certaines espèces clés.

Mais, plutôt que d’imaginer un retour uniforme de la nature sauvage, les scientifiques privilégient une autre stratégie : celle des noyaux de nature connectés. Le principe consiste à protéger ou restaurer de grandes zones naturelles servant de réservoirs de biodiversité. Autour de ces cœurs de nature, des corridors écologiques permettent aux espèces de circuler entre les habitats. Cette logique de réseau est aujourd’hui au cœur des politiques de conservation. En France, elle se traduit notamment par la Trame verte et bleue, un dispositif destiné à reconnecter des milieux naturels fragmentés. L’objectif est de permettre aux espèces de se déplacer, de se reproduire et de recoloniser progressivement certains territoires...

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Bachelor agro : 54 établissements accrédités pour la rentrée 2026

À l’occasion du Salon international de l’Agriculture 2026, le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire a annoncé la liste des établissements de l’enseignement agricole accrédités à délivrer le bachelor agro dès la rentrée 2026. Porté par la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture (LOSARGA) promulguée en mars 2025, le bachelor agro est un nouveau diplôme national de niveau bac +3 conférant le grade de licence. Il constitue une avancée majeure pour l’enseignement agricole en renforçant les parcours de formation vers l’installation et le conseil dans les domaines de l’agriculture et de l’agro-alimentaire. Créé dans le cadre de la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture, le bachelor agro a vocation à devenir une référence en matière d’installation et de conseil agricoles, en créant un pont entre le BTS agricole et les écoles d’ingénieurs agronomes. Les premières formations ouvriront à la rentrée 2026 pour des étudiants titulaires d’un bac +2. À compter de 2027, le diplôme sera également accessible en post-bac via Parcoursup. Les 6 premières mentions qui ouvriront à la rentrée 2026 (sur les dix prévues à terme) :

- Alimentation et agroalimentaire durables,

- Élevage et transitions,

- Entreprendre, accompagner et manager en agriculture,

- Génie agronomique et transitions,

- Sciences et techniques de l’agronomie pour la formation,

- Systèmes robotiques et numériques pour l’agriculture.

 

44 établissements d’enseignement technique et 10 établissements de l’enseignement supérieur accrédités

La campagne d’accréditation menée à la fin de l’année 2025 a suscité une forte mobilisation de la part des établissements de l’enseignement agricole. Les établissements candidats ont constitué des consortiums associant obligatoirement un établissement d’enseignement technique agricole délivrant un BTS agricole et un établissement d’enseignement supérieur (public, privé-associatif sous contrat avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace (MESRE)). Sur l’ensemble des 32 dossiers déposés, 25 ont été retenus permettant l’accréditation de 44 établissements d’enseignement technique et 10 établissements supérieurs, répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain ainsi qu’en Martinique. Les établissements non retenus lors de cette première campagne pourront déposer un nouveau dossier lors de la prochaine session d’accréditation. « Je me félicite de l’opportunité offerte à tous les jeunes qui suivront cette nouvelle formation professionnalisante appelée à devenir une référence en matière d’installation et de conseil agricoles. Nous serons fiers d’accueillir les premiers étudiants de ce nouveau diplôme dans les 25 classes du bachelor agro qui ouvriront à la rentrée 2026 et leur assureront une formation à la hauteur des défis que doit relever l’agriculture » a déclaré Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire.


Nourrir son chien une fois par jour : une étude relance le débat

Pendant longtemps, une règle semblait faire consensus chez les propriétaires de chiens de chasse comme chez les vétérinaires. Après le sevrage, le chiot devait être nourri trois fois par jour jusqu’à six mois, puis deux fois par jour jusqu’à un an. À l’âge adulte, une seule ration quotidienne pouvait être envisagée, à condition que l’état physique du chien le permette. Cette pratique reste aujourd’hui largement répandue. Cependant, une étude scientifique récente, publiée dans la revue GeroScience, vient bousculer ces certitudes. Les chercheurs américains ont observé qu’une alimentation une seule fois par jour pourrait être associée à une meilleure santé globale chez le chien adulte. « Nous ne pensions pas observer de différences significatives dans la santé ou les capacités cognitives des chiens selon leur fréquence d’alimentation », explique Kathleen Kerr, auteure principale de l’étude. Les résultats ont pourtant surpris l’équipe de recherche. Les scientifiques ont analysé les données du Dog Aging Project, un vaste programme de recherche consacré au vieillissement des chiens domestiques. Ce projet rassemble des informations détaillées sur plus de 10 000 chiens : race, taille, âge, niveau d’activité, mode de vie et habitudes alimentaires. Selon les résultats, les chiens nourris une fois par jour présentaient en moyenne moins de problèmes de santé dans plusieurs domaines : troubles gastro-intestinaux, maladies dentaires, affections orthopédiques ou encore certaines pathologies métaboliques. Les chercheurs ont également observé chez ces animaux de meilleurs scores dans les tests cognitifs, suggérant un impact potentiel sur les fonctions cérébrales et le vieillissement. Ces conclusions rappellent certains travaux menés chez d’autres espèces, notamment chez les rongeurs ou les primates, qui ont montré que des périodes de jeûne plus longues entre les repas pouvaient avoir des effets positifs sur le métabolisme et la longévité. Les auteurs restent toutefois prudents. L’étude repose sur des observations et ne permet pas d’établir un lien direct de cause à effet. D’autres facteurs, comme le niveau d’exercice ou la qualité de l’alimentation, peuvent également influencer la santé des animaux. De nombreux vétérinaires soulignent également que les besoins alimentaires varient selon l’âge, la race et l’activité du chien. Les chiots, les femelles gestantes ou les chiens très actifs nécessitent souvent plusieurs repas quotidiens. Pour les chiens adultes en bonne santé, cette étude suggère néanmoins qu’un repas quotidien équilibré et adapté pourrait être suffisant. Une conclusion qui relance le débat sur les pratiques alimentaires et pourrait, à terme, influencer certaines recommandations vétérinaires. En attendant, une règle reste essentielle : quelle que soit la fréquence des repas, la qualité de l’alimentation et l’équilibre nutritionnel demeurent les clés de la bonne santé du chien.Haut du formulaire

 


Le marquis de Foudras

Comment ce diable de marquis, aristocrate jusqu’au bout de son fouet de chasse, peut-il encore nous emporter au fil de ses récits ? Théodore de Foudras, toujours cité, rarement lu et apprécié à sa juste valeur, est né à Falkenberg en 1800. Son père Alexandre, ancien guidon de la Gendarmerie de Lunéville, était d’une noblesse remontant jusque dans les brumes de l’an 1100. Mais la Révolution avait jeté à bas cette haute position dans la noblesse de Bourgogne, et l’avait contraint à l’émigration. Veuf, c’est en Allemagne qu’il a épousé Antonia de Schelgenberg. Elle était de cette noblesse prussienne qui, derrière les Chevaliers Teutoniques, avaient à la pointe de leur épée, conquis, évangélisé, fait fructifier les plaines de la Poméranie et de Silésie. Aussi, dans le salon en fin de journée, les conversations devaient être de passionnants échanges, où Alexandre de Foudras évoquait avec nostalgie la douceur de la France du 18e siècle, et sa femme lui répondait sur la grandeur de ces junkers dont les territoires étaient encore mis en valeur par des serfs. Rentré en France en 1803, Théodore eut la vie gâtée de tout jeune châtelain fils unique. Son premier fusil, son premier cheval, voilà des cadeaux qui marquent et confirment une vocation. Mais, l’insouciance de ce retour n’avait pas atténué les désastres financiers, nés des troubles révolutionnaires. Des contrecoups de fortune l’obligèrent à vendre la propriété familiale de Demigny en 1839 et à chercher, dans la publication de romans,  une source de revenus. Adieu la vue sur les coteaux de Puligny-Montrachet. A quoi tient une carrière littéraire ! Son premier coup d’essai fut un coup de maître, avec la publication des nouvelles des Gentilshommes Chasseurs, en 1848. Des nouvelles où apparaissent les silhouettes de ces veneurs dont les exploits défient l’imagination. Le grand art de Foudras est de fondre, en un amalgame subtil, la vérité tirée de souvenirs narrés par ses parents, des siens accumulés durant trente ans de laisser-courre et l’invention qu’il repousse dans les ultimes, des bornes de la vraisemblance. Son habileté est telle que le lecteur ne peut distinguer le registre de l’imagination créatrice de l’histoire vécue. Le genre du feuilleton est la grande invention littéraire de cette période. C’est un genre à part où s’illustrèrent Eugène Sue et notre glorieux Alexandre Dumas, rythme rapide, écriture serrée…

Par Louis-Gaspard Siclon

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Procès Pilarski : la chasse à courre définitivement écartée : Christophe Ellul reconnaît la responsabilité de son chien...

Il avait toujours refusé d’envisager cette hypothèse depuis le drame. Mais face aux éléments scientifiques présentés à l’audience, Christophe Ellul a finalement changé de position. Au deuxième jour de son procès devant le tribunal correctionnel de Soissons (Aisne), mercredi 4 mars, l’homme de 51 ans a reconnu que son chien Curtis était bien à l’origine des morsures mortelles infligées à sa compagne Elisa Pilarski en 2019. « Madame la présidente m’a donné la preuve qu’il est coupable. Les mensurations des morsures parlent d’elles-mêmes. Aujourd’hui oui, je l’accepte et je le crois », a-t-il déclaré à la barre. Depuis le début de l’affaire, Christophe Ellul contestait pourtant cette responsabilité, évoquant la possibilité que la présence d’une chasse à courre organisée ce jour-là dans la forêt de Retz ait pu jouer un rôle dans le drame. Les faits remontent au 16 novembre 2019. Ce jour-là, Elisa Pilarski, 29 ans, enceinte de six mois, promenait seule Curtis dans ce vaste massif forestier situé au sud-ouest de Soissons. Vers 13h18, la jeune femme appelle son compagnon pour lui signaler qu’elle est attaquée par des chiens. Lorsque les secours arrivent, son corps est retrouvé au bord d’un chemin forestier, portant de nombreuses morsures au cou, aux bras, aux jambes et à la tête. L’hémorragie provoquée par ces blessures lui a été fatale. La présence simultanée d’une chasse à courre dans la forêt avait rapidement suscité de nombreuses interrogations et alimenté les spéculations. Une meute de vingt-et-un chiens participait en effet ce jour-là à une chasse organisée dans le secteur. Mais au fil de l’enquête judiciaire, les expertises scientifiques ont progressivement écarté cette piste....

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