Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Indemnisation des dégâts de gibier sur les prairies

Le barème I, première partie 2026, consacré à la remise en état des prairies et aux opérations de ressemis, a été adopté par la Commission nationale d’indemnisation des dégâts de gibier. Il constitue le cadre de référence technique et économique permettant d’évaluer et d’indemniser les travaux engagés par les agriculteurs à la suite de dégradations causées par le grand gibier, après constat réalisé par les estimateurs. Ce barème national fixe les bases communes applicables sur l’ensemble du territoire. Il précise notamment le coût horaire de la main-d’œuvre retenu pour les travaux, les fourchettes d’indemnisation, les tarifs moyens des outils et des interventions mécaniques, ainsi que les modalités de prise en compte des semences, des traitements et des conditions particulières liées aux différents contextes pédoclimatiques. L’objectif est d’assurer une harmonisation des pratiques tout en encadrant les montants versés. À partir de ce cadre national, chaque département doit établir sa propre grille d’indemnisation, en restant dans les fourchettes définies, mais en tenant compte des réalités locales : types de prairies, pratiques agricoles, coûts des prestations ou spécificités des territoires. Une fois validé, le barème départemental s’appliquera pour toute l’année 2026. La demande d’indemnisation pour les travaux de remise en état n’exclut pas celle relative à une éventuelle perte de récolte, qui pourra faire l’objet d’une procédure distincte dont les modalités seront précisées ultérieurement. Lors du vote, la Coordination Rurale et la Confédération paysanne se sont abstenues sur la question du taux horaire d’indemnisation, qu’elles jugent insuffisant au regard du travail supplémentaire imposé aux exploitants concernés.

 

Pour consulter les barèmes d’indemnisation, c’est ICI


El Niño de retour cet été ?

Le phénomène climatique El Niño pourrait faire son retour à partir de l’été, selon les dernières prévisions du Centre de prévision climatique de la NOAA (Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique). Les modèles indiquent une probabilité de 50 à 60 % de formation d’ici la fin de l’été, même si les prévisions établies au printemps restent traditionnellement entourées d’incertitudes. Si l’événement se confirme, il pourrait contribuer à de nouveaux records de températures mondiales fin 2026 ou début 2027. El Niño, ou plus précisément l’oscillation australe El Niño (ENSO), correspond à un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial central et oriental. Ce phénomène naturel survient en moyenne tous les trois à sept ans et dure généralement neuf à douze mois. Il modifie la circulation atmosphérique à l’échelle planétaire, perturbant les régimes de pluie, les températures et l’intensité des tempêtes. Le précédent épisode, en 2023-2024, a fortement contribué aux records de chaleur mondiaux. Selon le climatologue Zeke Hausfather (Berkeley Earth), il aurait ajouté environ 0,12 °C à la température moyenne mondiale en 2024. L’atmosphère absorbe alors davantage de chaleur libérée par l’océan, accentuant temporairement le réchauffement global d’origine anthropique. Or, les océans n’ont jamais été aussi chauds : 2025 marque la cinquième année consécutive de record de température océanique. Dans ce contexte déjà marqué par le changement climatique, un nouvel épisode El Niño pourrait amplifier les extrêmes météorologiques. Aux États-Unis, il favorise souvent de fortes pluies et des tempêtes hivernales sur la côte Pacifique, tandis qu’il peut retarder la mousson en Inde. En Australie et en Asie du Sud-Est, il accroît les risques de sécheresse et d’incendies. L’Europe, plus indirectement influencée, peut néanmoins subir des répercussions sur ses régimes saisonniers. Si son retour se confirme, El Niño ne serait pas la cause du réchauffement climatique, mais un facteur d’accélération temporaire venant s’ajouter à une tendance de fond déjà préoccupante.

 


La semaine en bref...

- Alpes-Maritimes : un visiteur pour le moins inhabituel a surpris habitants et touristes, jeudi dernier, à Valberg. Un imposant cerf a été découvert, allongé, devant un immeuble de la station de ski, attirant immédiatement l’attention des passants intrigués. L’animal, visiblement affaibli et blessé à l’arrière-train, semblait incapable de se relever, probablement épuisé après avoir erré à proximité des habitations. Face à la situation, les autorités ont rapidement sécurisé les lieux. Un périmètre de protection a été installé afin d’assurer la sécurité du cervidé comme celle du public, particulièrement nombreux en cette période de vacances scolaires d’hiver. La présence de nombreux vacanciers rendait l’intervention d’autant plus délicate. Gendarmes, agents municipaux et sapeurs-pompiers se sont mobilisés pour gérer l’incident. Dans l’après-midi, le service vétérinaire du SDIS 06 est intervenu pour endormir l’animal en toute sécurité. Une fois tranquillisé, le cerf a pu être transporté vers un endroit plus calme et adapté à sa prise en charge. Sept pompiers ont participé à cette opération.

 

- Ariège : trois zones de protection contre la prédation de l’ours sont définies en Occitanie pour 2026, avec des niveaux d’aides adaptés à l’intensité du risque. Les éleveurs et groupements pastoraux peuvent déposer leur demande d’ici au 31 juillet 2026. Les dépenses sont éligibles depuis le 3 février 2025 (ou un mois avant la demande pour le gardiennage) et, pour les autres frais, depuis le 1er janvier 2026. Dans les cercles 0 et 1, au moins deux mesures doivent être mises en place (gardiennage, chiens de protection ou clôtures). Dans le cercle 2, une seule mesure (chien ou clôture) suffit. Le nouveau « cercle 0 » cible les zones les plus exposées, notamment en Ariège et en Haute-Garonne, avec au moins dix attaques annuelles en moyenne sur trois ans. Il permet un financement à 100 % du gardiennage renforcé pour les structures collectives. Les cercles 1 et 2, relativement stables par rapport à 2025, couvrent respectivement les communes avec indices récents de présence d’ours et une zone tampon préventive. Début février, la préfecture de région Occitanie a publié la liste des communes concernées, rappelant que l’ours, espèce strictement protégée et opportuniste, demeure présent dans le massif pyrénéen.

 

- Charente : la forêt domaniale de la Braconne a été le théâtre d’une compétition d’exception du 12 au 15 février : la Coupe de France sur sanglier organisée par la Société centrale canine. Pendant quatre jours, les douze meilleures meutes de France, qualifiées à l’issue d’épreuves régionales, se sont affrontées dans des conditions de chasse grandeur nature, sous l’œil attentif des juges et d’un public averti. Au terme de prestations saluées pour leur rigueur et leur cohésion, les Porcelaines de l’équipage des Hurleurs du Minervois, conduites par Willy Berdeil, ont remporté le titre suprême, à la fois par lot et en individuel. Une performance rare qui consacre la qualité du travail de sélection, d’entraînement et de conduite de cette meute originaire du sud de la France. Les chiens ont été évalués sur plusieurs critères : quête, rapproche, fermeté sur animal, cohésion de meute et maîtrise de la voix, élément clé dans la chasse au sanglier. Les juges ont souligné la régularité et l’intelligence de chasse des Porcelaines, capables de maintenir une pression constante sur l’animal tout en conservant discipline et coordination. Derrière eux, d’autres équipages réputés ont également livré de belles démonstrations, confirmant le haut niveau national de la chasse aux chiens courants. Organisée tous les quatre ans, à l’image des grandes compétitions sportives internationales, la Coupe de France constitue l’événement phare de la discipline. Elle valorise non seulement les qualités cynégétiques des meutes, mais aussi le savoir-faire des éleveurs et conducteurs. Les vainqueurs savourent désormais un sacre prestigieux qui restera inscrit au palmarès jusqu’à la prochaine édition, programmée en 2030.

 

- Côte d’Or : passionné par l’univers cynégétique et inspiré par le thème « Ambiance de chasse », ce concours est fait pour vous. À l’occasion de l’exposition des trophées organisée les 17, 18 et 19 avril au Palais des Congrès de Beaune, la FDC 21 lance un concours photo gratuit. Les participants sont invités à proposer un cliché illustrant l’atmosphère de la chasse : paysages, traditions, instants de convivialité ou moments de vie, dans un esprit respectueux. Les photographies retenues seront exposées durant les trois jours de l’événement et soumises au vote du public. Le concours est ouvert à toute personne majeure appartenant au monde de la chasse, chasseurs ou proches, à condition d’avoir signé et transmis le règlement. Une seule photo par participant est autorisée. Les images doivent être envoyées au format JPEG par courriel à communication@fdc21.com. À noter : toute image générée ou modifiée par intelligence artificielle est strictement interdite...

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L’OFB sous pression interpelle le gouvernement

« Protéger le vivant, préserver notre avenir ». La devise de l’Office français de la biodiversité (OFB) sonne aujourd’hui comme un paradoxe douloureux pour ses agents. Dans une lettre adressée au Premier ministre, au ministre de l’Intérieur et aux ministres en charge de l’Écologie et de l’Agriculture, l’intersyndicale CGT, FSU, FO et EFA-CGC lance un appel solennel à l’aide. Les représentants du personnel dénoncent un climat devenu « irrespirable » pour les plus de 3 000 agents de l’établissement public. Créé pour lutter contre l’érosion de la biodiversité, préserver la ressource en eau et accompagner les transitions des usages agricoles et halieutiques, l’OFB se retrouve aujourd’hui au cœur de tensions croissantes. Tags, dépôts de fumier, pneus incendiés devant les locaux, menaces et insultes : selon les syndicats, les agressions se multiplient. Un bâtiment a même été incendié par le passé. Ces actions sont attribuées à une frange du monde agricole meurtrie par les contrôles environnementaux, l’OFB étant désormais perçu comme un organe exclusivement répressif, chargé de sanctionner plutôt que d’accompagner. Une image que contestent les agents, rappelant qu’une large part de leur travail repose sur la pédagogie, le conseil technique et le financement de projets. Les syndicats dénoncent surtout le silence de l’État. Ils affirment que les consignes de maintien de l’ordre auraient conduit à laisser certaines dégradations se produire sans intervention. Ils pointent également l’ouverture d’une enquête sur les modalités de recrutement au sein de l’établissement, vécue comme une remise en cause de leur intégrité professionnelle. Au-delà des tensions ponctuelles, c’est un malaise plus profond qui transparaît : celui d’un établissement qui peine à trouver sa place dans un débat public polarisé, coincé entre attentes sociétales fortes en matière d’environnement et contestation virulente de la ruralité. Les agents disent aujourd’hui travailler « la peur au ventre », dans un climat d’usure morale préoccupant...

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Du 21 février et 1er mars 2026 : Salon de l’Agriculture

Le Salon International de l’Agriculture ouvrira ses portes le samedi 21 février pour une 62e édition très attendue, qui se tiendra jusqu’au 1er mars à Paris Expo, Porte de Versailles. Comme chaque année, l’événement réunira agriculteurs, éleveurs, filières, institutions, territoires et grand public autour des grandes questions qui structurent l’avenir agricole français : souveraineté alimentaire, transition écologique, innovation, adaptation au changement climatique. Au-delà de sa dimension festive et de la présentation d’animaux emblématiques ou de produits du terroir, le salon demeure un espace de dialogue, de pédagogie et de mise en perspective des mutations en cours. Il met en lumière la diversité des métiers du vivant, les tensions économiques qui traversent les filières, mais aussi leur capacité d’innovation. Dans ce contexte, la forêt occupe une place stratégique, à la croisée des enjeux climatiques, environnementaux et économiques. L’ONF sera une nouvelle fois présent, et à l’occasion de ses 60 ans, l’établissement public proposera un véritable voyage dans le temps pour retracer l’histoire des forêts publiques et rappeler ses missions au service de la gestion durable. Sur son stand, dans une ambiance conviviale et résolument boisée, les visiteurs pourront participer à des quiz, ateliers, jeux pédagogiques et rencontres avec des forestiers. Des conférences aborderont les grands défis de la forêt de demain : rôle de puits de carbone, adaptation au réchauffement, spécificités des forêts d’outre-mer. Une simulation numérique immersive permettra même de projeter l’évolution des massifs forestiers à 25, 50 ou 100 ans...

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Y-a-t-il trop de cervidés en France ?

Depuis l’après-guerre, les populations françaises de cervidés, principalement le chevreuil (Capreolus capreolus) et le cerf élaphe (Cervus elaphus), ont connu une expansion marquée. Cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs concomitants : la mise en place progressive des plans de chasse obligatoires à partir des années 1960-1970, la diminution du braconnage, l’augmentation continue de la surface forestière (près de 30 % du territoire métropolitain aujourd’hui) et l’évolution des pratiques agricoles favorables à certaines espèces. Avant les années 1970, les effectifs avaient été fortement réduits par une pression cynégétique insuffisamment régulée. Les tableaux de chasse, utilisés comme indicateurs démographiques indirects, montrent une multiplication par environ dix des prélèvements annuels de chevreuils depuis les années 1970 et par plus de quinze pour le cerf. Aujourd’hui, les prélèvements annuels s’établissent autour de 600 000 chevreuils et environ 70 000 à 80 000 cerfs élaphes selon les données récentes de l’OFB. Toutefois, l’augmentation des prélèvements ne traduit pas nécessairement une explosion uniforme des densités : une part importante de cette progression correspond à une reconquête spatiale et à l’extension de l’aire de répartition des espèces, plutôt qu’à une augmentation homogène du nombre d’individus par unité de surface...

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Les champs de demain : innovation, durabilité et compétitivité dans la prochaine PAC...

À l’approche de la prochaine réforme de l’Union européenne, la politique agricole commune (PAC) se trouve à un tournant stratégique. Le secteur agricole européen fait face à des défis multiples : adaptation au changement climatique, préservation de la biodiversité, sécurité alimentaire, transition énergétique et pressions accrues sur les revenus des exploitants. À ces enjeux s’ajoutent les incertitudes géopolitiques et les débats persistants sur le budget européen et le niveau de soutien financier à accorder aux agriculteurs. Dans ce contexte, la future PAC devra concilier deux impératifs souvent perçus comme contradictoires : renforcer la résilience environnementale tout en préservant la compétitivité des producteurs européens. L’innovation apparaît comme un levier central. Le développement des technologies agricoles, la numérisation, l’amélioration des services de conseil et la montée en compétences des exploitants sont considérés comme essentiels pour accompagner la transition. Des outils économiques adaptés et des règles plus simples et prévisibles sont également jugés indispensables pour garantir la viabilité des exploitations et des territoires ruraux. Au-delà de l’agriculture, la réforme devra accorder une place plus cohérente à la forêt, acteur clé de la stratégie climatique et de la bioéconomie européenne. Les forêts contribuent à l’atténuation du changement climatique, à la protection de la biodiversité, à la production de matériaux renouvelables et à la sécurité énergétique. Elles soutiennent également l’emploi rural et réduisent la dépendance aux énergies fossiles. Pour maintenir cette contribution stratégique, le secteur forestier devra investir dans des technologies modernes, des équipements performants et la formation de professionnels hautement qualifiés. Sans soutien ciblé, il risque de perdre en compétitivité à un moment crucial pour l’Europe. Un événement organisé au Parlement europeen à Bruxelles le 3 mars 2026 mettra en débat ces orientations. L’objectif est de promouvoir une PAC équilibrée, capable d’articuler durabilité, productivité et vitalité rurale, en intégrant pleinement l’avenir de l’agriculture et de la filière forestière dans la stratégie européenne.

 

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Précision du tir : tout (ou presque) est dans la crosse...

La crosse d’une arme à feu constitue un composant structurel déterminant, assurant l’interface mécanique et ergonomique entre le système balistique et le tireur. Sa fonction première consiste à transmettre les efforts générés lors du tir vers l’épaule tout en maintenant une stabilité géométrique entre le boîtier et le canon. Cette stabilité dépend directement de la rigidité en flexion et en torsion de l’ensemble, ainsi que de la qualité de l’interface d’appui entre les surfaces mécaniques. Une répartition inadéquate des contraintes peut introduire des déformations parasites, susceptibles d’influencer la dynamique vibratoire du canon et, par conséquent, la régularité des impacts. Le choix des matériaux joue ici un rôle central. Le noyer, historiquement privilégié, présente un compromis intéressant entre densité, élasticité et amortissement naturel des vibrations, mais son comportement anisotrope impose une sélection rigoureuse de l’orientation des fibres afin d’assurer la résistance dans les zones fortement sollicitées. Les matériaux synthétiques renforcés, tels que les polymères chargés en fibres de verre ou de carbone, offrent quant à eux une meilleure stabilité dimensionnelle face aux variations thermiques et hygrométriques, ainsi qu’une homogénéité mécanique favorable à la répétabilité industrielle. Les architectures hybrides intégrant un châssis métallique interne combinent rigidité accrue et maîtrise de la masse. Ainsi, la crosse ne doit pas être envisagée comme un simple élément de support, mais comme une structure participant à l’équilibre mécanique global de l’arme, influençant indirectement son comportement dynamique et sa constance fonctionnelle...

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Luxation de la rotule chez le chien de chasse

La luxation de rotule correspond au déplacement intermittent ou permanent de la rotule hors de la trochlée fémorale, médialement ou latéralement. Fréquente en pratique canine, elle concerne aussi les chiens de chasse, chez qui elle peut compromettre endurance, vitesse et stabilité sur terrains accidentés. Dans la majorité des cas, il s’agit d’une affection développementale associée à des anomalies d’alignement du membre pelvien : varus ou valgus fémoral, torsion tibiale, trochlée peu profonde, médialisation ou latéralisation de la crête tibiale. La luxation médiale est la plus fréquente, mais la forme latérale s’observe davantage chez les races de grande taille et sportives. Chez un chien d’arrêt ou courant, les contraintes biomécaniques répétées (accélérations, sauts, pivots) peuvent révéler une instabilité sous-jacente. Le tableau varie : boiterie intermittente avec « saut de cabri », port du membre fléchi, intolérance à l’effort, baisse de performance. Certains chiens de chasse compensent longtemps, masquant la douleur jusqu’à l’apparition d’arthrose secondaire. La palpation met en évidence une rotule luxable manuellement, classée en quatre grades (I à IV) selon la facilité de luxation et la permanence du déplacement. L’examen orthopédique comparatif est fondamental, incluant évaluation des axes, amplitude articulaire et recherche de lésions associées (rupture du ligament croisé cranial). La radiographie sous sédation permet d’apprécier profondeur trochléenne, alignement fémoro-tibial et signes d’arthrose. Le scanner peut affiner l’analyse des déformations complexes chez les chiens de travail. Les formes légères peuvent être gérées médicalement (contrôle pondéral, chondroprotecteurs, physiothérapie). Chez le chien de chasse symptomatique, le traitement est le plus souvent chirurgical : trochléoplastie, transposition de la crête tibiale, imbrication capsulaire, voire ostéotomies correctrices. Un protocole de rééducation rigoureux conditionne la reprise progressive de l’activité cynégétique et limite les récidives.


Loup : en Haute-Marne, l’Etat durcit le ton...

Elle avait promis de venir en Haute-Marne uniquement avec des annonces concrètes, et cette promesse semble avoir été tenue. Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, s’est rendue hier, lundi 16 février 2026, dans le département de la Haute-Marne, l’un des plus touchés de France par les attaques de loups. Cette visite, très attendue par les éleveurs ovins et les organisations agricoles locales, avait initialement été prévue début janvier, mais avait été reportée dans l’attente de mesures jugées opérationnelles, à présenter sur le terrain. Accompagnée de Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, la ministre s’est rendue sur une exploitation agricole à Val-de-Meuse, où elle a rencontré des éleveurs confrontés à une recrudescence des attaques et des pertes importantes de troupeaux depuis plusieurs mois. En 2025, près de 800 attaques de loups ont été recensées dans le département, ce qui fait de la Haute-Marne l’un des secteurs les plus impactés, et plus d’une centaine d’attaques ont déjà été enregistrées depuis le début de l’année 2026 selon les remontées des éleveurs locaux. Face à cette situation de crise, les ministres ont fait plusieurs annonces destinées à répondre à l’urgence ressentie par les acteurs agricoles. L’une des principales mesures consiste à faciliter les tirs de défense contre les loups en modifiant le cadre administratif : là où les éleveurs devaient auparavant obtenir une autorisation préfectorale préalable, ils pourront désormais déposer une simple déclaration en préfecture pour pouvoir tirer sur un loup après une attaque, dans un cadre réglementé. Cette mesure s’inscrit dans les adaptations plus larges de la politique française de gestion du loup adoptées en 2025, qui visent à passer d’un régime d’autorisation à un régime de déclaration afin de simplifier les interventions des éleveurs tout en respectant les obligations de conservation de l’espèce. Par ailleurs, le plafond de prélèvement des loups sera relevé, passant de 19 % de la population totale à 21 %, avec une marge supplémentaire de 2 % en cas de besoin, ce qui devrait permettre de prélever environ une cinquantaine de loups supplémentaires sur l’ensemble du territoire national. Enfin, les ministres ont annoncé la facilitation des battues administratives et l’intervention des brigades spécialisées (louvetiers et brigade mobile loup) même sur des élevages non protégés, dès lors que l’éleveur s’engage dans une démarche de protection. Cette dernière mesure marque une évolution importante : elle permet à des agents mandatés par l’État d’intervenir pour effectuer des prélèvements dans des situations où les systèmes de protection traditionnels ne suffisent pas. Cette visite et ces annonces interviennent alors que des attaques continuent de se produire : dans la nuit précédant la venue ministérielle, une nouvelle attaque à Bourdons-sur-Rognon a entraîné la mort d’une vingtaine de brebis, illustrant l’urgence du contexte et la pression croissante sur les élevages ovins dans le département.


Respect de la loi : la chasse à courre ne peut être entravée par l’intimidation

La chasse à courre est une activité légale, autorisée et strictement encadrée par le droit français. Elle s’exerce dans des périodes définies, sous le contrôle des autorités compétentes, et dans le respect des prescriptions fixées notamment par l’Office national des forêts lorsque les équipages évoluent en forêt domaniale. Les veneurs s’acquittent des redevances exigées, déclarent leurs journées de chasse et appliquent les règles techniques et déontologiques établies par la Société de Vénerie. Cette réalité juridique est pourtant régulièrement ignorée par certains militants qui, depuis des années, organisent des actions de perturbation visant à empêcher le déroulement normal des chasses. Intrusions répétées, harcèlement des équipages, tentatives d’entrave et captations d’images destinées à provoquer l’incident : ces méthodes ne relèvent plus du débat d’idées, mais d’une stratégie assumée de pression sur le terrain. On peut contester une pratique, mais on ne peut pas prétendre s’arroger le droit d’en empêcher l’exercice lorsqu’elle est autorisée par la loi. Les incidents survenus le 11 février en forêt d’Orléans illustrent les risques d’escalade que génère ce climat de tension permanent. Lorsque des équipages sont suivis, filmés et provoqués pendant des heures, il est illusoire de croire que la situation restera indéfiniment sans heurts. Cela ne justifie aucune violence, qui doit être condamnée si elle est avérée, mais cela oblige à regarder lucidement la mécanique de confrontation installée depuis plusieurs saisons. Assimiler la vénerie à une caricature sociale ou réduire les veneurs à un supposé « milieu de nantis » relève d’une rhétorique simpliste qui fracture davantage qu’elle n’éclaire. La forêt domaniale n’est pas un théâtre d’affrontement idéologique. Elle est un espace public où l’État doit garantir la liberté d’exercer une activité légale comme celle de s’y opposer, mais dans le respect strict de l’ordre public. L’État de droit ne saurait tolérer que l’intimidation devienne un mode d’action acceptable.