Malgré des avancées visibles, la protection des océans reste aujourd’hui largement insuffisante au regard des objectifs internationaux. Les experts alertent : à peine 3,3 % des espaces marins bénéficient d’une protection forte ou intégrale, c’est-à-dire réellement contraignante pour les activités humaines. Ce chiffre pourrait même reculer, notamment sous l’effet de décisions politiques autorisant à nouveau certaines exploitations dans des zones auparavant strictement protégées. Dans la majorité des espaces classés, des activités comme la pêche demeurent autorisées. Cette question de la qualité de la protection est au cœur des préoccupations. L’évolution récente du Programme des Nations Unies pour l'environnement, via la fusion de bases de données intégrant des zones dites « conservées » (OECM), a élargi la définition des espaces protégés.
Or, certaines de ces zones ne répondent pas pleinement aux standards de conservation, ce qui alimente le débat : protéger sur le papier ne garantit pas une préservation effective de la biodiversité. À ces limites qualitatives s’ajoute un défi quantitatif majeur. L’objectif international issu du cadre de Kunming-Montréal, protéger 30 % des océans d’ici 2030, apparaît encore lointain. Pour l’atteindre, il faudrait classer une surface équivalente à celle de l’océan Indien en seulement quelques années, ce qui suppose une accélération sans précédent des politiques de conservation. Aujourd’hui, la protection se concentre principalement dans les eaux nationales, tandis que la haute mer reste très peu encadrée, malgré des avancées comme le traité sur la biodiversité en haute mer. C’est dans ce contexte exigeant que s’inscrit l’annonce du franchissement du seuil des 10 % d’océans protégés, rendue publique début avril 2026 par le centre de suivi du Programme des Nations Unies pour l'environnement. Ce cap symbolique, atteint avec retard par rapport aux objectifs précédents, a été rendu possible grâce à l’intégration de nombreuses nouvelles aires marines, notamment en Asie et dans le Pacifique. Certaines initiatives d’envergure, comme la création de vastes réserves ou l’extension de zones existantes, ont contribué à cette progression. Si ce seuil constitue une étape importante, il ne doit pas masquer l’ampleur du chemin restant. Les progrès récents montrent qu’une dynamique est engagée, mais aussi que l’effort doit changer d’échelle et de nature. Plus que l’extension des surfaces, c’est désormais la qualité, la gestion effective et l’ambition des protections qui détermineront la capacité réelle à préserver les océans dans les années à venir.
10 % des océans sont protégés. Il ne manque plus que 20 %...
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10 % des océans sont protégés. Il ne manque plus que 20 %...