Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

 

Conçue pour l’apprentissage progressif de la trompe en ré, cette méthode s’adresse aux débutants, aux musiciens de niveau moyen et aux enseignants. S’appuyant sur leur expérience, les auteurs proposent une synthèse de leur approche, complétée par trois recueils d’études, d’exercices et de fanfares traditionnelles déjà publiés chez « Tempo Music Club ». L’ouvrage gagne en efficacité lorsqu’il est accompagné des conseils personnalisés d’un professeur.

 

L’apprentissage est structuré en quatre chapitres suivant la progression pédagogique : 1) gestion de l’air, 2) diction et ornementation, 3) expression, 4) pupitres. Les auteurs précisent avoir privilégié une rédaction simple et claire, sans planches techniques ni schémas anatomiques, en renvoyant plutôt à des vidéos en 3D dont les liens figurent en fin de recueil. Ce support moderne, explicite et ludique, complète les explications.

 

Des exercices annexes visent à développer le « ressenti » de l’élève et peuvent être enrichis sur recommandation des enseignants. Enfin, la méthode doit être adaptée par le professeur ou l’apprenant lui-même, selon la morphologie, les capacités et le niveau de chacun.

 

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Statut des louvetiers : au programme de l’Assemblée nationale le 18 mai prochain...

Le 18 mai 2026, l’Assemblée nationale examinera une proposition de loi portée par la députée Sophie Pantel (1ère circonscription de Lozère) visant à réformer le statut des lieutenants de louveterie. Ce texte intervient dans un contexte de pression croissante sur les équilibres agro-sylvo-cynégétiques, marqués par l’augmentation de certaines populations animales et la diminution continue du nombre de chasseurs. En France, environ 1 800 lieutenants de louveterie, bénévoles et nommés par les préfets, assurent des missions essentielles de régulation, notamment lors de battues administratives. Aujourd’hui, leur statut repose sur un cadre réglementaire jugé insuffisant au regard de l’évolution de leurs missions. Le texte propose donc de reconnaître juridiquement leur engagement bénévole, tout en leur apportant une protection renforcée dans l’exercice de leurs fonctions, comparable à celle des agents publics. Il prévoit également une structuration plus claire des conditions de recrutement et l’instauration d’une formation initiale et continue obligatoire. La proposition de loi introduit par ailleurs des mesures concrètes pour faciliter l’exercice des missions : droit à autorisation d’absence, protection contre les sanctions professionnelles, conventions de disponibilité avec les employeurs. Elle vise aussi à corriger les inégalités territoriales en imposant une dotation minimale en équipements (tenues, matériel de vision, armement encadré), ainsi qu’une prise en charge des frais engagés lors des interventions, sans remettre en cause le caractère bénévole de la fonction. Enfin, le texte renforce la coordination locale en instaurant une réunion annuelle sous l’autorité du préfet, réunissant l’ensemble des acteurs concernés. L’objectif affiché est clair : moderniser, sécuriser et reconnaître une mission de service public devenue stratégique face aux enjeux environnementaux et agricoles contemporains.


Haute-Marne : Assemblée générale de la FDC : une réforme sous pression face à l’explosion des dégâts de gibier

Réunie le 22 avril 2026, l’assemblée générale de la Fédération départementale des chasseurs de Haute-Marne (FDC 52) s’est tenue dans un contexte tendu. Entre pression financière, contraintes juridiques et explosion des populations de sangliers, la fédération se voit contrainte de revoir en profondeur son modèle. En ouverture, le président Thomas Corvasce a planté le décor : une année « particulièrement complexe », marquée par des déséquilibres croissants entre les capacités de régulation et la réalité du terrain. Malgré des prélèvements en hausse, les populations, notamment de sangliers, continuent de progresser. Sur le plan financier, les indicateurs restent pourtant au vert. Présenté par Hervé Lavenarde, le bilan au 30 juin 2025 affiche 4,026 millions d’euros de recettes pour 3,724 millions de dépenses, soit un excédent de plus de 300 000 euros, validé par le commissaire aux comptes. Une gestion maîtrisée, mais sous tension. Car sur le terrain, la situation se complique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 16 500 sangliers prélevés cette saison, sans pour autant enrayer la dynamique des populations. « Ce n’est pas suffisant », reconnaît Thomas Corvasce. Résultat : les dégâts agricoles atteignent 1,5 million d’euros. Un seuil critique. Jusqu’ici, le système reposait sur un principe simple : « qui profite paie », via le prix des bracelets. Mais ce modèle montre aujourd’hui ses limites. Dans certaines zones, le coût par sanglier pouvait grimper jusqu’à 450 euros. Une charge devenue insupportable pour les chasseurs. À cette pression financière s’ajoute un rappel à l’ordre juridique. Des décisions de justice ont pointé des écarts jugés injustifiés entre territoires, obligeant la fédération à revoir sa copie. Face à cette double contrainte, un nouveau dispositif a été présenté...

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A huit mois de l’échéance, la loi sur l’engrillagement entre dans sa phase décisive...

La mise en œuvre de la loi de février 2023 visant à limiter l’engrillagement des espaces naturels entre désormais dans une phase opérationnelle, à quelques mois de son échéance. En Sologne, un premier comité de suivi citoyen local s’est réuni le 20 avril 2026 à Aubigny-sur-Nère, sous l’impulsion du député François Cormier-Bouligeon. Cette instance, composée d’une trentaine de participants — représentants de l’État, élus, associations et acteurs cynégétiques — vise à suivre concrètement l’application du texte sur le terrain. La loi impose des règles strictes aux clôtures en milieu naturel : hauteur maximale de 1,20 mètre, surélévation de 30 centimètres du sol et matériaux permettant la libre circulation de la faune. Environ 4 000 kilomètres de clôtures sont recensés en Sologne. Celles installées entre 1993 et 2023 doivent être mises en conformité avant le 1er janvier 2027, tandis que les installations plus récentes doivent déjà respecter ces normes. À neuf mois de l’échéance, les autorités constatent encore des résistances. Plusieurs propriétaires invoquent les dérogations prévues par la loi, au nombre de dix, parfois de manière contestée. Les services de l’État ont déjà engagé des contrôles : une dizaine de procédures judiciaires ont été ouvertes et plusieurs procès-verbaux dressés. Les sanctions prévues sont importantes, pouvant aller jusqu’à 150 000 euros d’amende, trois ans d’emprisonnement et le retrait du permis de chasse. Au-delà des aspects réglementaires, la question de la gestion des populations animales constitue un enjeu majeur. L’ouverture progressive des enclos pourrait entraîner la libération d’animaux élevés pour la chasse, notamment des sangliers en forte densité. Des inquiétudes existent également concernant la présence d’espèces non indigènes, susceptibles de perturber les équilibres écologiques. Les autorités envisagent des opérations de recensement et des plans de gestion adaptés. Cette première réunion marque une étape dans la coordination entre acteurs publics et locaux. Elle intervient dans un contexte où l’application effective de la loi reste un défi, malgré une forte attente en matière de biodiversité, de sécurité et de préservation des paysages.


Faune sauvage : la période des naissances se poursuit : une explosion de vie… et de questions

Chaque printemps, la nature entre dans une phase d’intense renouvellement. Dans les forêts, les plaines et les massifs montagneux, une multitude de jeunes animaux voient le jour, donnant la mesure de la formidable capacité de reproduction de la grande faune. On estime ainsi qu’environ un million de marcassins naissent chaque année, auxquels s’ajoutent entre 120 000 et 150 000 faons de grands cervidés, ainsi que 600 000 à 700 000 faons de chevreuils. À ces chiffres déjà impressionnants s’ajoutent les naissances chez les chamois, isards et mouflons, complétant un tableau révélateur d’une biodiversité dynamique, mais aussi d’un équilibre fragile. Cette abondance, si elle témoigne de la bonne santé de certaines populations, pose néanmoins une question centrale : que faire face à une telle croissance ? Car ces animaux ne vivent pas en vase clos. Ils partagent leur territoire avec les activités humaines, notamment agricoles et forestières. Les jeunes herbivores, en grandissant, exercent une pression accrue sur les cultures, les plantations forestières et les ressources naturelles. Les collisions routières augmentent également avec la densité des populations, tout comme les dégâts agricoles, devenus une préoccupation majeure dans de nombreuses régions. Face à cette situation, certains prônent le retour à une régulation naturelle par la prédation. Le loup gris, principal grand prédateur présent en France, est souvent cité comme solution. Pourtant, les chiffres invitent à relativiser cette hypothèse. Un loup consomme en moyenne une centaine de proies par an. Pour réguler efficacement quelques deux millions d’ongulés sauvages, il faudrait donc environ 20 000 loups en capacité de chasser, soit une population globale estimée à 25 000 individus. Or, la France compte aujourd’hui entre 1 000 et 1 100 loups. Imaginer une population vingt-cinq fois plus importante soulève d’importantes questions, notamment en matière de cohabitation avec l’élevage, déjà fortement impacté par la présence actuelle du prédateur...

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Au Musée de la Chasse : Annette Messager, un bestiaire enchanteur entre poésie, humour et mystère

Avec son exposition au Musée de la Chasse et de la Nature, Annette Messager déploie un univers foisonnant où les animaux deviennent les messagers d’émotions profondes, mêlant douceur, humour et étrangeté. Réparti sur trois étages, ce parcours immersif révèle toute la richesse de son imaginaire, construit depuis des décennies autour d’un attachement intime au monde animal. Dès l’entrée, le ton est donné : une chatte en céramique, familière de l’artiste, accueille les visiteurs comme un symbole de ce lien personnel. Très vite, le musée se transforme en un véritable théâtre vivant où se croisent peluches, animaux naturalisés, dessins, textes et installations. Sous l’impulsion de la directrice Alice Gandin et du commissaire Colin Lemoine, l’exposition explore la dimension animale de l’œuvre de Messager avec une grande fluidité, en dialogue constant avec les collections du musée. Le parcours, structuré comme un récit en seize chapitres, joue sur les contrastes. L’humour y est omniprésent : un teckel affublé d’un masque chirurgical, des armes en mousse glissées parmi de véritables fusils, ou encore des peluches malicieuses qui détournent les codes de la chasse. Mais derrière cette légèreté affleure une tonalité plus sombre. Certaines œuvres dévoilent une violence symbolique, comme des peluches éventrées ou transformées, évoquant des souvenirs d’enfance, des peurs ou des fantasmes enfouis. Les animaux deviennent alors des figures ambivalentes, à la fois familières et troublantes. À travers eux, l’artiste interroge les projections humaines : tendresse, cruauté, domination ou identification. Expressions populaires, créatures hybrides et mises en scène décalées composent une sorte de langage poétique où l’animal reflète nos propres contradictions. La dernière partie de l’exposition accentue cette dimension intime. Corps, féminité et métamorphoses s’entrelacent dans des œuvres mêlant textiles et dessins. Une araignée faite de soutiens-gorge, des figures animales chargées de symboles ou encore des formes organiques évoquent une sensibilité à la fois fragile et puissante. Au final, Annette Messager signe une exposition captivante, où son bestiaire agit comme un miroir de l’âme humaine. Entre rêve et inquiétude, elle nous entraîne dans un monde où les frontières entre l’enfance, le corps et l’animal s’effacent, révélant toute la complexité de notre rapport au vivant. A voir, jusqu'au 20 septembre 2026.


Grands cervidés : une espèce simple… mais difficile à quantifier

Le cerf élaphe présente une dynamique démographique a priori lisible : maturité sexuelle connue, fécondité limitée (un faon par an pour la biche), saisonnalité marquée des naissances et mortalité relativement documentée. Dans un cadre théorique, ces paramètres devraient permettre un suivi des populations fiable et des ajustements fins des plans de chasse. Pourtant, sur le terrain, les estimations d’effectifs demeurent largement incertaines, parfois divergentes selon les méthodes et les territoires, ce qui complique la régulation, cynégétique et forestière. Ce décalage tient à la nature même des données disponibles. Les gestionnaires ne disposent pas d’effectifs absolus. Ils travaillent avec des indicateurs indirects : observations, tableaux de chasse, indices d’abondance ou dégâts forestiers. Ces proxies, bien qu’utiles, introduisent des biais structurels. Une augmentation des prélèvements ne traduit pas nécessairement une augmentation de population, mais peut résulter d’un effort de chasse accru ou d’une meilleure accessibilité du gibier. Inversement, une baisse des observations peut refléter un changement de comportement plutôt qu’un déclin réel. Par ailleurs, la gestion du cerf s’inscrit dans des systèmes socio-écologiques complexes, où interagissent pratiques cynégétiques, contraintes forestières et attentes agricoles. Les plans de chasse sont construits à partir d’estimations locales, souvent agrégées à des échelles administratives qui ne correspondent pas aux unités biologiques de population. Cette inadéquation d’échelle accentue les incertitudes. Ainsi, malgré une biologie simple, le cerf élaphe échappe à une quantification précise. Le problème n’est pas tant l’espèce que les outils et cadres d’observation mobilisés. Ce constat pose donc une question centrale : comment gérer plus finement une population que l’on ne mesure qu’imparfaitement ?...

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Anne Le Strat à l’OFB : une nomination validée et une prise de fonction rapide et affirmée

La nomination d’Anne Le Strat au poste de directrice générale déléguée à la mobilisation de la société au sein de l’Office français de la biodiversité avait suscité une vive controverse, notamment du côté des chasseurs, des agriculteurs et de plusieurs responsables politiques. En cause : son parcours d’ancienne élue écologiste, jugé incompatible avec une exigence de neutralité dans un établissement public au cœur de tensions entre usages et protection de la nature. Face à cette polémique, une enquête administrative avait été demandée par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Objectif affiché : vérifier la régularité de la procédure de nomination. Mais c’est finalement le ministère de la Transition écologique, dirigé par Monique Barbut, autrement dit la tutelle directe de l’OFB, qui a conduit cette enquête. Sans surprise, les conclusions, rendues le 17 avril, sont sans ambiguïté : aucun manquement, aucune irrégularité, tout a été fait « dans les règles ». Le dossier est classé sans suite. Circulez, il n’y a rien à voir ! Une issue qui risque de ne pas apaiser les tensions. Car au-delà du fond, c’est bien la méthode qui interroge : une enquête dite « impartiale » menée par l’administration elle-même. Pour ses détracteurs, cette séquence illustre un fonctionnement en vase clos des institutions, peu susceptible de répondre aux inquiétudes exprimées sur le terrain.

Dans le même temps, Anne Le Strat a rapidement pris ses fonctions. Depuis son arrivée à l’OFB, elle a engagé rapidement plusieurs chantiers structurants, illustrant une volonté d’inscrire son action dans une logique opérationnelle et territorialisée. Sa mission, centrée sur la mobilisation de la société, vise à renforcer le lien entre politiques publiques de biodiversité et acteurs de terrain, qu’il s’agisse des collectivités, du monde agricole, des entreprises ou des associations. Elle défend notamment la mise en place d’une planification territoriale de la restauration de la nature, reposant sur des démarches de concertation élargie. L’objectif est de dépasser une approche descendante des politiques environnementales, pour favoriser des processus de co-construction, adaptés aux réalités locales. Cette orientation s’inscrit dans le cadre plus large du futur plan national de restauration de la nature. Par ailleurs, Anne Le Strat met l’accent sur les enjeux liés à la gestion de l’eau, en lien direct avec les mutations climatiques et leurs impacts sur l’agriculture. Elle plaide pour une anticipation accrue des tensions hydriques et pour une meilleure articulation entre préservation des ressources et usages économiques. Son action s’appuie également sur son expérience à la tête d’établissements publics, avec une attention portée à la gouvernance, à la coordination des acteurs et à l’efficacité des dispositifs existants. En quelques semaines, elle a ainsi posé les bases d’une feuille de route axée sur la concertation, la territorialisation et la mise en œuvre concrète des politiques de biodiversité.


Comment bien déclarer les dégâts de gibier ? Un guide édité pour aider les agriculteurs

Le guide pratique élaboré par les Chambres d’agriculture, la Fédération nationale des chasseurs et la FNSEA répond à un besoin très concret : aider les agriculteurs à déclarer efficacement les dégâts de grand gibier afin d’obtenir une indemnisation dans un cadre clair et non contentieux. Son intérêt principal est de rendre lisible une procédure souvent perçue comme complexe, en détaillant à la fois les conditions d’éligibilité, les démarches à suivre et les erreurs à éviter. Pour être recevable, une déclaration doit respecter plusieurs critères essentiels. Elle doit être déposée auprès de la fédération départementale des chasseurs du lieu où se situe la parcelle endommagée, et les dégâts doivent dépasser un seuil minimal de 150 euros par exploitation et par campagne cynégétique. Le respect du calendrier est déterminant, tout comme l’obligation de ne pas récolter la parcelle avant le passage de l’expert. Le dossier doit également être complet, avec des justificatifs prouvant l’exploitation et la localisation des parcelles (documents cadastraux, déclarations agricoles, etc.). Le guide insiste sur les bonnes pratiques qui conditionnent le bon déroulement de la procédure. Il recommande de déclarer les dégâts dès leur apparition et d’évaluer les pertes avec le plus d’objectivité possible. Une surestimation importante peut entraîner des pénalités financières, allant jusqu’à la prise en charge totale ou partielle des frais d’expertise. L’agriculteur doit aussi être présent lors de la visite de l’estimateur, ou se faire représenter, et préparer en amont tous les documents nécessaires. En cas de désaccord, il conserve le droit de ne pas signer le constat, à condition de motiver sa position. L’outil met également en avant la simplification des démarches grâce à la télédéclaration, qui permet de suivre l’avancement du dossier et de transmettre les pièces justificatives en ligne, tout en maintenant la possibilité d’un format papier. Enfin, le guide précise les règles d’indemnisation. Celle-ci dépend de la réalité de la récolte, sauf destruction totale. Des cas particuliers, comme les vignes ou vergers replantés, peuvent donner lieu à des indemnisations pluriannuelles. Des abattements peuvent être appliqués, notamment en cas de responsabilité partielle de l’exploitant. Au final, ce guide se distingue par son pragmatisme : il ne se contente pas d’expliquer la règle, il cherche à sécuriser chaque étape pour éviter les litiges et garantir une indemnisation juste et rapide.


10 % des océans sont protégés. Il ne manque plus que 20 %...

Malgré des avancées visibles, la protection des océans reste aujourd’hui largement insuffisante au regard des objectifs internationaux. Les experts alertent : à peine 3,3 % des espaces marins bénéficient d’une protection forte ou intégrale, c’est-à-dire réellement contraignante pour les activités humaines. Ce chiffre pourrait même reculer, notamment sous l’effet de décisions politiques autorisant à nouveau certaines exploitations dans des zones auparavant strictement protégées. Dans la majorité des espaces classés, des activités comme la pêche demeurent autorisées. Cette question de la qualité de la protection est au cœur des préoccupations. L’évolution récente du Programme des Nations Unies pour l'environnement, via la fusion de bases de données intégrant des zones dites « conservées » (OECM), a élargi la définition des espaces protégés. Or, certaines de ces zones ne répondent pas pleinement aux standards de conservation, ce qui alimente le débat : protéger sur le papier ne garantit pas une préservation effective de la biodiversité. À ces limites qualitatives s’ajoute un défi quantitatif majeur. L’objectif international issu du cadre de Kunming-Montréal, protéger 30 % des océans d’ici 2030, apparaît encore lointain. Pour l’atteindre, il faudrait classer une surface équivalente à celle de l’océan Indien en seulement quelques années, ce qui suppose une accélération sans précédent des politiques de conservation. Aujourd’hui, la protection se concentre principalement dans les eaux nationales, tandis que la haute mer reste très peu encadrée, malgré des avancées comme le traité sur la biodiversité en haute mer. C’est dans ce contexte exigeant que s’inscrit l’annonce du franchissement du seuil des 10 % d’océans protégés, rendue publique début avril 2026 par le centre de suivi du Programme des Nations Unies pour l'environnement. Ce cap symbolique, atteint avec retard par rapport aux objectifs précédents, a été rendu possible grâce à l’intégration de nombreuses nouvelles aires marines, notamment en Asie et dans le Pacifique. Certaines initiatives d’envergure, comme la création de vastes réserves ou l’extension de zones existantes, ont contribué à cette progression. Si ce seuil constitue une étape importante, il ne doit pas masquer l’ampleur du chemin restant. Les progrès récents montrent qu’une dynamique est engagée, mais aussi que l’effort doit changer d’échelle et de nature. Plus que l’extension des surfaces, c’est désormais la qualité, la gestion effective et l’ambition des protections qui détermineront la capacité réelle à préserver les océans dans les années à venir.


Prairies vivantes : quand les mammifères façonnent les écosystèmes...

Les mammifères jouent un rôle central dans le fonctionnement des prairies, en tant qu’ingénieurs des écosystèmes capables de modifier durablement leur environnement. Pourtant, l’ampleur et la nature de leurs effets varient selon les espèces, leurs comportements et leur taille corporelle. Une étude s’intéresse précisément à ces différences en analysant l’impact de plusieurs groupes de mammifères sur les fonctions écologiques des prairies. Deux hypothèses principales ont été testées : d’une part, que les effets de l’ingénierie animale diffèrent selon les variables écologiques observées tout en conservant une certaine cohérence globale entre les taxons ; d’autre part, que la taille corporelle des animaux module ces effets sur les dimensions structurelles, fonctionnelles des écosystèmes. Les travaux ont porté sur quatre groupes de mammifères (lièvre du Cap, marmotte de Sibérie, gerbille de Mongolie et campagnol de Brandt) ainsi que des espèces proches. Ces animaux, par leurs activités de creusement, de déplacement de sol et de consommation de végétation, transforment localement les habitats. Les résultats montrent que près de 88% des attributs étudiés sont significativement influencés par cette ingénierie écologique. Les zones perturbées présentent une végétation plus basse mais souvent plus fonctionnelle, sans modification notable de la composition floristique. L’étude révèle également que la taille des animaux joue un rôle déterminant : les espèces de plus grande taille tendent à avoir des effets plus marqués sur certains paramètres comme la biomasse végétale ou les fonctions nutritives du sol. Ces activités ouvrent donc des niches écologiques, facilitent l’installation d’insectes, d’oiseaux ou d’autres petits mammifères, et participent au renouvellement des ressources alimentaires. Cette dynamique contribue à la résilience globale des prairies, en renforçant leur capacité d’adaptation face aux changements environnementaux.


Forêt et grande faune : le CNPF et la FNC s'engagent dans une expérimentation commune

L’accord signé le 16 avril 2026 entre le Centre national de la propriété forestière et la Fédération nationale des chasseurs se distingue d’abord par son utilité concrète : il vise à répondre à un déséquilibre devenu critique entre la forêt et la grande faune. Là où les constats s’accumulent depuis des années (pression du gibier sur la régénération, difficultés de renouvellement forestier aggravées par le changement climatique) l’initiative propose enfin une méthode opérationnelle fondée sur le terrain plutôt que sur des principes abstraits. Son originalité tient précisément dans cette approche partagée. Plutôt que de juxtaposer des expertises ou d’entretenir des oppositions historiques entre forestiers et chasseurs, le dispositif repose sur des diagnostics communs, élaborés localement. Ce choix est loin d’être anodin : il reconnaît que les solutions ne peuvent être uniformes et qu’elles doivent émerger des réalités écologiques et humaines propres à chaque territoire. En ce sens, l’expérimentation de sites pilotes dès 2026 marque une volonté d’agir vite, mais aussi d’apprendre en marchant, en testant, ajustant et diffusant des méthodes reproductibles. Autre apport notable : la structuration progressive d’une coopération durable. En prévoyant des guides techniques et des points d’étape jusqu’au printemps 2027, l’accord ne se limite pas à une déclaration d’intention. Il s’inscrit dans une logique de résultats mesurables, avec l’ambition de transformer des pratiques de terrain et d’installer un dialogue continu entre acteurs. Cette orientation pragmatique, centrée sur l’efficacité, tranche avec des approches plus institutionnelles souvent éloignées des enjeux quotidiens. Enfin, l’accord porte une dimension symbolique forte : il entérine le passage d’une logique de confrontation à une logique de co-construction. En affirmant que l’équilibre forêt-gibier ne peut être atteint que collectivement, il repositionne les responsabilités et ouvre la voie à une gestion plus intégrée des écosystèmes. Reste cependant une légère impression d’inachevé. Si la méthode est pertinente et le cadre solide, l’ambition aurait pu aller plus loin : en intégrant plus explicitement d’autres acteurs du territoire, en fixant des objectifs chiffrés, ou en engageant dès à présent des leviers plus contraignants. L’initiative pose des bases utiles et originales, mais elle laisse entrevoir ce qu’elle aurait pu devenir avec un petit supplément d’audace... (Photo FNC : à gauche, Pascal Secula, président de la FDC 21 et trésorier délégataire de la FNC, et à droite Anne-Marie Bareau, présidente du CNPF)