Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

4x4 de chasse : l’Europe desserre l’étau sur les moteurs thermiques

C’est un revirement qui intéresse directement des milliers de chasseurs européens, grands utilisateurs de 4x4, pick-up et véhicules tout-terrain. Sous la pression de plusieurs États membres et de l’industrie automobile, l’Union européenne a finalement renoncé à imposer le tout-électrique dès 2035. Bruxelles maintient officiellement son objectif de décarbonation, mais introduit désormais une large dose de flexibilité qui permettra aux moteurs thermiques et hybrides de continuer à rouler bien après cette date. Initialement, la législation européenne prévoyait l’interdiction totale de la vente de voitures et utilitaires neufs à essence ou diesel à partir de 2035. Désormais, les constructeurs devront seulement réduire de 90 % leurs émissions de CO2, contre 100 % auparavant. En clair, les véhicules à moteur thermique ne disparaîtront pas complètement du paysage automobile européen. Cette décision est particulièrement suivie dans les milieux ruraux et cynégétiques. Dans de nombreux territoires de chasse, notamment en montagne, dans les grandes plaines agricoles ou les massifs forestiers, les 4x4 demeurent des outils indispensables. Transport des chiens, accès aux parcelles isolées, franchissement de chemins boueux ou enneigés : pour beaucoup de chasseurs, l’autonomie limitée des véhicules électriques et le manque d’infrastructures de recharge restent des obstacles majeurs. L’assouplissement décidé par la Commission européenne ouvre donc la porte à la poursuite de la production de véhicules hybrides rechargeables, hybrides légers, véhicules à prolongateur d’autonomie et même certains modèles à moteur thermique classique alimentés par des carburants alternatifs. Les constructeurs pourront compenser une partie des émissions restantes grâce à l’utilisation d’acier bas carbone produit en Europe ou via des carburants durables et biocarburants...

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Santé animale mondiale : Paris accueille la 93e Assemblée générale de l’OMSA

Du 18 au 22 mai 2026, Paris accueillera la 93e Session générale de l’Assemblée mondiale des délégués de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), l’un des rendez-vous internationaux les plus importants consacrés à la santé animale et aux enjeux sanitaires mondiaux. Cet événement institutionnel majeur réunira les représentants des 183 États membres de l’OMSA ainsi que de nombreuses organisations internationales partenaires, des observateurs, des experts scientifiques et plusieurs acteurs clés des secteurs vétérinaire, agricole et sanitaire. Cette assemblée constitue chaque année le principal espace de décision de l’organisation. Au cours de cette semaine de travail, les délégués devront adopter de nouvelles normes internationales destinées à renforcer la prévention, la surveillance et la gestion des maladies animales à travers le monde. Ces normes jouent un rôle essentiel dans les échanges internationaux d’animaux et de produits d’origine animale, mais aussi dans la sécurité sanitaire mondiale. Les discussions porteront également sur plusieurs enjeux majeurs : lutte contre les épizooties, surveillance des zoonoses transmissibles à l’homme, résistance aux antimicrobiens, sécurité alimentaire, bien-être animal et adaptation des systèmes sanitaires face au changement climatique. La Session générale permettra en outre l’adoption de résolutions administratives et techniques, l’examen des rapports annuels de l’organisation ainsi que la validation du 8e Plan stratégique de l’OMSA, qui doit fixer les grandes priorités internationales pour les prochaines années. Des élections pourraient également avoir lieu pour renouveler certains organes de gouvernance. L’un des temps forts de cette édition sera le Forum sur la santé animale organisé en marge de l’assemblée autour du thème : « Investir dans la santé animale pour assurer l’avenir de tous ». Depuis les grandes épizooties récentes, influenza aviaire, peste porcine africaine ou encore fièvre aphteuse, les questions de santé animale occupent une place croissante dans les politiques publiques internationales. Les experts rappellent régulièrement que près de 60 % des maladies infectieuses humaines connues sont d’origine animale. Toutes les sessions bénéficieront d’une interprétation simultanée en six langues officielles : français, anglais, espagnol, arabe, chinois et russe, confirmant la dimension mondiale de cette rencontre stratégique organisée au cœur de la capitale française.


Le langage des chiens courants : quand la gorge devient musique de chasse

Le chien courant possède un mode d’expression unique dans l’univers canin. Là où d’autres chiens travaillent essentiellement dans le silence ou le contact direct avec leur conducteur, lui utilise avant tout sa gorge pour communiquer. Son langage est fait de cris, de récris, d’intonations et de modulations qui traduisent avec précision les différentes phases de l’action de chasse. Un chien au chenil aboie ; un chien courant, lui, « donne ». Cette voix devient un véritable outil de travail, autant pour ses congénères que pour le piqueur qui suit la chasse. Chaque situation possède sa tonalité particulière : le rapproché, lorsque le chien travaille une voie ancienne ; le lancé, au moment où le gibier est débusqué ; la menée, lorsque l’animal est poursuivi ; ou encore le forlongé, lorsque la voie se perd momentanément. À l’oreille, un homme expérimenté est capable de comprendre ce qui se déroule sans même voir les chiens. La gorge constitue donc bien davantage qu’un simple aboiement : elle est un langage codifié, hérité de siècles de sélection. Chez les chiens courants, la voix varie énormément selon les races, mais aussi selon les individus. Certaines gorges sont claires, d’autres graves, profondes, aiguës ou particulièrement sonores. Beaucoup ont été comparées à des instruments de musique. On parle ainsi de voix de tambour ou de clairon. Deux grands styles de chiens se distinguent : les cogneurs et les hurleurs. Les cogneurs sont généralement rapides, nerveux et abondants en voix, tandis que les hurleurs possèdent une gorge plus ample et travaillent souvent la voie plus près du sol...

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Louveterie : l’État doit-il abandonner son dernier fusil ?

Il existe en France peu d’institutions capables de traverser les régimes, les révolutions, les guerres et les bouleversements sociaux sans disparaître. La louveterie fait partie de ces survivantes. Héritière directe des louvetiers de l’Ancien Régime, cette institution fut créée par Charlemagne en 813, pour répondre à une urgence très concrète : protéger les populations rurales et les troupeaux contre les loups. Bien avant l’apparition des ministères modernes de l’environnement ou de la biodiversité, l’État avait déjà compris qu’il devait disposer d’hommes de terrain capables d’intervenir rapidement dans les campagnes lorsque les équilibres étaient rompus. Après la Révolution française, Napoléon Ier réorganise officiellement la louveterie par un arrêté impérial de 1804. À cette époque, les campagnes françaises vivent encore sous la menace des grands prédateurs. Les attaques sur les troupeaux sont fréquentes, les dégâts considérables et les moyens de protection limités. Le terme de « lieutenant de louveterie » fut donc adopté, lorsque ces louvetiers se sont vu confier un territoire précis d’intervention, souvent le canton administratif. Ils devenaient alors les « tenants du lieu », autrement dit les représentants locaux de l’autorité chargée de la régulation de la faune sauvage. Ils organisent des battues administratives, coordonnent les chasseurs locaux et participent à la police de la chasse. Dès l’origine, leur rôle dépasse largement celui de simples chasseurs bénévoles. Ils incarnent une autorité administrative de proximité. Pendant tout le 19e siècle, la mission principale reste la lutte contre le loup. Mais avec la disparition progressive du prédateur au début du 20e siècle, la louveterie aurait pu disparaître à son tour. Il n’en fut rien. L’institution se transforma progressivement en outil de régulation de la faune sauvage. Sangliers, renards, espèces causant des dégâts agricoles ou des déséquilibres écologiques devenaient les nouvelles cibles d’intervention. L’État comprend alors que la gestion des populations animales n’est pas uniquement une affaire de chasse, mais aussi de sécurité publique, d’agriculture et d’ordre administratif. Après la Seconde Guerre mondiale, l’évolution de l’agriculture et du droit de l’environnement renforce encore ce rôle. Les lieutenants de louveterie deviennent des auxiliaires techniques du préfet. La circulaire du 27 mars 1973 fixe les grandes règles modernes de leur fonctionnement : nationalité française, droits civiques, permis de chasser depuis au moins cinq ans, compétences cynégétiques reconnues, nomination par le préfet pour trois ans renouvelables. Le texte rappelle surtout une notion essentielle : les louvetiers participent à une mission de service public et concourent à la police de la chasse. Aujourd’hui, alors que le retour du loup, l’explosion des populations de sangliers et les tensions autour de la biodiversité replacent la question de la régulation animale au cœur du débat public, la louveterie retrouve une visibilité qu’elle n’avait plus connue depuis des décennies. Mais cette résurgence intervient à un moment où son indépendance même se retrouve discutée...

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Chasse : l’IFOP identifie un potentiel de reconquête estimé à plusieurs centaines de milliers de pratiquants

Une étude nationale réalisée par IFOP met en évidence l’existence d’un réservoir significatif de pratiquants potentiels pour la chasse en France, malgré l’érosion continue du nombre de permis validés observée depuis plusieurs décennies. L’enquête, fondée sur 9 000 ex-chasseurs interrogés, 3 000 Français représentatifs de la population générale et 24 entretiens qualitatifs approfondis, dresse une cartographie précise des profils susceptibles de rejoindre ou de réintégrer la pratique. Premier enseignement : 7 % des Français peuvent être considérés comme des « prospects chasseurs ». Cette population se compose majoritairement d’hommes (68 %), souvent âgés de moins de 40 ans, vivant en milieu rural ou périurbain. L’étude souligne surtout un facteur déterminant : la proximité sociale avec le monde cynégétique. La majorité de ces personnes disposent d’un lien familial, amical ou professionnel avec des chasseurs actifs ou anciens. Les motivations recensées se répartissent en plusieurs catégories. Les « sportifs outdoor », qui représentent environ 40 % de ce vivier potentiel, associent la chasse à une activité de pleine nature et d’endurance. Les « chasseurs nourriciers » (22 %) se montrent sensibles aux notions de circuit court, d’autonomie alimentaire et de consommation de viande sauvage. Enfin, les « enracinés ruraux » (18 %) évoquent davantage les dimensions culturelles, sociales et patrimoniales. L’étude identifie également plusieurs freins structurels au renouvellement des effectifs. Le principal obstacle demeure la perception d’un univers difficile d’accès, fonctionnant sur des réseaux de connaissance et de cooptation. Une part importante des personnes interrogées estime ne pas disposer des contacts nécessaires pour intégrer une équipe de chasse ou méconnaît les démarches administratives liées au permis. À cela s’ajoute une pression sociale importante, notamment chez les jeunes actifs urbains ou périurbains, qui considèrent parfois la pratique comme difficile à assumer publiquement. L’IFOP note également un déficit de visibilité dans les espaces numériques fréquentés par les jeunes générations, contrairement à d’autres loisirs de nature fortement médiatisés. L’étude s’intéresse enfin aux anciens pratiquants. Parmi eux, les profils les plus représentés restent les chasseurs âgés confrontés à des difficultés physiques ou logistiques. Mais plusieurs catégories apparaissent récupérables à moyen terme. Les contraintes financières, familiales ou professionnelles constituent les principaux motifs d’arrêt chez les moins de 50 ans. Ainsi, 74 % des « contraints familiaux » et 81 % des « contraints professionnels » déclarent envisager une reprise si les conditions d’organisation devenaient plus souples. L’IFOP recommande donc plusieurs leviers de reconquête : simplification des parcours d’entrée, multiplication des journées de découverte, communication davantage tournée vers les usages contemporains de la nature et valorisation de profils plus jeunes et féminins afin de renouveler l’image de la pratique.


Plantes sous surveillance : l’Europe mobilise les citoyens pour protéger cultures, forêts et biodiversité

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), la Commission européenne et 33 pays partenaires ont lancé, le 12 mai 2026, la quatrième édition de la campagne « PlantHealth4Life », destinée à sensibiliser le grand public à l’importance de la santé des végétaux. Pour la troisième année consécutive, le ministère français de l’Agriculture s’associe à cette opération européenne qui vise à rappeler que la protection des plantes concerne directement l’alimentation, l’environnement et la souveraineté alimentaire. La campagne encourage les citoyens à adopter des gestes simples afin de limiter la propagation des maladies et ravageurs végétaux. Les autorités rappellent notamment qu’il ne faut pas rapporter de végétaux, graines ou fruits depuis l’étranger sans contrôle sanitaire, certaines espèces nuisibles pouvant être transportées involontairement dans les bagages des voyageurs. Les jardiniers amateurs, voyageurs et familles constituent les principales cibles de cette opération de sensibilisation. Les enjeux sont considérables. Les végétaux représentent près de 80 % de l’alimentation humaine et jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes. Or le changement climatique, l’intensification des échanges commerciaux et la circulation accrue des personnes favorisent la diffusion d’organismes nuisibles. Parmi les menaces identifiées figure notamment le nématode du pin, un ver microscopique capable de détruire rapidement des massifs forestiers entiers. Déjà présent au Portugal et en Espagne, un foyer a récemment été détecté en France, entraînant des mesures d’éradication. D’autres ravageurs, comme certaines mouches exotiques introduites via des fruits transportés par des voyageurs, inquiètent également les services phytosanitaires européens. Les autorités françaises rappellent que des contrôles sont réalisés aux frontières de l’Union européenne et que des dispositifs de surveillance sont déployés sur le territoire afin de détecter rapidement l’apparition de nouveaux foyers. Mais elles estiment que la vigilance des citoyens reste indispensable pour limiter les risques de propagation. La campagne « PlantHealth4Life » se poursuivra durant toute l’année 2026 dans les pays participants avec des vidéos, publications pédagogiques et actions de communication destinées au grand public.


Sevrage des marcassins : pourquoi les dégâts de sangliers explosent...

Chaque année, la période du sevrage des marcassins marque un moment particulièrement sensible dans la vie des sangliers… et complique le travail des agriculteurs. À cette époque, les jeunes commencent progressivement à quitter l’alimentation lactée pour apprendre à se nourrir seuls. La laie conduit alors sa compagnie vers les secteurs les plus riches en nourriture afin d’assurer la croissance rapide des marcassins. Et comme la forêt manque de ressources, les champs deviennent une cible privilégiée. Le sanglier est un animal extrêmement adaptable. Historiquement forestier, il fréquente aujourd’hui les zones agricoles, périurbaines et parfois même les centres urbains. Cette capacité d’adaptation s’explique par son régime omnivore très opportuniste. Céréales, maïs, prairies, pommes de terre, légumes, vers, insectes ou déchets alimentaires : tout peut attirer une compagnie de sangliers. Mais les dégâts ne proviennent pas uniquement de ce qu’ils consomment. Les sangliers fouillent continuellement le sol à la recherche de nourriture. Ces fouilles, appelées boutis ou vermillis, retournent parfois de grandes surfaces en quelques nuits seulement. Dans les cultures, elles provoquent des pertes importantes, notamment au printemps et en été. Les travaux du Centre de recherche sur la faune sauvage du Bade-Wurtemberg montrent que plusieurs facteurs influencent fortement ces déplacements : disponibilité alimentaire, tranquillité des zones de repos, pression humaine et qualité des refuges. Pour limiter les dégâts, plusieurs mesures peuvent être combinées. La première consiste à réduire l’attractivité alimentaire autour des habitations ou des zones sensibles : déchets verts non protégés, composts accessibles ou bennes ouvertes représentent de véritables garde-manger pour les sangliers. La sécurisation des dépôts et des contenants reste essentielle. En zone périurbaine, il est également conseillé de limiter les zones refuges trop favorables : ronciers épais, tas de branchages ou petits bosquets abandonnés offrent des caches idéales aux compagnies. Enfin, la dissuasion par la chasse joue un rôle important lorsqu’elle est adaptée. Les spécialistes allemands estiment que l’affût est particulièrement efficace en période estivale. Ils rappellent toutefois un principe essentiel : éviter de prélever une laie meneuse accompagnée de jeunes marcassins encore dépendants. Dans certaines situations, le prélèvement d’un jeune dans une compagnie suffit à renforcer la méfiance du groupe et à éloigner durablement les animaux des zones sensibles.


Chiots issus d’élevages illégaux : trop souvent marqués à vie...

Une étude britannique met en lumière les conséquences durables des élevages illégaux ou ne respectant pas les règles élémentaires de bien-être animal sur la santé des chiens. Publiés dans la revue scientifique Animal Welfare, les travaux du Royal Veterinary College (RVC) de Londres ont suivi près de 1 000 chiots achetés durant l’année 2020, au moment où la pandémie de Covid-19 avait provoqué une explosion de la demande d’animaux de compagnie au Royaume-Uni. Les chercheurs ont analysé leurs conditions d’élevage, les modalités de vente, leur état sanitaire initial ainsi que les éventuels troubles apparus au fil du temps. Les conclusions sont sans appel : les chiens issus d’élevages illégaux ou de structures ne respectant pas les standards de bien-être présentent jusqu’à trois fois plus de risques de développer des problèmes de santé à long terme. Les troubles recensés concernent aussi bien des pathologies physiques que comportementales. Les vétérinaires évoquent notamment une fréquence plus élevée de maladies digestives, dermatologiques ou respiratoires, mais aussi des troubles anxieux, des difficultés de socialisation et des comportements agressifs ou compulsifs. Selon les chercheurs, ces problèmes trouvent souvent leur origine dans les premières semaines de vie du chiot : sevrage précoce, manque de contact avec la mère, mauvaises conditions sanitaires ou absence de stimulation sociale. L’étude souligne également un constat important : même lorsque les animaux rejoignent ensuite des foyers stables et attentifs, les conséquences des mauvais traitements précoces restent souvent durables. Autrement dit, l’affection et les soins apportés par les propriétaires ne suffisent pas toujours à compenser les carences subies durant l’élevage. Cette enquête relance les inquiétudes autour du commerce illégal de chiots, largement alimenté par les ventes en ligne et les trafics transfrontaliers. Durant la pandémie, la forte demande et l’augmentation des prix ont favorisé l’apparition de nombreux élevages clandestins cherchant avant tout la rentabilité au détriment du bien-être animal. Les chercheurs appellent désormais à renforcer les contrôles et à mieux informer les futurs acquéreurs. Vérifier l’origine du chiot, visiter l’élevage, rencontrer la mère et exiger les documents sanitaires restent, selon eux, des étapes essentielles avant toute adoption.


Le loup avance et... la tension monte dans les campagnes européennes

Des plaines de Bretagne aux reliefs de Catalogne, le loup continue d’étendre son territoire en Europe occidentale, multipliant les signalements et les attaques sur les élevages. Ces derniers jours encore, plusieurs départements français ont été confrontés à une succession d’incidents qui illustrent le retour durable du prédateur dans des zones où il avait disparu depuis des décennies. En Alsace, l’OFB a confirmé la présence ponctuelle d’un jeune loup isolé dans le secteur de Gerstheim, près d’Erstein, le long du Rhin. Aucun comportement agressif n’a été signalé, mais cette observation confirme la progression régulière de l’espèce dans la région, depuis son retour discret dans le massif vosgien en 2011. Plus à l’ouest, en Bretagne, trois loups sont désormais identifiés. À Quimper, lors du comité départemental réuni le 7 mai, le groupe Loup Bretagne a dénoncé la stratégie d’élimination envisagée par les autorités. L’association estime que les attaques recensées en 2025 dans le Finistère seraient principalement liées à un individu récemment arrivé dans le sud du département. Selon elle, l’expérience observée dans le nord du Finistère montre qu’un loup installé durablement tend ensuite à se détourner progressivement des troupeaux pour revenir vers les proies sauvages (sic). Dans la Haute-Loire, les attaques se succèdent. À Saint-Haon, une prédation ayant causé la perte de cinq agneaux fait actuellement l’objet d’analyses par les agents de l’OFB. À Landos, dans la nuit du 5 au 6 mai, un troupeau de brebis noires du Velay a été durement touché : 25 ovins ont péri ou dû être euthanasiés après l’attaque. La commune a immédiatement été classée en « cercle 2 », permettant un renforcement des mesures de protection et des tirs de défense. Même inquiétude dans la Meuse, où quatre exploitations ont été touchées en une semaine entre Bar-le-Duc et Saint-Mihiel. Sept brebis et un veau ont été tués. Des prélèvements ADN sont en cours afin de déterminer s’il s’agit d’un seul individu. En Saône-et-Loire enfin, des veaux blessés à Montagny et Doizieux ont relancé les craintes après la photographie d’un loup prise à Mont dans la nuit du 4 au 5 mai. Cette expansion du loup soulève désormais une autre question en Europe : celle de son identité génétique. En Italie, une étude publiée dans la revue Biological Conservation révèle que près de 47 % des loups seraient désormais des hybrides issus de croisements avec des chiens errants. Les chercheurs alertent sur un possible « point de non-retour » génétique susceptible de modifier durablement le comportement et la physiologie de l’espèce. Un phénomène inédit par son ampleur, qui pourrait à terme brouiller les frontières mêmes entre le loup sauvage et le chien domestique.