Le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) est un mammifère lagomorphe originaire de la péninsule Ibérique, aujourd’hui largement répandu en Europe occidentale. Espèce sociale, il vit en colonies structurées au sein de terriers complexes appelés « garennes ». Son régime alimentaire est strictement herbivore, composé principalement de graminées, de jeunes pousses et de cultures agricoles, ce qui explique son impact potentiel sur les activités humaines.
Dans les milieux méditerranéens comme ceux de l’est de Montpellier, le lapin de garenne trouve des conditions particulièrement favorables : sols meubles propices au creusement, climat doux et végétation abondante. Il constitue par ailleurs une espèce clé des écosystèmes, servant de proie à de nombreux prédateurs (renards, rapaces). Toutefois, en l’absence de régulation efficace, sa forte capacité de reproduction peut entraîner des phénomènes de prolifération rapide, comme observé actuellement dans plusieurs communes de l’Hérault. Ce fut précisément pour répondre à ce type de déséquilibre qu’intervenait, en 1952, une décision radicale : l’introduction volontaire de la myxomatose, dans un objectif de régulation biologique des populations de lapins, alors considérées comme nuisibles pour l’agriculture.
Le virus, naturellement présent en Amérique du Sud, provoqua chez le lapin européen une maladie extrêmement virulente, caractérisée par des lésions cutanées, un affaiblissement général et une mortalité massive. L’impact fut immédiat : en quelques années, les populations de lapins s’effondrèrent sur l’ensemble du territoire. Cette chute spectaculaire modifia profondément les équilibres écologiques, affectant notamment les chaînes alimentaires. Cependant, dès les décennies suivantes, une reprise progressive des populations fut observée, suggérant une adaptation du système hôte-pathogène. Face au déclin du lapin, devenu également une espèce d’intérêt écologique et cynégétique, plusieurs stratégies de restauration ont été envisagées. Parmi elles, des tentatives innovantes de vaccination ont été menées dans les années 1980-1990. L’une des plus originales reposait sur l’utilisation de la puce du lapin comme vecteur de vaccination. Ces puces étaient mises en contact avec des souches atténuées du virus de la myxomatose, puis relâchées dans les terriers afin d’immuniser indirectement les populations sauvages. Cette méthode visait à reproduire un processus naturel de contamination, mais avec un agent pathogène affaibli. Malgré son caractère novateur, cette approche s’est révélée difficile à maîtriser en conditions naturelles. Les résultats sont restés limités et localisés, sans impact démontré à grande échelle. Ces expérimentations n’ont donc pas profondément modifié la dynamique globale des populations de lapins...
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La chasse... demain !

La France a poursuivi l’extension de ses aires protégées, qui couvrent désormais près de 33 % du territoire terrestre et plus de 30 % des espaces marins, même si les zones bénéficiant d’une protection forte restent encore limitées. En parallèle, les opérations de restauration écologique se multiplient : réhabilitation de zones humides, renaturation de cours d’eau, replantation de haies et adaptation des pratiques forestières. Ces actions contribuent également à la mise en œuvre du Plan national d’adaptation au changement climatique, renforçant la résilience des territoires face aux sécheresses, aux inondations et aux épisodes climatiques extrêmes.
La réduction des pressions sur la biodiversité constitue un autre levier majeur. Des efforts sont engagés pour diminuer l’usage des produits phytosanitaires, restaurer les continuités écologiques et limiter l’artificialisation des sols, avec l’objectif de « zéro artificialisation nette » à horizon 2050. Les collectivités locales jouent un rôle central, soutenues par des financements publics pour des projets de désimperméabilisation, de végétalisation urbaine et de reconquête des friches. Malgré ces progrès, les indicateurs scientifiques restent préoccupants. Selon l’OFB, près d’un tiers des espèces évaluées en France sont aujourd’hui menacées ou en déclin. Les populations d’oiseaux des milieux agricoles ont chuté de plus de 30 % en trente ans, tandis que les insectes pollinisateurs continuent de disparaître à un rythme alarmant. Face à ce constat, l’enjeu est désormais de changer d’échelle. La stratégie vise non seulement à stopper l’érosion de la biodiversité d’ici 2030, mais aussi à inverser durablement la tendance. Cela implique de mobiliser l’ensemble des acteurs — État, entreprises, collectivités et citoyens — et de transformer en profondeur les modèles économiques.
Tout commence très tôt, dès l’arrivée du chiot au foyer, généralement autour de la huitième semaine, au moment du sevrage. À cet âge, il a déjà acquis auprès de sa mère les premiers codes sociaux, qu’il convient de renforcer avec cohérence et bienveillance. Cette période est déterminante pour son équilibre futur : un sevrage mal conduit peut engendrer des troubles comportementaux persistants. L’apprentissage doit donc se faire dans un cadre rassurant, où le jeu tient une place centrale. En effet, le chiot apprend bien mieux dans un contexte ludique, sans contrainte apparente. De courtes séances quotidiennes, de quelques minutes seulement, suffisent pour poser les bases. L’objectif est d’intégrer les premiers ordres, comme le rappel ou le « au pied », sans rigidité, en s’appuyant sur la motivation naturelle du chiot. L’utilisation d’une friandise ou d’un jouet permet de créer une association positive : le chiot vient spontanément, reçoit sa récompense, et associe l’ordre à une expérience agréable. Progressivement, les récompenses deviennent moins systématiques, mais toujours valorisantes. Ce travail en douceur permet d’ancrer des réflexes durables. En quelques semaines, le chiot devient un jeune chien attentif, capable de suivre son maître et prêt à franchir une nouvelle étape : celle de la découverte du terrain et de l’apprentissage spécifique au travail de limier...
Dans cette logique, protéger revient à sanctuariser, à laisser les écosystèmes évoluer librement, quitte à accepter des déséquilibres temporaires. Les tenants de cette approche considèrent que toute action humaine, y compris la chasse, prolonge une domination sur le vivant devenue incompatible avec les enjeux contemporains de biodiversité. La disparition de certaines espèces, le retour des prédateurs ou encore les fluctuations naturelles des populations sont perçus comme des dynamiques à accepter plutôt qu’à corriger.
À l’inverse, l’écologie gestionnaire part d’un constat radicalement différent : les milieux naturels européens sont profondément anthropisés, façonnés depuis des siècles par l’agriculture, la sylviculture et l’aménagement du territoire. Dans ce contexte, prétendre « laisser faire la nature » serait une illusion, car les équilibres d’origine ont déjà été bouleversés. Pour ses défenseurs, l’intervention humaine devient non seulement légitime, mais nécessaire pour maintenir des équilibres fonctionnels. La chasse s’inscrit alors comme un outil parmi d’autres, au même titre que la restauration des habitats ou la gestion des espèces. Ce clivage dépasse la simple question cynégétique : il interroge notre rapport fondamental au vivant. Sommes-nous des observateurs extérieurs, appelés à nous effacer, ou des acteurs responsables, contraints d’assumer les conséquences de notre empreinte ? C’est derrière cette opposition que se joue, en réalité, une divergence philosophique majeure sur la place de l’humain dans la nature...
Les lignes directrices rappellent que l’article 5 de la directive instaure une protection générale, permanente et étendue à toutes les espèces, qu’elles soient menacées ou non, et sur l’ensemble du territoire européen, y compris hors zones protégées. Elles insistent également sur l’obligation pour les États d’assurer une mise en œuvre effective sur le terrain, un point souvent critiqué par les ONG environnementales. Un apport majeur concerne la notion d’acte « délibéré ». Désormais, une action est considérée comme telle non seulement si elle est intentionnelle, mais aussi si son auteur est conscient des risques qu’elle fait peser sur les oiseaux ou leurs habitats. Cette interprétation, issue de la jurisprudence, renforce la responsabilité des porteurs de projets. Cependant, la Commission met aussi l’accent sur la prévention. Elle encourage le recours à des mesures d’évitement en amont (modification des tracés, adaptation des périodes de travaux, dispositifs anti-collision). Si ces mesures sont jugées efficaces, les impacts résiduels peuvent être considérés comme non intentionnels, ce qui limite le recours aux dérogations et simplifie les procédures administratives. Cette approche s’inscrit dans une volonté plus large de concilier protection de la biodiversité et développement économique, notamment dans le cadre du Pacte vert pour l'Europe. Le document aborde également deux espèces en forte expansion : l’oie bernache et le grand cormoran. Leur croissance démographique, favorisée par les politiques de protection, génère des tensions avec les agriculteurs et les pêcheurs, notamment en Europe du Nord et de l’Ouest. La Commission propose donc des pistes de gestion plus souples, tout en maintenant les objectifs de conservation. Sans modifier le droit existant, ces lignes directrices marquent une évolution importante : elles visent à sécuriser juridiquement les acteurs économiques tout en garantissant un haut niveau de protection des oiseaux sauvages, dans un contexte où la biodiversité européenne continue de se dégrader.
Cette formation vise à renforcer les compétences des participants autour de six objectifs principaux : comprendre les notions fondamentales liées aux EEE, maîtriser les cadres institutionnels et stratégiques, savoir identifier les espèces problématiques, mieux appréhender la réglementation, situer le rôle de l’OFB dans leur gestion et, enfin, devenir référent sur ces enjeux à l’échelle locale. L’approche pédagogique repose sur un continuum allant de la prévention à la gestion, en passant par la surveillance, avec des méthodes actives mêlant théorie et exercices pratiques. Certifiée « Qualiopi », la formation garantit un haut niveau d’exigence. Afin d’ancrer les apprentissages dans la réalité territoriale, plusieurs intervenants régionaux des Hauts-de-France ont partagé leurs expériences, notamment sur la mise en œuvre des stratégies locales et les outils de priorisation des actions. Une attention particulière a également été portée au cadre réglementaire, avec des retours d’expérience concrets en matière de contrôle, illustrant les enjeux de police administrative et judiciaire. Les échanges ont mis en lumière plusieurs difficultés rencontrées sur le terrain : identification des espèces, notamment végétales, complexité du commerce en ligne, gestion des animaux saisis, ou encore nécessité de protocoles respectueux du bien-être animal. Les participants ont aussi souligné l’importance de la communication, de la pédagogie réglementaire et de la mobilisation des acteurs en amont, notamment sur les questions de biosécurité. Coordonnée par des experts de l’OFB, cette formation confirme l’importance de renforcer les compétences face à un enjeu croissant pour la biodiversité. Dans cette dynamique, une troisième session est d’ores et déjà prévue du 6 au 9 octobre 2026 sur le site de Pérols, près de Montpellier, afin de poursuivre cet effort de formation auprès des agents de l’OFB et de la sphère publique.
La question de la biodiversité, bien que rarement citée en priorité, reste importante. La disparition d’espèces animales et végétales est régulièrement mentionnée en second choix, notamment par les jeunes générations. En milieu rural, ce sujet est davantage ressenti, en lien avec l’évolution des paysages, des forêts et des milieux naturels. Les risques naturels constituent également une préoccupation significative dans les zones rurales. Les habitants y expriment plus fréquemment des inquiétudes liées aux phénomènes climatiques extrêmes, comme les sécheresses, les inondations ou les épisodes de chaleur. Ces événements, souvent perçus comme les conséquences concrètes du changement climatique, affectent directement les activités agricoles, les ressources en eau et les écosystèmes forestiers. Le sentiment d’une dégradation de la nature reste présent, particulièrement en milieu rural, où près de la moitié des habitants estiment que l’état de l’environnement s’est détérioré ces dernières années. Toutefois, cette perception tend légèrement à diminuer. Les attentes des Français en matière d’action publique reflètent ces préoccupations. La lutte contre la pollution de l’eau apparaît comme une priorité, devant même certaines politiques climatiques. La préservation des espèces et la prévention des risques naturels figurent également parmi les actions jugées essentielles. Enfin, les habitants des zones rurales expriment un besoin accru d’informations sur les impacts environnementaux, notamment en matière de santé et de pollution. Ils attendent des réponses concrètes face aux enjeux qui touchent directement leur cadre de vie, entre ressources naturelles, faune sauvage et équilibre des écosystèmes.
Lors de la précédente réunion, un point important a été acté : les balles ont été retirées du champ d’application du projet. Ainsi, la proposition actuelle se concentre désormais uniquement sur les munitions au plomb, en particulier celles utilisées pour la chasse et le tir sportif. Cette évolution marque une inflexion notable du texte initial, qui était plus large. Le compte rendu des discussions montre toutefois que plusieurs États membres de l’Union européenne continuent d’exprimer des réserves, notamment concernant le calendrier de mise en œuvre de cette restriction. Les débats ont également porté sur la durée de la période transitoire, jugée cruciale pour permettre aux acteurs concernés de s’adapter. Une prolongation de cette période, actuellement envisagée à trois ans, pourrait être étendue à cinq ans pour certaines cartouches utilisées à la chasse. Cette demande reflète des préoccupations concrètes liées aux impacts économiques, aux capacités industrielles de substitution et aux contraintes logistiques. Dans ce contexte, la Commission européenne devrait intégrer les remarques formulées par les États membres et pourrait soumettre une version révisée du texte dans les mois à venir, avant un éventuel vote. De son côté, la Fédération des associations pour la chasse et la conservation de la faune sauvage de l’Union européenne (FACE) suit de près ce dossier stratégique. Celui-ci revêt une importance majeure pour environ 7 millions de chasseurs européens ainsi que pour l’ensemble des filières liées à la chasse et au tir, directement concernées par ces évolutions réglementaires.
Une enquête a également été menée auprès des établissements relevant du ministère de l’Agriculture, complétée par des entretiens avec directions, enseignants, étudiants, diplômés et partenaires professionnels. Les formations intègrent globalement les quatre transitions majeures (numérique, énergétique, alimentaire et environnementale), avec toutefois un besoin de consolidation identifié sur les volets énergétique et alimentaire. Les critères de professionnalisation fixés par la CTI et le Hcéres sont respectés, mais une harmonisation des référentiels métiers est recommandée pour améliorer la lisibilité de l’offre. Les modalités d’accès aux formations restent diversifiées. La voie des classes préparatoires aux grandes écoles demeure structurante, tout en coexistant avec d’autres dispositifs de recrutement. La formation continue et la validation des acquis de l’expérience (VAE) apparaissent encore peu développées. L’étude souligne également des limites dans la visibilité des filières, notamment en phase d’orientation. Des outils comme la plateforme ONISEP et les dispositifs AMI-CMA sont identifiés comme leviers de valorisation. Par ailleurs, l’internationalisation des formations et la structuration d’une identité commune entre établissements constituent des axes de développement. Enfin, la mise en œuvre de ces évolutions repose sur une coordination entre les ministères concernés, les rectorats et les collectivités territoriales, dans une logique de pilotage stratégique et d’objectifs mesurables.
Au cœur de la manifestation, plus de 900 trophées de cerfs, issus de la campagne 2025-2026, seront présentés au public. Chaque pièce, rigoureusement classée par classe d’âge grâce à l’analyse des mandibules, s’inscrit dans une scénographie à la fois pédagogique et méthodique. Cette organisation permet d’appréhender concrètement les résultats des politiques de gestion, en mettant en lumière la structure des populations, la qualité des animaux prélevés et les équilibres recherchés entre prélèvement et renouvellement. Une immersion précieuse pour les chasseurs comme pour les non-initiés. Au-delà des trophées, le salon se veut un lieu d’échanges et de rencontres. Les acteurs de la ruralité, associations cynégétiques départementales, auteurs en séance de dédicace et photographes amateurs y seront réunis. Une exposition et un concours photos viendront enrichir le programme autour de deux thématiques sensibles et évocatrices : « Moments de tendresse » et « Les animaux en nombre », offrant un regard différent, parfois plus intimiste, sur la faune sauvage. Un espace commercial proposera aux visiteurs une large palette de produits et de services liés à la chasse et à la nature, tandis qu’un espace dédié aux savoir-faire mettra en lumière artisans et artistes, valorisant des métiers souvent méconnus mais essentiels à cet univers. L’événement s’ouvrira au son des trompes du Cercle Saint-Hubert Bas-Berry, avec une animation assurée tout au long du week-end par la délégation de l’Indre de la Fédération Internationale des Trompes de France, apportant une dimension sonore et culturelle unique.
La promesse affichée : « Qui va à la chasse… trouve sa place », se veut inclusive, moderne, ouverte. Mais elle sonne creux à force d’être répétée sans évolution notable du discours. Les déclinaisons ciblant jeunes, femmes ou quadragénaires relèvent davantage d’un habillage marketing que d’une réelle réflexion sur les attentes profondes de ces publics. Là encore, l’intention est louable, mais l’exécution manque de substance. Quant au choix de la chanson de Michel Delpech, il joue sur la corde nostalgique, mais interroge : faut-il vraiment regarder en arrière pour tenter de séduire de nouveaux pratiquants ? Cette esthétique du « retour aux sources » parle avant tout à ceux qui sont déjà convaincus. Plus troublant encore : l’ampleur des moyens mobilisés. Plus de 1 400 diffusions TV, une présence massive sur les réseaux sociaux, des partenariats avec des influenceurs… pour quel résultat concret ? Où sont les indicateurs ? Combien de nouveaux chasseurs recrutés grâce à ces campagnes successives ? La question reste posée, et elle dérange. Car au fond, le problème est peut-être là. À vouloir « vendre » la chasse comme un produit de consommation, on en oublie sa complexité, ses exigences, son ancrage territorial. La chasse ne se résume pas à une parenthèse de liberté entre deux contraintes urbaines. Elle est engagement, apprentissage, responsabilité. À quoi servent donc ces campagnes, sinon à rassurer en interne et à donner l’illusion d’une dynamique ? À force de répéter les mêmes recettes, le risque est grand de parler dans le vide. Il serait peut-être temps de changer de regard, de discours… et surtout de stratégie.