Les verts en rêvent. Malheureusement, pour y parvenir, ils sont en train de faire, avec les animaux, ce qui est arrivé à la plupart des sociétés humaines modernes : des individus assistés, de moins en moins capables de se défendre seuls. « Il faut éduquer les loups » disent les uns. « Il faut garder les ours à distance » répondent les autres. Mais, perdus dans un environnement qui n’est plus le leur, les grands prédateurs sont condamnés à ne plus vivre en liberté, puisque l’Homme s’est accaparé la nature. Elle reprendra bien évidemment ses droits, car rien n’est jamais définitivement figé, et le vieil adage « chasser le naturel, il revient au galop » est toujours d’actualité. A oublier que chacun étant le prédateur d’un plus faible, mais la proie d’un plus fort, l’insupportable arrive. Depuis des années on se doutait bien que les chiffres communiqués étaient faussés, d’une part par la volonté d’imposer la présence des grands prédateurs, et d’autre part par des interventions humaines qui dénaturent complètement l’objectif recherché. Les conclusions étaient connues à l’avance, mais le besoin de tenter l’expérience est en train d’éradiquer les premiers protecteurs de la montagne, ceux qui empêchent les biotopes de se refermer, et qui participent à l’entretien des chemins : les éleveurs. Depuis la ville, bien à l’abri derrière des murs, confortablement installés devant un écran de télé qui ne montre que des fausses images de la vraie nature, les bobos sont invités à venir passer ne serait-ce qu’une journée avec ceux qui pleurent tous les jours devant les cadavres de leurs animaux éventrés… La suite est imminente et la réaction viendra quand ces bobos seront privés de campagne, de mer et de montagne, pour des raisons de sécurité. Des proies on vous dit…