Chaque année, le 3 novembre, les membres de l’Ordre se rassemblent pour célébrer la fête de leur saint patron. Ce moment de fraternité associe cérémonies religieuses, traditions cynégétiques et transmission des valeurs d’éthique, rappelant que la chasse, loin d’être un geste prédateur, doit rester un acte empreint de gratitude et de respect. L’Ordre de Saint-Hubert réunit des personnalités issues de divers horizons, appelées les Ordensbrothers. Leur admission n’est pas le fruit d’une candidature spontanée, mais repose sur l’invitation et le parrainage, garantissant une sélection exigeante basée sur les qualités humaines, la réputation éthique et l’engagement sincère en faveur de la conservation. Ces membres, chasseurs ou pêcheurs passionnés, partagent tous la même volonté : préserver la faune sauvage et ses habitats tout en honorant les traditions. Leur action repose sur une conviction forte : la conservation découle d’abord de l’initiative personnelle. Entre 2010 et 2015, les membres de l’IOSH ont contribué à hauteur de plus de 100 millions de dollars, protégeant des dizaines de milliers d’hectares de territoires, grâce à des servitudes de conservation et des projets de restauration. Ces chiffres témoignent d’un engagement concret, loin d’un simple discours. Dans des régions sensibles comme le Kenya, l’Ordre a également apporté son expertise en soutenant la formation des gardes forestiers, en organisant des patrouilles aériennes ou en fournissant du matériel pour lutter contre le braconnage. Ces initiatives montrent que la chasse, lorsqu’elle est guidée par l’éthique, devient une alliée précieuse de la protection de la biodiversité.

 

Une mission intellectuelle et culturelle

Loin d’être seulement une fraternité de passionnés, l’Ordre International de Saint-Hubert joue aussi un rôle intellectuel essentiel. Il cherche à maintenir vivante une conception humaniste et spirituelle de la chasse, comprise comme un patrimoine culturel immatériel. Dans un monde où les débats autour de la chasse sont souvent polarisés, l’IOSH incarne une voie médiane et constructive : reconnaître la valeur des traditions tout en les inscrivant dans une modernité soucieuse de durabilité. Ses objectifs reflètent cette ambition :

- promouvoir des pratiques responsables et respectueuses dans la chasse et la pêche ;

- transmettre les coutumes traditionnelles, perçues non comme des vestiges du passé mais comme des repères culturels pour l’avenir,

- favoriser la camaraderie et la fraternité entre gentlemens du monde entier, au-delà des frontières ;

- encourager la protection des espèces menacées et la conservation des habitats ;

- défendre la chasse et la pêche comme parties intégrantes du patrimoine culturel de l’humanité ;

- soutenir les communautés locales en veillant à ce que les retombées économiques des activités cynégétiques bénéficient aux territoires concernés.

Ces principes illustrent une volonté de conjuguer tradition et innovation, enracinement et ouverture, loisir et responsabilité, et comme le souligne l’archiduc István de Habsbourg-Lorraine : « la force de l’Ordre réside dans la responsabilité de ses membres. Ce n’est pas l’institution en elle-même qui protège les forêts et la faune, mais l’engagement individuel de chaque frère. C’est là une leçon profondément actuelle : la protection de la nature n’est pas seulement l’affaire des grandes structures internationales, mais aussi de la responsabilité morale et intellectuelle de chaque citoyen... ».