Avec le programme HUNTomics, la Fédération nationale des chasseurs vient de franchir une étape majeure en rejoignant les réseaux associés de l’Earth BioGenome Project (EBP), l’une des plus vastes initiatives scientifiques internationales consacrées à la génomique de la biodiversité. Cette reconnaissance place désormais la chasse française dans ce programme mondial réunissant les plus grands laboratoires et consortiums spécialisés dans le séquençage du vivant. Concrètement, HUNTomics vise à mieux connaître les espèces sauvages grâce aux outils de la génétique moderne. Chaque animal possède un patrimoine génétique unique qui renseigne sur son histoire, son état de santé, ses capacités d’adaptation ou encore l’évolution de ses populations.
Le programme repose sur la collecte d’échantillons biologiques, le séquençage ADN et l’assemblage de génomes de référence de plusieurs espèces chassables. Ces données constituent ensuite une base scientifique de très haute valeur pour les chercheurs. Au-delà de l’aspect technologique, l’intérêt de ces travaux est immense pour la gestion de la faune sauvage. Les analyses génomiques permettent par exemple de mieux comprendre les mouvements de populations, les phénomènes de consanguinité, les capacités d’adaptation au changement climatique ou encore la résistance de certaines espèces face aux maladies émergentes. Dans un contexte où les enjeux sanitaires et environnementaux prennent une importance croissante, disposer d’informations génétiques précises devient un outil stratégique pour la conservation et la gestion durable des milieux naturels. L’intégration de HUNTomics au sein de l’EBP témoigne également de l’évolution du rôle des chasseurs dans les programmes scientifiques modernes. Grâce à leur présence permanente sur le terrain, les réseaux cynégétiques disposent d’une capacité unique de collecte d’informations et d’échantillons biologiques. Cette participation active contribue aujourd’hui à enrichir les connaissances sur la biodiversité française et européenne. Les données produites par HUNTomics seront accessibles à l’ensemble de la communauté scientifique internationale. Une ouverture qui pourrait accélérer de nombreuses recherches sur la biodiversité, tout en renforçant la place de la France dans les grands projets scientifiques consacrés au vivant.
Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Parmi eux, l’OFB, partenaire de l’événement depuis 2017, contribue à plusieurs dizaines d’animations à travers le pays. Les collectivités locales sont également fortement impliquées, notamment dans les territoires de montagne via l’engagement de l’Association nationale des élus de la montagne, qui valorise les initiatives en faveur de la biodiversité : parcours pédagogiques, plantations, inventaires naturalistes ou encore démarches territoriales comme les Atlas de la biodiversité communale. La Fête de la Nature 2026 met aussi à l’honneur plusieurs thématiques destinées à renouveler le regard du public sur le vivant : la vie des sols, les 60 ans de l’ONF, la découverte de la biodiversité locale, l’observation nocturne ou encore l’apprentissage des méthodes d’inventaire des espèces. Cette diversité d’approches se traduit concrètement par une multitude d’activités : balades naturalistes, ateliers participatifs, sorties nocturnes, conférences ou animations familiales. L’événement accorde enfin une place importante à la sensibilisation des jeunes publics, avec de nombreuses initiatives portées par des écoles et des aires éducatives, où les élèves deviennent eux-mêmes ambassadeurs de la nature. Entre découverte, transmission et engagement, cette 20e Fête de la Nature confirme son ambition : rapprocher durablement les citoyens du vivant et encourager une meilleure compréhension des enjeux écologiques contemporains.
Pour tester ces hypothèses, les scientifiques ont réalisé une méta-analyse de grande ampleur portant sur 62 études expérimentales menées chez 31 espèces d’oiseaux appartenant à 19 familles différentes. Au total, 313 estimations ont été examinées. Toutes ces recherches avaient un point commun : modifier artificiellement la taille des couvées afin d’observer comment les parents adaptaient leurs comportements. Les résultats confirment plusieurs prédictions majeures de la théorie. Lorsque les couvées étaient agrandies, les oiseaux augmentaient leurs efforts de nourrissage et de protection. À l’inverse, lorsque les couvées étaient réduites, les parents diminuaient leur investissement. Les chercheurs ont également observé un phénomène intéressant : les réactions aux réductions de nichées étaient souvent plus marquées que les réponses aux agrandissements. Une couvée plus importante peut, par exemple, accroître le bruit au nid et donc la perception du risque de prédation. Les parents ne réagiraient alors pas seulement au nombre de jeunes à nourrir, mais aussi à un environnement perçu comme plus dangereux. Cette étude met également en évidence les limites de certaines approches expérimentales classiques, comme les manipulations hormonales ou la supplémentation alimentaire, qui influencent souvent plusieurs mécanismes biologiques simultanément. Les chercheurs plaident donc pour des expériences plus précises et mieux ciblées. Selon eux, une meilleure compréhension des mécanismes physiologiques et comportementaux permettra d’affiner les modèles expliquant l’évolution des soins parentaux. Malgré les nombreuses avancées réalisées, ce domaine de recherche conserve encore de vastes zones d’ombre, laissant entrevoir de nouvelles découvertes sur les stratégies de reproduction des oiseaux.
Certes, les louvetiers sont des
Elles doivent stocker du carbone, produire du bois, préserver les paysages, protéger la biodiversité, accueillir le public, limiter les risques naturels et résister au changement climatique. Mais ces objectifs sont parfois difficilement compatibles. Premier paradoxe : on demande aux forestiers de laisser davantage la nature évoluer librement tout en exigeant des forêts plus résistantes face au réchauffement climatique. Or, l’adaptation impose souvent des coupes sanitaires, des plantations d’essences plus méridionales ou des interventions rapides après les crises. Des opérations parfois mal perçues par une partie du public, qui assimile les coupes à une destruction de la nature. Autre contradiction majeure : la filière bois est présentée comme un pilier de la transition écologique, le matériau bois étant considéré comme une alternative aux énergies fossiles et au béton. Pourtant, chaque exploitation forestière suscite désormais des critiques croissantes, notamment lorsqu’elle devient visible près des zones habitées ou touristiques. Les forestiers doivent ainsi produire davantage de bois tout en coupant moins et en préservant des paysages jugés « naturels ». Le rapport souligne également la pression croissante exercée par les changements climatiques. Certaines essences historiques, comme l’épicéa ou le hêtre dans certaines régions, montrent des signes inquiétants de dépérissement. Mais remplacer ces arbres par des espèces plus résistantes venues du sud de l’Europe nourrit aussi des débats scientifiques et sociétaux. Enfin, la forêt française devient un espace où se confrontent des usages toujours plus nombreux : exploitation économique, loisirs, chasse, tourisme, protection intégrale ou encore défense contre les incendies. Chaque décision de gestion peut désormais provoquer tensions et controverses. Dans ce contexte complexe, la directrice générale de l’ONF, Valérie Metrich-Hecquet, rappelle que l’établissement demeure « un opérateur majeur de la transition écologique ». Une mission devenue particulièrement délicate à l’heure où la société attend des forêts qu’elles remplissent simultanément des fonctions parfois opposées.
En application de l’article L.427-6 du Code de l’environnement, le préfet peut autoriser des opérations de destruction pour prévenir des dégâts importants ou garantir la sécurité publique. Une consultation publique est ouverte jusqu’au 29 mai 2026 autour d’un projet d’arrêté préfectoral. En filigrane, une réalité se dessine : sans la pratique de la vénerie sous terre, longtemps utilisée pour contenir les populations localement, la régulation pourrait reposer de plus en plus sur des interventions administratives menées par les lieutenants de louveterie.
Ces déplacements sont actuellement suivis par les techniciens afin de mieux comprendre les comportements printaniers de l’espèce et les zones utilisées pour l’alimentation ou la reproduction. Le programme Perpyr11 est mené sur trois ans par la FDC 11, avec le soutien de l’OFB. D’autres suivis similaires ont déjà été réalisés dans les Pyrénées. En Haute-Garonne, un mâle équipé d’une balise GPS en 2022 avait parcouru plus de 32 kilomètres entre plusieurs vallées de montagne. Les données collectées permettent d’identifier les corridors de déplacement, les secteurs de reproduction et les habitats fréquentés selon les saisons. La perdrix grise des Pyrénées est une sous-espèce montagnarde discrète et localisée...
Initialement, la législation européenne prévoyait l’interdiction totale de la vente de voitures et utilitaires neufs à essence ou diesel à partir de 2035. Désormais, les constructeurs devront seulement réduire de 90 % leurs émissions de CO2, contre 100 % auparavant. En clair, les véhicules à moteur thermique ne disparaîtront pas complètement du paysage automobile européen. Cette décision est particulièrement suivie dans les milieux ruraux et cynégétiques. Dans de nombreux territoires de chasse, notamment en montagne, dans les grandes plaines agricoles ou les massifs forestiers, les 4x4 demeurent des outils indispensables. Transport des chiens, accès aux parcelles isolées, franchissement de chemins boueux ou enneigés : pour beaucoup de chasseurs, l’autonomie limitée des véhicules électriques et le manque d’infrastructures de recharge restent des obstacles majeurs. L’assouplissement décidé par la Commission européenne ouvre donc la porte à la poursuite de la production de véhicules hybrides rechargeables, hybrides légers, véhicules à prolongateur d’autonomie et même certains modèles à moteur thermique classique alimentés par des carburants alternatifs. Les constructeurs pourront compenser une partie des émissions restantes grâce à l’utilisation d’acier bas carbone produit en Europe ou via des carburants durables et biocarburants...
Ces normes jouent un rôle essentiel dans les échanges internationaux d’animaux et de produits d’origine animale, mais aussi dans la sécurité sanitaire mondiale. Les discussions porteront également sur plusieurs enjeux majeurs : lutte contre les épizooties, surveillance des zoonoses transmissibles à l’homme, résistance aux antimicrobiens, sécurité alimentaire, bien-être animal et adaptation des systèmes sanitaires face au changement climatique. La Session générale permettra en outre l’adoption de résolutions administratives et techniques, l’examen des rapports annuels de l’organisation ainsi que la validation du 8e Plan stratégique de l’OMSA, qui doit fixer les grandes priorités internationales pour les prochaines années. Des élections pourraient également avoir lieu pour renouveler certains organes de gouvernance. L’un des temps forts de cette édition sera le Forum sur la santé animale organisé en marge de l’assemblée autour du thème : « Investir dans la santé animale pour assurer l’avenir de tous ». Depuis les grandes épizooties récentes, influenza aviaire, peste porcine africaine ou encore fièvre aphteuse, les questions de santé animale occupent une place croissante dans les politiques publiques internationales. Les experts rappellent régulièrement que près de 60 % des maladies infectieuses humaines connues sont d’origine animale. Toutes les sessions bénéficieront d’une interprétation simultanée en six langues officielles : français, anglais, espagnol, arabe, chinois et russe, confirmant la dimension mondiale de cette rencontre stratégique organisée au cœur de la capitale française.
Un chien au chenil aboie ; un chien courant, lui, « donne ». Cette voix devient un véritable outil de travail, autant pour ses congénères que pour le piqueur qui suit la chasse. Chaque situation possède sa tonalité particulière : le rapproché, lorsque le chien travaille une voie ancienne ; le lancé, au moment où le gibier est débusqué ; la menée, lorsque l’animal est poursuivi ; ou encore le forlongé, lorsque la voie se perd momentanément. À l’oreille, un homme expérimenté est capable de comprendre ce qui se déroule sans même voir les chiens. La gorge constitue donc bien davantage qu’un simple aboiement : elle est un langage codifié, hérité de siècles de sélection. Chez les chiens courants, la voix varie énormément selon les races, mais aussi selon les individus. Certaines gorges sont claires, d’autres graves, profondes, aiguës ou particulièrement sonores. Beaucoup ont été comparées à des instruments de musique. On parle ainsi de voix de tambour ou de clairon. Deux grands styles de chiens se distinguent : les cogneurs et les hurleurs. Les cogneurs sont généralement rapides, nerveux et abondants en voix, tandis que les hurleurs possèdent une gorge plus ample et travaillent souvent la voie plus près du sol...
Après la Révolution française, Napoléon Ier réorganise officiellement la louveterie par un arrêté impérial de 1804. À cette époque, les campagnes françaises vivent encore sous la menace des grands prédateurs. Les attaques sur les troupeaux sont fréquentes, les dégâts considérables et les moyens de protection limités. Le terme de « lieutenant de louveterie » fut donc adopté, lorsque ces louvetiers se sont vu confier un territoire précis d’intervention, souvent le canton administratif. Ils devenaient alors les « tenants du lieu », autrement dit les représentants locaux de l’autorité chargée de la régulation de la faune sauvage. Ils organisent des battues administratives, coordonnent les chasseurs locaux et participent à la police de la chasse. Dès l’origine, leur rôle dépasse largement celui de simples chasseurs bénévoles. Ils incarnent une autorité administrative de proximité. Pendant tout le 19e siècle, la mission principale reste la lutte contre le loup. Mais avec la disparition progressive du prédateur au début du 20e siècle, la louveterie aurait pu disparaître à son tour. Il n’en fut rien. L’institution se transforma progressivement en outil de régulation de la faune sauvage. Sangliers, renards, espèces causant des dégâts agricoles ou des déséquilibres écologiques devenaient les nouvelles cibles d’intervention. L’État comprend alors que la gestion des populations animales n’est pas uniquement une affaire de chasse, mais aussi de sécurité publique, d’agriculture et d’ordre administratif. Après la Seconde Guerre mondiale, l’évolution de l’agriculture et du droit de l’environnement renforce encore ce rôle. Les lieutenants de louveterie deviennent des auxiliaires techniques du préfet. La circulaire du 27 mars 1973 fixe les grandes règles modernes de leur fonctionnement : nationalité française, droits civiques, permis de chasser depuis au moins cinq ans, compétences cynégétiques reconnues, nomination par le préfet pour trois ans renouvelables. Le texte rappelle surtout une notion essentielle : les louvetiers participent à une mission de service public et concourent à la police de la chasse. Aujourd’hui, alors que le retour du loup, l’explosion des populations de sangliers et les tensions autour de la biodiversité replacent la question de la régulation animale au cœur du débat public, la louveterie retrouve une visibilité qu’elle n’avait plus connue depuis des décennies. Mais cette résurgence intervient à un moment où son indépendance même se retrouve discutée...
Les sangliers fouillent continuellement le sol à la recherche de nourriture. Ces fouilles, appelées boutis ou vermillis, retournent parfois de grandes surfaces en quelques nuits seulement. Dans les cultures, elles provoquent des pertes importantes, notamment au printemps et en été. Les travaux du Centre de recherche sur la faune sauvage du Bade-Wurtemberg montrent que plusieurs facteurs influencent fortement ces déplacements : disponibilité alimentaire, tranquillité des zones de repos, pression humaine et qualité des refuges. Pour limiter les dégâts, plusieurs mesures peuvent être combinées. La première consiste à réduire l’attractivité alimentaire autour des habitations ou des zones sensibles : déchets verts non protégés, composts accessibles ou bennes ouvertes représentent de véritables garde-manger pour les sangliers. La sécurisation des dépôts et des contenants reste essentielle. En zone périurbaine, il est également conseillé de limiter les zones refuges trop favorables : ronciers épais, tas de branchages ou petits bosquets abandonnés offrent des caches idéales aux compagnies. Enfin, la dissuasion par la chasse joue un rôle important lorsqu’elle est adaptée. Les spécialistes allemands estiment que l’affût est particulièrement efficace en période estivale. Ils rappellent toutefois un principe essentiel : éviter de prélever une laie meneuse accompagnée de jeunes marcassins encore dépendants. Dans certaines situations, le prélèvement d’un jeune dans une compagnie suffit à renforcer la méfiance du groupe et à éloigner durablement les animaux des zones sensibles.