Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Des annonces sans portée : la satisfaction fragile de la Fédération nationale des chasseurs

La rencontre du 28 avril 2026 entre Mathieu Lefèvre et Willy Schraen aura donné lieu à un communiqué triomphant de la FNC. Pourtant, derrière cette satisfaction affichée, les résultats concrets apparaissent singulièrement maigres. Certes, le ministre a « prêté une oreille attentive », mais l’écoute ne saurait tenir lieu de décision. À y regarder de plus près, cette réunion ressemble davantage à un exercice de communication qu’à une avancée politique substantielle. La liste des sujets abordés, du classement d’espèces sensibles à la question du plomb dans les munitions, donne l’illusion d’un dialogue riche, mais masque en réalité l’absence de véritables arbitrages favorables au monde cynégétique. Sur plusieurs dossiers, les chasseurs semblent même avoir intégré des reculs sans réelle contestation. Le classement du grand tétras ou du lagopède alpin en est un exemple révélateur : face à l’état préoccupant des populations, peu de voix se sont élevées. Certains regrettent même que la FNC n’ait pas anticipé ces décisions en les proposant elle-même, ce qui aurait renforcé sa crédibilité environnementale. Plus largement, cette réunion souligne un affaiblissement du rapport de force : les relations avec l’exécutif semblent distendues, notamment dans un contexte politique où les arbitrages sont de plus en plus sensibles à l’opinion publique et aux pressions des opposants à la chasse. Sur les sujets structurants, les marges de manœuvre apparaissent tout aussi limitées. La question des indemnisations des dégâts de gibier, pourtant centrale pour les fédérations départementales exsangues financièrement, reste suspendue à d’hypothétiques arbitrages budgétaires. L’État n’ayant déjà pas honoré l’intégralité de ses engagements précédents, les perspectives de financement supplémentaires demeurent incertaines. Même constat sur le dossier du plomb : le moratoire de huit ans, annoncé par la France, relève davantage du vœu politique que d’une décision acquise, puisqu’il dépend de la validation de la Commission européenne. Autrement dit, ni la FNC ni même l’État français ne maîtrisent réellement l’issue de ce dossier. Sur les ESOD, la position ministérielle est sans ambiguïté : aucune évolution notable n’est à attendre, hormis quelques ajustements ponctuels au niveau préfectoral. Quant aux rares concessions évoquées, comme un possible maintien de la chasse traditionnelle de la palombe au filet ou la création d’un permis spécifique pour la chasse à l’arc, elles relèvent davantage du symbole que d’un changement structurant. Au final, cette rencontre met en lumière un décalage croissant entre le discours de satisfaction de la FNC et la réalité des décisions obtenues : beaucoup d’écoute, peu d’engagements, et encore moins de garanties.


Blaireaux : de l’angélisme au massacre...

Au Royaume-Uni, la lutte contre la tuberculose bovine a conduit à une politique controversée : l’abattage massif de blaireaux. Cette année encore, entre 25 000 et 30 000 de ces animaux doivent être éliminés à travers le pays. L’objectif affiché est de limiter la propagation d’une maladie coûteuse pour l’élevage, responsable de pertes importantes et d’un coût estimé à près de 100 millions de livres pour les finances publiques. Le gouvernement britannique défend une stratégie globale combinant contrôle des troupeaux, régulation des populations de blaireaux dans les zones à risque et, à plus long terme, vaccination. Toutefois, cette dernière a été freinée ces dernières années par un manque de doses disponibles. Cette politique d’abattage est loin de faire consensus. Les défenseurs des blaireaux contestent son efficacité, soulignant que la destruction de colonies pourrait au contraire favoriser la dispersion des animaux et accélérer la propagation de la maladie. Les critiques portent également sur le coût de cette stratégie : l’abattage d’un blaireau est estimé à plusieurs milliers de livres... Plusieurs organisations, dont Wildlife Trusts et PETA, plaident ainsi pour une approche alternative fondée sur la vaccination et une meilleure gestion sanitaire des élevages.

 

Quand l’idéologie remplace la gestion

Ce dossier illustre une dérive devenue fréquente dans les politiques de gestion de la faune : l’absence de cohérence entre les principes affichés et les résultats obtenus. Car enfin, que constate-t-on ? D’un côté, une réticence croissante à assumer des formes de régulation encadrées, progressives, inscrites dans le temps. De l’autre, lorsque les déséquilibres deviennent ingérables, des campagnes d’abattage massives, coûteuses et souvent aveugles. Le cas du blaireau britannique est emblématique. En refusant, pendant des années, une régulation fine et territorialisée, on en arrive aujourd’hui à des destructions à grande échelle dont l’efficacité est elle-même contestée. Pire : ces interventions brutales peuvent désorganiser les populations animales et aggraver la situation sanitaire qu’elles prétendent résoudre. La question est pourtant simple : vaut-il mieux une régulation maîtrisée, continue, fondée sur la connaissance du terrain, ou ces opérations spectaculaires dictées par l’urgence et la pression politique ? La gestion de la faune ne peut pas se réduire à une opposition entre protection absolue et élimination massive. Entre ces deux extrêmes existe une voie exigeante, celle d’une régulation raisonnée, assumée et adaptée aux réalités écologiques. Refuser cette voie, c’est s’exposer à des crises répétées. Et, comme souvent, ce sont alors les animaux, et les éleveurs, qui en paient le prix.


Et si vous découvriez de nouveaux territoires de chasse ?

L’association « Phoebus Ariège-Pyrénées » s’inscrit dans une dynamique originale qui vise à rapprocher les chasseurs et les territoires ruraux du Grand Sud-Ouest. Issue de l’Association Phoebus, structure à but non lucratif active depuis plus de vingt-cinq ans, elle prolonge une expérience solide dans la mise en relation entre passionnés de chasse et sociétés locales. Historiquement, Phoebus a développé des partenariats étroits avec de nombreuses ACCA (Associations Communales de Chasse Agréées) et AICA (Associations Intercommunales de Chasse Agréées), contribuant à valoriser des territoires parfois méconnus, mais riches d’une biodiversité remarquable. L’Ariège, le Quercy ou encore l’Armagnac offrent ainsi des biotopes variés, propices à une chasse d’approche exigeante, qui attire des chasseurs en quête d’authenticité et de nouvelles expériences. Dans ce cadre, l’association joue un rôle d’intermédiaire, facilitant la découverte de ces espaces tout en respectant les équilibres locaux et les pratiques traditionnelles. Les objectifs de Phoebus Ariège-Pyrénées sont à la fois simples et complémentaires. D’une part, il s’agit de permettre à des chasseurs, souvent extérieurs à la région, de découvrir des territoires nouveaux et de pratiquer des modes de chasse spécifiques comme l’approche ou l’affût. D’autre part, l’association apporte un soutien concret aux structures locales en les aidant à amortir les coûts liés à leur fonctionnement. Au fil des années, ce système a permis à de nombreux chasseurs de venir prélever des grands animaux emblématiques tels que le cerf, le mouflon, l’isard ou encore le brocard, dans des conditions encadrées et respectueuses des milieux naturels. Cette démarche s’inscrit dans une logique de valorisation durable des territoires, où la chasse devient aussi un levier économique et un outil de gestion des populations animales. La création de l’association Phoebus Ariège-Pyrénées, portée par plusieurs présidents d’ACCA locales, marque une étape supplémentaire dans cette organisation. Constituée en association loi 1901 et déclarée en préfecture, elle fonctionne de manière autonome tout en conservant un lien fort avec la structure d’origine. Son ambition est claire : travailler en harmonie avec les Fédérations de chasse et renforcer l’efficacité du réseau. Concrètement, les sociétés de chasse transmettent leurs offres et leurs conditions, tandis que l’association identifie des chasseurs dont les attentes correspondent. Une fois la mise en relation effectuée, les échanges se font directement entre les parties, garantissant transparence et simplicité. En facilitant ces connexions, Phoebus Ariège-Pyrénées contribue à dynamiser les territoires ruraux tout en préservant l’esprit collectif et responsable qui caractérise la chasse française aujourd’hui.

 


Moins de chimie, autant de rendement : la revanche des bandes fleuries

Une étude menée en Allemagne s’est intéressée à une question centrale pour l’agriculture moderne : peut-on réduire l’usage des insecticides tout en maintenant les rendements ? Pour y répondre, des chercheurs ont testé l’effet de bandes fleuries implantées directement dans des champs de betteraves sucrières, une culture particulièrement vulnérable aux pucerons, ravageurs majeurs et vecteurs de maladies. L’expérience a été conduite sur dix sites agricoles. Différents mélanges de plantes à fleurs ont été installés au sein des parcelles, puis comparés à deux situations de référence : des zones sans bandes fleuries, et des zones traitées avec des insecticides. Les chercheurs ont ensuite mesuré plusieurs indicateurs clés : le niveau d’infestation de pucerons, l’activité des ennemis naturels de ces ravageurs (prédateurs et parasitoïdes), ainsi que les rendements en sucre. Les résultats sont clairs. Toutes les bandes fleuries testées ont permis de réduire les populations de pucerons par rapport aux parcelles sans aménagement particulier. Mieux encore, certains mélanges se sont révélés aussi efficaces que les traitements insecticides conventionnels. Cette efficacité s’explique par le rôle des fleurs comme habitat et source de nourriture pour les insectes auxiliaires, qui contribuent naturellement à réguler les ravageurs. Parmi les différents mélanges étudiés, ceux contenant des légumineuses se distinguent nettement. Ils semblent particulièrement attractifs pour certains prédateurs de pucerons, ce qui renforce leur capacité de biocontrôle. Ces plantes pourraient ainsi jouer un rôle stratégique dans la conception de systèmes agricoles plus autonomes vis-à-vis des intrants chimiques. Un autre résultat important concerne la production. Contrairement à une idée souvent avancée, l’introduction de bandes fleuries n’a pas entraîné de baisse de rendement. Les niveaux de production de sucre observés sont restés comparables, que les parcelles soient traitées avec des insecticides, équipées de bandes fleuries ou laissées sans intervention particulière. Cela suggère que ces aménagements écologiques peuvent être intégrés sans pénaliser la performance économique des exploitations. Ces résultats ouvrent la voie à des pratiques agricoles plus durables, capables de concilier production et préservation de la biodiversité.


Muséum national d’Histoire naturelle : quatre siècles à observer, comprendre et questionner le vivant

En 2026, le Muséum national d’Histoire naturelle célèbre un anniversaire exceptionnel : quatre cents ans d’existence au service de la connaissance du vivant. L’histoire de cette institution remonte à 1626, lorsque Louis XIII décide, sur les conseils de ses médecins, de créer un Jardin royal des plantes médicinales. À l’origine, ce lieu a une vocation essentiellement utilitaire : cultiver, étudier et enseigner les propriétés thérapeutiques des plantes afin de former médecins et apothicaires. Installé à Paris, sur les rives de la Seine, ce jardin devient rapidement un espace d’expérimentation scientifique et d’observation du monde végétal. Mais très vite, l’ambition dépasse le seul cadre médical. Botanistes et naturalistes élargissent leurs recherches à l’ensemble du monde naturel. La grande rupture intervient pendant la Révolution française. En 1793, le Jardin royal est transformé en Muséum national d’Histoire naturelle, avec une mission profondément renouvelée : étudier la nature dans toutes ses dimensions, animale, végétale, minérale et humaine, et diffuser ces connaissances au plus grand nombre. Cette évolution marque la naissance d’une institution scientifique moderne, tournée à la fois vers la recherche et vers le public. Au fil des siècles, le Muséum s’impose comme un acteur majeur de l’histoire naturelle en Europe et dans le monde. De grandes figures de la science y ont travaillé, enrichissant les savoirs sur l’évolution, la classification des espèces ou encore la paléontologie. Les expéditions scientifiques menées aux quatre coins du globe ont permis de constituer des collections d’une richesse exceptionnelle, aujourd’hui encore au cœur des recherches contemporaines. Quatre siècles plus tard, le Muséum demeure une institution de référence. Ses missions sont multiples : recherche scientifique, conservation de collections, enseignement, expertise et diffusion des connaissances...

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Loups : naissances en cours

Le retour du loup en Europe occidentale s’accompagne, chaque printemps, d’un moment clé du cycle biologique de l’espèce : la naissance des louveteaux. Cette période, discrète mais déterminante, permet de mieux comprendre la dynamique des populations et les comportements sociaux de ce grand prédateur. Le loup (Canis lupus) est un carnivore social vivant en meute structurée. La meute est généralement composée d’un couple dominant et de sa descendance sur une ou plusieurs années. Animal territorial, le loup occupe un domaine vital pouvant s’étendre sur des milliers d’hectares. Son régime alimentaire est principalement constitué d’ongulés sauvages, et d’animaux de rente, bien qu’il puisse s’adapter aux ressources disponibles. La coopération est au cœur de son mode de vie : chasse collective, élevage des jeunes et défense du territoire reposent sur une organisation sociale fine. Les individus communiquent par des vocalisations (hurlements), des signaux visuels et olfactifs. La reproduction du loup suit un cycle saisonnier bien établi. Les accouplements ont lieu en hiver, généralement entre janvier et mars. Après une gestation d’environ 63 jours, les naissances surviennent au printemps, souvent de mi-avril à fin mai. La femelle met bas dans une tanière, choisie pour sa discrétion et sa sécurité. La portée compte en moyenne de 4 à 6 louveteaux. À la naissance, les petits sont aveugles et totalement dépendants de leur mère. Durant les premières semaines, la femelle reste près de la tanière tandis que les autres membres de la meute assurent l’approvisionnement en nourriture. Progressivement, les louveteaux commencent à explorer les abords du site, puis rejoignent des lieux de rassemblement. Parallèlement à l’arrivée des nouvelles portées, les jeunes loups nés l’année précédente atteignent un âge charnière. Âgés d’environ un an, les jeunes mâles entrent dans une phase de dispersion. Ce phénomène, essentiel à la dynamique de l’espèce, consiste en un départ progressif de la meute d’origine. Ces individus partent à la recherche d’un territoire vacant et, éventuellement, d’un partenaire pour fonder une nouvelle meute. Cette phase est marquée par une grande mobilité et comporte des risques élevés : mortalité accrue liée aux collisions routières, aux conflits intra-spécifiques ou aux activités humaines. Toutefois, elle constitue un mécanisme clé de colonisation de nouveaux territoires. La période des naissances, si elle est essentielle à la dynamique naturelle de l’espèce, n’est pas sans conséquences pour les activités humaines, en particulier l’élevage. Au printemps et au début de l’été, la présence de louveteaux accroît les besoins alimentaires de la meute, tandis que les jeunes de l’année précédente, engagés dans leur phase de dispersion, adoptent des comportements opportunistes. Moins expérimentés dans la chasse aux proies sauvages, ces individus peuvent se tourner vers des cibles plus accessibles, notamment les troupeaux domestiques. Cette réalité impose aux éleveurs un renforcement des mesures de protection : surveillance accrue, regroupement nocturne des animaux, installation de clôtures adaptées et recours à des chiens de protection. Ces contraintes, souvent coûteuses en temps et en moyens, s’ajoutent aux exigences déjà fortes du métier. Elles soulignent la nécessité d’un accompagnement technique et financier durable, ainsi que d’une adaptation des pratiques pastorales dans les zones de présence du loup. Ainsi, la saison des naissances ne constitue pas seulement un moment clé pour l’espèce, mais aussi une période de vigilance accrue pour les éleveurs, au croisement des enjeux écologiques et socio-économiques.


Les phéromones : l’infinitésimal de la communication

Les phéromones sont des substances chimiques émises par de nombreux organismes vivants, animaux comme végétaux, jouant un rôle central dans la communication biologique. Apparentées aux hormones, elles agissent à distance, parfois sur plusieurs kilomètres, et transmettent des informations essentielles sans passer par les cinq sens classiques. Leur fonction est multiple : marquage territorial, reproduction, reconnaissance entre individus ou encore signal d’alerte. Chez les plantes, certaines phéromones sont libérées en réponse à une agression (coupe, attaque d’herbivores) et peuvent servir à repousser les prédateurs ou à alerter les végétaux voisins. Chez les mammifères, notamment le grand gibier, ces signaux chimiques sont produits par des glandes spécialisées. Le cerf, par exemple, diffuse des phéromones via ses bois en les frottant contre la végétation, mais aussi par des glandes comme le larmier. Le chevreuil utilise ses glandes frontales, ses brosses ou encore ses glandes interdigitales pour déposer des marqueurs odorants sur le sol et les végétaux. Ces signaux participent à l’organisation sociale et territoriale. Des mécanismes similaires existent chez d’autres ongulés comme le chamois ou le mouflon. Chez le sanglier, la salive et l’urine jouent un rôle majeur dans la diffusion de ces composés. Les insectes exploitent également les phéromones de manière très sophistiquée. Certaines espèces, comme des coléoptères ravageurs, utilisent des signaux sexuels pour se reproduire. Ces mécanismes sont aujourd’hui utilisés en agriculture via des pièges à phéromones, permettant de contrôler les populations de nuisibles sans recourir à des pesticides. Cette méthode ciblée limite les impacts sur les autres espèces et préserve les équilibres écologiques. Sur le plan scientifique, les phéromones représentent un domaine d’étude majeur pour comprendre les interactions entre individus et avec leur environnement. Elles offrent des perspectives concrètes en gestion de la faune, en agriculture durable ou en protection des cultures. En conclusion, bien qu’invisibles et souvent imperceptibles pour l’être humain, les phéromones constituent un véritable langage chimique universel. Elles structurent les relations dans le vivant et illustrent la complexité des mécanismes naturels, où des signaux infimes peuvent produire des effets déterminants à grande échelle.

 


Eau : ça ne coule plus de source...

La révision annoncée de la directive-cadre sur l’eau (DCE), adoptée en 2000 par l’Union européenne, constitue un enjeu technique majeur pour la gestion des ressources hydriques. Cette directive repose sur un principe central : la non-détérioration des masses d’eau, c’est-à-dire l’obligation de maintenir ou d’améliorer leur état écologique et chimique. Elle encadre ainsi la qualité des rivières, lacs et nappes souterraines à travers des indicateurs scientifiques précis. Sur le plan technique, l’évaluation de l’état des eaux repose sur deux volets : l’état écologique (biodiversité, hydromorphologie, continuité des milieux) et l’état chimique (présence de polluants, métaux lourds, substances toxiques). Les données récentes montrent que seuls 37 % des eaux de surface atteignent un bon état écologique et 29 % un bon état chimique, ce qui souligne des défaillances dans les systèmes de surveillance et de réduction des pollutions. La réforme envisagée vise à assouplir certaines contraintes, notamment pour faciliter l’exploitation de matières premières critiques (comme le lithium ou le nickel). Techniquement, cela pourrait modifier les seuils admissibles de pollution ou les critères d’autorisation des projets industriels, en particulier dans les zones sensibles. Une telle évolution poserait des questions sur la capacité des milieux à absorber des pressions supplémentaires sans altération irréversible. Le CNRS souligne que la problématique principale n’est pas la conception de la directive, mais son application inégale selon les États membres. Les outils existent : réseaux de mesure, modélisation hydrologique, analyses chimiques avancées. Toutefois, leur déploiement reste insuffisant ou hétérogène. D’un point de vue scientifique, la gestion de l’eau nécessite une approche systémique intégrant les cycles hydrologiques, les interactions entre polluants et milieux, ainsi que les impacts cumulatifs des activités humaines. La révision de la DCE pourrait donc modifier les équilibres techniques actuels entre protection des ressources et usages industriels. L’enjeu central est de maintenir des standards scientifiques robustes tout en intégrant de nouvelles contraintes économiques, sans compromettre la capacité des écosystèmes aquatiques à se régénérer.


Haro sur le béton... ou sur le portefeuille ?

Le tribunal judiciaire d’Orléans a décidé de prendre son temps. Deux jours pleins, les 7 et 8 septembre, pour juger une affaire qui, manifestement, déborde déjà de toutes parts. Il faut dire que le casting s’est étoffé : seize parties civiles annoncées, et peut-être davantage à venir. À ce rythme, on finira par manquer de chaises avant de manquer d’indignation. Au centre de la scène : Olivier Bouygues, milliardaire, figure idéale pour incarner le grand capital face à la vertu militante. Le scénario est presque trop parfait. D’un côté, les défenseurs de la biodiversité, armés de principes et de communiqués. De l’autre, un nom célèbre, synonyme de béton, de grues et de chiffres à neuf zéros. David contre Goliath, certes, mais avec un service juridique de chaque côté. Car derrière la noble cause des espèces protégées, une autre dynamique s’installe, plus discrète, mais non moins efficace : celle de la multiplication des parties civiles. Une biodiversité procédurale, en somme. Associations, collectifs, structures diverses… chacun vient défendre sa parcelle de morale, et, accessoirement, sa part potentielle du gâteau judiciaire. Faut-il s’en offusquer ? Après tout, la justice est aussi là pour réparer les préjudices. Mais l’enthousiasme soudain pour cette affaire a quelque chose d’étrangement proportionnel à la fortune du principal prévenu. On imagine mal un tel engouement si le dossier concernait un petit promoteur local ou un agriculteur mal inspiré. La cause serait-elle moins noble, ou simplement moins rentable ? Dans cette pièce à ciel ouvert, chacun joue son rôle avec application. Les défenseurs des animaux dénoncent un système destructeur, les avocats affûtent leurs arguments, et le parquet tente de garder le fil dans cette forêt de requêtes. Pendant ce temps, le public observe, partagé entre indignation sincère et soupçon de théâtre bien huilé. La défense des espèces protégées mérite mieux qu’un parfum de ruée vers l’or. Mais à voir l’affluence des parties civiles, on pourrait croire que, derrière les oiseaux et les amphibiens, certains ont déjà flairé une autre espèce en voie de capture : le gros chèque. Et celui-là, étrangement, suscite toujours beaucoup de vocations...


Fauche de printemps : agriculteurs et chasseurs, une coopération vitale pour sauver les faons

Dans quelques jours et jusqu’au 15 juin, période de mise bas des chevreuils, les prairies deviennent des zones à haut risque pour les faons. Durant leurs premiers jours, ces jeunes animaux adoptent un réflexe de survie paradoxal : au lieu de fuir, ils se plaquent au sol et restent totalement immobiles. Ce comportement, efficace face aux prédateurs naturels, les expose dramatiquement aux machines agricoles. Les faucheuses modernes, larges de plusieurs mètres et capables de couvrir rapidement de grandes surfaces, fonctionnent à des vitesses élevées. Équipées de disques rotatifs et parfois de systèmes de conditionnement qui accélèrent le séchage de l’herbe, elles ne laissent aucune chance aux animaux dissimulés dans la végétation. Cette performance technique, essentielle à l’efficacité des exploitations, augmente cependant les risques pour la faune. Chaque année, de nombreux faons sont ainsi tués, souvent à l’insu même des agriculteurs. La fauche printanière cristallise donc un enjeu majeur : concilier rendement agricole et préservation de la biodiversité. Pour réduire ces accidents, plusieurs solutions existent et reposent largement sur la coopération. Adapter les pratiques est une première étape : commencer la fauche par le centre des parcelles pour finir par les bordures permet de pousser les animaux vers l’extérieur. Les technologies apportent aussi des réponses concrètes, notamment les drones thermiques utilisés à l’aube pour repérer les faons, ou les détecteurs embarqués sur certaines machines. Mais au-delà des outils, l’anticipation humaine reste déterminante. Les chasseurs ont ici un rôle essentiel, presque un devoir moral : proposer leur aide aux agriculteurs. La veille de la fauche, ils peuvent observer les parcelles afin de repérer les déplacements des chevrettes venant allaiter leurs petits, un indice précieux pour localiser les zones à risque. Le jour J, ils participent au repérage et au déplacement des faons en toute sécurité. Cette collaboration de terrain, fondée sur la connaissance des comportements animaux, permet de sauver de nombreuses vies. Elle illustre surtout une dynamique positive où agriculteurs et chasseurs unissent leurs efforts au service d’une agriculture plus responsable.


Salaires 2026 des structures cynégétiques : une revalorisation encadrée

La grille des salaires des associations cynégétiques évolue en 2026, dans le cadre de l’avenant n°21 du 10 mars 2026, signé par les partenaires sociaux. Ce texte, encore en attente de publication au Journal officiel et de son extension, prévoit une revalorisation générale de 1,50 % de la valeur du point ainsi que de l’ensemble des minima conventionnels. Cette mise à jour concerne la convention collective nationale des personnels des structures associatives cynégétiques du 13 décembre 2007 (IDCC 2697), référence essentielle pour l’encadrement des relations de travail dans ce secteur. L’application de cette nouvelle grille, fixée au 1er avril 2026, s’inscrit dans une durée indéterminée, traduisant une volonté de maintenir un cadre salarial cohérent face aux évolutions économiques. Le champ d’application de cette convention est large et couvre l’ensemble des salariés employés par les structures cynégétiques, quel que soit leur type de contrat. Sont notamment concernées les fédérations départementales, interdépartementales, régionales et nationale des chasseurs, ainsi que leurs organismes associés, comme le syndicat national des chasseurs de France ou encore les structures dédiées à la protection des habitats de la faune sauvage. La convention s’applique également aux associations et groupements dont l’activité principale relève de la chasse et dont plus de 75 % des ressources proviennent de subventions versées par les fédérations de chasseurs. Les salaires définis correspondent à des minima bruts garantis pour une durée de travail de 35 heures hebdomadaires, soit 151,67 heures mensuelles, et varient selon un système de coefficients hiérarchiques. Les métiers concernés par cette convention illustrent la diversité et la technicité du secteur cynégétique. On y retrouve des fonctions de terrain, comme les gardes-chasse, agents de terrain ou techniciens cynégétiques, mais aussi des postes à responsabilité tels que responsables de fédération, chargés de mission biodiversité ou directeurs de réserve. D’autres profils, comme les animateurs nature ou les chargés de communication, témoignent de l’évolution des missions vers davantage de sensibilisation et de gestion environnementale. À travers cette revalorisation salariale, même modérée, les partenaires sociaux reconnaissent l’importance de ces métiers dans la gestion durable de la faune et des habitats. Elle participe également à renforcer l’attractivité d’un secteur en mutation, à la croisée des enjeux écologiques, ruraux et sociétaux.

 

Pour télécharger l’avenant n° 21 du 10 mars 2026 des salaires 2026 des associations cynégétiques, c’est ICI

 

Pour télécharger l’accord salarial 2026 : c’est ICI