Le petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

IAHP en Europe et en France : une accalmie fragile après un pic hivernal

L’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) a marqué l’automne et le début de l’hiver 2025-2026 par une circulation particulièrement intense en Europe. Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), le niveau de contamination de l’avifaune sauvage a atteint un pic inédit depuis près de cinq ans, avec une forte présence du virus chez les oiseaux migrateurs, principaux vecteurs de diffusion. Les espèces aquatiques, notamment les canards et les oies, ont été particulièrement touchées, favorisant la dispersion du virus le long des grands axes migratoires reliant le nord et le sud du continent. Toutefois, une tendance à la baisse est observée, conformément à la dynamique saisonnière habituelle. Avec la fin progressive de l’hiver, la pression virale diminue, notamment en raison de la dispersion des populations d’oiseaux et de conditions environnementales moins favorables à la survie du virus. Cette décrue reste cependant relative : des cas continuent d’être détectés dans plusieurs pays européens, maintenant un niveau de vigilance élevé, en particulier dans les zones humides et les couloirs migratoires. En France, la situation suit une évolution comparable. Après plusieurs mois de forte circulation virale, notamment dans les élevages de volailles du Sud-Ouest et de l’Ouest, les autorités sanitaires constatent également un recul du nombre de foyers. Les mesures de biosécurité renforcées, les restrictions de mouvements et les campagnes de vaccination expérimentales ont contribué à contenir la propagation. Néanmoins, la France reste en niveau de risque « élevé » sur une grande partie du territoire, en raison de la persistance du virus dans l’environnement et du passage encore actif de certaines espèces migratrices. Les autorités appellent ainsi à ne pas relâcher les efforts. La surveillance de l’avifaune sauvage demeure essentielle pour anticiper d’éventuelles reprises de circulation, notamment à l’approche des migrations de printemps. Les éleveurs sont invités à maintenir des mesures strictes de protection des élevages, tandis que les acteurs de terrain, chasseurs et naturalistes, jouent un rôle clé dans le signalement des mortalités suspectes. Si la baisse actuelle constitue un signal encourageant, elle ne marque pas la fin du risque. L’IAHP s’inscrit désormais dans une dynamique endémique en Europe, rendant indispensable une vigilance constante et une adaptation durable des stratégies de gestion sanitaire.


L’alimentation, un pilier essentiel de la santé du chien

Longtemps négligée, la question de l’alimentation animale s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur pour le bien-être des chiens. À l’image de l’alimentation humaine, manger sain et équilibré est désormais reconnu comme un facteur déterminant de santé. Pour un chien, la qualité des croquettes joue un rôle central dans sa vitalité, son développement musculaire et sa longévité. Premier point essentiel : la composition. Le chien étant un carnivore opportuniste, son organisme est conçu pour assimiler en priorité des protéines d’origine animale. Il est donc recommandé de privilégier des croquettes contenant des sources clairement identifiées comme la volaille, le poisson ou l’œuf. À l’inverse, certaines croquettes bas de gamme font la part belle aux protéines végétales, moins adaptées à ses besoins. La question des céréales divise souvent. Si certaines formules « sans céréales » peuvent convenir aux chiens sensibles, elles ne sont pas indispensables pour tous. L’important reste l’équilibre global de la ration : qualité des ingrédients, digestibilité et apport en nutriments essentiels. En cas de doute, l’avis d’un vétérinaire reste précieux. Le choix des croquettes doit également tenir compte du profil du chien. Race, âge, niveau d’activité ou encore état de santé influencent fortement les besoins nutritionnels. Un chiot, un chien sportif ou un animal âgé n’auront pas les mêmes exigences. Les indications présentes sur les emballages permettent généralement de s’orienter efficacement. Autre critère déterminant : la transparence. Comme pour l’alimentation humaine, il est préférable de privilégier des marques qui détaillent précisément la composition et l’origine des ingrédients. Cette exigence répond à une attente croissante des propriétaires, dont une large majorité considère désormais son animal comme un membre à part entière de la famille. Enfin, le prix ne doit pas être le seul critère de choix. S’il est conseillé d’éviter les produits d’entrée de gamme, il est tout à fait possible de trouver des croquettes de qualité à des tarifs raisonnables, notamment en achetant en grande quantité ou en ligne. En somme, bien nourrir son chien, c’est avant tout faire des choix éclairés pour garantir sa santé sur le long terme.


Une espèce à découvrir : la gerboise des steppes...

La gerboise des steppes (Jaculus jaculus), appartenant à la famille des Dipodidae, constitue un remarquable exemple d’adaptation morphologique et physiologique aux environnements arides. Ce petit rongeur, mesurant entre 10 et 15 cm de longueur corporelle (auquel s’ajoute une queue pouvant atteindre 20 cm), présente une silhouette immédiatement reconnaissable : de longues pattes postérieures hypertrophiées, des membres antérieurs courts et de grandes oreilles, parfois comparées à celles de certains lagomorphes. Cette conformation lui permet une locomotion saltatoire très efficace, avec des bonds pouvant dépasser un mètre, soit plusieurs fois la longueur de son corps. Cette stratégie de déplacement, proche de celle des kangourous, réduit le contact avec le sol brûlant et optimise la fuite face aux prédateurs tels que les rapaces nocturnes, les serpents ou les petits carnivores désertiques. Son pelage, généralement sableux à brun clair, présente une coloration cryptique parfaitement adaptée aux substrats désertiques, tandis que la queue, terminée par un pinceau noir et blanc, jouerait un rôle dans l’équilibre et la communication visuelle. L’espèce est largement distribuée en Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte) et s’étend jusqu’au Moyen-Orient, occupant des milieux ouverts, sablonneux ou caillouteux, souvent caractérisés par une végétation clairsemée. La gerboise creuse des terriers complexes pouvant atteindre plusieurs dizaines de centimètres de profondeur, avec des chambres spécifiques pour le repos, la reproduction et parfois le stockage alimentaire. Ces terriers offrent une protection efficace contre les variations thermiques extrêmes, où les écarts peuvent dépasser 30 °C entre le jour et la nuit. L’activité de la gerboise est strictement nocturne, avec des sorties généralement observées peu après le coucher du soleil. Cette temporalité réduit non seulement les risques de prédation, mais limite également les pertes hydriques, un enjeu vital dans ces milieux contraints...

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Printemps : l’OFB alerte sur les dérives de la photographie animalière

Avec le retour du printemps, la nature entre dans une période cruciale : reproduction, nidification et floraison rythment la vie des espèces. Dans le même temps, les espaces naturels voient affluer randonneurs, sportifs et photographes. Face à cette fréquentation accrue, l’Office français de la biodiversité (OFB) appelle à la vigilance et rappelle les règles essentielles pour préserver la faune et la flore. Parmi les recommandations : rester sur les sentiers, respecter les zones réglementées, tenir les chiens en laisse, limiter le bruit et observer les animaux à distance. Des gestes simples, mais indispensables pour éviter le dérangement d’espèces particulièrement vulnérables en cette saison. L’OFB insiste également sur un phénomène en pleine expansion : la photographie animalière. Si la majorité des pratiquants adoptent une attitude respectueuse, certaines dérives préoccupent les autorités. Manipulation d’animaux, déplacements de spécimens, destruction d’habitats ou approche trop intrusive sont autant de comportements aux conséquences parfois graves : stress, perturbation des cycles naturels, voire mortalité. Pour encadrer ces pratiques, l’OFB rappelle des règles fondamentales : ne jamais manipuler un animal, garder ses distances grâce à du matériel adapté et privilégier des observations discrètes. Un récent cas dans le Vaucluse illustre ces dérives. Trois personnes ont été verbalisées pour avoir capturé et perturbé volontairement une vipère d’Orsini sur le Mont Ventoux, une espèce protégée et particulièrement fragile. Les individus avaient manipulé l’animal pour faciliter des prises de vue. Ils ont été condamnés par le tribunal judiciaire de Carpentras à un stage de citoyenneté environnementale, à leurs frais. Cette affaire souligne la fragilité de certaines populations locales. La vipère d’Orsini du Mont Serein constitue la seule population du Vaucluse, déjà menacée par son isolement et la pression humaine. Plus largement, l’OFB rappelle que l’observation de la nature doit rester compatible avec sa préservation. À l’heure où les activités de plein air se développent, le respect des espèces et de leurs habitats apparaît plus que jamais comme une responsabilité collective.


Déclin massif des oiseaux en Europe : une crise écologique qui s’aggrave

Depuis plusieurs décennies, les populations d’oiseaux connaissent en Europe un déclin alarmant. Les suivis scientifiques engagés depuis les années 1980 dressent un constat sans appel : la baisse est généralisée et touche désormais la quasi-totalité des milieux. Les espèces des zones agricoles sont les plus durement frappées, avec une chute d’environ 60 % en quarante ans. Mais la situation ne s’arrête pas là : oiseaux forestiers, espèces des zones humides et migrateurs sont eux aussi en net recul. Dans certaines régions, des oiseaux autrefois communs ont presque disparu. Moineaux, alouettes des champs ou vanneaux huppés se raréfient dans des paysages agricoles de plus en plus uniformes. Certaines espèces, comme la pie-grièche écorcheur, ont même enregistré des chutes de population dépassant localement 90 %. Quant aux migrateurs de longue distance, ils subissent une pression constante tout au long de leurs parcours, fragilisés par la dégradation des habitats et les dérèglements climatiques. Les causes de ce déclin sont bien identifiées, mais malgré cela, la situation continue de se dégrader. L’agriculture intensive reste le facteur principal. La disparition des haies, des prairies et des jachères au profit de monocultures a profondément appauvri les milieux. À cela s’ajoute l’usage massif de pesticides et d’engrais, qui impacte directement les oiseaux et provoque l’effondrement des populations d’insectes, indispensables à leur alimentation, notamment en période de reproduction. Le changement climatique vient encore accentuer ces pressions. En modifiant les saisons, les ressources alimentaires et les conditions de reproduction, il désynchronise les cycles naturels dont dépendent de nombreuses espèces. Plus inquiétant encore, malgré les mesures mises en place (politiques de conservation, programmes de protection, évolution des pratiques agricoles) les indicateurs restent orientés à la baisse. Cette inefficacité relative souligne l’ampleur du phénomène et l’urgence d’agir plus fortement. Le déclin des oiseaux n’est pas un simple signal faible : il est le symptôme d’un déséquilibre profond des écosystèmes. Et à mesure que ces espèces disparaissent, c’est tout un patrimoine naturel et un indicateur essentiel de la santé de nos environnements qui s’effondre, dans une indifférence encore trop grande.


Viltbild : la Suède à l’ère de la surveillance intelligente de la faune

Lancé en 2023 par l’Association suédoise pour la chasse et la gestion de la faune (SJF) et l’Université suédoise des sciences agricoles (SLU), le projet Viltbild visait à moderniser la surveillance de la faune grâce à l’exploitation des pièges photographiques. Deux ans plus tard, cette initiative s’est effectivement structurée et commence à produire des résultats concrets, tout en révélant certaines limites. Depuis sa mise en service opérationnelle en 2024, la plateforme a permis de centraliser un volume important d’images issues du terrain. Les chasseurs, gestionnaires et scientifiques participent désormais à un réseau collaboratif de collecte de données, offrant une vision plus fine de la répartition des espèces. Les grands prédateurs, comme le loup ou le lynx, font l’objet d’un suivi renforcé, tout comme certaines espèces de gibier et des espèces exotiques envahissantes. L’un des apports majeurs de Viltbild réside dans l’amélioration des connaissances en temps quasi réel. Les données collectées alimentent les décisions publiques, notamment en matière de quotas de chasse et de gestion des populations, en conformité avec les exigences européennes. Par ailleurs, la plateforme contribue à détecter plus rapidement certaines menaces sanitaires, comme les épizooties, ou des évolutions liées au changement climatique. Cependant, malgré ces avancées, plusieurs défis subsistent. La participation des utilisateurs reste inégale selon les régions, ce qui peut créer des biais dans les données. La qualité et la standardisation des images représentent également un enjeu, tout comme le traitement et l’analyse automatisée des millions de clichés générés. Enfin, la question de la protection des données et de l’acceptabilité sociale de la surveillance par pièges photographiques continue de susciter des débats. En dépit de ces limites, Viltbild s’impose aujourd’hui comme un outil innovant à l’échelle européenne. Il illustre une évolution majeure : le passage d’une gestion de la faune basée sur des estimations ponctuelles à une approche fondée sur des données continues, partagées et analysées collectivement. À terme, le succès de cette initiative dépendra de sa capacité à mobiliser durablement les acteurs de terrain et à intégrer les progrès technologiques, notamment en matière d’intelligence artificielle. La Suède confirme ainsi son rôle de laboratoire en matière de gestion moderne de la faune sauvage.


Faune sauvage : une période décisive pour les naissances chez les sangliers

Le printemps constitue une période clé pour la reproduction de la faune sauvage, et la météo joue un rôle déterminant dans le succès des naissances. Températures, humidité et stabilité climatique influencent directement la survie des jeunes animaux. Chez le sanglier, espèce particulièrement sensible à ces variations au moment de la mise bas, cette réalité est encore plus marquée. Actuellement, nous sommes en plein pic des naissances, qui s’étend généralement de mi-mars à la fin avril. Cette période correspond à un moment critique où les marcassins, encore fragiles, dépendent totalement des conditions extérieures. Contrairement aux adultes, parfaitement adaptés aux intempéries printanières, les nouveau-nés ne disposent pas encore d’un système de régulation thermique efficace. Même si la laie aménage soigneusement un chaudron, nid isolant composé de végétaux, quelques jours de froid humide, voire des gelées tardives, peuvent suffire à décimer tout ou partie d’une portée. Selon certaines observations de terrain, des épisodes de froid printanier peuvent entraîner jusqu’à 30 à 50 % de mortalité chez les jeunes marcassins. Les conséquences de ces pertes varient fortement selon leur ampleur. Si un ou plusieurs marcassins survivent, la laie poursuit son rôle maternel normalement, comme si la portée était complète. Toutefois, une portée réduite aura un impact direct sur la population observable à l’automne : il y aura moins de jeunes sangliers (bêtes rousses) lors de l’ouverture de la chasse en septembre. En revanche, si la totalité de la portée disparaît, le comportement de la laie change radicalement. Après une phase de lactation interrompue, elle retrouve progressivement son cycle biologique et peut entrer à nouveau en chaleur dès le mois de mai, à condition que son état physique soit satisfaisant et que la nourriture soit abondante. Cette seconde reproduction, souvent peu documentée, donne naissance à une nouvelle portée environ quatre mois plus tard, soit entre fin août et septembre. Ce phénomène, parfois perçu comme atypique, est en réalité une réponse naturelle aux aléas climatiques du printemps. Cependant, ces naissances tardives offrent peu de chances de survie. Les marcassins nés à la fin de l’été arrivent en pleine période de chasse, où la pression des chiens et des battues représente un danger majeur. À cela s’ajoute l’approche de l’hiver, période exigeante pour des jeunes encore peu développés. La mortalité est donc particulièrement élevée, rendant ces portées tardives presque insignifiantes en termes de renouvellement de population. Ainsi, lorsqu’une laie perd sa portée principale de printemps, même si elle se reproduit à nouveau, sa contribution réelle à la population annuelle de sangliers reste faible.


À Gréalou, dans le Lot, la passion du chien courant a fait vibrer le causse !

Le village de Gréalou, dans le Lot, a une nouvelle fois accueilli, les 7 et 8 mars derniers, un grand rendez-vous dédié au chien courant : le concours national de meutes sur voie naturelle sanglier, organisé par l’Association Départementale des Chasseurs de Grand Gibier du Lot. Nichée au cœur du causse de Saint-Chels et de Cajarc, cette petite commune lotoise d’un peu plus de 300 habitants offre un cadre aussi remarquable qu’exigeant. Entre les vallées du Lot et du Célé, sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, Gréalou incarne un territoire rural authentique, profondément ancré dans ses traditions. Ce concours, riche d’une longue histoire, est devenu au fil des années une référence nationale. Plus de 80 communes sont mobilisées, représentant près de 130 000 hectares, et plus d’une centaine de structures cynégétiques participent à l’organisation. Son ADN : la passion du chien courant. Durant deux jours, 24 meutes venues de toute la France ont évolué sur les terrains exigeants du causse. Certaines équipes avaient parcouru plusieurs centaines de kilomètres, dont une venue du Finistère, témoignant de la renommée de l’événement. Sur ces terres difficiles, où la roche affleure et où le relief met à l’épreuve les chiens comme les conducteurs, seules les meutes les plus appliquées peuvent s’exprimer pleinement. Les spectateurs ont ainsi pu assister à de belles quêtes, des rapprochers précis et des menées soutenues, faisant vibrer vallons et plateaux. Au-delà de la compétition, c’est avant tout un moment de partage et de convivialité qui anime ce rendez-vous incontournable. Les organisateurs tiennent à saluer l’engagement des bénévoles, des habitants et de l’ensemble des acteurs locaux, sans qui un tel événement ne pourrait exister...

Par Francis Balmes et Pierre Périé

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Hauts-de-France : entre soupçon et probité, la justice dissipe les doutes...

La décision rendue par le tribunal dans cette affaire revêt une importance particulière, tant sur le plan juridique que politique. Mis en cause pour « prise illégale d’intérêts », Guy Harlé d’Ophove, Yves Butel et Jean-Michel Taccoen, élus du Conseil régional des Hauts-de-France et responsables de fédérations de chasse, ont été relaxés. Cette décision fait suite à une analyse approfondie des faits, notamment de l’utilisation des fonds publics concernés. Il leur était reproché d’avoir participé au vote de subventions régionales attribuées aux fédérations de chasse auxquelles ils étaient liés. Dans un contexte d’exigence accrue en matière de transparence et d’éthique publique, ces éléments pouvaient légitimement susciter des interrogations. Le ministère public avait d’ailleurs requis des sanctions incluant des amendes et des peines d’inéligibilité. Cependant, le tribunal a considéré que ces subventions avaient été utilisées conformément à leur objet, dans le cadre d’actions d’intérêt général. Parmi celles-ci figurent notamment l’opération « Hauts-de-France Propres », dédiée au ramassage des déchets, ainsi que l’événement « Ruralité en Fête », valorisant les produits du terroir. Autant d’initiatives qui relèvent clairement du service public et de la préservation de l’environnement. Dès lors, l’élément intentionnel nécessaire à la qualification de prise illégale d’intérêts n’a pas été retenu. Il convient de souligner l’importance de cette décision au regard de la personnalité des élus concernés. Loin d’être de simples acteurs politiques, ils sont engagés de longue date dans la vie locale et associative. Leur implication dans les FDC s’inscrit dans une tradition de gestion territoriale et environnementale, souvent méconnue. Les accuser à tort pouvait non seulement nuire à leur réputation, mais aussi fragiliser la confiance des citoyens envers leurs représentants. Cette relaxe rappelle ainsi un principe fondamental de l’État de droit : la présomption d’innocence et la nécessité de juger sur des faits établis, et non sur des suppositions. Elle met également en lumière la complexité des situations dans lesquelles les élus cumulent plusieurs responsabilités, sans que cela constitue nécessairement un conflit d’intérêts. Enfin, cette affaire souligne l’importance d’un débat démocratique apaisé, fondé sur des faits vérifiés. Si le rôle d’alerte des élus d’opposition est légitime, il doit s’exercer avec prudence. En relaxant ces trois élus, la justice réaffirme à la fois leur intégrité et l’équilibre indispensable entre contrôle démocratique et respect des personnes.


Projet « Snipe » : mieux connaître et protéger la bécassine des marais

La bécassine des marais (Gallinago gallinago) est l’un des oiseaux emblématiques des zones humides européennes. Discrète et difficile à observer, elle est pourtant facilement reconnaissable lors de la période de reproduction grâce au « tambourinement » caractéristique du mâle. Ce son étonnant, produit lors de parades nuptiales aériennes, provient de la vibration de ses plumes caudales lorsque l’oiseau plonge dans les airs. L’espèce fréquente une grande variété d’habitats humides : prairies inondables, tourbières, marais côtiers ou zones humides de l’intérieur des terres. Cependant, malgré cette large distribution, les populations de bécassines connaissent un déclin préoccupant dans plusieurs régions d’Europe. Dans certains pays, notamment en Allemagne, les effectifs nicheurs ont chuté de près de 50 % au cours des dernières décennies. La disparition et la dégradation des zones humides, les modifications des pratiques agricoles et les effets du changement climatique figurent parmi les principales menaces pesant sur l’espèce. Face à cette situation, le projet « Snipe » a été lancé afin d’améliorer les connaissances scientifiques sur la bécassine des marais et de soutenir des stratégies de conservation adaptées. Cette initiative est portée par le Conseil international de la chasse et de la conservation du gibier (CIC), en partenariat avec l’Union pour la conservation de la nature et de la biodiversité (NABU) et l’Université d’Aveiro (Portugal). Le projet bénéficie du soutien financier de la délégation allemande du CIC, qui a permis de mettre en place les premières phases de recherche. Un rôle central est joué par le Dr José A. Alves, chercheur à l’Université d’Aveiro, dont l’équipe mène des campagnes de terrain intensives dans plusieurs zones clés de reproduction, notamment en Islande. Durant l’été, les scientifiques travaillent dans des conditions particulières liées au phénomène du soleil de minuit, qui permet de suivre les oiseaux presque en continu. Ces missions ont déjà permis de recueillir des données précieuses sur la reproduction et les déplacements des bécassines. La technologie de géolocalisation miniaturisée constitue l’un des outils essentiels du projet. De petits capteurs sont fixés sur certains individus afin de suivre leurs migrations à grande échelle. Ces dispositifs permettent de reconstituer les routes migratoires reliant les zones de reproduction nordiques aux quartiers d’hivernage situés plus au sud de l’Europe et en Afrique du Nord. Les premières données mettent en évidence l’importance de sites d’escale migratoire stratégiques, indispensables pour l’alimentation et le repos des oiseaux. Au-delà de la recherche scientifique, le projet « Snipe » illustre la coopération entre chercheurs, chasseurs et organisations de conservation. Les informations collectées contribueront à orienter les politiques de gestion des zones humides et à promouvoir des pratiques de chasse durables. En combinant science, conservation et gestion responsable, cette initiative vise à garantir que la bécassine des marais demeure une composante essentielle de la biodiversité européenne pour les générations futures.


Plan de chasse qualitatif pour le cerf élaphe

Dans une perspective d’optimisation du plan de chasse appliqué au cerf élaphe (Cervus elaphus), la question de la simplification des critères qualitatifs apparaît centrale. En effet, si la gestion différenciée des individus selon leur âge, leur sexe ou leur statut reproducteur constitue un objectif pertinent sur le plan biologique, sa mise en œuvre opérationnelle se heurte souvent à des difficultés d’identification sur le terrain. Dans ce contexte, une approche fondée sur un nombre limité de catégories, reposant sur des critères morphologiques simples et immédiatement observables, semble plus adaptée. La proposition consiste à structurer le plan de chasse autour de deux types de bracelets distincts. Le premier correspondrait à une catégorie regroupant les individus portant au minimum douze cors ou plus. Ce seuil, historiquement utilisé dans certaines réglementations cynégétiques, constitue un indicateur relativement fiable de maturité et de développement morphologique. Ces animaux, généralement âgés, occupent fréquemment une position dominante dans la hiérarchie sociale et jouent un rôle déterminant dans la reproduction, notamment durant la période de rut. Leur prélèvement excessif peut entraîner une désorganisation des structures sociales et une altération des dynamiques génétiques des populations. La mise en place d’un bracelet spécifique pour cette catégorie permettrait ainsi d’encadrer leur prélèvement, en instaurant une protection relative compatible avec les objectifs de gestion durable...

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