Comment bien nettoyer un canon

Selon le type d’arme, le nettoyage du canon peut s’opérer depuis la chambre ou depuis la bouche. Avec les carabines à verrou classiques, sur lesquelles il est possible d’enlever la culasse, l’opération consiste à introduire la baguette munie de l’écouvillon, par la chambre, pour le ressortir au bout du canon. Cette manière de procéder limite considérablement les risques de détérioration des sorties de rayures au niveau de la bouche. Il est également possible de procéder ainsi, avec les armes dont le canon est amovible, même s’il n’est pas possible d’ôter la culasse. Avec les carabines basculantes, la manœuvre est identique. Pour les armes semi-automatiques, en règle générale, on est obligé de passer par la bouche du canon, en opérant culasse ouverte. Dans le premier cas, en passant par la chambre, les cendres et des particules de « cuivre » (très souvent du Tombac), sont expulsées vers l’extérieur, même si l’on en ramène un peu dans la chambre et les mortaises de verrouillage, lors du mouvement arrière. Dans le deuxième cas de figure, les impuretés sont directement expédiées dans la chambre et les mortaises de verrouillage. Le plus difficile, comme l’accès n’est pas aisé, est ensuite de les déloger, pour que leur accumulation ne soit pas à l’origine d’incidents de tir, par mise en sécurité du système de percussion, suite à un verrouillage incomplet. On voit de suite la différence qui existe, entre ces types d’armes. Ceci explique, en partie, la préférence qu’ont certains chasseurs d’approche et d’affût, pour les armes à verrou classiques.

 

Comment procéder

Dans un premier temps, il faut employer l’écouvillon en crin ou en nylon pour évacuer le plus gros des résidus. Deux ou trois passages suffisent. Ensuite, on utilisera l’écouvillon en bronze qui sera chargé de « gratter » plus énergiquement les angles des rayures, précisément là où s’accumule l’encuivrage du canon. Les premiers passages dégagent peu de résidus, mais on verra briller les paillettes si l’on opère sous un faisceau lumineux. En insistant, on appréciera la quantité de tombac qui s’est logée dans les angles des rayures. Sous la lampe, le nuage d’impuretés devient plus probant. Il faut continuer jusqu’à ce que les paillettes brillantes se fassent très rares. Il ne reste plus qu’à repasser l’écouvillon en crin, pour parfaire le nettoyage, sans oublier les mortaises de verrouillage, ainsi que l’intérieur du boîtier de culasse. Une vieille brosse à dents convient parfaitement. En l’essuyant régulièrement sur un tissu blanc, on mesure l’avancée du nettoyage… Pour les armes qui ne peuvent être entretenues de cette manière, il est plus délicat d’apprécier la qualité du travail. Une soufflette à air comprimé permet d’évacuer le plus gros des impuretés, au niveau des mortaises de verrouillage et de la culasse confinée dans son boîtier. Si l’arme doit être entreposée pour un certain temps, un passage de l’écouvillon en laine, légèrement huilé avec de l’huile spéciale arme, pourra se faire mais seulement à l’intérieur du canon et surtout pas de la chambre, car il n’y aurait plus l’auto-frettage de la douille contre les parois de la chambre, augmentant fortement les contraintes sur le système de verrouillage, avec une tendance au tassement des verrous, provoquant un excès de feuillure. Attention, si la chambre n’est pas débarrassée des résidus du nettoyage et que, très généreusement, elle est noyée d’huile, il se formera un cambouis qui, au premier tir suivant, s’incrustera dans tous les interstices, engendrant des incidents de tir à répétition.