Le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, défend une approche « pragmatique », destinée à préserver l’industrie automobile tout en maintenant l’objectif climatique. Même tonalité chez le commissaire européen aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, qui estime que les consommateurs doivent conserver la liberté de choisir leur technologie. Cette évolution répond à une inquiétude croissante de nombreux pays européens. L’Allemagne, l’Italie, la Pologne, la Hongrie ou encore la République tchèque ont fortement plaidé pour un recul de l’interdiction du moteur thermique. Tous soulignent les difficultés économiques traversées par l’automobile européenne face à la concurrence chinoise et américaine. Hausse des coûts énergétiques, pénurie de composants, ralentissement des ventes de véhicules électriques : le secteur traverse une zone de turbulences majeure. Le cas de Volkswagen illustre cette crise. Le constructeur allemand envisage notamment l’arrêt de certaines productions historiques en Allemagne, une première depuis des décennies. Derrière cette situation, des dizaines de milliers d’emplois industriels sont en jeu. Pour les amateurs de chasse et d’activités de pleine nature, cette inflexion européenne pourrait aussi ralentir la disparition progressive des grands véhicules tout-terrain thermiques. Beaucoup craignaient en effet la fin programmée des pick-up diesel et des 4x4 capables de tracter remorques, chiens ou matériel sur de longues distances sans dépendre d’un réseau de bornes encore peu développé dans les campagnes. Les défenseurs du véhicule électrique restent cependant critiques. Les organisations favorables à l’électromobilité estiment que ce changement de cap risque de créer de l’incertitude chez les investisseurs et de freiner le développement des infrastructures de recharge. Elles rappellent que l’avenir du transport européen demeure, selon elles, largement électrique. Mais le contexte politique européen a profondément changé depuis les élections de 2024. Le recul des écologistes et la montée des formations conservatrices et souverainistes ont rebattu les cartes au Parlement européen. Le Parti populaire européen, emmené notamment par Manfred Weber, défend désormais une « neutralité technologique » laissant cohabiter plusieurs motorisations. La France, par la voix de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, regrette pour sa part cette flexibilité accordée aux moteurs thermiques. Mais Bruxelles semble avoir choisi une voie plus progressive afin d’éviter une fracture entre ambitions écologiques et réalités économiques. Le texte doit encore être négocié entre le Parlement européen et les États membres. Une chose apparaît toutefois déjà certaine : les 4x4 thermiques, omniprésents dans les campagnes européennes et particulièrement dans l’univers de la chasse, ne sont plus condamnés à disparaître totalement en 2035.