Bonheurs de Chasses, tome 7

Belval, centre de formation François Sommer : immersion au cœur d’un stage

Quelques jours après son inauguration, le 9 juillet dernier, le Centre de formation, de recherche et de création artistique (CFRCA) de Belval accueillait ses premiers stagiaires, conformément au calendrier des formations prévues pour 2026. Le changement de décor est notable. Exit l’ancienne salle de cours, avec son grand feu dans l’âtre, son coin salon, ses trophées, ses animaux naturalisés et ses supports pédagogiques. Place à une salle de conférence moderne, dotée d’équipements audiovisuels de pointe et largement ouverte sur la campagne environnante. Nous avons suivi une dizaine d’employés de SNCF Réseau venus approfondir leurs connaissances dans le cadre de leurs missions. La plupart d'entre eux assurent la surveillance et la régulation sur les emprises ferroviaires et sont titulaires du permis de chasser. Le programme, particulièrement dense, aborde les fondamentaux de la connaissance des armes et des optiques, la balistique, le choix des munitions, l’anatomie des ongulés et leurs zones vitales. Le réglage des armes et des optiques, ainsi que les techniques de tir, complètent les enseignements. Les stagiaires découvrent également les principes du piégeage de la grande faune, les bonnes pratiques de manipulation des carcasses et la prévention des zoonoses. Organisées en demi-journées de quatre heures, les sessions alternent cours théoriques et mises en pratique en extérieur, avec des séquences thématiques d’une heure au maximum. La formation est principalement assurée par David Pierrard, directeur du CFRCA, et son adjoint Quentin Hallet. Deux intervenants extérieurs apportent leur expertise : Denis Sagrafena, docteur vétérinaire, et Rémy Richard, armurier bien connu du monde cynégétique. À l’heure du bilan, les retours sont unanimes : des connaissances nouvelles, un cadre remarquable, un hébergement trois étoiles, une restauration simple et authentique, et surtout une ambiance à la fois chaleureuse et sereine. À Belval, la modernité des équipements s’inscrit ainsi dans une continuité : celle de l’exigence et de l’excellence, dans l’esprit de François et Jacqueline Sommer.

Jean-Marc Thiernesse

 


Biodiversité : en France, l’état des habitats et des espèces continue de se dégrader

Le constat se confirme, évaluation après évaluation : la biodiversité dite « remarquable » continue de perdre du terrain en France. Le dernier bilan portant sur la période 2019-2024 montre que 67 % des évaluations réalisées pour les habitats et les espèces d’intérêt communautaire sont défavorables, tandis que 39 % font apparaître une tendance au déclin. Plus préoccupant encore, la part des évaluations concluant à un état de conservation favorable est passée de 26 % en 2013-2018 à seulement 22 % en 2019-2024. Ces résultats proviennent de l’application de la directive européenne « Habitats, Faune, Flore », adoptée en 1992 pour maintenir ou restaurer les habitats naturels et les espèces d’intérêt communautaire dans un état de conservation favorable. La France réalise cette évaluation tous les six ans. Pour la période 2019-2024, plus de 1 000 évaluations ont été conduites, avec la mobilisation de plus de 400 experts. Tous les milieux ne sont cependant pas touchés de la même manière. Les habitats forestiers et rocheux apparaissent parmi les mieux préservés. À l’inverse, les milieux littoraux, humides et aquatiques figurent parmi les plus fragiles. Les pressions exercées par l’artificialisation, la fragmentation des milieux, les modifications des pratiques agricoles, les changements hydrologiques ou encore les différentes formes de pollution pèsent sur leur état de conservation. Le détail des résultats montre également des disparités entre les groupes d’espèces et les territoires. Pour les espèces d’intérêt communautaire présentes dans l’Hexagone, 24 % seulement sont dans un état favorable, contre 28 % lors de l’évaluation précédente. Pour les habitats, la situation est également préoccupante : une part importante des évaluations fait apparaître une détérioration. Ce bilan ne signifie pas que toutes les espèces déclinent partout. Certaines bénéficient de mesures de protection et connaissent des évolutions positives. Mais la tendance générale reste défavorable.


Quand l’équilibre naturel se dérègle : qui doit réguler les populations de grand gibier ?

La question peut sembler provocatrice : la faune sauvage peut-elle finir par dégrader elle-même le milieu dont elle dépend ? Dans certains territoires, la réponse est oui, lorsque les populations d’ongulés atteignent une densité telle que leurs prélèvements sur la végétation dépassent les capacités de renouvellement du milieu. Il ne s’agit pas de considérer le gibier comme nuisible, mais de constater qu’un équilibre peut se rompre. Cerfs, chevreuils et sangliers jouent leur rôle dans les écosystèmes. Mais lorsque leurs effectifs deviennent trop importants localement, la pression exercée sur la végétation peut compromettre la régénération forestière. Abroutissement des jeunes pousses, écorçage et frottis des cervidés, consommation des fruits ou retournement des sols par les sangliers peuvent empêcher certains arbres de se renouveler. L’ONF constate ainsi que l’équilibre forêt-ongulés n’est plus satisfaisant que sur 45 % des forêts domaniales, contre 61 % en 2018. Cette situation peut également pénaliser les animaux eux-mêmes : en réduisant la diversité et la quantité de végétation disponible, une forte densité peut dégrader progressivement les conditions d’accueil du milieu. La question n’est donc pas celle d’une population « trop importante » dans l’absolu, mais d’un niveau compatible avec les ressources et la capacité de renouvellement de chaque territoire. La chasse constitue aujourd’hui le principal outil de régulation des grands ongulés en France. Lors de la saison 2024-2025, près de 1,56 million d’ongulés sauvages ont été prélevés : 881 372 sangliers, 569 183 chevreuils, 90 324 grands cervidés, auxquels s’ajoutent chamois, isards, mouflons, daims et cerfs sika. Ces chiffres traduisent l’ampleur de la gestion, mais ne signifient pas que la situation est identique partout. Les prélèvements sont ajustés selon les populations, les habitats et les dégâts observés. Dans certaines forêts, l’ONF estime d’ailleurs nécessaire de renforcer la régulation pour permettre le renouvellement des peuplements. Le retour ou le développement des grands prédateurs pose une autre question : peuvent-ils assurer seuls cette fonction de régulation ? Le loup exerce incontestablement une prédation sur les ongulés, mais son action ne se substitue pas mécaniquement à celle de la chasse. Sa répartition, son comportement et la disponibilité des proies déterminent son impact. À l’hiver 2024-2025, la population française était estimée à 1 082 loups en moyenne, avec une fourchette de 989 à 1 187 individus. Augmenter fortement leur nombre aurait par ailleurs des conséquences sur l’élevage. En 2025, 4 441 attaques de loups et 12 927 animaux victimes ont été recensés selon les premières estimations officielles. Le véritable enjeu est donc moins de choisir entre chasseurs et prédateurs que de déterminer, territoire par territoire, quelle combinaison de régulation permet de maintenir les équilibres entre faune sauvage, milieux naturels, forêt et activités humaines.


Montagne : trois tables rondes pour préparer l’avenir des territoires à l’horizon 2050

Le 42e Congrès de l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM) se tiendra les 15 et 16 octobre 2026 à Gex, dans l’Ain, au cœur du massif du Jura. Près de 500 élus et acteurs de la montagne sont attendus pour deux journées consacrées aux mutations économiques, climatiques et institutionnelles auxquelles sont confrontés les territoires montagnards. Trois tables rondes structureront les débats. La première, jeudi 15 octobre au matin, sera consacrée au changement climatique et à l’avenir des territoires de montagne à l’horizon 2050. Elle réunira Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique (sous réserve de confirmation), Xavier Roseren, vice-président de l’ANEM et député de la Haute-Savoie, Marie-Noëlle Battistel, députée de l’Isère et présidente du Conseil national de la montagne, Arnaud Murgia, maire de Briançon et président du Parc national des Écrins, ainsi qu’Anne Marty, présidente de Domaines skiables de France. L’après-midi, la deuxième table ronde portera sur le financement des territoires de montagne et l’accès aux crédits nationaux et européens. Participeront Frédérique Espagnac, secrétaire générale de l’ANEM et sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, Sylvie Vermeillet, sénatrice du Jura et présidente du comité de massif du Jura, ainsi que Michel-François Delannoy, directeur à la Banque des Territoires. Les échanges viseront notamment à aider les élus à planifier leurs investissements et à mieux mobiliser les dispositifs existants. Enfin, vendredi matin, la troisième table ronde s’intéressera à l’agriculture, la biodiversité, l'élevage et la prédation, ainsi que la coopération transfrontalière. Autour d’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, interviendront Jean-Pierre Vigier, président de l’ANEM et député de la Haute-Loire, Éric Sargiacomo, député européen, Danièle Carteron, députée de la Haute-Savoie, Patrice Dunand, maire de Gex et président de Pays de Gex Agglo, Jean Peyrony, directeur général de la Mission opérationnelle transfrontalière, et Guillaume Corradino, directeur général d’Euromontana. Le congrès entend ainsi croiser enjeux climatiques, financement public, agriculture,  biodiversité et coopération européenne pour nourrir les réflexions sur l’avenir des territoires de montagne.


Collisions avec le grand gibier : l’automne, une période à risques

À l’automne, les risques de collisions entre les véhicules et le grand gibier augmentent. Les déplacements des animaux à la recherche de nourriture, ou, de brame pour les cervidés, et bientôt de rut pour les bêtes noires, multiplient les traversées de chaussées. Pour les automobilistes, la vigilance est donc particulièrement nécessaire sur les secteurs boisés et aux abords des massifs forestiers. Les collisions avec la faune sauvage constituent à la fois un problème pour les populations animales et un enjeu de sécurité routière. Pour améliorer la connaissance des collisions et identifier les secteurs les plus exposés, le Cerema, avec l’Office français de la biodiversité (OFB) et les services de l’État, prépare un guide méthodologique national. L’objectif est d’harmoniser les méthodes de relevé afin de disposer de données fiables et comparables sur l’ensemble du territoire. Les informations recueillies doivent notamment permettre de repérer les portions de route où les collisions se répètent. Les Directions interdépartementales des routes (DIR) jouent déjà un rôle important dans ce recensement. Depuis 2017, leurs agents appliquent un protocole commun lorsqu’ils découvrent un animal percuté sur le réseau routier national non concédé. Espèce, date et localisation de la collision sont notamment renseignées. Ces données permettent progressivement de mieux identifier les points noirs et les secteurs où les déplacements de la faune se heurtent aux infrastructures routières. Le futur guide doit également permettre de mieux cibler les solutions : passages à faune, clôtures adaptées, restauration des continuités écologiques ou amélioration de la signalisation. Les fédérations départementales des chasseurs doivent être associées à la démarche, leur connaissance des populations de grand gibier et de leurs axes de déplacement pouvant compléter les observations réalisées sur les routes. En attendant l’amélioration de ces dispositifs de prévention, la période automnale appelle à une vigilance accrue, particulièrement à l’aube, au crépuscule et sur les axes traversant les massifs forestiers. Face à un animal, mieux vaut ralentir et rester prêt à freiner que tenter une manœuvre brusque.


Canicule, sécheresse, incendies : un été 2026 à 16 milliards d’euros...

L’été 2026 laissera-t-il une facture de 16 milliards d’euros à la France ? C’est l’estimation minimale avancée le 5 octobre par une mission d’information de l’Assemblée nationale conduite par Éric Coquerel, président de la commission des finances. Son rapport cherche à mesurer les conséquences économiques et sociales des fortes chaleurs, de la sécheresse et des incendies qui ont marqué la saison. Le chiffre repose sur trois grands ensembles de coûts. Le premier concerne l’impact macroéconomique des événements climatiques. Selon les estimations de l’Insee et du Trésor reprises par la mission, les fortes températures et la sécheresse pourraient avoir amputé la croissance d’environ 0,1 point de PIB, soit près de 3 milliards d’euros. L’agriculture a été particulièrement touchée, avec notamment une baisse estimée de 42 % pour certaines productions de maïs et une diminution d’environ 8 % de la valeur ajoutée agricole. À cette perte d’activité s’ajoutent au moins 2,5 milliards d’euros de dépenses publiques supplémentaires : environ 1,3 milliard pour les aides aux agriculteurs, 700 millions pour les dépenses liées à la santé et au moins 300 millions pour les incendies. La troisième composante, la plus importante mais aussi la plus incertaine, concerne les ménages et les entreprises. La mission l’évalue à plus de 11 milliards d’euros. Elle inclut notamment les dommages assurés liés aux incendies, l’augmentation des consommations électriques due à la climatisation et à la ventilation, ainsi que les pertes agricoles. Ce dernier montant repose cependant sur des estimations fournies par des organisations agricoles et doit donc être interprété avec prudence. Au-delà du bilan de 2026, le rapport pose surtout la question de l’adaptation. La mission estime entre 10 et 13,6 milliards d’euros les dépenses publiques qui seraient nécessaires dès 2027 pour mieux faire face à des épisodes comparables. À l’horizon 2050, l’effort cumulé pourrait atteindre 117 à 158 milliards d’euros. Ce chiffrage intervient alors que s’ouvre le débat sur le budget 2027. Il donne une dimension très concrète au coût de l’adaptation climatique : ne pas investir aujourd’hui pourrait signifier supporter demain des dommages encore plus élevés.


Sanglier : prémices du rut, une affaire de force et... de patience

À partir de la mi-octobre, et jusqu’en janvier selon les régions, le climat et les conditions alimentaires, les habitudes des animaux commencent à changer. Les traces deviennent plus nombreuses, certains arbres portent les marques de frottements répétés et les trajets nocturnes des bêtes noires semblent soudain plus longs. La forêt raconte le rut avant même que l’on voie les sangliers. Le véritable déclencheur est pourtant à chercher du côté des laies. Lorsque l’une d’elles devient réceptive, elle provoque l’agitation des mâles. Son cycle œstral, d’environ 21 à 23 jours, permet plusieurs épisodes de réceptivité au cours de la saison. Pour les grands mâles, commence alors une période de déplacements parfois considérables. Ces solitaires, qui occupent habituellement un secteur bien défini, peuvent parcourir plusieurs kilomètres au cours de leurs pérégrinations nocturnes. Leur présence se devine aussi à d’autres indices. Les mictions répétées accompagnent leurs déplacements et participent probablement à la communication entre individus. À proximité d’un grand mâle en rut, une odeur caractéristique peut d’ailleurs être perceptible. Pour l’observateur attentif, tous ces détails composent une sorte de carte invisible : un arbre frotté, une coulée fraîche, des traces de passage, une souille fréquentée, et voilà la preuve qu’un animal est passé là quelques heures plus tôt. Mais ces indices annoncent surtout ce qui va se jouer lorsque plusieurs mâles se retrouveront autour d’une même laie. Car le rut n’est pas seulement une affaire de reproduction. C’est aussi une période où la hiérarchie entre mâles va s’exprimer avec une intensité particulière...

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L’eau, un enjeu de civilisation au cœur des Assises nationales du fleuve 2026

L’eau s’impose comme l’un des grands enjeux des Assises nationales du fleuve 2026, qui se tiendront à Marseille. Bien au-delà de la seule question de la ressource, les échanges entendront montrer combien l’avenir des fleuves concerne désormais l’ensemble de la société : entreprises, collectivités, associations, gestionnaires des voies navigables, acteurs économiques et citoyens. Dans un contexte marqué par les sécheresses, les épisodes de fortes pluies, la dégradation de certains écosystèmes et les tensions croissantes autour des usages de l’eau, les organisateurs souhaitent mettre en lumière les initiatives concrètes qui contribuent à une meilleure cohabitation entre les activités humaines et les milieux aquatiques. L’objectif des Assises est ainsi de mobiliser davantage les acteurs du fleuve, mais aussi de faire connaître les projets déjà engagés sur les territoires. L’eau n’est plus seulement considérée comme une ressource à gérer : elle devient un enjeu transversal touchant l’économie, l’aménagement, l’environnement, les transports et la qualité de vie. Les entreprises et les structures publiques sont notamment appelées à intégrer davantage la préservation de la ressource dans leurs stratégies et leurs pratiques. Cette réflexion sera au cœur de la table ronde « L’eau, un enjeu de civilisation : les acteurs du fleuve s’engagent ». Elle réunira notamment Clémence Aubert, secrétaire générale d’Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF), Benoit Martin, directeur des programmes Green Business – Agir pour l’eau aux Banques Populaires, et Lionel Rouillon, directeur du développement de Voies navigables de France. Les échanges permettront de confronter les approches économiques, environnementales et opérationnelles de la gestion de l’eau. La dimension internationale sera également mise en avant avec les Prix « Living with Rivers 2026 ». Le 15 octobre, à Marseille, Erik Orsenna, président d’IAGF, et les membres du jury remettront les distinctions aux trois lauréats de cette édition. La cérémonie permettra également de présenter les 52 nouveaux projets labellisés en 2026, conduits dans différents territoires à travers le monde. Ces initiatives visent à favoriser une coexistence durable entre les fleuves, les écosystèmes et les populations qui en dépendent. À travers ces rencontres, les Assises entendent rappeler une évidence devenue stratégique : préserver l’eau, c’est aussi préparer l’avenir des territoires et des sociétés qui vivent avec leurs fleuves...

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