Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Mission Nature : quand les jeux à gratter financent la biodiversité

Après le succès populaire du Loto du Patrimoine porté par Stéphane Bern, la biodiversité française dispose désormais elle aussi de son jeu solidaire. Lancée en 2023 par l’Office français de la biodiversité et FDJ United, l’opération « Mission Nature » connaît un développement rapide et affiche déjà un bilan jugé très encourageant. En seulement deux années d’existence, ce dispositif a permis de soutenir 64 projets de restauration écologique en métropole comme en outre-mer, pour un montant total de 22 millions d’euros. Le principe reprend celui qui a fait le succès du Loto du Patrimoine : une partie des recettes issues des jeux Mission Nature est reversée à l’OFB, afin de financer des actions concrètes en faveur de l’environnement. Chaque ticket acheté ou grille validée contribue ainsi à la préservation d’écosystèmes fragiles, qu’il s’agisse de zones humides, de dunes littorales, de forêts ou encore d’habitats favorables à la faune sauvage. Chaque année, entre 7 et 8 millions d’euros issus des prélèvements sur les mises, des sommes qui reviennent normalement à l’État, sont réorientés vers ces programmes environnementaux. Le dispositif apporte ainsi des financements complémentaires précieux à des collectivités, associations ou gestionnaires d’espaces naturels souvent confrontés à des coûts importants pour restaurer ou protéger des milieux dégradés. Moins médiatisée que Mission Patrimoine, cette initiative poursuit pourtant un objectif majeur : sensibiliser le grand public à l’érosion de la biodiversité tout en mobilisant des moyens financiers supplémentaires pour agir concrètement sur le terrain. Pour Vincent Perrotin, directeur de l’Engagement chez FDJ United, la démarche répond à une double ambition : « sensibiliser le grand public à la préservation de la biodiversité et soutenir des projets ancrés dans les territoires ». Depuis 2023, FDJ United est également devenu grand mécène de l’OFB avec un soutien complémentaire de 1,5 million d’euros. Face à l’intérêt rencontré, l’État a décidé de prolonger le programme pour deux années supplémentaires dans le cadre du projet de loi de finances 2026. La quatrième édition a d’ailleurs débuté le lundi 18 mai 2026 avec quatre tirages spéciaux du Loto entièrement consacrés à la préservation et à la restauration de la biodiversité. Un nouvel appel à projets a été lancé le 11 mars dernier par l’OFB, et les lauréats sélectionnés seront dévoilés au mois de juillet.


A Joinville (Haute-Marne) : Nature et Chasse en Fête 2026 : un week-end placé sous le signe du partage

Les 23 et 24 mai 2026, à l’occasion du week-end de la Pentecôte, le Château du Grand Jardin de Joinville accueillera une nouvelle édition de « Nature et Chasse en Fête ». Cet événement, désormais incontournable, propose au grand public de découvrir la richesse du patrimoine naturel et culturel local dans une ambiance conviviale et chaleureuse. Tout au long du week-end, les visiteurs pourront flâner au cœur du Marché du Terroir, véritable vitrine des savoir-faire locaux. Producteurs et artisans seront réunis pour présenter une large gamme de produits gourmands et de créations artisanales : vannerie, décoration, textile, mais aussi des articles liés à la chasse et à l’élevage avicole. Ce moment d’échange privilégié permettra de valoriser les circuits courts et de renforcer le lien entre producteurs et consommateurs. Le programme s’enrichira également d’un pôle dédié aux chiens, avec des démonstrations organisées tout au long du week-end. Des animations autour de la faune et de la flore haut-marnaises viendront compléter cette offre, offrant au public une immersion ludique et pédagogique dans la biodiversité locale. Les plus jeunes ne seront pas en reste. Un rallye nature, organisé le samedi après-midi pour les enfants de 6 à 12 ans, leur permettra de partir à la découverte de leur environnement de manière interactive et éducative. Une belle occasion de sensibiliser les nouvelles générations aux enjeux de la préservation de la nature. Enfin, la dimension festive sera au rendez-vous grâce à des animations musicales variées. L’orchestre « Les Comètes » et les sonneurs de trompe de chasse « Les Échos du Vallage » rythmeront ces deux journées, contribuant à créer une atmosphère joyeuse et fédératrice. Gratuite et ouverte à tous, cette manifestation promet une expérience riche en découvertes, en rencontres et en émotions, dans un cadre exceptionnel. Un rendez-vous à ne pas manquer pour tous les amoureux de nature, de traditions et de convivialité.


Journée mondiale des abeilles

Le 20 mai 2026, la Journée mondiale des abeilles rappelle l’importance capitale de ces insectes pollinisateurs dans l’équilibre de nos écosystèmes. Pourtant, partout dans le monde, les abeilles traversent une période difficile. En France comme ailleurs en Europe, les apiculteurs constatent des pertes de colonies parfois importantes, causées par plusieurs facteurs cumulés : pesticides, raréfaction des fleurs sauvages, urbanisation, parasites comme le varroa, maladies, prédation par le frelon asiatique et dérèglement climatique. Les épisodes de sécheresse ou les printemps trop humides perturbent les floraisons et compliquent le travail des butineuses. Les ressources alimentaires deviennent plus irrégulières, fragilisant les colonies. Les abeilles sauvages, souvent moins connues que l’abeille domestique, subissent également la disparition progressive de leurs habitats naturels. Cette situation inquiète scientifiques, agriculteurs et défenseurs de la nature, car sans pollinisateurs, une grande partie de la biodiversité végétale serait menacée. Le rôle des abeilles est en effet essentiel. Elles assurent la pollinisation de plus de 80 % des plantes à fleurs et participent directement à la production de nombreux fruits, légumes et graines. Pommes, cerises, melons, colza ou tournesol dépendent largement de leur activité. Au-delà de l’agriculture, les abeilles contribuent au maintien des écosystèmes naturels en favorisant la reproduction des plantes sauvages qui nourrissent oiseaux, petits mammifères et insectes. Leur disparition aurait donc des conséquences considérables sur toute la chaîne du vivant. Le printemps est également la saison des essaimages. Lorsqu’une colonie devient trop importante, une partie des abeilles quitte la ruche avec une reine pour former un nouvel essaim. Ces grappes impressionnantes, souvent observées sur une branche ou un poteau, sont généralement peu agressives. Elles cherchent simplement un nouvel abri pour s’installer durablement. Quelques gestes simples peuvent favoriser la fixation de ces essaims. Installer une ruchette ou une caisse en bois à l’abri du vent et de la pluie constitue une bonne solution. Les abeilles apprécient les endroits calmes, légèrement en hauteur et proches d’un environnement riche en fleurs mellifères. L’utilisation de vieux cadres cirés ou d’un peu de propolis peut également attirer un essaim en quête d’un nouveau logement. Enfin, limiter l’usage des pesticides et planter des espèces mellifères (lavande, trèfle, romarin, bourrache ou tilleul...) contribue à offrir aux abeilles des ressources précieuses. Protéger les abeilles, c’est préserver la biodiversité, mais aussi une part essentielle de notre alimentation et de nos paysages.


HUNTomics : la chasse française entre dans l’ère de la génomique

Avec le programme HUNTomics, la Fédération nationale des chasseurs vient de franchir une étape majeure en rejoignant les réseaux associés de l’Earth BioGenome Project (EBP), l’une des plus vastes initiatives scientifiques internationales consacrées à la génomique de la biodiversité. Cette reconnaissance place désormais la chasse française dans ce programme mondial réunissant les plus grands laboratoires et consortiums spécialisés dans le séquençage du vivant. Concrètement, HUNTomics vise à mieux connaître les espèces sauvages grâce aux outils de la génétique moderne. Chaque animal possède un patrimoine génétique unique qui renseigne sur son histoire, son état de santé, ses capacités d’adaptation ou encore l’évolution de ses populations. Le programme repose sur la collecte d’échantillons biologiques, le séquençage ADN et l’assemblage de génomes de référence de plusieurs espèces chassables. Ces données constituent ensuite une base scientifique de très haute valeur pour les chercheurs. Au-delà de l’aspect technologique, l’intérêt de ces travaux est immense pour la gestion de la faune sauvage. Les analyses génomiques permettent par exemple de mieux comprendre les mouvements de populations, les phénomènes de consanguinité, les capacités d’adaptation au changement climatique ou encore la résistance de certaines espèces face aux maladies émergentes. Dans un contexte où les enjeux sanitaires et environnementaux prennent une importance croissante, disposer d’informations génétiques précises devient un outil stratégique pour la conservation et la gestion durable des milieux naturels. L’intégration de HUNTomics au sein de l’EBP témoigne également de l’évolution du rôle des chasseurs dans les programmes scientifiques modernes. Grâce à leur présence permanente sur le terrain, les réseaux cynégétiques disposent d’une capacité unique de collecte d’informations et d’échantillons biologiques. Cette participation active contribue aujourd’hui à enrichir les connaissances sur la biodiversité française et européenne. Les données produites par HUNTomics seront accessibles à l’ensemble de la communauté scientifique internationale. Une ouverture qui pourrait accélérer de nombreuses recherches sur la biodiversité, tout en renforçant la place de la France dans les grands projets scientifiques consacrés au vivant.


20ème édition de la Fête de la Nature : six jours pour renouer avec le vivant

Du 20 au 25 mai 2026, la France vivra au rythme de la 20e édition de la Fête de la Nature, un rendez-vous désormais incontournable du printemps. Organisée chaque année autour de la Journée internationale de la biodiversité du 22 mai, cette manifestation propose, pendant six jours, des milliers d’animations gratuites partout sur le territoire. L’objectif reste inchangé depuis sa création : permettre à chacun de découvrir la nature au plus près de chez soi, à travers des expériences concrètes, accessibles et variées, mêlant sciences, pédagogie et émerveillement. Cette édition anniversaire s’annonce particulièrement riche, avec une programmation qui mobilise de nombreux acteurs institutionnels et associatifs. Parmi eux, l’OFB, partenaire de l’événement depuis 2017, contribue à plusieurs dizaines d’animations à travers le pays. Les collectivités locales sont également fortement impliquées, notamment dans les territoires de montagne via l’engagement de l’Association nationale des élus de la montagne, qui valorise les initiatives en faveur de la biodiversité : parcours pédagogiques, plantations, inventaires naturalistes ou encore démarches territoriales comme les Atlas de la biodiversité communale. La Fête de la Nature 2026 met aussi à l’honneur plusieurs thématiques destinées à renouveler le regard du public sur le vivant : la vie des sols, les 60 ans de l’ONF, la découverte de la biodiversité locale, l’observation nocturne ou encore l’apprentissage des méthodes d’inventaire des espèces. Cette diversité d’approches se traduit concrètement par une multitude d’activités : balades naturalistes, ateliers participatifs, sorties nocturnes, conférences ou animations familiales. L’événement accorde enfin une place importante à la sensibilisation des jeunes publics, avec de nombreuses initiatives portées par des écoles et des aires éducatives, où les élèves deviennent eux-mêmes ambassadeurs de la nature. Entre découverte, transmission et engagement, cette 20e Fête de la Nature confirme son ambition : rapprocher durablement les citoyens du vivant et encourager une meilleure compréhension des enjeux écologiques contemporains.


Soins parentaux chez les oiseaux : ce que révèle une vaste étude sur les compromis de la reproduction

Depuis plus d’un demi-siècle, les biologistes cherchent à comprendre pourquoi les animaux investissent plus ou moins d’énergie dans l’élevage de leurs petits. Une vaste synthèse scientifique consacrée aux oiseaux apporte aujourd’hui un éclairage nouveau sur ces mécanismes complexes de soins parentaux et sur les compromis qui façonnent l’évolution des espèces. Les chercheurs se sont appuyés sur la théorie dite de « l’histoire de vie », selon laquelle chaque parent doit arbitrer entre les efforts consacrés à la reproduction et la préservation de ses capacités futures de survie. En d’autres termes, nourrir davantage une nichée peut améliorer les chances de survie des jeunes, mais au prix d’un épuisement accru des adultes. Pour tester ces hypothèses, les scientifiques ont réalisé une méta-analyse de grande ampleur portant sur 62 études expérimentales menées chez 31 espèces d’oiseaux appartenant à 19 familles différentes. Au total, 313 estimations ont été examinées. Toutes ces recherches avaient un point commun : modifier artificiellement la taille des couvées afin d’observer comment les parents adaptaient leurs comportements. Les résultats confirment plusieurs prédictions majeures de la théorie. Lorsque les couvées étaient agrandies, les oiseaux augmentaient leurs efforts de nourrissage et de protection. À l’inverse, lorsque les couvées étaient réduites, les parents diminuaient leur investissement. Les chercheurs ont également observé un phénomène intéressant : les réactions aux réductions de nichées étaient souvent plus marquées que les réponses aux agrandissements. Une couvée plus importante peut, par exemple, accroître le bruit au nid et donc la perception du risque de prédation. Les parents ne réagiraient alors pas seulement au nombre de jeunes à nourrir, mais aussi à un environnement perçu comme plus dangereux. Cette étude met également en évidence les limites de certaines approches expérimentales classiques, comme les manipulations hormonales ou la supplémentation alimentaire, qui influencent souvent plusieurs mécanismes biologiques simultanément. Les chercheurs plaident donc pour des expériences plus précises et mieux ciblées. Selon eux, une meilleure compréhension des mécanismes physiologiques et comportementaux permettra d’affiner les modèles expliquant l’évolution des soins parentaux. Malgré les nombreuses avancées réalisées, ce domaine de recherche conserve encore de vastes zones d’ombre, laissant entrevoir de nouvelles découvertes sur les stratégies de reproduction des oiseaux.


Louveterie : pas content Willy Schraen, cependant...

L’offensive lancée par Willy Schraen contre les projets d’évolution du statut des lieutenants de louveterie a le mérite d’ouvrir un débat de fond sur la place réelle de la louveterie dans l’organisation de la régulation de la faune sauvage en France. Car derrière les échanges musclés, les amendements déposés discrètement et les accusations de passage en force, une question essentielle demeure : où commence la chasse… et où s’arrête-t-elle ? Le président de la Fédération nationale des chasseurs reproche à la louveterie nationale de vouloir renforcer son autonomie vis-à-vis des fédérations départementales, et de transformer progressivement le corps des louvetiers en véritable bras opérationnel de l’État. Une évolution qu’il juge dangereuse, craignant l’apparition d’un contre-pouvoir rural échappant à l’influence du monde cynégétique. Mais dans sa démonstration, Willy Schraen oublie un point fondamental : l’État dispose historiquement de ces deux outils distincts pour gérer les populations animales sauvages. D’un côté, la chasse, exercée dans le cadre des périodes légales d’ouverture par les détenteurs d'un droit de chasse. De l’autre, la louveterie, qui intervient au nom de l’administration lorsque les chasseurs ne peuvent pas agir, notamment hors période de chasse ou dans les zones non chassables : emprises ferroviaires, autoroutières, industrielles, périurbaines et zones de protection. Certes, les louvetiers sont des chasseurs puisqu’il faut être titulaire du permis depuis au moins cinq ans pour intégrer ce corps, mais leur mission ne relève pas de l’activité cynégétique classique. Une battue administrative n’est pas un acte de chasse. C’est une opération décidée par l’autorité préfectorale dans un objectif de sécurité publique, sanitaire ou agricole. Et c’est précisément cette frontière que beaucoup semblent aujourd’hui vouloir brouiller...

Le véritable sujet n’est donc peut-être pas celui avancé par la FNC. Car la question la plus sensible concerne surtout les interventions administratives réalisées sur des territoires de chasse, pendant la saison légale d’ouverture. C’est là que naissent les tensions. Les chasseurs financent leurs territoires, participent à l’indemnisation des dégâts de grand gibier et assument des plans de prélèvement parfois lourds. Voir des animaux éliminés administrativement en pleine saison cynégétique peut alors être vécu comme une dépossession. Sur ce point, Willy Schraen aurait sans doute gagné à recentrer son opposition. Pendant l’ouverture générale de la chasse, c’est d’abord aux chasseurs de remplir leurs obligations de gestion. La louveterie, elle, ne devrait intervenir qu'en complément, lorsque les objectifs n’ont pas été atteints, ou lorsque la situation l’exige réellement. C’est donc en fin de saison de chasse que le rôle correctif du « bras armé » de l’administration prend tout son sens. Confondre volontairement gestion cynégétique et destruction administrative entretient un amalgame qui finit par fragiliser les deux systèmes. Les fédérations de chasseurs assurent la gestion cynégétique. La louveterie, elle, exerce une mission d’autorité publique. Les deux peuvent travailler ensemble sans pour autant se confondre. Reste la question sensible des nominations. Les louvetiers sont déjà nommés par arrêté préfectoral après avis des services de l’État et consultations locales. Les fédérations départementales donnaient jusqu’ici leur avis sur les candidatures, mais elles n’ont jamais détenu le pouvoir de nomination. La réforme envisagée ne bouleverse donc pas totalement le principe existant. Elle clarifie surtout une séparation entre mission cynégétique et mission administrative qui, sur le terrain, a parfois tendance à devenir floue.


Forêts françaises : les paradoxes qui compliquent toujours davantage la mission de l’ONF

L’Office national des forêts vient de publier son rapport d’activité 2025, véritable photographie d’une forêt française confrontée à des défis de plus en plus contradictoires. Sécheresses à répétition, tempêtes, incendies géants, prolifération de parasites et dépérissements massifs : jamais les forestiers n’auront dû gérer autant d’urgences simultanément. Pourtant, derrière les missions affichées de protection de la biodiversité et d’adaptation climatique, les paradoxes qui entourent aujourd’hui la gestion forestière apparaissent plus forts que jamais. L’ONF rappelle d’abord que les forêts publiques doivent répondre à une multitude d’attentes. Elles doivent stocker du carbone, produire du bois, préserver les paysages, protéger la biodiversité, accueillir le public, limiter les risques naturels et résister au changement climatique. Mais ces objectifs sont parfois difficilement compatibles. Premier paradoxe : on demande aux forestiers de laisser davantage la nature évoluer librement tout en exigeant des forêts plus résistantes face au réchauffement climatique. Or, l’adaptation impose souvent des coupes sanitaires, des plantations d’essences plus méridionales ou des interventions rapides après les crises. Des opérations parfois mal perçues par une partie du public, qui assimile les coupes à une destruction de la nature. Autre contradiction majeure : la filière bois est présentée comme un pilier de la transition écologique, le matériau bois étant considéré comme une alternative aux énergies fossiles et au béton. Pourtant, chaque exploitation forestière suscite désormais des critiques croissantes, notamment lorsqu’elle devient visible près des zones habitées ou touristiques. Les forestiers doivent ainsi produire davantage de bois tout en coupant moins et en préservant des paysages jugés « naturels ». Le rapport souligne également la pression croissante exercée par les changements climatiques. Certaines essences historiques, comme l’épicéa ou le hêtre dans certaines régions, montrent des signes inquiétants de dépérissement. Mais remplacer ces arbres par des espèces plus résistantes venues du sud de l’Europe nourrit aussi des débats scientifiques et sociétaux. Enfin, la forêt française devient un espace où se confrontent des usages toujours plus nombreux : exploitation économique, loisirs, chasse, tourisme, protection intégrale ou encore défense contre les incendies. Chaque décision de gestion peut désormais provoquer tensions et controverses. Dans ce contexte complexe, la directrice générale de l’ONF, Valérie Metrich-Hecquet, rappelle que l’établissement demeure « un opérateur majeur de la transition écologique ». Une mission devenue particulièrement délicate à l’heure où la société attend des forêts qu’elles remplissent simultanément des fonctions parfois opposées.

 

Pour lire le rapport d'activités, c'est ICI


4x4 de chasse : l’Europe desserre l’étau sur les moteurs thermiques

C’est un revirement qui intéresse directement des milliers de chasseurs européens, grands utilisateurs de 4x4, pick-up et véhicules tout-terrain. Sous la pression de plusieurs États membres et de l’industrie automobile, l’Union européenne a finalement renoncé à imposer le tout-électrique dès 2035. Bruxelles maintient officiellement son objectif de décarbonation, mais introduit désormais une large dose de flexibilité qui permettra aux moteurs thermiques et hybrides de continuer à rouler bien après cette date. Initialement, la législation européenne prévoyait l’interdiction totale de la vente de voitures et utilitaires neufs à essence ou diesel à partir de 2035. Désormais, les constructeurs devront seulement réduire de 90 % leurs émissions de CO2, contre 100 % auparavant. En clair, les véhicules à moteur thermique ne disparaîtront pas complètement du paysage automobile européen. Cette décision est particulièrement suivie dans les milieux ruraux et cynégétiques. Dans de nombreux territoires de chasse, notamment en montagne, dans les grandes plaines agricoles ou les massifs forestiers, les 4x4 demeurent des outils indispensables. Transport des chiens, accès aux parcelles isolées, franchissement de chemins boueux ou enneigés : pour beaucoup de chasseurs, l’autonomie limitée des véhicules électriques et le manque d’infrastructures de recharge restent des obstacles majeurs. L’assouplissement décidé par la Commission européenne ouvre donc la porte à la poursuite de la production de véhicules hybrides rechargeables, hybrides légers, véhicules à prolongateur d’autonomie et même certains modèles à moteur thermique classique alimentés par des carburants alternatifs. Les constructeurs pourront compenser une partie des émissions restantes grâce à l’utilisation d’acier bas carbone produit en Europe ou via des carburants durables et biocarburants...

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