Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

HUNTomics : la chasse française entre dans l’ère de la génomique

Avec le programme HUNTomics, la Fédération nationale des chasseurs vient de franchir une étape majeure en rejoignant les réseaux associés de l’Earth BioGenome Project (EBP), l’une des plus vastes initiatives scientifiques internationales consacrées à la génomique de la biodiversité. Cette reconnaissance place désormais la chasse française dans ce programme mondial réunissant les plus grands laboratoires et consortiums spécialisés dans le séquençage du vivant. Concrètement, HUNTomics vise à mieux connaître les espèces sauvages grâce aux outils de la génétique moderne. Chaque animal possède un patrimoine génétique unique qui renseigne sur son histoire, son état de santé, ses capacités d’adaptation ou encore l’évolution de ses populations. Le programme repose sur la collecte d’échantillons biologiques, le séquençage ADN et l’assemblage de génomes de référence de plusieurs espèces chassables. Ces données constituent ensuite une base scientifique de très haute valeur pour les chercheurs. Au-delà de l’aspect technologique, l’intérêt de ces travaux est immense pour la gestion de la faune sauvage. Les analyses génomiques permettent par exemple de mieux comprendre les mouvements de populations, les phénomènes de consanguinité, les capacités d’adaptation au changement climatique ou encore la résistance de certaines espèces face aux maladies émergentes. Dans un contexte où les enjeux sanitaires et environnementaux prennent une importance croissante, disposer d’informations génétiques précises devient un outil stratégique pour la conservation et la gestion durable des milieux naturels. L’intégration de HUNTomics au sein de l’EBP témoigne également de l’évolution du rôle des chasseurs dans les programmes scientifiques modernes. Grâce à leur présence permanente sur le terrain, les réseaux cynégétiques disposent d’une capacité unique de collecte d’informations et d’échantillons biologiques. Cette participation active contribue aujourd’hui à enrichir les connaissances sur la biodiversité française et européenne. Les données produites par HUNTomics seront accessibles à l’ensemble de la communauté scientifique internationale. Une ouverture qui pourrait accélérer de nombreuses recherches sur la biodiversité, tout en renforçant la place de la France dans les grands projets scientifiques consacrés au vivant.


20ème édition de la Fête de la Nature : six jours pour renouer avec le vivant

Du 20 au 25 mai 2026, la France vivra au rythme de la 20e édition de la Fête de la Nature, un rendez-vous désormais incontournable du printemps. Organisée chaque année autour de la Journée internationale de la biodiversité du 22 mai, cette manifestation propose, pendant six jours, des milliers d’animations gratuites partout sur le territoire. L’objectif reste inchangé depuis sa création : permettre à chacun de découvrir la nature au plus près de chez soi, à travers des expériences concrètes, accessibles et variées, mêlant sciences, pédagogie et émerveillement. Cette édition anniversaire s’annonce particulièrement riche, avec une programmation qui mobilise de nombreux acteurs institutionnels et associatifs. Parmi eux, l’OFB, partenaire de l’événement depuis 2017, contribue à plusieurs dizaines d’animations à travers le pays. Les collectivités locales sont également fortement impliquées, notamment dans les territoires de montagne via l’engagement de l’Association nationale des élus de la montagne, qui valorise les initiatives en faveur de la biodiversité : parcours pédagogiques, plantations, inventaires naturalistes ou encore démarches territoriales comme les Atlas de la biodiversité communale. La Fête de la Nature 2026 met aussi à l’honneur plusieurs thématiques destinées à renouveler le regard du public sur le vivant : la vie des sols, les 60 ans de l’ONF, la découverte de la biodiversité locale, l’observation nocturne ou encore l’apprentissage des méthodes d’inventaire des espèces. Cette diversité d’approches se traduit concrètement par une multitude d’activités : balades naturalistes, ateliers participatifs, sorties nocturnes, conférences ou animations familiales. L’événement accorde enfin une place importante à la sensibilisation des jeunes publics, avec de nombreuses initiatives portées par des écoles et des aires éducatives, où les élèves deviennent eux-mêmes ambassadeurs de la nature. Entre découverte, transmission et engagement, cette 20e Fête de la Nature confirme son ambition : rapprocher durablement les citoyens du vivant et encourager une meilleure compréhension des enjeux écologiques contemporains.


Soins parentaux chez les oiseaux : ce que révèle une vaste étude sur les compromis de la reproduction

Depuis plus d’un demi-siècle, les biologistes cherchent à comprendre pourquoi les animaux investissent plus ou moins d’énergie dans l’élevage de leurs petits. Une vaste synthèse scientifique consacrée aux oiseaux apporte aujourd’hui un éclairage nouveau sur ces mécanismes complexes de soins parentaux et sur les compromis qui façonnent l’évolution des espèces. Les chercheurs se sont appuyés sur la théorie dite de « l’histoire de vie », selon laquelle chaque parent doit arbitrer entre les efforts consacrés à la reproduction et la préservation de ses capacités futures de survie. En d’autres termes, nourrir davantage une nichée peut améliorer les chances de survie des jeunes, mais au prix d’un épuisement accru des adultes. Pour tester ces hypothèses, les scientifiques ont réalisé une méta-analyse de grande ampleur portant sur 62 études expérimentales menées chez 31 espèces d’oiseaux appartenant à 19 familles différentes. Au total, 313 estimations ont été examinées. Toutes ces recherches avaient un point commun : modifier artificiellement la taille des couvées afin d’observer comment les parents adaptaient leurs comportements. Les résultats confirment plusieurs prédictions majeures de la théorie. Lorsque les couvées étaient agrandies, les oiseaux augmentaient leurs efforts de nourrissage et de protection. À l’inverse, lorsque les couvées étaient réduites, les parents diminuaient leur investissement. Les chercheurs ont également observé un phénomène intéressant : les réactions aux réductions de nichées étaient souvent plus marquées que les réponses aux agrandissements. Une couvée plus importante peut, par exemple, accroître le bruit au nid et donc la perception du risque de prédation. Les parents ne réagiraient alors pas seulement au nombre de jeunes à nourrir, mais aussi à un environnement perçu comme plus dangereux. Cette étude met également en évidence les limites de certaines approches expérimentales classiques, comme les manipulations hormonales ou la supplémentation alimentaire, qui influencent souvent plusieurs mécanismes biologiques simultanément. Les chercheurs plaident donc pour des expériences plus précises et mieux ciblées. Selon eux, une meilleure compréhension des mécanismes physiologiques et comportementaux permettra d’affiner les modèles expliquant l’évolution des soins parentaux. Malgré les nombreuses avancées réalisées, ce domaine de recherche conserve encore de vastes zones d’ombre, laissant entrevoir de nouvelles découvertes sur les stratégies de reproduction des oiseaux.


Louveterie : pas content Willy Schraen, cependant...

L’offensive lancée par Willy Schraen contre les projets d’évolution du statut des lieutenants de louveterie a le mérite d’ouvrir un débat de fond sur la place réelle de la louveterie dans l’organisation de la régulation de la faune sauvage en France. Car derrière les échanges musclés, les amendements déposés discrètement et les accusations de passage en force, une question essentielle demeure : où commence la chasse… et où s’arrête-t-elle ? Le président de la Fédération nationale des chasseurs reproche à la louveterie nationale de vouloir renforcer son autonomie vis-à-vis des fédérations départementales, et de transformer progressivement le corps des louvetiers en véritable bras opérationnel de l’État. Une évolution qu’il juge dangereuse, craignant l’apparition d’un contre-pouvoir rural échappant à l’influence du monde cynégétique. Mais dans sa démonstration, Willy Schraen oublie un point fondamental : l’État dispose historiquement de ces deux outils distincts pour gérer les populations animales sauvages. D’un côté, la chasse, exercée dans le cadre des périodes légales d’ouverture par les détenteurs d'un droit de chasse. De l’autre, la louveterie, qui intervient au nom de l’administration lorsque les chasseurs ne peuvent pas agir, notamment hors période de chasse ou dans les zones non chassables : emprises ferroviaires, autoroutières, industrielles, périurbaines et zones de protection. Certes, les louvetiers sont des chasseurs puisqu’il faut être titulaire du permis depuis au moins cinq ans pour intégrer ce corps, mais leur mission ne relève pas de l’activité cynégétique classique. Une battue administrative n’est pas un acte de chasse. C’est une opération décidée par l’autorité préfectorale dans un objectif de sécurité publique, sanitaire ou agricole. Et c’est précisément cette frontière que beaucoup semblent aujourd’hui vouloir brouiller...

Le véritable sujet n’est donc peut-être pas celui avancé par la FNC. Car la question la plus sensible concerne surtout les interventions administratives réalisées sur des territoires de chasse, pendant la saison légale d’ouverture. C’est là que naissent les tensions. Les chasseurs financent leurs territoires, participent à l’indemnisation des dégâts de grand gibier et assument des plans de prélèvement parfois lourds. Voir des animaux éliminés administrativement en pleine saison cynégétique peut alors être vécu comme une dépossession. Sur ce point, Willy Schraen aurait sans doute gagné à recentrer son opposition. Pendant l’ouverture générale de la chasse, c’est d’abord aux chasseurs de remplir leurs obligations de gestion. La louveterie, elle, ne devrait intervenir qu'en complément, lorsque les objectifs n’ont pas été atteints, ou lorsque la situation l’exige réellement. C’est donc en fin de saison de chasse que le rôle correctif du « bras armé » de l’administration prend tout son sens. Confondre volontairement gestion cynégétique et destruction administrative entretient un amalgame qui finit par fragiliser les deux systèmes. Les fédérations de chasseurs assurent la gestion cynégétique. La louveterie, elle, exerce une mission d’autorité publique. Les deux peuvent travailler ensemble sans pour autant se confondre. Reste la question sensible des nominations. Les louvetiers sont déjà nommés par arrêté préfectoral après avis des services de l’État et consultations locales. Les fédérations départementales donnaient jusqu’ici leur avis sur les candidatures, mais elles n’ont jamais détenu le pouvoir de nomination. La réforme envisagée ne bouleverse donc pas totalement le principe existant. Elle clarifie surtout une séparation entre mission cynégétique et mission administrative qui, sur le terrain, a parfois tendance à devenir floue.


Forêts françaises : les paradoxes qui compliquent toujours davantage la mission de l’ONF

L’Office national des forêts vient de publier son rapport d’activité 2025, véritable photographie d’une forêt française confrontée à des défis de plus en plus contradictoires. Sécheresses à répétition, tempêtes, incendies géants, prolifération de parasites et dépérissements massifs : jamais les forestiers n’auront dû gérer autant d’urgences simultanément. Pourtant, derrière les missions affichées de protection de la biodiversité et d’adaptation climatique, les paradoxes qui entourent aujourd’hui la gestion forestière apparaissent plus forts que jamais. L’ONF rappelle d’abord que les forêts publiques doivent répondre à une multitude d’attentes. Elles doivent stocker du carbone, produire du bois, préserver les paysages, protéger la biodiversité, accueillir le public, limiter les risques naturels et résister au changement climatique. Mais ces objectifs sont parfois difficilement compatibles. Premier paradoxe : on demande aux forestiers de laisser davantage la nature évoluer librement tout en exigeant des forêts plus résistantes face au réchauffement climatique. Or, l’adaptation impose souvent des coupes sanitaires, des plantations d’essences plus méridionales ou des interventions rapides après les crises. Des opérations parfois mal perçues par une partie du public, qui assimile les coupes à une destruction de la nature. Autre contradiction majeure : la filière bois est présentée comme un pilier de la transition écologique, le matériau bois étant considéré comme une alternative aux énergies fossiles et au béton. Pourtant, chaque exploitation forestière suscite désormais des critiques croissantes, notamment lorsqu’elle devient visible près des zones habitées ou touristiques. Les forestiers doivent ainsi produire davantage de bois tout en coupant moins et en préservant des paysages jugés « naturels ». Le rapport souligne également la pression croissante exercée par les changements climatiques. Certaines essences historiques, comme l’épicéa ou le hêtre dans certaines régions, montrent des signes inquiétants de dépérissement. Mais remplacer ces arbres par des espèces plus résistantes venues du sud de l’Europe nourrit aussi des débats scientifiques et sociétaux. Enfin, la forêt française devient un espace où se confrontent des usages toujours plus nombreux : exploitation économique, loisirs, chasse, tourisme, protection intégrale ou encore défense contre les incendies. Chaque décision de gestion peut désormais provoquer tensions et controverses. Dans ce contexte complexe, la directrice générale de l’ONF, Valérie Metrich-Hecquet, rappelle que l’établissement demeure « un opérateur majeur de la transition écologique ». Une mission devenue particulièrement délicate à l’heure où la société attend des forêts qu’elles remplissent simultanément des fonctions parfois opposées.

 

Pour lire le rapport d'activités, c'est ICI


La semaine en bref...

- Ain : la régulation du blaireau revient au cœur du débat. Présent sur l’ensemble du département, le blaireau européen (Meles meles) est une espèce chassable, mais non classée nuisible. Pourtant, ses terriers et son comportement alimentaire peuvent occasionner d’importants dégâts aux cultures agricoles, ainsi qu’aux infrastructures : affaissements de terrain, fragilisation de digues ou dégradations dans certains cimetières, galeries sous chaussées et voies ferrées... Des dommages qui ne donnent lieu à aucune indemnisation. Face à cette situation, la préfecture de l’Ain envisage de renforcer les possibilités d’intervention administrative. En application de l’article L.427-6 du Code de l’environnement, le préfet peut autoriser des opérations de destruction pour prévenir des dégâts importants ou garantir la sécurité publique. Une consultation publique est ouverte jusqu’au 29 mai 2026 autour d’un projet d’arrêté préfectoral. En filigrane, une réalité se dessine : sans la pratique de la vénerie sous terre, longtemps utilisée pour contenir les populations localement, la régulation pourrait reposer de plus en plus sur des interventions administratives menées par les lieutenants de louveterie.

 

- Ardèche : réunis à Privas, les représentants du monde agricole ardéchois et les services de l’État ont fait le point sur la prédation du loup dans le département. Depuis le début de l’année 2026, dix-huit signalements d’attaques sur des troupeaux ont été recensés. Dans treize dossiers, « la responsabilité du loup ne peut être exclue », selon la préfecture. La réunion, organisée sous l’autorité de la sous-préfète de Largentière, a également permis de présenter les nouvelles mesures nationales concernant les tirs de défense. Désormais, dans les communes classées en cercle 0, 1 ou 2, les éleveurs ovins et caprins pourront réaliser certains tirs de protection sur simple déclaration préalable auprès de la préfecture, sans autorisation individuelle dans la majorité des cas. Le plafond national de prélèvement pour 2026 a par ailleurs été fixé à 227 loups. Les services de l’État précisent qu’aucune meute n’est officiellement installée en Ardèche à ce jour, malgré plusieurs indices de présence relevés ces derniers mois. En 2025, plus d’une centaine d’éleveurs ardéchois ont bénéficié d’aides à la protection des troupeaux financées par l’État.

 

- Aude : deux nouvelles perdrix grises des Pyrénées (Perdix perdix hispaniensis) ont récemment été capturées dans l’Aude dans le cadre du programme scientifique Perpyr11. Les deux oiseaux ont été pris simultanément dans une même cage-piège avant d’être équipés de balises GPS puis relâchés dans leur milieu naturel. Quelques jours seulement après leur remise en liberté, les deux perdrix avaient déjà quitté leur secteur d’origine pour rejoindre deux massifs distincts situés à environ huit kilomètres du site de capture. Ces déplacements sont actuellement suivis par les techniciens afin de mieux comprendre les comportements printaniers de l’espèce et les zones utilisées pour l’alimentation ou la reproduction. Le programme Perpyr11 est mené sur trois ans par la FDC 11, avec le soutien de l’OFB. D’autres suivis similaires ont déjà été réalisés dans les Pyrénées. En Haute-Garonne, un mâle équipé d’une balise GPS en 2022 avait parcouru plus de 32 kilomètres entre plusieurs vallées de montagne. Les données collectées permettent d’identifier les corridors de déplacement, les secteurs de reproduction et les habitats fréquentés selon les saisons. La perdrix grise des Pyrénées est une sous-espèce montagnarde discrète et localisée...

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4x4 de chasse : l’Europe desserre l’étau sur les moteurs thermiques

C’est un revirement qui intéresse directement des milliers de chasseurs européens, grands utilisateurs de 4x4, pick-up et véhicules tout-terrain. Sous la pression de plusieurs États membres et de l’industrie automobile, l’Union européenne a finalement renoncé à imposer le tout-électrique dès 2035. Bruxelles maintient officiellement son objectif de décarbonation, mais introduit désormais une large dose de flexibilité qui permettra aux moteurs thermiques et hybrides de continuer à rouler bien après cette date. Initialement, la législation européenne prévoyait l’interdiction totale de la vente de voitures et utilitaires neufs à essence ou diesel à partir de 2035. Désormais, les constructeurs devront seulement réduire de 90 % leurs émissions de CO2, contre 100 % auparavant. En clair, les véhicules à moteur thermique ne disparaîtront pas complètement du paysage automobile européen. Cette décision est particulièrement suivie dans les milieux ruraux et cynégétiques. Dans de nombreux territoires de chasse, notamment en montagne, dans les grandes plaines agricoles ou les massifs forestiers, les 4x4 demeurent des outils indispensables. Transport des chiens, accès aux parcelles isolées, franchissement de chemins boueux ou enneigés : pour beaucoup de chasseurs, l’autonomie limitée des véhicules électriques et le manque d’infrastructures de recharge restent des obstacles majeurs. L’assouplissement décidé par la Commission européenne ouvre donc la porte à la poursuite de la production de véhicules hybrides rechargeables, hybrides légers, véhicules à prolongateur d’autonomie et même certains modèles à moteur thermique classique alimentés par des carburants alternatifs. Les constructeurs pourront compenser une partie des émissions restantes grâce à l’utilisation d’acier bas carbone produit en Europe ou via des carburants durables et biocarburants...

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Santé animale mondiale : Paris accueille la 93e Assemblée générale de l’OMSA

Du 18 au 22 mai 2026, Paris accueillera la 93e Session générale de l’Assemblée mondiale des délégués de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), l’un des rendez-vous internationaux les plus importants consacrés à la santé animale et aux enjeux sanitaires mondiaux. Cet événement institutionnel majeur réunira les représentants des 183 États membres de l’OMSA ainsi que de nombreuses organisations internationales partenaires, des observateurs, des experts scientifiques et plusieurs acteurs clés des secteurs vétérinaire, agricole et sanitaire. Cette assemblée constitue chaque année le principal espace de décision de l’organisation. Au cours de cette semaine de travail, les délégués devront adopter de nouvelles normes internationales destinées à renforcer la prévention, la surveillance et la gestion des maladies animales à travers le monde. Ces normes jouent un rôle essentiel dans les échanges internationaux d’animaux et de produits d’origine animale, mais aussi dans la sécurité sanitaire mondiale. Les discussions porteront également sur plusieurs enjeux majeurs : lutte contre les épizooties, surveillance des zoonoses transmissibles à l’homme, résistance aux antimicrobiens, sécurité alimentaire, bien-être animal et adaptation des systèmes sanitaires face au changement climatique. La Session générale permettra en outre l’adoption de résolutions administratives et techniques, l’examen des rapports annuels de l’organisation ainsi que la validation du 8e Plan stratégique de l’OMSA, qui doit fixer les grandes priorités internationales pour les prochaines années. Des élections pourraient également avoir lieu pour renouveler certains organes de gouvernance. L’un des temps forts de cette édition sera le Forum sur la santé animale organisé en marge de l’assemblée autour du thème : « Investir dans la santé animale pour assurer l’avenir de tous ». Depuis les grandes épizooties récentes, influenza aviaire, peste porcine africaine ou encore fièvre aphteuse, les questions de santé animale occupent une place croissante dans les politiques publiques internationales. Les experts rappellent régulièrement que près de 60 % des maladies infectieuses humaines connues sont d’origine animale. Toutes les sessions bénéficieront d’une interprétation simultanée en six langues officielles : français, anglais, espagnol, arabe, chinois et russe, confirmant la dimension mondiale de cette rencontre stratégique organisée au cœur de la capitale française.


Le langage des chiens courants : quand la gorge devient musique de chasse

Le chien courant possède un mode d’expression unique dans l’univers canin. Là où d’autres chiens travaillent essentiellement dans le silence ou le contact direct avec leur conducteur, lui utilise avant tout sa gorge pour communiquer. Son langage est fait de cris, de récris, d’intonations et de modulations qui traduisent avec précision les différentes phases de l’action de chasse. Un chien au chenil aboie ; un chien courant, lui, « donne ». Cette voix devient un véritable outil de travail, autant pour ses congénères que pour le piqueur qui suit la chasse. Chaque situation possède sa tonalité particulière : le rapproché, lorsque le chien travaille une voie ancienne ; le lancé, au moment où le gibier est débusqué ; la menée, lorsque l’animal est poursuivi ; ou encore le forlongé, lorsque la voie se perd momentanément. À l’oreille, un homme expérimenté est capable de comprendre ce qui se déroule sans même voir les chiens. La gorge constitue donc bien davantage qu’un simple aboiement : elle est un langage codifié, hérité de siècles de sélection. Chez les chiens courants, la voix varie énormément selon les races, mais aussi selon les individus. Certaines gorges sont claires, d’autres graves, profondes, aiguës ou particulièrement sonores. Beaucoup ont été comparées à des instruments de musique. On parle ainsi de voix de tambour ou de clairon. Deux grands styles de chiens se distinguent : les cogneurs et les hurleurs. Les cogneurs sont généralement rapides, nerveux et abondants en voix, tandis que les hurleurs possèdent une gorge plus ample et travaillent souvent la voie plus près du sol...

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Louveterie : l’État doit-il abandonner son dernier fusil ?

Il existe en France peu d’institutions capables de traverser les régimes, les révolutions, les guerres et les bouleversements sociaux sans disparaître. La louveterie fait partie de ces survivantes. Héritière directe des louvetiers de l’Ancien Régime, cette institution fut créée par Charlemagne en 813, pour répondre à une urgence très concrète : protéger les populations rurales et les troupeaux contre les loups. Bien avant l’apparition des ministères modernes de l’environnement ou de la biodiversité, l’État avait déjà compris qu’il devait disposer d’hommes de terrain capables d’intervenir rapidement dans les campagnes lorsque les équilibres étaient rompus. Après la Révolution française, Napoléon Ier réorganise officiellement la louveterie par un arrêté impérial de 1804. À cette époque, les campagnes françaises vivent encore sous la menace des grands prédateurs. Les attaques sur les troupeaux sont fréquentes, les dégâts considérables et les moyens de protection limités. Le terme de « lieutenant de louveterie » fut donc adopté, lorsque ces louvetiers se sont vu confier un territoire précis d’intervention, souvent le canton administratif. Ils devenaient alors les « tenants du lieu », autrement dit les représentants locaux de l’autorité chargée de la régulation de la faune sauvage. Ils organisent des battues administratives, coordonnent les chasseurs locaux et participent à la police de la chasse. Dès l’origine, leur rôle dépasse largement celui de simples chasseurs bénévoles. Ils incarnent une autorité administrative de proximité. Pendant tout le 19e siècle, la mission principale reste la lutte contre le loup. Mais avec la disparition progressive du prédateur au début du 20e siècle, la louveterie aurait pu disparaître à son tour. Il n’en fut rien. L’institution se transforma progressivement en outil de régulation de la faune sauvage. Sangliers, renards, espèces causant des dégâts agricoles ou des déséquilibres écologiques devenaient les nouvelles cibles d’intervention. L’État comprend alors que la gestion des populations animales n’est pas uniquement une affaire de chasse, mais aussi de sécurité publique, d’agriculture et d’ordre administratif. Après la Seconde Guerre mondiale, l’évolution de l’agriculture et du droit de l’environnement renforce encore ce rôle. Les lieutenants de louveterie deviennent des auxiliaires techniques du préfet. La circulaire du 27 mars 1973 fixe les grandes règles modernes de leur fonctionnement : nationalité française, droits civiques, permis de chasser depuis au moins cinq ans, compétences cynégétiques reconnues, nomination par le préfet pour trois ans renouvelables. Le texte rappelle surtout une notion essentielle : les louvetiers participent à une mission de service public et concourent à la police de la chasse. Aujourd’hui, alors que le retour du loup, l’explosion des populations de sangliers et les tensions autour de la biodiversité replacent la question de la régulation animale au cœur du débat public, la louveterie retrouve une visibilité qu’elle n’avait plus connue depuis des décennies. Mais cette résurgence intervient à un moment où son indépendance même se retrouve discutée...

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Sevrage des marcassins : pourquoi les dégâts de sangliers explosent...

Chaque année, la période du sevrage des marcassins marque un moment particulièrement sensible dans la vie des sangliers… et complique le travail des agriculteurs. À cette époque, les jeunes commencent progressivement à quitter l’alimentation lactée pour apprendre à se nourrir seuls. La laie conduit alors sa compagnie vers les secteurs les plus riches en nourriture afin d’assurer la croissance rapide des marcassins. Et comme la forêt manque de ressources, les champs deviennent une cible privilégiée. Le sanglier est un animal extrêmement adaptable. Historiquement forestier, il fréquente aujourd’hui les zones agricoles, périurbaines et parfois même les centres urbains. Cette capacité d’adaptation s’explique par son régime omnivore très opportuniste. Céréales, maïs, prairies, pommes de terre, légumes, vers, insectes ou déchets alimentaires : tout peut attirer une compagnie de sangliers. Mais les dégâts ne proviennent pas uniquement de ce qu’ils consomment. Les sangliers fouillent continuellement le sol à la recherche de nourriture. Ces fouilles, appelées boutis ou vermillis, retournent parfois de grandes surfaces en quelques nuits seulement. Dans les cultures, elles provoquent des pertes importantes, notamment au printemps et en été. Les travaux du Centre de recherche sur la faune sauvage du Bade-Wurtemberg montrent que plusieurs facteurs influencent fortement ces déplacements : disponibilité alimentaire, tranquillité des zones de repos, pression humaine et qualité des refuges. Pour limiter les dégâts, plusieurs mesures peuvent être combinées. La première consiste à réduire l’attractivité alimentaire autour des habitations ou des zones sensibles : déchets verts non protégés, composts accessibles ou bennes ouvertes représentent de véritables garde-manger pour les sangliers. La sécurisation des dépôts et des contenants reste essentielle. En zone périurbaine, il est également conseillé de limiter les zones refuges trop favorables : ronciers épais, tas de branchages ou petits bosquets abandonnés offrent des caches idéales aux compagnies. Enfin, la dissuasion par la chasse joue un rôle important lorsqu’elle est adaptée. Les spécialistes allemands estiment que l’affût est particulièrement efficace en période estivale. Ils rappellent toutefois un principe essentiel : éviter de prélever une laie meneuse accompagnée de jeunes marcassins encore dépendants. Dans certaines situations, le prélèvement d’un jeune dans une compagnie suffit à renforcer la méfiance du groupe et à éloigner durablement les animaux des zones sensibles.