Face à l’effondrement de la biodiversité, la protection des écosystèmes et des espèces rares s’est avérée insuffisante. La restauration des écosystèmes dégradés est donc progressivement apparue en complément des mesures de conservation pour prévenir, arrêter, voir inverser leur dégradation. Mais parallèlement se développe le concept de « ré-ensauvagement », processus de reconstruction d’un écosystème naturel après arrêt des perturbations humaines afin qu’il redevienne autonome et résilient, avec une biocénose qui aurait été présente si la perturbation ne s'était pas produite. Dans une étude parue dans « Biological Reviews », et menée par une équipe internationale, les scientifiques démontrent que, même si la restauration écologique et le ré-ensauvagement partagent le même objectif de régénération d’écosystèmes dégradés, des différences existent cependant dans les démarches et moyens mis en œuvre. Si la restauration écologique permet de rétablir des écosystèmes endommagés, voire détruits par les activités humaines, le but est de tenter de revenir à ce qu’ils étaient à l’origine, avant d’être impactés par les activités humaines. Elle fait appel au génie écologique, une approche scientifique qui mêle ingénierie et écologie. Elle précède de plus en plus la réhabilitation écologique qui consiste à favoriser le retour d'éléments naturels (arbres, animaux) et à mettre en valeur le paysage. Quant au ré-ensauvagement, il fait surtout appel à des contrôles descendants dits « top-down » via la réintroduction de grands herbivores, mais le succès de ces opérations est encore bien difficile à quantifier. En conclusion de cette étude, les chercheurs estiment que l’un n’exclut pas l’autre, et plaident pour leur mutualisation, reconnaissant que : « L’augmentation du nombre de projets de restauration et de ré-ensauvagement montre que nous avons échoué dans de nombreux endroits à conserver des écosystèmes fonctionnels. Il est donc plus que temps d’étudier les possibilités offertes par la complémentarité entre ces deux approches… ».