Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Cerf abattu chez la mère de Luc Besson : un chasseur fait appel...

L’affaire opposant le réalisateur Luc Besson à deux chasseurs connaît un nouveau développement judiciaire. Plus d’un mois après le jugement du tribunal d’Argentan, l’un des deux hommes condamnés a interjeté appel. Les faits remontent au 21 février 2025. Ce jour-là, un cerf poursuivi par des chiens s’était réfugié dans le jardin du domaine familial de La Trinité-des-Laitiers, dans l’Orne, où réside la mère du cinéaste. Malgré les protestations de l’occupante, les deux chasseurs étaient entrés sur la propriété privée et avaient abattu l’animal. Le tribunal a estimé que le cerf n’était pas mortellement blessé avant leur intervention et qu’ils auraient dû cesser l’action, maîtriser les chiens et prévenir les autorités compétentes. Les prévenus ont été reconnus coupables de chasse non autorisée sur le terrain d’autrui et d’usage d’un moyen prohibé. Ils ont écopé d’amendes, d’un stage de sensibilisation, d’une suspension d’un an du permis de chasser et du versement de dommages et intérêts, tandis que Luc Besson et sa mère obtenaient l’euro symbolique. L’appel formé par le plus jeune des condamnés ouvre désormais un nouveau front judiciaire. Son avocat entend contester notamment la qualité à agir de Luc Besson, soutenant que le domaine appartiendrait juridiquement à une société civile immobilière (SCI) et non directement au réalisateur. En droit, une SCI constitue une personne morale distincte de ses associés, ce qui pourrait soulever un débat technique sur la titularité du bien et la recevabilité de la constitution de partie civile. La procédure d’appel devrait ainsi se concentrer sur des questions strictement juridiques : droit de propriété, préjudice moral de l’occupante et représentation éventuelle de la SCI. Au-delà de ces aspects, le principe demeure clair : nul ne peut pénétrer sur une propriété privée sans autorisation, même dans le cadre d’une action de chasse. C’est sur ce fondement que la juridiction de première instance avait motivé sa décision. À noter avec insistance que cette affaire ne concerne en aucune façon la chasse à courre, au sens de la vénerie du cerf, mais une chasse classique aux chiens courants, pratique distincte qui n’a rien à voir avec les règles et l’organisation spécifiques de la vénerie.


IWA Outdoor Classics à Nuremberg : du 26 février au 1er mars 2026

L’IWA OutdoorClassics 2026 est l’un des salons professionnels les plus importants au monde dans les secteurs de la chasse, des sports de tir, des activités de plein air et des équipements de sécurité. Cette édition se tiendra du 26 février au 1er mars 2026 au centre d’exposition Messe Nürnberg à Nuremberg (Allemagne). Créé il y a plus de quarante ans, l’IWA (contraction d’Internationale Waffen Ausstellung), rassemble chaque année les acteurs clés de ces industries pour présenter les dernières innovations, produits et technologies. Il s’agit d’un événement international majeur où fabricants, distributeurs, revendeurs spécialisés et médias se rencontrent pour échanger sur l’état du marché et les tendances futures. Sur quatre jours, des centaines d’exposants venus du monde entier exposent une vaste gamme d’équipements : armes à feu et munitions pour la chasse et le tir sportif, composants et accessoires spécialisés, optiques et électroniques, couteaux, vêtements techniques, accessoires outdoor, ainsi que des solutions pour la sécurité civile et la protection personnelle. Cet ensemble vise à couvrir tous les besoins des professionnels et des spécialistes du secteur. L’événement n’est pas seulement une vitrine de produits : il sert aussi de plateforme pour le réseautage professionnel, les négociations commerciales et l’identification de nouvelles opportunités de marché. Les visiteurs, exclusivement professionnels, peuvent ainsi rencontrer des décideurs, établir des contacts commerciaux durables, et découvrir les innovations qui façonneront l’industrie au cours des prochaines années. Les portes de l’IWA OutdoorClassics sont ouvertes chaque jour avec des horaires adaptés aux visiteurs professionnels, généralement de 09h00 à 18h00 (jusqu’à 16h00 le dernier jour), facilitant ainsi les rencontres et les échanges sur place. Un rendez-vous incontournable ouvert sur les dernières tendances et innovations.


Dans une semaine s’ouvrira le procès de l’affaire Elisa Pilarski

À huit jours du procès prévu les 3 et 4 mars au tribunal judiciaire de Soissons, l’affaire Elisa Pilarski revient au premier plan. Le 16 novembre 2019, cette jeune femme de 29 ans, enceinte de six mois, est retrouvée morte en forêt de Retz, à Saint-Pierre-d’Aigle (Aisne). Elle promenait Curtis, le chien de son compagnon Christophe Ellul, à proximité d’une chasse à courre. Rapidement, une information judiciaire pour homicide involontaire est ouverte. Dès le départ, Christophe Ellul affirme que des chiens de chasse pourraient être responsables. Les veneurs contestent fermement cette hypothèse. Les expertises médico-légales évoquent d’abord la possibilité d’une attaque en meute, mais l’enquête s’oriente progressivement vers Curtis, un American Pitbull Terrier. Un rapport vétérinaire rendu le 31 octobre 2020, fondé sur l’examen comparatif des mâchoires de 67 chiens (ceux du couple et ceux de l’équipage de chasse), conclut que Curtis est l’unique auteur des morsures mortelles. Une analyse génétique vient confirmer ces conclusions. Les demandes de contre-expertise formulées par la défense sont rejetées. Le 4 mars 2021, Christophe Ellul est mis en examen pour homicide involontaire. L’accusation lui reproche notamment un manquement à ses obligations de prudence et évoque un possible dressage au mordant, ainsi que l’irrégularité supposée de l’introduction du chien en France. La dangerosité de l’animal est également relevée après des morsures survenues postérieurement aux faits. Les éléments de téléphonie occupent une place centrale dans le dossier : des photos prises peu avant le drame montrent le chien non muselé, et un SMS envoyé par Christophe Ellul (« Je le fais piquer ») alimente les débats sur sa connaissance des faits. Christophe Ellul, laissé libre sous contrôle judiciaire, encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. Le procès devra déterminer les responsabilités exactes dans ce drame qui avait profondément marqué l’opinion publique et ravivé les tensions autour de la chasse à courre et des chiens dits dangereux.


Indemnisation des dégâts de gibier sur les prairies

Le barème I, première partie 2026, consacré à la remise en état des prairies et aux opérations de ressemis, a été adopté par la Commission nationale d’indemnisation des dégâts de gibier. Il constitue le cadre de référence technique et économique permettant d’évaluer et d’indemniser les travaux engagés par les agriculteurs à la suite de dégradations causées par le grand gibier, après constat réalisé par les estimateurs. Ce barème national fixe les bases communes applicables sur l’ensemble du territoire. Il précise notamment le coût horaire de la main-d’œuvre retenu pour les travaux, les fourchettes d’indemnisation, les tarifs moyens des outils et des interventions mécaniques, ainsi que les modalités de prise en compte des semences, des traitements et des conditions particulières liées aux différents contextes pédoclimatiques. L’objectif est d’assurer une harmonisation des pratiques tout en encadrant les montants versés. À partir de ce cadre national, chaque département doit établir sa propre grille d’indemnisation, en restant dans les fourchettes définies, mais en tenant compte des réalités locales : types de prairies, pratiques agricoles, coûts des prestations ou spécificités des territoires. Une fois validé, le barème départemental s’appliquera pour toute l’année 2026. La demande d’indemnisation pour les travaux de remise en état n’exclut pas celle relative à une éventuelle perte de récolte, qui pourra faire l’objet d’une procédure distincte dont les modalités seront précisées ultérieurement. Lors du vote, la Coordination Rurale et la Confédération paysanne se sont abstenues sur la question du taux horaire d’indemnisation, qu’elles jugent insuffisant au regard du travail supplémentaire imposé aux exploitants concernés.

 

Pour consulter les barèmes d’indemnisation, c’est ICI


El Niño de retour cet été ?

Le phénomène climatique El Niño pourrait faire son retour à partir de l’été, selon les dernières prévisions du Centre de prévision climatique de la NOAA (Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique). Les modèles indiquent une probabilité de 50 à 60 % de formation d’ici la fin de l’été, même si les prévisions établies au printemps restent traditionnellement entourées d’incertitudes. Si l’événement se confirme, il pourrait contribuer à de nouveaux records de températures mondiales fin 2026 ou début 2027. El Niño, ou plus précisément l’oscillation australe El Niño (ENSO), correspond à un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial central et oriental. Ce phénomène naturel survient en moyenne tous les trois à sept ans et dure généralement neuf à douze mois. Il modifie la circulation atmosphérique à l’échelle planétaire, perturbant les régimes de pluie, les températures et l’intensité des tempêtes. Le précédent épisode, en 2023-2024, a fortement contribué aux records de chaleur mondiaux. Selon le climatologue Zeke Hausfather (Berkeley Earth), il aurait ajouté environ 0,12 °C à la température moyenne mondiale en 2024. L’atmosphère absorbe alors davantage de chaleur libérée par l’océan, accentuant temporairement le réchauffement global d’origine anthropique. Or, les océans n’ont jamais été aussi chauds : 2025 marque la cinquième année consécutive de record de température océanique. Dans ce contexte déjà marqué par le changement climatique, un nouvel épisode El Niño pourrait amplifier les extrêmes météorologiques. Aux États-Unis, il favorise souvent de fortes pluies et des tempêtes hivernales sur la côte Pacifique, tandis qu’il peut retarder la mousson en Inde. En Australie et en Asie du Sud-Est, il accroît les risques de sécheresse et d’incendies. L’Europe, plus indirectement influencée, peut néanmoins subir des répercussions sur ses régimes saisonniers. Si son retour se confirme, El Niño ne serait pas la cause du réchauffement climatique, mais un facteur d’accélération temporaire venant s’ajouter à une tendance de fond déjà préoccupante.

 


La semaine en bref...

- Alpes-Maritimes : un visiteur pour le moins inhabituel a surpris habitants et touristes, jeudi dernier, à Valberg. Un imposant cerf a été découvert, allongé, devant un immeuble de la station de ski, attirant immédiatement l’attention des passants intrigués. L’animal, visiblement affaibli et blessé à l’arrière-train, semblait incapable de se relever, probablement épuisé après avoir erré à proximité des habitations. Face à la situation, les autorités ont rapidement sécurisé les lieux. Un périmètre de protection a été installé afin d’assurer la sécurité du cervidé comme celle du public, particulièrement nombreux en cette période de vacances scolaires d’hiver. La présence de nombreux vacanciers rendait l’intervention d’autant plus délicate. Gendarmes, agents municipaux et sapeurs-pompiers se sont mobilisés pour gérer l’incident. Dans l’après-midi, le service vétérinaire du SDIS 06 est intervenu pour endormir l’animal en toute sécurité. Une fois tranquillisé, le cerf a pu être transporté vers un endroit plus calme et adapté à sa prise en charge. Sept pompiers ont participé à cette opération.

 

- Ariège : trois zones de protection contre la prédation de l’ours sont définies en Occitanie pour 2026, avec des niveaux d’aides adaptés à l’intensité du risque. Les éleveurs et groupements pastoraux peuvent déposer leur demande d’ici au 31 juillet 2026. Les dépenses sont éligibles depuis le 3 février 2025 (ou un mois avant la demande pour le gardiennage) et, pour les autres frais, depuis le 1er janvier 2026. Dans les cercles 0 et 1, au moins deux mesures doivent être mises en place (gardiennage, chiens de protection ou clôtures). Dans le cercle 2, une seule mesure (chien ou clôture) suffit. Le nouveau « cercle 0 » cible les zones les plus exposées, notamment en Ariège et en Haute-Garonne, avec au moins dix attaques annuelles en moyenne sur trois ans. Il permet un financement à 100 % du gardiennage renforcé pour les structures collectives. Les cercles 1 et 2, relativement stables par rapport à 2025, couvrent respectivement les communes avec indices récents de présence d’ours et une zone tampon préventive. Début février, la préfecture de région Occitanie a publié la liste des communes concernées, rappelant que l’ours, espèce strictement protégée et opportuniste, demeure présent dans le massif pyrénéen.

 

- Charente : la forêt domaniale de la Braconne a été le théâtre d’une compétition d’exception du 12 au 15 février : la Coupe de France sur sanglier organisée par la Société centrale canine. Pendant quatre jours, les douze meilleures meutes de France, qualifiées à l’issue d’épreuves régionales, se sont affrontées dans des conditions de chasse grandeur nature, sous l’œil attentif des juges et d’un public averti. Au terme de prestations saluées pour leur rigueur et leur cohésion, les Porcelaines de l’équipage des Hurleurs du Minervois, conduites par Willy Berdeil, ont remporté le titre suprême, à la fois par lot et en individuel. Une performance rare qui consacre la qualité du travail de sélection, d’entraînement et de conduite de cette meute originaire du sud de la France. Les chiens ont été évalués sur plusieurs critères : quête, rapproche, fermeté sur animal, cohésion de meute et maîtrise de la voix, élément clé dans la chasse au sanglier. Les juges ont souligné la régularité et l’intelligence de chasse des Porcelaines, capables de maintenir une pression constante sur l’animal tout en conservant discipline et coordination. Derrière eux, d’autres équipages réputés ont également livré de belles démonstrations, confirmant le haut niveau national de la chasse aux chiens courants. Organisée tous les quatre ans, à l’image des grandes compétitions sportives internationales, la Coupe de France constitue l’événement phare de la discipline. Elle valorise non seulement les qualités cynégétiques des meutes, mais aussi le savoir-faire des éleveurs et conducteurs. Les vainqueurs savourent désormais un sacre prestigieux qui restera inscrit au palmarès jusqu’à la prochaine édition, programmée en 2030.

 

- Côte d’Or : passionné par l’univers cynégétique et inspiré par le thème « Ambiance de chasse », ce concours est fait pour vous. À l’occasion de l’exposition des trophées organisée les 17, 18 et 19 avril au Palais des Congrès de Beaune, la FDC 21 lance un concours photo gratuit. Les participants sont invités à proposer un cliché illustrant l’atmosphère de la chasse : paysages, traditions, instants de convivialité ou moments de vie, dans un esprit respectueux. Les photographies retenues seront exposées durant les trois jours de l’événement et soumises au vote du public. Le concours est ouvert à toute personne majeure appartenant au monde de la chasse, chasseurs ou proches, à condition d’avoir signé et transmis le règlement. Une seule photo par participant est autorisée. Les images doivent être envoyées au format JPEG par courriel à communication@fdc21.com. À noter : toute image générée ou modifiée par intelligence artificielle est strictement interdite...

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L’OFB sous pression interpelle le gouvernement

« Protéger le vivant, préserver notre avenir ». La devise de l’Office français de la biodiversité (OFB) sonne aujourd’hui comme un paradoxe douloureux pour ses agents. Dans une lettre adressée au Premier ministre, au ministre de l’Intérieur et aux ministres en charge de l’Écologie et de l’Agriculture, l’intersyndicale CGT, FSU, FO et EFA-CGC lance un appel solennel à l’aide. Les représentants du personnel dénoncent un climat devenu « irrespirable » pour les plus de 3 000 agents de l’établissement public. Créé pour lutter contre l’érosion de la biodiversité, préserver la ressource en eau et accompagner les transitions des usages agricoles et halieutiques, l’OFB se retrouve aujourd’hui au cœur de tensions croissantes. Tags, dépôts de fumier, pneus incendiés devant les locaux, menaces et insultes : selon les syndicats, les agressions se multiplient. Un bâtiment a même été incendié par le passé. Ces actions sont attribuées à une frange du monde agricole meurtrie par les contrôles environnementaux, l’OFB étant désormais perçu comme un organe exclusivement répressif, chargé de sanctionner plutôt que d’accompagner. Une image que contestent les agents, rappelant qu’une large part de leur travail repose sur la pédagogie, le conseil technique et le financement de projets. Les syndicats dénoncent surtout le silence de l’État. Ils affirment que les consignes de maintien de l’ordre auraient conduit à laisser certaines dégradations se produire sans intervention. Ils pointent également l’ouverture d’une enquête sur les modalités de recrutement au sein de l’établissement, vécue comme une remise en cause de leur intégrité professionnelle. Au-delà des tensions ponctuelles, c’est un malaise plus profond qui transparaît : celui d’un établissement qui peine à trouver sa place dans un débat public polarisé, coincé entre attentes sociétales fortes en matière d’environnement et contestation virulente de la ruralité. Les agents disent aujourd’hui travailler « la peur au ventre », dans un climat d’usure morale préoccupant...

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Y-a-t-il trop de cervidés en France ?

Depuis l’après-guerre, les populations françaises de cervidés, principalement le chevreuil (Capreolus capreolus) et le cerf élaphe (Cervus elaphus), ont connu une expansion marquée. Cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs concomitants : la mise en place progressive des plans de chasse obligatoires à partir des années 1960-1970, la diminution du braconnage, l’augmentation continue de la surface forestière (près de 30 % du territoire métropolitain aujourd’hui) et l’évolution des pratiques agricoles favorables à certaines espèces. Avant les années 1970, les effectifs avaient été fortement réduits par une pression cynégétique insuffisamment régulée. Les tableaux de chasse, utilisés comme indicateurs démographiques indirects, montrent une multiplication par environ dix des prélèvements annuels de chevreuils depuis les années 1970 et par plus de quinze pour le cerf. Aujourd’hui, les prélèvements annuels s’établissent autour de 600 000 chevreuils et environ 70 000 à 80 000 cerfs élaphes selon les données récentes de l’OFB. Toutefois, l’augmentation des prélèvements ne traduit pas nécessairement une explosion uniforme des densités : une part importante de cette progression correspond à une reconquête spatiale et à l’extension de l’aire de répartition des espèces, plutôt qu’à une augmentation homogène du nombre d’individus par unité de surface...

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