Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

 

Conçue pour l’apprentissage progressif de la trompe en ré, cette méthode s’adresse aux débutants, aux musiciens de niveau moyen et aux enseignants. S’appuyant sur leur expérience, les auteurs proposent une synthèse de leur approche, complétée par trois recueils d’études, d’exercices et de fanfares traditionnelles déjà publiés chez « Tempo Music Club ». L’ouvrage gagne en efficacité lorsqu’il est accompagné des conseils personnalisés d’un professeur.

 

L’apprentissage est structuré en quatre chapitres suivant la progression pédagogique : 1) gestion de l’air, 2) diction et ornementation, 3) expression, 4) pupitres. Les auteurs précisent avoir privilégié une rédaction simple et claire, sans planches techniques ni schémas anatomiques, en renvoyant plutôt à des vidéos en 3D dont les liens figurent en fin de recueil. Ce support moderne, explicite et ludique, complète les explications.

 

Des exercices annexes visent à développer le « ressenti » de l’élève et peuvent être enrichis sur recommandation des enseignants. Enfin, la méthode doit être adaptée par le professeur ou l’apprenant lui-même, selon la morphologie, les capacités et le niveau de chacun.

 

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Crise de l'énergie : Monique Barbut confirme l'application des mesures de soutien à la filière forêt-bois

La hausse brutale du prix du gazole non routier, consécutive aux tensions internationales autour du détroit d’Ormuz, a fragilisé l’ensemble de la filière forêt-bois. Face à cette situation, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a engagé des consultations avec les professionnels et annoncé plusieurs mesures de soutien. L’État prévoit notamment une compensation équivalente à l’exonération d’accise sur le GNR agricole, étendue aux exploitants forestiers pour le mois d’avril. À cela s’ajoute une aide de 50 millions d’euros pour les transporteurs routiers, ainsi que des dispositifs de trésorerie : reports de cotisations sociales via la MSA, étalement des échéances fiscales et accès aux prêts « flash » de Bpifrance. Si ces annonces témoignent d’une volonté d’accompagnement, elles restent limitées dans le temps et bien en deçà des besoins structurels d’une filière déjà sous tension. Car au-delà de la crise énergétique, les professionnels font face à une pénurie croissante de matière première, aggravée par certaines orientations publiques incohérentes. Alors que l’État affirme vouloir défendre la souveraineté forestière et soutenir la transformation du bois en France, il laisse simultanément se développer des situations absurdes sur le terrain, où la ressource disponible n’est pas mobilisée. Ce décalage entre discours et réalité nourrit une incompréhension grandissante chez les acteurs économiques, qui peinent à maintenir leur activité malgré une demande soutenue en bois. Cette incohérence apparaît de manière flagrante dans le Parc national de forêts, où des arbres centenaires, parfois de grande valeur commerciale, sont abattus pour des raisons de sécurité puis laissés à l’abandon au sol. En vertu du statut de réserve intégrale, toute exploitation y est interdite, y compris lorsque les bois pourraient être valorisés. L’Office national des forêts justifie cette politique par des objectifs de biodiversité : favoriser les insectes, les oiseaux et la formation d’humus. Mais cette position dogmatique suscite l’indignation des riverains comme des professionnels. Comment accepter que des chênes, hêtres ou érables de qualité soient délibérément soustraits à toute utilisation, alors même que les scieries manquent de matière première et que la filière industrielle tourne au ralenti ? Cette gestion, décidée par l’État, revient à organiser le gaspillage de ressources précieuses au nom d’un principe absolu, sans considération pour les réalités économiques. Pire encore, elle contribue indirectement à nourrir les scolytes et autres ravageurs, alors qu’il existe ailleurs des bois sans valeur marchande pour remplir cette fonction écologique. En persistant dans cette voie, les pouvoirs publics fragilisent un secteur stratégique, affaiblissent la souveraineté nationale et alimentent un sentiment d’abandon chez les acteurs de terrain. Cette politique, déconnectée et contre-productive, mérite aujourd’hui d’être profondément remise en cause.


Arnaud Rousseau reconduit à la tête de la FNSEA : continuité stratégique, attentes agricoles et équilibres avec le monde de la chasse...

La réélection de Arnaud Rousseau à la tête de la FNSEA pour un second mandat de trois ans s’inscrit dans un contexte contrasté, marqué à la fois par une perte d’influence territoriale récente et par une volonté affichée de continuité stratégique. Reconduit sans opposition par les administrateurs du syndicat, il conserve la légitimité interne nécessaire pour porter les orientations définies lors du congrès de Caen et préparer les échéances politiques à venir, notamment l’élection présidentielle de 2027. Du point de vue du monde de la chasse, cette reconduction est observée avec un certain pragmatisme. Les relations entre chasseurs et monde agricole étant étroites, notamment sur les questions de régulation du grand gibier et de dégâts, la stabilité à la tête du principal syndicat agricole constitue un facteur rassurant. Les positions défendues par Arnaud Rousseau en matière de production, de gestion des territoires et de souveraineté alimentaire convergent en partie avec les préoccupations cynégétiques, en particulier sur la nécessité de maîtriser les populations de sangliers. Toutefois, son profil de grand exploitant céréalier suscite des réserves chez certains acteurs proches de la chasse, qui estiment qu’il incarne davantage une agriculture de grande échelle qu’un modèle rural diversifié, incluant pleinement les équilibres entre agriculture, élevage et biodiversité. Du côté du monde agricole, cette réélection traduit avant tout une volonté de stabilité dans une période de fortes tensions économiques et sociales. Malgré le revers enregistré lors des élections aux chambres d’agriculture, Arnaud Rousseau conserve la confiance de l’appareil syndical. Son projet repose sur plusieurs axes forts : amélioration des revenus agricoles, simplification administrative, et surtout promotion d’un « principe d’innovation » destiné à remplacer ce qui est perçu comme un excès de précaution freinant l’activité. Il défend également l’idée d’une reconnaissance constitutionnelle de l’agriculture comme activité d’intérêt général majeur. Cependant, son positionnement continue de susciter des débats internes. Son statut de dirigeant du groupe Avril et son exploitation de grande taille alimentent les critiques de ceux qui craignent un éloignement des réalités des exploitations plus modestes, notamment en élevage. Cette tension reflète les fractures persistantes au sein du monde agricole, entre modèles productivistes et agricultures plus traditionnelles. La reconduction d’Arnaud Rousseau apparaît ainsi comme un choix de continuité, mais aussi comme un pari sur sa capacité à rassembler au-delà de ces lignes de fracture.


Créances des fédérations de chasse : le juge judiciaire seul maître du jeu

Les relations financières entre les chasseurs et leurs fédérations départementales continuent de soulever des questions juridiques, notamment lorsqu’il s’agit de déterminer quelle juridiction est compétente en cas de litige. Une décision récente du Tribunal des conflits apporte un éclairage clair et attendu sur ce sujet sensible. Dans cette affaire, la FDC de Haute-Marne réclamait à l’un de ses adhérents le paiement de diverses participations financières, notamment des cotisations territoriales et des bracelets attribués dans le cadre du plan de chasse. Comme cela arrive parfois, la procédure a connu un parcours juridictionnel hésitant : le juge judiciaire, saisi en premier lieu dans le cadre d’une injonction de payer, s’est déclaré incompétent, estimant que le litige relevait du juge administratif. L’affaire a donc été renvoyée vers cette juridiction. Cependant, le Tribunal des conflits est venu remettre de l’ordre dans cette lecture. Dans sa décision du 6 octobre 2025, il rappelle un principe fondamental : même si les fédérations de chasse exercent des missions de service public, notamment en matière de gestion des populations et d’organisation de la chasse, les sommes qu’elles réclament à leurs adhérents conservent une nature de droit privé. Autrement dit, ces créances ne relèvent pas du droit public. Cette distinction est essentielle. Elle signifie concrètement que les litiges relatifs au paiement des cotisations, participations ou autres contributions financières doivent être portés exclusivement devant le juge judiciaire. Le Tribunal des conflits a donc annulé à la fois la décision du juge judiciaire qui s’était déclaré incompétent, et la procédure engagée devant la juridiction administrative, réaffirmant avec fermeté la compétence du tribunal judiciaire. Pour bien comprendre, il faut rappeler que le juge administratif n’intervient que dans des situations bien spécifiques, lorsque le litige concerne directement l’exercice d’une mission de service public. C’est ce qu’ont posé des décisions historiques du Conseil d'État, notamment dans les arrêts « Monpeurt » de 1942 et « Bouguen » de 1943. En revanche, dès lors qu’il s’agit d’une relation financière entre une fédération et un adhérent, on reste dans le champ du droit privé. Cette décision apporte donc une clarification bienvenue pour les fédérations comme pour les chasseurs. Elle sécurise les procédures de recouvrement et évite des renvois inutiles entre juridictions, souvent sources de délais et de complexité. En pratique, les fédérations savent désormais qu’elles doivent s’adresser directement au juge judiciaire pour obtenir le paiement des sommes dues. En définitive, cette position confirme une ligne constante : les fédérations de chasse, bien qu’investies de missions d’intérêt général, restent des structures de droit privé dans leurs relations financières avec leurs adhérents.


Pour bien contrôler la précision de son arme, l’indispensable chevalet de réglage

Chaque arme de chasse, qu’elle soit équipée d’une visée ouverte, d’un point rouge ou d’une lunette, subit au fil de son utilisation des chocs susceptibles de modifier légèrement la trajectoire des projectiles. Un simple décalage de quelques dixièmes de millimètre peut suffire à manquer un animal, même à distance raisonnable. Lors du tir, le canon vibre et oscille, notamment à son extrémité. Ainsi, le point atteint ne correspond pas exactement au point visé. C’est pourquoi toute installation ou modification d’un système de visée doit être suivie d’un réglage. Les dispositifs de pré-réglage peuvent faciliter une première approche sans tir réel, mais seuls des tirs sur cible permettront de valider le réglage, et de donner au chasseur l’assurance que son arme est précise. Le réglage s’effectue idéalement à l’aide d’un chevalet de tir, garantissant une stabilité maximale. Une première étape consiste à aligner grossièrement le canon et l’optique sur une cible placée à environ une trentaine de mètres. Cette pré-visée peut être réalisée en retirant, sur certaines carabines, la culasse. Ensuite, la cible sera placée à 50 mètres pour effectuer plusieurs tirs. Il est essentiel d’utiliser plusieurs cartouches afin d’identifier le centre réel des impacts (le point moyen), plutôt que de se fier à un seul tir. Une fois ce point déterminé, l’arme est immobilisée sur le chevalet et les réglages de la lunette sont ajustés pour faire coïncider le réticule avec le centre des impacts. Ce réglage initial doit ensuite être affiné par de nouveaux tirs, sans contrainte de serrage, afin de tenir compte des conditions réelles de tir. Si un réglage à 50 mètres peut suffire pour la chasse en battue, un réglage à 100 mètres est généralement recommandé, voire à 200 mètres pour certains calibres puissants. À 100 mètres, il est courant de placer la balle légèrement au-dessus du point visé (environ 4 cm), bien que cette méthode reste approximative. Enfin, même avec un équipement simple, un réglage précis reste possible à condition de maîtriser parfaitement son tir. L’utilisation de deux points d’appui, à l’avant et à l’arrière de l’arme, est fortement conseillée pour garantir la stabilité sans perturber les vibrations du canon.


Faisandeaux : comment réduire la prédation nocturne...

Introduire du faisan sur un territoire n’est pas une simple opération de lâcher de gibier, mais une véritable démarche de gestion visant à installer une population sauvage durable. Lorsqu’elle est bien menée, cette initiative présente un réel intérêt, tant pour la biodiversité que pour la chasse. Le faisan, comme la perdrix ou le lapin, constitue une espèce clé en plaine, capable de s’adapter à différents milieux à condition que ceux-ci soient variés et correctement aménagés. La réussite repose sur plusieurs facteurs essentiels : des lâchers progressifs sur plusieurs années, une phase d’acclimatation en volières adaptées, et surtout une régulation efficace des prédateurs. Les faisandeaux, élevés en captivité, doivent être préparés à la vie sauvage, car ils sont particulièrement vulnérables. L’aménagement du territoire est également déterminant : présence de haies, bosquets, cultures, points d’eau et zones refuges favorisent leur installation. Un suivi rigoureux des populations est indispensable afin d’évaluer la réussite de l’implantation et d’ajuster les prélèvements futurs sans compromettre l’équilibre obtenu. En résumé, avec de la patience, des aménagements adaptés et une gestion sérieuse, l’introduction du faisan peut devenir un véritable succès cynégétique et écologique.

 

Apprendre aux faisandeaux à se percher pour la nuit

L’idée peut sembler surprenante, presque anecdotique, et pourtant elle repose sur une observation très concrète du terrain : une grande partie de la mortalité des faisandeaux survient la nuit. Dans les années 1980, un garde particulier avait constaté que les jeunes faisans, en particulier ceux issus d’élevage, avaient tendance à dormir au sol, les exposant directement aux prédateurs terrestres comme les renards ou les mustélidés. Partant de ce constat, il mit au point une méthode simple mais ingénieuse, pour leur apprendre à se percher, comportement essentiel à leur survie. Le principe repose sur un apprentissage précoce, dès l’âge de six semaines, avant même leur transfert en volière d’acclimatation...

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Grippe aviaire A(H9N2) : un premier cas humain détecté en Europe

Le 10 avril 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé le premier cas humain en Europe de grippe aviaire A(H9N2). Ce cas importé concerne un homme adulte hospitalisé en Lombardie, en Italie, après un séjour de plusieurs mois au Sénégal, pays où ce virus circule activement chez les oiseaux. Le patient s’est présenté à la mi-mars avec de la fièvre et une toux persistante. Face à l’absence d’amélioration, les médecins ont réalisé des examens approfondis, dont un lavage broncho-alvéolaire. Le séquençage génomique a permis d’identifier rapidement le virus A(H9N2), une souche jusqu’alors jamais détectée chez l’humain en Europe. Le patient a été placé sous surveillance médicale et son état a évolué favorablement. Le virus A(H9N2) est connu depuis plusieurs années pour infecter principalement les volailles en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. Les cas humains restent rares et généralement bénins, avec des symptômes respiratoires modérés. Toutefois, les autorités sanitaires surveillent étroitement cette souche en raison de sa capacité à muter et à se recombiner avec d’autres virus grippaux. Les dernières observations montrent que certaines souches de H9N2 possèdent des adaptations facilitant l’infection chez les mammifères. Des études ont également mis en évidence une possible transmission limitée de l’animal à l’homme, principalement lors de contacts étroits avec des volailles infectées. À ce stade, aucun cas de transmission interhumaine n’a été confirmé. L’OMS estime que le risque pour la population européenne reste faible, mais souligne l’importance d’une surveillance renforcée, notamment dans le contexte des déplacements internationaux et des zoonoses émergentes.


Chauffage au bois : une énergie à mieux encadrer...

En France, près de 7,5 millions de foyers utilisent le bois pour se chauffer. À cette réalité s’ajoute celle, plus discrète mais bien ancrée, des pavillons de chasse, où le chauffage au bois est également présent. Cette pratique, perçue comme traditionnelle et conviviale, repose sur une énergie renouvelable largement disponible. Pourtant, elle constitue aussi une source significative de pollution atmosphérique. Une expertise récente de l’Anses met en évidence les effets de ce mode de chauffage, qui dégage une part majeure des émissions de particules fines : environ 40 % des PM 2,5, ainsi qu’une proportion très importante de particules organiques et de suies. Ces émissions concernent aussi bien l’air extérieur que l’air intérieur, notamment dans les habitations mal ventilées ou équipées d’appareils anciens. Les impacts varient selon les territoires. Ils sont plus marqués dans les zones froides, encaissées ou densément peuplées, où les conditions climatiques limitent la dispersion des polluants. Les facteurs aggravants sont bien identifiés : équipements vétustes, foyers ouverts, bois humide ou mauvaises pratiques d’utilisation. Sur le plan sanitaire, ces polluants sont associés à des troubles respiratoires et cardiovasculaires, touchant particulièrement les populations fragiles. Ce constat concerne également les pavillons de chasse. Souvent isolés, utilisés de manière saisonnière et parfois équipés d’installations anciennes, ils participent eux aussi, à leur échelle, à ces émissions. Le recours au bois y est culturel, mais il n’échappe pas aux mêmes enjeux environnementaux et sanitaires que dans les habitations. Face à cette situation, les autorités encouragent le renouvellement des équipements, l’entretien régulier et l’adoption de bonnes pratiques. L’amélioration de la qualité de l’air passe ainsi par une évolution globale des usages, qu’ils soient domestiques ou liés aux activités de plein air, afin de concilier tradition et responsabilité environnementale.


Améliorer les couverts cynégétiques : entre gestion du gibier et contraintes du territoire

L’insuffisance de couverts cynégétiques constitue un enjeu central dans la gestion des territoires de chasse, car ces espaces végétalisés jouent un rôle essentiel dans la survie et le développement du gibier. Les couverts offrent en effet des fonctions écologiques multiples : ils servent d’abri face aux prédateurs et aux intempéries, fournissent des ressources alimentaires variées et constituent des zones propices à la reproduction et au repos. Lorsqu’ils sont insuffisants ou dégradés, les animaux sont contraints de se déplacer davantage, ce qui augmente leur vulnérabilité, notamment à proximité des routes ou des zones agricoles. Pour remédier à cette situation, les chasseurs peuvent mettre en place différents aménagements visant à renforcer la capacité d’accueil du milieu. Haies champêtres, bosquets, bandes enherbées permettent par exemple de recréer des corridors écologiques favorables à la biodiversité. De même, les cultures à gibier, composées de plantes comme le sorgho, le maïs ou le trèfle, constituent une solution efficace pour offrir nourriture et protection à différentes espèces. Ces aménagements doivent toutefois être pensés sur le long terme, en intégrant une gestion adaptée des cycles saisonniers et un entretien régulier. Par ailleurs, la valorisation des milieux existants, comme les friches ou les lisières forestières, représente une approche complémentaire, souvent moins coûteuse et plus respectueuse des équilibres naturels. L’objectif global est donc de créer un environnement favorable au gibier tout en contribuant à la préservation de la biodiversité locale, dans une logique de gestion durable des territoires ruraux...

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L’OFB lance un appel à témoignages pour raviver la mémoire alsacienne du grand hamster

L’Office français de la biodiversité (OFB) lance une enquête inédite pour raviver la mémoire alsacienne du grand hamster, en sollicitant les témoignages de celles et ceux qui ont connu l’espèce avant les années 1980. Agriculteurs, chasseurs, piégeurs, habitants de la plaine ou encore personnes ayant participé à des captures dans leur jeunesse sont invités à partager leurs souvenirs et leurs connaissances. L’objectif est de reconstituer avec précision la répartition passée du grand hamster à l’échelle la plus fine possible, du lieu-dit à la parcelle, en identifiant aussi bien les zones où il était abondant que celles où il était absent. Cette enquête concerne plusieurs secteurs du territoire alsacien, notamment entre Geispolsheim, Obernai et Dorlisheim, entre Ernolsheim-sur-Bruche et Truchtersheim, ainsi qu’à la limite du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, entre Elsenheim et Jebsheim, soit un total de 39 communes ciblées. Cet appel intervient dans un contexte où, malgré des efforts de conservation importants, les populations de grand hamster peinent à se maintenir durablement. À l’approche de l’échéance, en 2028, du Plan National d’Actions dédié à l’espèce, l’OFB souhaite consolider les connaissances scientifiques afin d’adapter les stratégies futures. Les informations recueillies permettront d’affiner la cartographie historique, d’ajuster les sites de lâcher, de renforcer la pertinence des zones de conservation collective et de mieux évaluer le caractère favorable des parcelles agricoles. Les personnes volontaires seront invitées à participer à des entretiens individuels, organisés entre le 15 avril et le 1er juin 2026, afin de recueillir leurs souvenirs, l’évolution des paysages et des pratiques agricoles, ainsi que toute donnée utile à la compréhension de l’histoire de l’espèce. À travers cette démarche, l’OFB entend mobiliser une mémoire locale précieuse pour contribuer concrètement à la préservation du grand hamster, espèce emblématique du patrimoine naturel alsacien.

Contacts :

- Julien Eidenschenck, chef de l’unité Agroécologie et PNA Hamster-OFB. Tél. : 06 25 03 23 76 - Courriel : julien.eidenschenck@ofb.gouv.fr

- Vincent Pons, stagiaire Master 2 Grand hamster–OFB. Tél. : 06 98 37 61 13 - Courriel : vincent.pons@ofb.gouv.fr


Loups : avec la période des naissances, vient aussi la dispersion des meutes…

Chaque printemps marque une étape clé dans le cycle de vie du loup gris : la période des naissances. Après une gestation d’environ 62 à 65 jours, les femelles dominantes donnent naissance à une portée comptant généralement entre 3 et 6 louveteaux, même si ce nombre peut varier selon les conditions environnementales et la disponibilité alimentaire. Les petits naissent aveugles et totalement dépendants de leur mère, qui reste plusieurs semaines à proximité de la tanière pour les protéger et les allaiter. Durant cette phase, la louve adopte un comportement particulièrement vigilant et territorial. Les autres membres de la meute participent à l’alimentation de la mère et, plus tard, des jeunes, en régurgitant de la nourriture. Ce moment charnière entraîne aussi une réorganisation interne. Les jeunes de l’année précédente, devenus subadultes, sont progressivement mis à l’écart. Certains quittent alors le groupe : c’est le début de la dispersion. Livrés à eux-mêmes, ces jeunes loups entament une phase d’errance pouvant durer plusieurs mois, voire davantage. Ils parcourent parfois des centaines de kilomètres à la recherche d’un territoire et d’un partenaire. Mais derrière cette mécanique bien connue du monde sauvage se cache une réalité beaucoup moins théorique pour ceux qui vivent et travaillent sur le terrain. Car ces jeunes loups, inexpérimentés, opportunistes, et poussés par la nécessité de se nourrir, ne choisissent pas la difficulté. Moins performants dans la chasse des animaux sauvages, ils se tournent vers des proies plus accessibles : les troupeaux domestiques. Et c’est là que commence, pour les éleveurs, une période de tension extrême. Chaque année, le même scénario se répète. Alors que certains observent cette expansion du loup avec distance, confortablement installés loin des zones concernées, d’autres la subissent de plein fouet. Ceux qui commentent, théorisent ou idéalisent la présence du prédateur ne sont jamais ceux qui ramassent les brebis égorgées au petit matin. Il est toujours plus facile de défendre une cause quand on n’en paie jamais le prix.

Sur le terrain, la réalité est brutale : nuits écourtées, stress permanent, surveillance accrue, investissements lourds en matériel et en chiens de protection… pour une efficacité jamais garantie. Les mesures de protection, souvent présentées comme des solutions miracles, montrent vite leurs limites face à des animaux intelligents, adaptables et persistants. Et pendant que les débats se poursuivent, les attaques continuent. Ce qui domine aujourd’hui chez beaucoup d’éleveurs, ce n’est même plus la colère, mais une forme de résignation. Celle de devoir continuer malgré tout, de subir sans réelle perspective d’amélioration, de voir leur métier progressivement vidé de son sens. Car élever, ce n’est pas simplement produire : c’est soigner, protéger, accompagner. Or, comment continuer à exercer dignement quand une partie du troupeau est vouée, chaque année, à servir de proie ? Les semaines qui viennent vont être de nouveau un calvaire pour les éleveurs, condamnés à faire euthanasier les blessés et ensuite compter les cadavres. Le métier d’éleveur doit être autre chose que de nourrir, avec des animaux devenus du « fourrage », des prédateurs inutiles et qui n’ont plus leur place dans nos campagnes hyper anthropisées. Les cent générations qui nous ont précédés n’ont eu d’autre choix que d’éradiquer les loups. De toutes façons et quoi que l’on fasse, cette affaire de loups finira de la même façon : en invitant ces prédateurs qui ne servent à rien à regagner les grands espaces d’où ils n’auraient jamais dû être extraits.

 

Voilà un aperçu de ce que va être la saison pour de nombreux éleveurs...

 


« Attention, on marche sur des œufs... »

Lancée le 2 avril 2026, l’opération nationale « Attention, on marche sur des œufs ! » revient pour une 7e édition sur l’ensemble du littoral français, en métropole comme en outre-mer. Portée notamment par le Conservatoire du littoral, l’Office français de la biodiversité et l’Office national des forêts, cette campagne vise à protéger les espèces qui se reproduisent sur les plages, dunes et hauts de rivage. Chaque printemps, ces milieux accueillent la nidification de nombreuses espèces sensibles : 19 espèces d’oiseaux et une tortue marine en métropole, auxquelles s’ajoutent 14 espèces d’oiseaux et 4 tortues en outre-mer. Invisibles ou presque, leurs œufs et leurs poussins sont particulièrement vulnérables aux dérangements humains. L’opération repose sur trois axes : protection des nids, mobilisation des acteurs locaux et sensibilisation du public. Sur le terrain, bénévoles et gestionnaires identifient les zones de ponte, installent des balisages ou des enclos et échangent avec les usagers. En 2025, plusieurs centaines de nids ont ainsi été protégés, permettant des succès de reproduction encourageants, notamment pour le gravelot à collier interrompu. Mais les menaces persistent : piétinement, chiens non tenus en laisse, véhicules ou nettoyage inadapté des plages. L’enjeu est donc de rappeler que le littoral est un écosystème vivant. Un geste simple, rester sur les sentiers, éviter certaines zones, peut suffire à préserver une génération entière d’espèces protégées.